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Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 17/11/2017 dans toutes les zones

  1. 13 points
  2. 12 points
    La vraie opposition a été laminée, emprisonnée, tuée ou s’est enfuie. Et puis, oui les gens veulent du socialisme car les 3 premières années du règne de Chavez ont été spectaculaires: il a dépouillé tous les gens riches puis les moins riches et, avec l’aide des ressources pétrolières, sa politique a considérablement améliorée le sort des plus pauvres. Le problème, admirablement résumé par Thatcher : « Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres. », est que le miracle ne dure qu’un temps. le nombre d’entreprise a été divisé par deux, la rente pétrolière s’est écroulée faute d’investissement et il n’y a plus de riches à dépouiller. Mais les gens sont nostalgiques des premières années Chavez.
  3. 10 points
    Pour parler de la pédagogie, je vais utiliser une analogie qu'il faudra ensuite savoir dépasser : l'opposition conservatisme/progressisme. La pédagogie traditionnelle est née aux alentours du XVIIe siècle, quand il a fallu commencer à enseigner à des groupes d'individus (par opposition au préceptorat). En pratique, ce sont des ordres religieux qui prennent cette activité en main (par exemple les jésuites). Tout ce qu'on imagine aujourd'hui est issu de là, les républicains reprendront le modèle à peu près tel quel : enseignement magistral, centré sur l'enseignant, qui présente un savoir sans forcément chercher à conceptualiser ce qui va se passer dans la tête de l'apprenant (plutôt : dit comme ça, c'est anachronique). Aujourd'hui, suivraient les séries d'exercices et l'évaluation sommative (la note) avant que le cycle ne se répète. Attention, si c'est une pratique qui n'est pas théorisée comme on l'entendrait aujourd'hui, des personnes de qualité s'y intéressent, réfléchissent et écrivent des choses de grande valeur. Par exemple, les douze vertus du frère Agathon valent le détour et leur lecture peut s'actualiser sans trop de problème ! https://fr.wikipedia.org/wiki/Frère_Agathon Mais pour faire simple, on va dire que cette pédagogie traditionnelle ne prétend pas s'appuyer sur une démarche scientifique, systématique et rigoureuse. Elle est le fruit d'une tradition qui émerge peu à peu des pratiques. (Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas "découvert" des principes valables). Voilà nos "conservateurs". Dans une bonne histoire il faut un antagonisme, et toujours pour simplifier on va le personnifier par notre ami Jean-Jacques Rousseau (un casting de qualité, c'est important). Il représentera le progrès Progrès. Le grand ancêtre du constructivisme. On va condenser sauvagement : le constructivisme considère que la pédagogie doit se recentrer sur l'apprenant. En effet, le savoir "passerait" mieux dans son esprit si c'est celui-ci qui lui donne forme de manière active en l'interprétant, à travers des expériences réelles, l'exploration de ses centres d'intérêt, et non pas sous une forme pré-établie par la maître. Au tournant du XXe siècle, ce courant va prendre des couleurs et des prétentions scientifiques. La figure incontournable de cette tendance est https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Piaget (Je passe tous les Montessori, Freinet et compagnie…) Il faut comprendre que l'idée est bonne : s'intéresser plus systématiquement aux processus internes à l'apprenant est forcément une piste valable. Mais le constructivisme n'arrivera jamais à se constituer en véritable science (à l'exception de l'approche cognitive). Mon avis (qui n'engage que moi) : les différents courants n'ont jamais réussi à se détacher d'une vision romantique de l'enfant et à séparer un discours qui mélange beaucoup de choses différentes en hypothèses distinctes et clairement formulées qui puissent être testées. Bon j'ai vraiment résumé sauvagement, pour vous donner une idée du nombre de courants qui peuvent exister : Finalement, quel est le fond du problème ? C'est que ce foisonnement d'approches, d'Agathon à Piaget, n'est jamais testé rigoureusement. Pourtant, même si le sujet est intrinsèquement complexe (l'est-il plus ou moins que la nutrition ou le climat, qui sait ?), il est assez naturel de s'inspirer de la médecine (études épidémiologiques, cliniques, principe du double aveugle). Pour départager les chapelles, pourquoi ne pas comparer in vivo les résultats obtenus, comme quand on teste un nouveau médicament ? C'est exactement ce qui va se développer à partir des années 50 dans le monde anglo-saxon (en France, les sociologues, de Bourdieu à Boudon, ont tué l'idée dans l'œuf en développant la thèse de la prépondérance écrasante du milieu socio-économique. Side-note : C'est peut-être pour ça que les profs dépriment en France, tout le monde croit qu'en gros ils ne font aucune différence). L'idée : Les études de niveau 1 (équivalent des études épidémiologiques) : on va observer les enseignants en classe, on évalue les élèves, on invente des instruments de mesure, on établit des statistiques, on fait émerger des corrélations et on formule des hypothèses. Les études de niveau 2 (équivalent des études cliniques) : on teste rigoureusement les hypothèses selon des expériences aux protocoles rigoureux, avec des groupes témoins etc mais à petite échelle. Et on ajoute les études de niveau 3 (pas d'équivalent dans la recherche médicale, à ma connaissance) : on reproduit à grande échelle (par exemple dans un nombre conséquent d'écoles) pour être certains que les résultats établis auparavant se mesurent toujours, qu'on a pas oublié certaines variables, ou certaines interactions que la réalité comporte et pas le "labo". Je résume : toutes les études montrent grosso-modo la même chose, une pédagogie explicite est de loin