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il y a 21 minutes, poney a dit :

C''était beaucoup mieux la solution du choix.

On en revient toujours au même principe :) 

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Kasparov (pour les besoins de la cause :icon_wink:) : Deep Thinking. Il y présente une approche optimiste de l'IA qui contraste pas mal avec les concerts de peurs qu'on voit en ce moment (E. Musk, S. Hawking etc.). Il a pour lui une certaine expérience : comme il le dit il a passé sa vie de joueur d'échecs pro précisément au moment où l'IA dépassait l'humain dans ce jeu, alors que ce n'était pas du tout évident. Il a donc une approche très charnelle du problème. C'est plus intéressant que ce que je pensais, il a un très bon recul, beaucoup de culture et vraiment réfléchit sur le sujet. C'est très rafraichissant à lire car bien qu'étant positif il ne va pas dans des délires (cf singularité and co.) mais reste assez terre à terre.

 

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Romanticising the loss of jobs to technology, is little better than complaining that antibiotics put too many gravediggers out of work.

 

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24 minutes ago, Kassad said:

Kasparov (pour les besoins de la cause :icon_wink:) : Deep Thinking. Il y présente une approche optimiste de l'IA qui contraste pas mal avec les concerts de peurs qu'on voit en ce moment (E. Musk, S. Hawking etc.). Il a pour lui une certaine expérience : comme il le dit il a passé sa vie de joueur d'échecs pro précisément au moment où l'IA dépassait l'humain dans ce jeu, alors que ce n'était pas du tout évident. Il a donc une approche très charnelle du problème. C'est plus intéressant que ce que je pensais, il a un très bon recul, beaucoup de culture et vraiment réfléchit sur le sujet. C'est très rafraichissant à lire car bien qu'étant positif il ne va pas dans des délires (cf singularité and co.) mais reste assez terre à terre.

 

 

 

Ah du coup je le lirai bien. Il faut que je termine d'abord SuperIntelligence de Bostrom, qui rejoint pour le coup la catégorie des sceptiques (ou plutôt prudents) à l'endroit de l'IA.

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Y a eu récemment un article intéressant sur CP sur l'IA et le jeu do GO.

 

Sinon, comme j'ai surtout farfouillé à droite et à gauche cette année niveau lecture, j'essaie de me donner un cadre pour l'année prochaine. J'ai recensé différents bouquins traitant aléatoirement de la philosophie libérale, mais aussi de morale, d'économie, de droit et même d'histoire (tant qu'à faire) que je me donne comme objectif.

 

Locke : Essaie sur l'entendement humain

Hume : Traité de la nature Humaine

Smith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations & Théorie des sentiments moraux

Bastiat : La loi

Von Mises : L'action humaine

Rothbard : L'éthique de la liberté

Hayek : La route de la servitude

D. Friedman : Vers une société sans Etat

Nozick : Anarchie, Etat et utopie

Simonot : 39 leçons d'économie contemporaine

J.Q Wilson : Le Sens moral

Villey : Philosophie du droit (?)

Boudon : Effets pervers et ordre social

Bainville : Histoire de France

 

Déjà si je me farcis tout ça, j'en serai ravi. Est-ce que vous verriez d'autres ouvrages à ajouter, notamment en droit, peut-être y a-t-il des choses plus accessible que Villey (que je connais pas) ?

(bonus stage : si vous connaissez une chaîne YT sympa niveau Histoire et pas sponsorisée par USUL, je suis preneur)

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Tu peux rusher vers une societe sans etat et la loi, ca se lit tout seul. Je lis en ce moment la route de la servitude et c'est assez simple aussi.

 

L'action humaine laisse tomber si t'es pas pret a y passer un minimum de temps. C'est assez long bien que pas si difficile que ca. 

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4 hours ago, F. mas said:

Ah du coup je le lirai bien. Il faut que je termine d'abord SuperIntelligence de Bostrom, qui rejoint pour le coup la catégorie des sceptiques (ou plutôt prudents) à l'endroit de l'IA.

Chez les optimistes, tu as Em de Robin Hanson. Qui a l’avantage d’être un des rares optimistes à réellement débattre régulièrement avec les pessimistes.

 

31 minutes ago, Restless said:

Hayek : La route de la servitude

C’est un pamphlet. Assez peu intéressant AMHA à part pour son aspect historique. Si tu veux de la substance, regarde plutôt Droit, Législation et Liberté.

 

32 minutes ago, Restless said:

Est-ce que vous verriez d'autres ouvrages à ajouter, notamment en droit, peut-être y a-t-il des choses plus accessible que Villey

Le Droit Naturel, ses Amis et ses Ennemis de Patrick Simon. Mais il est très difficile à trouver.