la plus efficace. Au lieu d'essayer de tout (mal) synthétiser, je renvoie à l'article Wikipédia qui est bon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédagogie_explicite On retiendra comme significatif : Les sciences cognitives (la seule branche scientifique du constructivisme) expliquent finalement très bien l'échec du constructivisme pédagogique (mémoire de court terme, mémoire de long terme, architecture du cerveau). Exemple : la méthode syllabique est supérieure à la méthode globale, même pour les enfants favorisés. Elles éclairent ce que les études de niveau 3 ont systématiquement établi (dont le projet Follow Throught, la plus gigantesque jamais menée dans le domaine des sciences de l'éducation). Un nom émerge : Rosenshine, qui synthétisera tout ça en y ajoutant les résultats d'autres études qui s'étaient intéressées aux pratiques des "bons" profs et les avaient comparées à celles des "mauvais" (je ne détaille pas mais tout ça est évidemment défini avec précision). Finalement, on peut dire que la pédagogie efficace qui se dégage de ce gigantesque chantier intellectuel est une pédagogie qui n'est centrée ni sur l'enseignant, ni sur l'apprenant, mais sur le processus de compréhension lui-même. Elle garde certains aspects de plusieurs des courants (voir la première vidéo) mais elle abandonne assez nettement l'idée de confronter directement l'apprenant à des situations complexes (à cause de la charge cognitive). A mon avis, c'est en particulier à cause de ce dernier point que les constructivistes (qui sont pour beaucoup d'entre eux des progressistes romantiques) n'ont jamais pu accepter ces résultats et soit les ignorent, soit les contestent. Mais ils ont toujours été reproduits et les critiques ont toujours été adressées plutôt correctement par les chercheurs concernés. En France, comme je l'ai déjà souligné, et en caricaturant, la sociologie a tué la recherche en éducation. Donc en gros la plupart des intervenants ne savent même pas que ces études et cette approche expérimentale existent. Il faut aller chez les canadiens (Bissonnette, Gauthier, Richard) pour trouver du francophone de valeur qui reprend la méthodologie et la synthèse de Rosenshine. Il faut ajouter (je pense) l'idée que les statuts et l'histoire de l'enseignement dans notre pays font qu'il est difficile d'envisager une approche neutre et professionnelle : on parle encore de "vocation" (en fait tout le vocabulaire religieux a été plus ou moins conservé tel quel), on refuse de considérer qu'il puisse exister un aspect technique au boulot de prof, on croit qu'il y a autant de pédagogies que de personnalités. Bref, on est clairement dans l'approximatif et la sentimentalité (y compris voir surtout dans le milieu). Par ailleurs, comme je le disais sous forme de boutade, le système scolaire français reste quand même fortement teinté par le modèle des grandes écoles et l'idée de sélection par concours. Alors savoir si les maths ou le latin sélectionnent vraiment les gens les plus intelligents/efficaces est un autre débat (personnellement, je suis plutôt sceptique), mais je veux juste souligner l'idée que lorsqu'un cursus est pensé essentiellement en vue d'un examen/concours qui déterminera l'avenir d'un individu en le classant, on a pas trop le temps de fignoler l'aspect conceptuel des contenus : faut ingurgiter et recracher le format précis qui est attendu du candidat mieux que les autres, point barre. (Là on s éloigne du sujet initial et je conçois que ça se discute). Pour terminer, à propos du post de @Jean_Karim : tout ce que je décris n'est pas propre à la France. Les Etats-Unis, qui sont le berceau de l'approche scientifique de l'évaluation des méthodes pédagogiques, regorgent tout autant que la rue de Grenelle de constructivistes "éclairés" qui "savent" (études de niveau 0 dans la typologie précédente). J'ai plein de blogs comme ça dans mes favoris. Même dans ce domaine, on est à la bourre : la réforme de Najat n'a rien inventé du tout ! La différence c'est qu'au moins, aux USA, il y a une certaine conscience qu'il existe des alternatives et un débat public minimal existe. En France ça reste très clivés conservateurs (à la Brighelli) contre progressistes (à la Meirieu). Le débat public existe mais il n'est pas de très haute volée (toujours les mêmes arguments des deux côtés, répétés en boucle, et personne pour mettre en avant une méthode de départage qui pourtant existe, bon sang !) Quant au génocide arménien, moi aussi j'ai déjà utilisé des activités inductives : elles sont intéressantes quand elles correspondent à des idées déjà un minimum familières aux élèves. On ne travaille pas les mêmes choses. L'exemple du génocide arménien ne nécessitait pas de concept nouveau que les apprenants devaient maîtriser au préalable, ou de méthode d'analyse exotique -> pas de surcharge de la mémoire de travail -> ça marche ! La même chose avec la découverte des puissances en maths en quatrième et c'est la catastrophe ! (je sais j'ai testé). M'enfin là je parle sous le contrôle de Jean-Karim, je ne suis pas prof d'histoire. De manière générale, plus un savoir est structuré selon un ordre logique issu d'une longue histoire d'accumulation de connaissances et de méthodes et/ou plus il est abstrait, plus la pédagogie explicite est nécessaire. Bon il faudrait encore parler de plusieurs choses (sur le constructivisme et son imitation du chercheur professionnel appliquée à l'élève, sur les maths modernes, l'épistémologie et l'histoire des mathématiques comme source d'inspiration en didactique - là il y a tout un courant français qui est excellent, pour le coup) mais je crois que mon post est déjà beaucoup trop long.
  4. 8 points
    NIGEL TU ME DOIS 20 BALLES
  5. 8 points
    Uhuh, elle est grosse et encartée au PCF. C'est une boule coco.