 

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il y a 46 minutes, Restless a dit :

1): J'ai recensé différents bouquins traitant aléatoirement de la philosophie libérale, mais aussi de morale, d'économie, de droit et même d'histoire (tant qu'à faire) que je me donne comme objectif.

 

Locke : Essaie sur l'entendement humain

Hume : Traité de la nature Humaine

Smith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations & Théorie des sentiments moraux

Bastiat : La loi

Von Mises : L'action humaine

Rothbard : L'éthique de la liberté

Hayek : La route de la servitude

D. Friedman : Vers une société sans Etat

Nozick : Anarchie, Etat et utopie

Simonot : 39 leçons d'économie contemporaine

J.Q Wilson : Le Sens moral

Villey : Philosophie du droit (?)

Boudon : Effets pervers et ordre social

Bainville : Histoire de France

 

2): Est-ce que vous verriez d'autres ouvrages à ajouter

 

Simmonot j'ai fini à 75%, c'est très bien, pédagogique, clair, drôle même.

 

Bainville plutôt fini à 35%, c'est bien comme je l'ai dis récemment.

 

Je compte me faire le D. Friedman quand je pourrais, il faut que j'approfondisse mes lectures anarcho-capitalistes.

 

L'Action Humaine c'est bien mais comme dit @NoName c'est long, il y a beaucoup de considérations épistémologiques.

 

2): Il faut que tu nous précise le domaine ^^ sinon j'ai commencé une bibliothèque idéale ici: http://hydra.forumactif.org/t3303-bibliotheque-ideale?highlight=bibliothèque

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Il y a 1 heure, Restless a dit :

Y a eu récemment un article intéressant sur CP sur l'IA et le jeu do GO.

 

Sinon, comme j'ai surtout farfouillé à droite et à gauche cette année niveau lecture, j'essaie de me donner un cadre pour l'année prochaine. J'ai recensé différents bouquins traitant aléatoirement de la philosophie libérale, mais aussi de morale, d'économie, de droit et même d'histoire (tant qu'à faire) que je me donne comme objectif.

 

Locke : Essaie sur l'entendement humain

Hume : Traité de la nature Humaine

Smith : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations & Théorie des sentiments moraux

Bastiat : La loi

Von Mises : L'action humaine

Rothbard : L'éthique de la liberté

Hayek : La route de la servitude

D. Friedman : Vers une société sans Etat

Nozick : Anarchie, Etat et utopie

Simonot : 39 leçons d'économie contemporaine

J.Q Wilson : Le Sens moral

Villey : Philosophie du droit (?)

Boudon : Effets pervers et ordre social

Bainville : Histoire de France

 

Déjà si je me farcis tout ça, j'en serai ravi. Est-ce que vous verriez d'autres ouvrages à ajouter, notamment en droit, peut-être y a-t-il des choses plus accessible que Villey (que je connais pas) ?

(bonus stage : si vous connaissez une chaîne YT sympa niveau Histoire et pas sponsorisée par USUL, je suis preneur)

 

Ca fait déjà une belle liste mais je rejoins ce que disent Razorback et NoName sur l'Action Humaine.

 

Niveau économie pour commencer je te conseillerais plutôt L'économie politique en une leçon de Henry Hazlitt et Basic Economics de Thomas Sowell qui sont à mon sens bien plus accessibles et simples à lire.

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Il y a 18 heures, poney a dit :

Ah, et je viens de recevoir après près de 4 semaines d'attente 

 

"L'ame Désarmée" de Alan Bloom

Oooh, "The Closing of the American Mind" si je comprends bien ; saine lecture. Je suis presque étonné que @F. mas n'ait pas upvoté ton message. ;)

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Haha, c'est parce que j'ai vu qu'il en discutait avec Bouvet que j'ai fini par le commander, il était sur ma liste depuis longtemps.

 

Sinon, je serais curieux d'avoir ton avis sur le Shlomo Sand avant que je le lise pour avoir une grille de lecture.

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3 hours ago, Rincevent said:

Oooh, "The Closing of the American Mind" si je comprends bien ; saine lecture. Je suis presque étonné que @F. mas n'ait pas upvoté ton message. ;)

 

Héhé... En fait, honnêtement, Bloom n'est pas mon straussien favori (il a d'ailleurs été assez critiqué par ses petits camarades, je pense à son atomisation par H Jaffa ou PA Lawler). J'ai lu pas mal de choses de lui, et je trouve sa production assez inégale ('The closing' a de bons passages, 'L'amour et l'amitié' qu'il considérait comme son chef d'oeuvre est totalement indigeste, son intro à la République de Platon est bien, son livre avec Jaffa sur Shakespeare très bon, ses textes sur Rousseau ou la constit US acceptables).