  6. 7 points
    Ce que dit Peggy Sastre: "Cette histoire est une malheureuse illustration de la « loi du bullshit » - pour réfuter une ineptie, il faut consacrer dix fois plus dʼénergie quʼil aura été nécessaire pour la pondre. Mais je vais être concise, dʼautant plus que je prépare un long article sur le sujet : cette hypothèse est en totale contradiction avec près de 150 ans de recherches sur le dimorphisme sexuel, que lʼon sait aujourdʼhui attribuable à la compétition intrasexuelle et au différentiel dʼinvestissement parental minimal issu de lʼanisogamie, selon le paradigme dit de Darwin-Bateman. Quasiment tous les primates ont un dimorphisme sexuel similaire au nôtre et les « rôles genrés darwiniens » se retrouvent dans lʼensemble du règne animal, comme le confirme une récente étude publiée dans la revue Science Advances. Ce qui fait du propos dʼHéritier - quʼelle reprend dʼune de ses élèves, Priscille Touraille, qui dans le livre tiré de sa thèse écrit noir sur blanc quʼelle nʼa pas de valeur scientifique - un propos néocréationniste."
  7. 7 points
    La réponse de Macron relève du bon sens, ce qui est dingue c'est que personne ne s'en soit emparée par le passé. Pourquoi tous ces djeuns s'approprient des peines et des souffrances qu'ils n'ont jamais connues? C'est profondément révoltant vis à vis de ceux qui les ont vécues et ne sont plus de ce monde.
  8. 7 points
  9. 6 points
    Faut vraiment que je devienne DRH, que je puisse purger les RH et prévenir toute extension de l'infestation SJW.
  10. 6 points
    ah non, désolée, j'en ai jamais fait, c'est ma mamie qui les réalisait, et elle nous a quittés il y a quelques mois à 103 ans, comme quoi, le gras ça conserve le gratton de canard rustique, la recette de base, c'est hyper simple en fait : - récupérer les chutes de gras du magret, ou du canard gras, ou tout le gras, (bien enlever les petits bouts de plumes éventuels avec une pince à épiler) - découper en petites lamelles - placer dans une cocotte ou poele à fond épais et à feu très doux faire fondre le gras (ainsi récupérable pour cuire des patates high carb) - laisser frire-cuire-dorer dans la graisse jusqu'à belle coloration brune (en fait le gras fond et c'est la peau qui fait le gratton cuit dans son propre gras) - filtrer, éponger et saler-poivrer tant que c'est chaud. après, on peut aussi faire du pâté, genre rillettes grossières, avec les os, la carcasse, c'est encore autre chose
  11. 6 points
    Bonsoir, Ca fait longtemps que je m'étonne de ne pas voir, sur un forum consacré à la politique, aucun sujet consacré à l'insécurité culturelle ; malheureusement à chaque fois que je m'y attelle je n'arrive pas poser une problématique propre. Je vais donc essayer d'ouvrir le sujet avec différentes questions qui, je l'espère, recouvrent la plupart de ses facettes. Je vais éviter de faire une longue présentation de l'idée pour ceux qui ne la connaissent pas ; elle est portée principalement par Christophe Gulluy (pour le pendant scientifique) et par Laurent Bouvet (qui a une approche plus politique, en théorie comme en pratique) : http://www.liberation.fr/societe/2015/02/11/nous-sommes-dans-le-deni-de-l-insecurite-culturelle_1200428 http://www.slate.fr/story/98455/insecurite-culturelle-gauche-intellectuelle-panique http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/07/06/31003-20170706ARTFIG00287-laurent-bouvet-l-insecurite-culturelle-est-toujours-la.php https://www.contrepoints.org/2016/04/15/247348-laicite-il-faut-remettre-de-la-republique-dans-la-gauche-laurent-bouvet (un peu connexe, ça traite surtout du Printemps Républicain et moins de l'insécurité culturelle). 1. La clef du "moment populiste" occidental ? Si le concept me parait important, c'est par sa force explicative ; il est en effet capable de résumer une très grande partie des forces en jeu dans le "moment populiste" occidental : ces cartes électorales remodelées, le sentiment que les grands partis historiques sont complètement à côté des vrais enjeux... 2. Concept scientifique ou idée politique ? Une première approche de l'insécurité culturelle serait de la définir comme un pur élément d'analyse scientifique, utile aux descriptions sociologiques. Toutefois, il semble avoir acquis une dimension supplémentaire en France, sous l'impulsion de Laurent Bouvet, et de sa vision de l'intellectuel engagé - et comme souvent à gauche (cf. l'article de Slate), l'idée est critiquée pour faire-le-jeu-du-FN. 3. Un concept plus large qu'il n'y parait ? Vu l'histoire du terme, on le voit immédiatement comme s'appliquant aux classes moyennes/populaires françaises "périphériques" au XXIème siècle. On étendra sans trop de difficulté l'analyse à d'autres pays occidentaux. Laurent Bouvet l'étend volontiers (à l'opposé de Gulluy, voir l'article de Libération) aux vagues d'immigration récentes. J'irai même plus loin, et je pense que les mécanisme à l’œuvre dans la bourgeoisie française catholique sont assez identiques : celle-ci voit une bonne partie de ses références s'effondrer, et semble plus perméable à l'action politique qu'il y a quelques années. Et puis on pourrait étendre encore et encore le concept (le doctorat de Bouvet était sur les US par exemple). 4. Ne réinvente-t-on pas l'eau chaude ? Quand on commence à étaler un concept un peu partout, on se demande rapidement si on a pas mis un joli nom totalement nouveau sur un truc qu'on connaît depuis au moins les Lumières. En fait, parfois, j'en viens à me demander si l'insécurité culturelle n'est pas simplement la redécouverte de certains pans du conservatisme par une gauche qui l'aurait oublié. J'ai jeté quelques questions rapides ; n'hésitez pas à les reprendre au vol, reformuler ou en ajouter d'autres :).
  12. 6 points
    L'obsession des gens pour les impots de Johnny, qui en a pourtant payé plus qu'ils n'en paieront au cours de leur miserable vie, est révélateur de petites personnes aigries et envieuses, qui se servent de l'humanisme comme cache sexe de leur personnalité minable.
  13. 6 points
    Le problème c'est qu'on ne défini jamais culture, ni insécurité d'ailleurs, c'est une truc aux contours flous où tout et n'importe quoi peut devenir de l'insécurité culturelle. Je pense ceci dit que Bouvet n'a pas tort mais par contre, je crois qu'il ne voit pas que c'est un invariant humain. La question du groupe et de l'Etranger. J'apprenais l'autre jour que "forain" renvoi étymologiquement à dehors, étranger. Ce que j'aurais du comprendre depuis longtemps sachant qu'en italien, fuori signifie dehors... Mais bref, le fait que les forains subissent une image dégradante et que le mot soit devenu une injure ne m'étonne plus, c'est quelque chose de profondément ancré dans la matrice humaine. L'étranger fait peur, l'extérieur au groupe. Quand j'ai lu le bouquin de Benveniste sur le vocabulaire indo-européen, ce fut une révélation. Le fait que "hôte" signifie à la fois l'accueilli et l'accueillant et que "hotel" et "hostile" partage la même racine, toujours l'étranger, et renvoie autant au danger (hostile) qu'a l'acceuil (hotel, hopital, ...) souligne vraiment cette peur humaine de l'extérieur, mais une peur ambivalante, qui n'est pas exclusive et ne signifie pas qu'on ne peut pas finir par s'ouvrir aux autres (sinon les libéraux seraient mal barré, pas de commerce, pas de libre circulation, plus de culture, plus rien). La résistance, au sens large du terme, à l'immigration et la peur de perdre sa culture n'est rien d'autre qu'une crainte très animale ancrée au plus profond de nos cerveaux. C'est un véritable invariant anthropologique, qui va probablement d'Australopithecus aux Français en passant par Cro-Magnon et n'importe quelle petite tribu perdu en forêt amazonienne. Et qui n'est pas réductible à du racisme (ce qui ne veut pas dire que le racisme ne peut pas intervenir de temps en temps mais l'y réduire c'est s'empêcher de comprendre le phénomène). En fait, c'est une sorte de jeu d'équilibriste entre peur et acceptation de l'Etranger. Et Bouvet remet ça sur la table avec d'autres mots, en dénonçant à la fois la gauche identitaire et "islamo-gauchiste" parce qu'elle met de l'huile sur le feu et fait des immigrés les idiots utiles de leur politique, et à la fois sur la droite (extreme surtout) parce qu'elle tombe parfois (souvent) dans le racisme pur et simple.
  14. 6 points
    Ce que j'ai compris de l'insécurité culturelle, c'est le parti pris, effectivement culturaliste, de dire qu'aujourd'hui, la question des identités est plus importante que la question de classe, la question économique et qu'en particulier, il existe un crainte de moins en moins sourde dans la société des différences culturelles et des revendications identitaires. Ce n'est pas dire, comme une partie de la gauche, que "c'est tous des racistes", mais dire -et je trouve que ça se voit parfois sur ce forum- qu'une partie de la population craint pour sa culture et craint la culture de l'autre, qu'elle voit comme s'imposant de plus en plus. En gros, les Français ont l'impression que les musulmans prennent trop de place, ils craignent qu'on fasse trop de concessions culturelles. Ils ne sont pas racistes parce qu'ils ne sont pas "contre" les musulmans, mais ils voudraient qu'ils fassent plus profil bas. Ca se remarquerait par exemple dans le vote FN ou extrême droite qui renaît même en Allemagne alors qu'on le pensait définitivement enterré et dans les préoccupations politiques qu'on retrouve dans les sondages, ou les question d'immigration ou de laicité se retrouvent avant les questions économiques. Pour suivre Bouvet sur FB depuis presque 2 ans, je crois qu'il n'a pas foncièrement tort. Je sens également une forme de ras le bol de la population face aux concessions culturelles qui peuvent être faites, ou ressenties comme ça -la question n'est pas de savoir si ça existe ou non, c'est un débat vain, la question est de savoir si les gens le ressente ou non, c'est tout l'intérêt du mot "insécurité"-. Par exemple, la semaine dernière, en Belgique, Solidaris, la mutualité socialiste, à décidé de faire un concours de dessin pour Saint-Nicolas en omettant volontairement la croix sur la mître du saint et en disant que ça permettait à tous les enfants de s'y retrouver (sous entendu : même les enfants musulmans). Ca a déclenché une tempete de shit storm monstrueuse avec des "haro sur les musulmans qui s'attaquent à notre culture", dans un contexte difficile ou on vient de se taper 3 émeutes en 10 jours à Bruxelles, avec pas mal de casse, par des jeunes marocains puis jeunes congolais. Or, la demande de supprimer la croix sur la mitre de Saint Nicolas n'est pas une demande qui émane de la communauté musulmane, c'est une initiative de la mutualité socialiste, mais elle a été vécue par une bonne partie de la population comme une "insécurité culturelle", c'est à dire une forme de mise en danger de leur culture par une autre qui devient trop envahissante (et ici les musulmans deviennent victime malgré eux du truc puisqu'ils deviennent la cible de l'ire populaire alors qu'ils n'y sont pour rien).