 

Il est beaucoup trop romantique pour moi. 

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Il y a 5 heures, poney a dit :

Sinon, je serais curieux d'avoir ton avis sur le Shlomo Sand avant que je le lise pour avoir une grille de lecture.

Bah, pour ma part je trouve fort pertinents les arguments de Mireille Hadas-Lebel (une douzaine de pages, ça se lit vite). Compte tenu de l'organisation qui les publie, tu devines la conclusion (et encore, l'un des deux articles fut initialement publié dans Commentaire, ce qui donne une idée de la pertinence et du caractère pas spécialement ethnobéat du texte) ; mais leur teneur est plus intéressante que la conclusion. En gros, la polémique et l'idéologie lui font oublier la rigueur et l'honnêteté nécessaires pour traiter de ces questions.

 

Si je devais ajouter quelque chose, je dirais que Sand se vautre comme tant d'autres dans le post-modernisme le plus naïf : ce n'est pas parce que la conception des Idées de Platon est fausse qu'il faut verser dans le nominalisme le plus nihiliste ; pour le dire autrement, ce n'est pas parce que les frontières (éventuellement historiques) d'une entité, éventuellement immatérielle, sont floues qu'elle n'existe pas pour autant (la version post-moderne du paradoxe sorite, en quelque sorte).

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il y a 5 minutes, Rincevent a dit :

Si je devais ajouter quelque chose, je dirais que Sand se vautre comme tant d'autres dans le post-modernisme le plus naïf : ce n'est pas parce que la conception des Idées de Platon est fausse qu'il faut verser dans le nominalisme le plus nihiliste ; pour le dire autrement, ce n'est pas parce que les frontières (éventuellement historiques) d'une entité, éventuellement immatérielle, sont floues qu'elle n'existe pas pour autant (la version post-moderne du paradoxe sorite, en quelque sorte).

 

Ca me fait penser au travail de l'anthropologue (marxiste mais ici on s'en fou) Jean-loup Amselle sur l'historicité des ethnies africaines, le rôle du colonialisme dans ces créations (ou fixations) ethniques, puis les récupérations post-coloniales, ... Bref, il écrit "les ethnies ont une histoire", comprendre, elles ne sont pas pas apparue de toute éternité, elles sont le fruits de rapports sociaux, souvent des rapports de forces (politique, guerre, ...), de migrations, ...


Corolaire que n'avait pas prévu Amselle et contre lequel il a du mal à se débattre, sa récupération par certains "post modernes", pour reprendre ton terme : "ah, donc les ethnies sont des inventions et n'existent pas". Je lis souvent dans des textes "les inventions ethniques, comme l'a montré Amselle"... 

 

Wait, no dude, ce n'est pas ça qui est écrit.

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il y a 36 minutes, Rincevent a dit :

Bah, pour ma part je trouve fort pertinents les arguments de Mireille Hadas-Lebel (une douzaine de pages, ça se lit vite). Compte tenu de l'organisation qui les publie, tu devines la conclusion (et encore, l'un des deux articles fut initialement publié dans Commentaire, ce qui donne une idée de la pertinence et du caractère pas spécialement ethnobéat du texte) ; mais leur teneur est plus intéressante que la conclusion. En gros, la polémique et l'idéologie lui font oublier la rigueur et l'honnêteté nécessaires pour traiter de ces questions.

 

Si je devais ajouter quelque chose, je dirais que Sand se vautre comme tant d'autres dans le post-modernisme le plus naïf : ce n'est pas parce que la conception des Idées de Platon est fausse qu'il faut verser dans le nominalisme le plus nihiliste ; pour le dire autrement, ce n'est pas parce que les frontières (éventuellement historiques) d'une entité, éventuellement immatérielle, sont floues qu'elle n'existe pas pour autant (la version post-moderne du paradoxe sorite, en quelque sorte).

 

 

J'ai lu en diagonale avant une autre lecture, ce soir. Israël ne serait donc que "prétendument" un pays ultra-nationaliste ? Hmm...

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il y a une heure, Johnnieboy a dit :

 Israël ne serait donc que "prétendument" un pays ultra-nationaliste ? Hmm...

Déjà faudrait voir si l'expression "ultra-nationaliste" a un sens, i.e. accepte une définition qui corresponde à quelque chose qui existe, et qui ne soit pas strictement équivalent à un autre mot.