  15. 6 points
    Bon, si je récolte plus de 10 likes à mon commentaire photo d'Eva Green, je cyberise NoName pour 24h, je trouverai une excuse pour affront à la charte après
  16. 6 points
    Il a été envoyé à l'auteur qui nous remercie et va maintenant relire/valider/faire refaire (?)... J'en profite pour adresse un immense merci à Bisounours, qui apporte ses corrections sensées dans toutes les relectures, mais particulièrement sur des traductions difficiles où la fluidité du français peut nous échapper quand on planche depuis longtemps sur un texte. Bravo Bisounours, et merci beaucoup pour ton travail précieux.
  17. 6 points
    Au niveau politique et legal, rien. Sur d'autres niveaux, ça peut se discuter. Qu'il existe par exemple des associations (financées par dons privés) qui font la promotion des études scientifiques auprès de jeunes filles, pourquoi pas. Que l'État y mette son nez et considère que 50% des ingénieurs doivent être des femmes, certainement pas. De même beaucoup de sujets/causes propres aux femmes continueront à exister dans les pays développés et peuvent être tout à fait accaparés par le privé. Je suis persuadée qu'en liberalie le planning familial existerait toujours et on peut voir ça comme une cause «féministe».
  18. 6 points
    Elle a été prévenue juste avant de tourner la scène, elle n'a pas pu refuser, je ne sais pas, mais il me semble qu'un psychologue devrait comprendre ce genre de chose non ? Elle est clairement ressortie traumatisée de cette expérience. La pression sociale, la hierarchie, le fait qu'elle soit une jeune actrice, l'impossibilité de refuser face à un monstre sacré de son domaine et à son boss, je ne sais pas moi, c'est du Milgram 1.0 quand même...
  19. 5 points
    Merci pour ces infos! Ce qui m'inquiète un peu, c'est de voir que désormais, la contre-révolution dans le domaine scientifique est associée à la gauche branchouille, et que du coup, mécaniquement, comme pour la liberté d'expression, la laïcité et toutes ces sortes de choses, la science est en passe de devenir une 'valeur' d'extrême droite réactionnaire (en particulier quand on rapproche biologie et féminisme). On vit quand même une époque formidable...
  20. 5 points
  21. 5 points
    Ou affiner son image et sa communication pour qu'une base sociologique potentielle puisse trouver le PLD comme son parti naturel.
  22. 5 points
    Marrant comme ces cons de la FI sont politiquement incapables de se s'attacher vaguement le peuple, le chanteur français le plus populaire meurt et eux tout ce qu'ils arrivent à faire c'est chouiner et être mesquin. Tant mieux.
  23. 5 points
    Il emmerde les pauvres. L'interdiction de la prostitution et Pôle emploi ça marche aussi pour atteindre ce but.
  24. 5 points
    Pour avoir partagé un diner avec Laurent Bouvet il y a 2/3 ans, le type est assez intéressant et bien plus ouvert d'esprit que la majorité des socialistes. Quand il théorise l'insécurité culturelle, son but est avant tout jugement de valeur, de développer une terminologie permettant de conceptualiser une réalité factuelle, qui est qu'une partie non négligeable de la population s'inquiète de l'effacement de leur culture, de leurs traditions, voire de leurs valeurs dans une société pluri-ethnique et pluri-religieuse. C'est la partie de la population qui même si elle n'est pas nécessairement croyante s'inquiète de la disparition des crèches dans l'espace publique, ou de la construction de mosquée, car ils y voient un péril pour leur identité, pour la perpétuation de leurs traditions, et même de se voir imposer une autre culture. Pour lui, en niant ce sentiment d'insécurité d'une partie de population (qui peut être aussi bien rationnelle qu'irrationnelle, le concept ne préjuge pas si ce sentiment d'insécurité est fondé ou non), et en laissant uniquement les partisans d'une société traditionaliste opposés au multi-culturalisme s'exprimer à ce sujet, en qualifiant cette partie de la population de fasciste, xénophobe et autres noms d'oiseaux permettant d'éviter le débat, on rejette justement cette population inquiète vers ces partis qui prennent position concernant ces inquiétudes. Même si je ne partage pas sa solution, qui est la cristallisation de la population autour d'une identité républicaine, d'un ensemble de valeurs et d'une culture commune, le tout bâti par une école omniprésente dans la vie des enfants/adolescents, qui par une éducation unique permettrai de réduire les divergences culturelles au sein de la population, ses écrits permettent d'ouvrir un débat, et d'arrêter de rejeter la discussion autour d'un sujet sous prétexte que les inquiétudes de la population serait nécessairement le signe d'une xénophobie plus ou moins refoulée. Il s'est d'ailleurs malheureusement pas mal fait allumer au sein du PS pour son travail, avec les qualificatifs de "propos digne du fn" alors qu'il est tout sauf opposé au multi-culturalisme ou à l'immigration, il rêve juste d'un socle identitaire commun permettant à toute la population de vivre ensemble en harmonie.
  25. 5 points
    After 37 years, Voyager 1 has fired up its trajectory thrusters C'est juste dingue. Un signal envoyé à des milliards de kilomètre vers un engin qui date en gros de l'antiquité spatiale. Ces ondes radios ridiculement faibles sont correctement captées, interprétées et activent des moteurs hors d'âge précisément pendant la durée voulue.
  26. 5 points
    La plupart des liborgiens ont un papa et une maman. Ça nous empêche pas d'être bizarres.
  27. 5 points
    Ah oui mais cépapareil, c'est taxé, ça, donc c'est bien.
  28. 5 points
    WTF... Charlotte Rampling maintenant... @poney : facile, il s'agit d'une violation du point 5h (propos haineux) de la charte du forum. Go !
  29. 5 points
    C'est clair. Petite démonstration avec le droit actuel : Le viol : Circonstance aggravante : L'atteinte sexuelle sur mineure : DONC : Si tu modifies la définition du viol pour présumer la contrainte/surprise/violence dès lors que la victime a moins de 15 ans, alors, contrairement à l'atteinte sexuelle sur mineur, tu te trouves dans la situation où un gars de 16 ans, couchant avec une nana de 14 ans après avoir donné RDV à cette dernière via un chat à une fiesta arrosée, sera passible de 20 ans de prison, étant entendu qu'il y a trois circonstances aggravantes réunies (elle a 14 ans, ce qui permet à la fois de qualifier l'infraction ET constitue une circonstance aggravante, elle a eu le RDV par un moyen électronique, il y a eu ivresse). Il en ira de même du gars de 18 ans couchant avec une fille dont il a mal jugé l'âge (il pensait qu'elle en avait 16, elle en avait 14). A titre indicatif, la torture c'est quinze ans maximum. M'enfin, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, hein.
  30. 5 points
    Pour l'instant. L'écriture inclusive n'est qu'une version francisée des délires sur les pronoms. Délires qu'on estimait, il y a encore trois ou quatre ans, comme complètement improbable ici. Tout comme ces sombres affaires de "genre neutre" et autres toilettes représentatives de ton moi-profond. Le terme violence sexuelle est en train d'être remplacé par violence sexiste. Des formations obligatoires sont envisagées, à imposer en entreprise. Les programmes scolaires sont ciblés aussi. Ils agissent pour tripatouiller la définition du viol, instaurer des présomptions irréfragables (pour les enfants de moins de X ans, mais l'objectif déclaré c'est bien la fin de la présomption d'innocence pour les infractions sexuelles -on y arrive pas à pas-), rendre les crimes sexuels imprescriptibles -comme la Shoah-. On est plus dans le théorique, là. On est bien dans une guerre culturelle, là. Un peu comme la mode sans gluten ou le veganisme : il y a une poignée d'années, c'était du folklore militant stupide. On n'en est plus là. EDIT : je ne veux pas noircir outre-mesure le tableau. Mais, à mes yeux, on assiste bien en France à l'émergence politique d'un mouvement profondément tribal (sectaire?) et hostile à la liberté individuelle (car hostile à l'individu en lui-même, ce dernier n'étant analysé qu'à travers le prisme de son appartenance à telle ou telle catégorie).
  31. 5 points
    J'espère que les Nourjalismtes de @LeMonde me lisent ainsi que tous les autres couillons du féminisme béat, mais j'ai un message concernant ce point tout particulier : Allez bien vous faire foutre.
  32. 4 points
    A propos de cette histoire de patriarcat qui rétrécie les femmes, j'ai trollé sur fb en proposant l'argument suivant : Si la différence de taille mâle/femelle chez l'humain n'est pas surprenante puisqu'elle se retrouve aussi chez nos plus proche cousins, l'accouchement est effectivement plus difficile. Il l'est pour deux raisons, la taille du crâne de l'enfant, et la forme du bassin de la mère, lui même dû à la bipédie. Il faut donc se demander : "pourquoi les femmes n'ont elles pas évoluées pour rester à quatre pattes ?" Ca aussi, ça aurait rendu l'accouchement plus facile, et en plus, le patriarcat n'aurait pas été contre. Donc il est plus vraisemblable qu'il y ait eu un complot féministe durant la préhistoire pour rendre les femmes bipèdes même au prix de risquer leurs vies et celle de leurs enfants. Et dire que les femmes mangeaient moins de viande au paléolithique parce que c'est ce qui se passe chez les chasseurs-cueilleurs actuels, c'est raciste, puisque ça revient à dire que ceux-ci sont primitifs. ... Je crois que j'ai perdu quelques amies.
  33. 4 points
    Je pense exactement le contraire. S'il y a une chose qu'on doit retenir de l'élection de Trump c'est que la logique et la réalité ont très peu (voire pas du tout) d'influence sur le débat public. Nous vivons tous dans une illusion qui est le film (ou la petite histoire) qui se déroule dans nos têtes, on y intègre la réalité à notre sauce. Les faits ne sont pris que quand ils nous arrangent (fameux biais de confirmation). Pour faire changer d'avis les gens sur le sujet il faut leur présenter un nouveau film qui prendra la place de celui qu'ils ont déjà dans le crâne. Les démonstrations scientifiques sont futiles pour les non scientifiques du domaine.
  34. 4 points
    ZeratoR (plus gros streamer indépendant français, si ce n'est plus gros streamer français, qui a notamment rempli le Grand Rex) a créé son studio de jeux vidéos indépendant, Unexpected, totalement financé par l'activité streaming du bonhomme. La bande annonce des précommandes pour le dernier jeu du studio, appelé dwarf, est sortie aujourd'hui : https://www.youtube.com/watch?v=TwUavgKPHQk Ce serait pas mal d'avoir une petite interview, voir un entretien, parce que le bonhomme est selon moi (de ce que j'ai pu en voir) libéral compatible, et au vu de son audience et de la ferveur de celle-ci, l'initier plus avant aux idées libérales et autres ne serait pas mauvais.