 

Mais ça nous emmènerait un peu loin.

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@Johnnieboy, si tu as envie de passer d'excellents moments de lecture, je te conseille vivement Tom Wolfe, Le bûcher des vanités et Un homme un vrai. (entre autres) Mais peut être les as tu déjà lu ?  C'est un excellent auteur et tu passeras de grands moments de franche rigolade  mais pas que, loin de là ! et ce n'est pas @F. mas qui me contredira ! 

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Il y a 21 heures, Extremo a dit :

 

Ca fait déjà une belle liste mais je rejoins ce que disent Razorback et NoName sur l'Action Humaine.

 

Niveau économie pour commencer je te conseillerais plutôt L'économie politique en une leçon de Henry Hazlitt et Basic Economics de Thomas Sowell qui sont à mon sens bien plus accessibles et simples à lire.

Merci pour les retours, notamment sur Von Mises. Même chose pour Hayek @Sloonz, je vais lire les deux, comme ça pas de jaloux! Et pour l'économie, je vais déjà commencer en français même si c'est vrai que sur les quelques vidéos que j'ai vu de Sowell il était assez clair, mais bon en bouquin...

 

Il y a 22 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

2): Il faut que tu nous précise le domaine ^^ sinon j'ai commencé une bibliothèque idéale ici: http://hydra.forumactif.org/t3303-bibliotheque-ideale?highlight=bibliothèque

Je mets la bibliothèque en archive. Le domaine ? La morale, la morale, la morale :) l'action humaine ><, la prise de décision, tout ça..

 

 

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Il y a 3 heures, Johnnieboy a dit :

pays ultra-nationaliste

 

Un pays est une somme d'individus (voire même d'êtres si on inclus les paysages, les réalisations architecturales et les générations passés...), lequels présentent par définition des différences. Tous les israéliens ne sont pas nationalistes, par conséquent parler de "pays nationaliste" est erroné. On aura une meilleure base pour polémiquer en vérifiant un énoncé du genre "les gouvernements successifs d'Israël depuis X années sont nationalistes".

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Il y a 3 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

nationalistes

Attention, @Johnnieboy parlait non pas de nationalisme mais d'ultra-nationalisme. Si il y a un autre mot, c'est sans doute que le concept est différent (et j'attends qu'il le définisse).

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il y a 54 minutes, Rincevent a dit :

Attention, @Johnnieboy parlait non pas de nationalisme mais d'ultra-nationalisme. Si il y a un autre mot, c'est sans doute que le concept est différent (et j'attends qu'il le définisse).

 

 

J’ai confondu les guillemets, comme ça m’arrive souvent en ce moment (une drôle de dyslexie). Dans le texte, elles étaient sur « ultra-nationalisme » pas sur prétendument. 

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On 14/11/2017 at 8:02 PM, Restless said:

(bonus stage : si vous connaissez une chaîne YT sympa niveau Histoire et pas sponsorisée par USUL, je suis preneur)

 

https://www.youtube.com/channel/UCzj9-ZfpJ74vYv1RZzAWTVg

 

Sympa car les vidéos sont très bien documentées, très bien écrites, très bien jouées et très drôles tout ça à la fois. 

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Il y a 2 heures, Boz a dit :

 

https://www.youtube.com/channel/UCzj9-ZfpJ74vYv1RZzAWTVg

 

Sympa car les vidéos sont très bien documentées, très bien écrites, très bien jouées et très drôles tout ça à la fois. 

Confessions d'Histoire ? Je dis oui, oui et trois fois oui ! :)

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Petite question qui a peut-être déjà sa réponse quelque part: quel serait l'ouvrage le plus complet/intéressant sur la théorie des choix publics sachant que je n'ai lu que quelques articles sur le sujet? 

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L'utopisme socialiste est vraiment une doctrine d'essence carcérale:

 



« Les institutions que propose Thomas More sont très nettement autoritaires. La démocratie d’Utopie est surveillée. En politique intérieure, il y a certes un sénat élu, même s’il n’est pas très clair que tous les habitants soient électeurs, ou simplement les chefs des familles citadines. Mais il y a aussi un Prince, Lord Protecteur à vie. Le travail est réglé d’en haut avec pour les déviants la menace de l’esclavage. Pour augmenter les capacités productives, on importe des esclaves ou, faute de mieux, des travailleurs non-citoyens. Sortir de sa province sans autorisation du sénat est sévèrement puni. Tavernes et jeux de hasard sont supprimés, à leur place des jeux de calcul et du sport militaire.