  35. 4 points
    Et puis parler de Laplace, Newton, Einstein, ça parle aux gamins. Une petite introduction historique, les enjeux, les tâtonnements. Les scientifiques ont trimé dur, c'est normal que les gamins triment aussi. Quand j'étais jeune mes héros étaient les scientifiques, et non les people de célébrités. "Et pourtant elle tourne", et non "Non, mais allo quoi".
  36. 4 points
  37. 4 points
    c'est un anthropologue avec un biais.En 2017, un biais ne se chache plus, il se brandit fierement tel un etendard.
  38. 4 points
    Hamon nomme son nouveau mouvement Génération.s : http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/02/benoit-hamon-rebaptise-son-mouvement-generation-s_5223719_823448.html Ca me rappelle les paroles de Mylene Farmer Nager dans les eaux troubles Des lendemains Attendre ici la fin Flotter dans l'air trop lourd Du presque rien A qui tendre la main Si je dois tomber de haut Que ma chute soit lente Je n'ai trouvé de repos Que dans l'indifférence Pourtant, je voudrais retrouver l'innocence Mais rien n'a de sens, et rien ne va Tout est chaos A côté Tous mes idéaux : des mots Abimés... Je cherche une âme, qui Pourra m'aider Je suis Génération.s désenchantée, désenchantée Qui pourrait m'empêcher De tout entendre Quand la raison s'effondre A quel sein se vouer Qui peut prétendre Nous bercer dans son ventre Si la mort est un mystère La vie n'a rien de tendre Si le ciel a un enfer Le ciel peut bien m'attendre Dis moi, Dans ces vents contraires comment s'y prendre Plus rien n'a de sens, plus rien ne va. Y a pas à dire, ça vend du rêve
  39. 4 points
    Face à la Vénézuelienne il était quand même ignoble, ça donnait envie de mettre de grandes claques. Même si c'était fait pour faire le buzz, c'est très bien de le mettre devant ses dénis de réalité, il n'a rien d'autre à dire que des "vous mentez" et autres dénis ridicules comme celui de sa nationalité... D'ailleurs ils devraient un peu plus sélectionner leur public, avoir des applaudissements nourris pour un mec en train de se comporter comme ça, c'set chaud.
  40. 4 points
    T'es pas con comme mec tu sais très bien que ça sert à rien de faire ça. Des critiques constructives, utiles et donc beaucoup plus efficaces sont diffusées largement sur le net. Le fait que les médias soient obsédés par l'idée de l'amalgame sans jamais être capable d'analyser la moindre, ne signifie pas que le reste de l'occident a la tête dans le sable. Enfin ça sert pas tout à fait à rien, ça va enrager les médias concons qui n'analysent jamais rien. Ce qui va conforter leur public dans leur opinion qu'il se font de Trump et Trump va rallier une fois de plus ses fans. Mais tous le reste du monde est perdant. Y compris ceux qui porte une critique pertinente sur les dérives de l'Islam, car leurs adversaires n'attendent que ce genre de dérapage pour eux-même les amalgamer avec Trump.
  41. 4 points
    Lorsqu'on veut etre sur de son coup, on plante des carrottes, on ne joue pas les chefs d'Etat.
  42. 4 points
    C'est un sujet qui me passionne, alors je vais essayer de faire court et simple. En sciences humaines, je pense qu'il est totalement vain et illusoire de faire quelque chose qui ne soit pas un tout petit peu, même marginalement, le reflet de la vision du monde qu'a le scientifique. Tout l'enjeu est d'en avoir conscience et d'essayer de garder la maîtrise du travail, c'est une question de volonté propre au chercheur, une question d'honnêteté intellectuelle. Ca passe par plusieurs choses qui vont d'un cadre théorique conséquent et cohérent, une démarche réflexive bien conçue, une tentative de trianguler un maximum ses données, jouer le jeu de la transparence, savoir reconnaître ses limites. Je ne pense pas que les sciences humaines soient par défaut plus sujette à problème que les sciences dites "dures" (pour la blague, j'aime bien dire "sciences inhumaines"), il suffit de voir tout ce qui se trame dans la nutrition, la biologie, le climat et peut-être ailleurs dont je n'ai pas conscience. Par contre, elles sont devenues un lieu de bataille politique après guerre parce qu'elles furent investies par l'idée d'ingénieurisme social, c'est à dire l'idée que, armés de leur savoir, les sociologues et autres pouvaient résoudre les problèmes qu'ils analysaient : la pauvreté des classes populaire, la situation coloniale et j'en passe. C'est évidement plus difficile d'essayer d'améliorer le monde en analysant les étoiles. Pour répondre à tes questions, Flashy ("comment faire quand l'object d'étude est foncièrement politique"), je peux parler de mon travail pour donner un exemple de ce que je pense être une bonne maîtrise de l'approche politique d'un travail que je crois être scientifique. Ma spécialité c'est l'esclavage, c'est déjà un sujet politique à partir du moment ou j'y suis opposé. Plus encore, ma spécialité c'est l'esclavage domestique ouest-africain qui s'est constitué dans le sillage de la traite atlantique. Dans les premiers paragraphes de ma thèse, j'explique que mon travail est une volonté de donner une place à ces millions d'esclaves que l'histoire à oublié, ils sont au moins aussi nombreux que les esclaves atlantiques. C'est éminemment politique, c'est un sujet qui demain peut être brandi par une certaine droite pour dire "ah vous voyez, c'est pas la faute qu'aux Blancs, tralalalère" (alors que ce n'est pas ce qui est dit) et pris en grippe par les militants afrocentristes et autres qui nient cette situation et qui par là participent à l'euphémisation de rapports sociaux extrêmement violents et à la négation de l'existence de ces anciens esclaves, et quelque part, la négation de l'histoire de leurs descendants aujourd'hui. D'ailleurs, ces esclaves ont disparu de la vue des gens pour des raisons politiques, une sorte d'alliance improbable du colonialisme et des abolitionnistes. Mais ça va plus loin, je me bats pour assoir une définition de l'esclavage qui soit juridique, c'est à dire, j'essaie -je ne suis pas le seul bien sur- de définir l'esclavage par le statut qui leur est réservé dans une société donnée. Au contraire de beaucoup, je pense qu'il est vain de définir l'esclavage par un ensemble de phénomènes, car on en fait jamais le tour et surtout parce que dire ce qu'une chose fait ou subit n'est pas dire ce qu'elle est. Pourtant, cette définition phénoménologique de l'esclavage est la plus répandue, aussi bien dans la doxa populaire que savante, c'est la définition du BIT, de l'UNESCO, et j'en passe. Pourtant, si on dit que le mariage forcé c'est de l'esclavage, on doit dire que les reines du moyen-age étaient des esclaves, ce qui est ridicule. Ou si on parle de condition de travail difficiles, on ne distingue plus l'esclave, du serf, du paysan pauvre ou du travailleur forcé. Or, ces définitions sont massivement défendues par des chercheurs qui naviguent entre étude et militantisme : le travail forcé et la traite des êtres humains devient de l'esclavage. Moi je défends que ce sont des choses différentes, je ne les hiérarchise pas, je les distingue. Bien entendu, le fait que je sois libéral et défenseur d'une certaine forme de capitalisme n'y est pas étranger : je ne pense pas que les travailleurs soient exploités, je ne crois pas que les petites mains d'Amazon soient des esclaves. Je veux bien admettre qu'il puisse s'agir de travail forcé, de traite d'être humains, de conditions de travail dégradantes, mais je pense que c'est différent de l'esclavage pour un tas de raisons que je ne vais pas citer ici, mais que d'autres chercheurs défendent aussi. Je crois fermement que mon approche est la plus neutre, parce qu'elle évite le mélange des gens et surtout, elle permet de voir toutes les formes d'esclaves : certains esclaves n'étaient pas mal traités et bénéficiaient de statuts sociaux très enviés (par exemple, les devins royaux), si tu t'arrêtes sur le travail forcé, tu passes à côté de ces gens là. Par contre, si tu analyses l'esclavage comme un statut juridique, tu peux les retrouver dans ton étude. Je crois que mon travail rend justice aux esclaves et à leurs descendants, et j'y tiens, mais tu vois, en disant ça, je suis déjà une démarche politique. Mais ça ne sera pas écrit comme ça dans mon travail, il sera plus neutre, ça sera les conclusions à en tirer. ESt-ce qu'il est possible d'arriver sur un sujet d'étude sans en avoir des préjugés ? Je suis persuadé que non, j'ai longuement réfléchis à cette question. On a tous des préjugés. Si on en a pas sur l'objet en question, parce qu'on est libéraux, parce qu'on est fils de paysan ou fils de cadre du cac 40, parce qu'on a des parents militants socialistes ou des parents qui se foutent de la politique, parce qu'on a fréquenté une bonne ou une mauvaise école, parce qu'on a lu tel livre ou tel autre livre, on a tous une vision propre du monde. On a tous des idées sur ce qui fonctionne ou pas et sur ce qu'il devrait advenir du monde. Rien que ça suffit à comprendre qu'on a des préjugés sur n'importe quel sujet, même si on pense ne pas en avoir. Mais cette grille de lecture au monde, si on en prend conscience, je crois qu'il est possible de la neutraliser un maximum. Ou alors, on s'appelle Eric Fassin et on pétitionne toutes les semaines pour des sujets à la con dans Libération et on se couvre de ridicule, et toute la discipline avec.
  43. 4 points
    Si vous pouviez édulcorer vos propos et dire modestement que vous ne la trouvez pas à votre goût.... dégueu..... non mais sans déconner, les gars.....
  44. 4 points
  45. 4 points
    Peut-être qu'on (et quand je dis "on" je veux dire "les gens compétents" c'est-à-dire pas moi) devrait essayer de communiquer plus là-dessus. C'est un sujet très trendy en ce moment et le consensus liborgien a l'air iconoclaste, il y a moyen de faire parler de nous, surtout qu'on a des geeks informatiques capables de défendre cette position d'un point de vue technique. Or il n'y a rien sur la page d'accueil de Contrepoints par exemple.
  46. 4 points
    Il n'y a rien besoin de fouiller : le féminisme mainstream tel qu'incarné par le président de la République, celui qui nous entoure et a des conséquences politiques, le seul qui existe à une exception près jusqu'à preuve du contraire (dont qui plus est j'ai de plus en plus l'impression qu'elle n'adopte cette posture que pour troller), c'est celui des tarés. Me faire passer pour un parano ça marchait il y a quelques années, quand tout ça ne se voyait pas encore trop.
  47. 4 points
    Y a pas que les féministes visiblement qui ont une relation névrotique avec le sexe opposé.
  48. 4 points
  49. 4 points
    Mouais: http://www.slate.fr/story/153986/metoo-cris-de-detresse Je pense que c'est surtout car c'est ceux qui touchent les gens et qui font vendre que l'on en entend le plus partler. Nous balancer le nom de Momo, le contremaitre d'une société de nettoyage, tout le monde s'en fout. Si demain, c'est le nom de Julliard qui sort, là tu vends du papier coco.
  50. 4 points
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+01:00
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