En politique extérieure, Utopie domine ses alliés par des gouvernants tirés de son sein et par des prêts judicieux, elle conquiert les sauvages qui ne mettent pas leur terre en valeur et qui donc méritent de la perdre, elle écrase par tous les moyens ceux qui touchent à ses marchands. Elles corrompt leurs dirigeants, elles fomente terrorisme et révolte, et pour finir, elle envoie se battre des montagnards voisins, un peu arriérés – merci aux Écossais – ou ses alliés, épargnant ainsi le précieux sang des citoyens utopiens.

Partout une saine autorité, celle des hommes sur les femmes, des vieux sur les jeunes : « Le plus ancien membre d’une famille en est le chef »… Les femmes servent leurs maris, les enfants leurs pères et mères, les plus jeunes servent les plus anciens … les esclaves sont chargés des travaux de cuisine les plus pénibles ou bien « les maris châtient leurs femmes, les pères et mères leurs enfants, à moins que la gravité du délit n’exige une réparation publique », ou encore « les jours de Finifête (la fin de chaque mois), avant d’aller au temple, les femmes se jettent aux pieds de leurs maris, les enfants aux pieds de leurs parents ; ainsi prosternés, ils avouent leurs péchés d’action ou ceux de négligence dans l’accomplissement de leurs devoirs, puis ils demandent le pardon de leurs erreurs ». À plat-ventre donc.

La nouvelle société est soigneusement régulée, sa sexualité ne l’est pas moins : « Les filles ne peuvent se marier avant dix-huit ans, les garçons avant vingt-deux. Les individus de l’un et l’autre sexe convaincus d’avoir succombé au plaisir avant le mariage sont passibles d’une censure sévère et le mariage leur est absolument interdit à moins que le Prince ne leur fasse remise de la faute… On pense que l’amour conjugal ne tarderait pas à s’éteindre entre deux individus condamnés à vivre éternellement en face l’un de l’autre et à souffrir les milles désagréments de ce commerce intime si des amours vagabondes et éphémères étaient tolérées et impunies ».

Vient alors le passage célèbre qui a depuis longtemps frappé les illustrateurs : « Au reste les Utopiens ne se marient pas en aveugles … Une dame honnête et grave fait voir au futur sa fiancée, fille ou veuve, à l’état de nudité complète et réciproquement un homme d’une probité éprouvée montre à la jeune fille son fiancé nu ». Cette nudité n’est évidemment pas pratiquée par plaisir, mais est justifiée par l’analogie de la marchandise : « Lorsque vous achetez un bidet, affaire de quelques écus, vous prenez des précautions infinies : l’animal est presque nu, cependant vous lui ôtez la selle et le harnais de peur que ces faibles enveloppes ne cachent quelque ulcère ; et quand il s’agit de choisir une femme ... vous y mettez la plus profonde incurie … Et vous ne craignez pas de rencontrer après cela quelque difformité secrète qui vous force à maudire cette union aventureuse ! ». Les métaphores sont rarement innocentes : dans l’achat du bidet, la symétrie prétendue entre l’homme et la femme est oubliée, c’est la femme qu’on expose et qu’on achète, et l’homme en veut pour son argent.

Lorsque Thomas revient sur l’adultère, c’est pour en augmenter la peine : « L’adultère est puni du plus dur esclavage… La récidive est punie de mort ». Le flirt et la galanterie ne sont pas mieux traités : « La simple sollicitation à la débauche est passible de la même peine que le viol accompli ». Toujours le point de vue de l’homme. […]

Désormais, la machine est lancée, réformateurs et projets de réforme vont se succéder : Guillaume Postel, Fénelon, Harrington, Barthélémy, Mercier, Morelly, jusqu’à Cabet et son Icarie, qui se réalisa – car il s’agit bien de se réaliser – dans l’Ohio sous la forme d’une distillerie de whisky dont l’alcool, vendu aux non Icariens, était fabriqué par des travailleurs volontaires exploités par une petite élite de directeurs ; les heureux travailleurs finirent pas se révolter, buvant l’alcool et brûlant la fabrique. La Cecilia anarchiste, elle aussi américaine, ne réussit pas mieux, au moins se passa-t-elle d’exploiteurs. Et finalement, la plus maniaque de toutes les utopies, le phalanstère de Fourier et sa réalisation, ce familistère de Guise où, sous un dôme vitré de grand magasin, s’alignent les mornes galeries d’une cour de prison. » - Jean-Pierre Poly, « L’Utopie de Thomas More », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 22 | 2005, mis en ligne le 01 décembre 2007, consulté le 19 novembre 2017.



 

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