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Anton_K

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Everything posted by Anton_K

  1. Je te réponds aussi en spoiler : L'argument d'indispensabilité ne me laisse pas vraiment froid, je pense aussi que des notions mobilisées dans toutes les théories de sciences naturelles et les théories mathématiques ont une importance particulière, c'est plutôt l'enjeu de la question de l'existence qui m'échappe. Je connais un peu Maddy, j'avais lu un article d'elle sur le naturalisme et l'a priori (chez Quine, Kant et Carnap) et écrit pour la fac un truc assez critique sur sa lecture de Carnap, dont elle faisait une sorte de Kantien, mais ce sont des souvenirs un peu lointains, j'avoue. De manière générale elle m'était apparue comme une naturaliste aux gros sabots, mais je n'ai pas lu le bouquin auquel tu fais référence, je vais jeter un oeil.
  2. C'est vrai qu'apparemment elle n'est pas cohérente. Si on considère que le symbole du nombre infinitésimal doit référer à un réel dans tous les cas, elle est même incohérente globalement. L'analyse non-standard d'une certaine manière tente de recapturer l'intuition de Newton ou Leibniz dans une théorie cohérente. Et cette tentative de recapture ne me semble pas illégitime puisque les deux auteurs parlaient informellement de ces nombres comme d'un type particulier de quantité (dites "évanescentes"), mais qu'ils n'en ont pas fait de théorie axiomatique ou formelle. En l'absence d'axiomatisation et de formalisme, de toute façon la cohérence d'une théorie n'a pas d'objectivité, donc en juger me semble hâtif. Pour cette raison je ne dirais pas que l'absence de cohérence globale de ces théories engage à des structures partielles: ce serait déduire des propriétés des objets à partir d'une structure logique du raisonnement alors que les auteurs ne se donnaient pas de critère fort en la matière. Il faudrait savoir ce qu'ils en pensaient. Cela n'empêche pas forcément d'être réaliste, ni même d'engager Newton et Leibniz en l'existence d'infinitésimaux "réputés" cohérents, mais qu'ils ne connaissaient pas totalement: tu peux dire qu'ils avait l'intuition d'un objet mathématique qui existe bel et bien, que ce n'est pas un simple nombre réel (donc pas d'incohérence), et qu'ils en utilisaient différents aspects à différents moments. Je suis instrumentaliste donc ces questions ontologiques ne m'empêchent pas de dormir, d'autant que si on parle de la définition quinienne de l'engagement ontologique (on est engagé aux entités liées par des quantificateurs existentiels, si je dis pas de bêtise), je l'ai toujours trouvée un peu bizarrement éloignée de la réalité textuelle d'une théorie scientifique, et difficile à opérationnaliser, mais c'est un autre sujet. En fait en mathématiques ce n'est pas inhabituel du tout de suspecter que deux idées devraient relever de la même notion, et se mettre à développer une nouvelle notion formelle dans laquelle on peut redéfinir les deux. Et d'une certaine manière c'est presque ça qui pousse un réalisme mathématique trop formaliste dans ses retranchements, vue la diversité des généralisations et reformulations possibles.
  3. Tout simplement parce que même si l'arithmétique de ces nombres n'était pas définie, les mathématiciens savaient ce qu'ils cherchaient à dire à chaque étape du raisonnement, et donc ils n'utilisaient pas n'importe quelle règle arithmétique à n'importe quelle étape. Tu as besoin soit d'une notion de limite formelle, soit d'une arithmétique des nombres infinitésimaux si tu te poses des questions qui vont au delà de la raison précise pour laquelle tu as introduit la notion, quand tu te demandes ce qu'elle pourrait faire d'autre.
  4. Avant que le raisonnement par la notion de limite soit développé, pour représenter l'évolution instantanée de la valeur d'une variable, on considérait qu'elle prenait pour valeurs celles de nombres spéciaux, infiniment petits (ce qui traduit l'intuition de l'instantanéité), qui avaient vocation être "traités comme" 0 pour décrire ce qu'on appelle en général maintenant la limite. En introduisant formellement la notion de limite tu n'as plus besoin de te poser la question de l'existence de ces nombres spéciaux. Maintenant, il y a quand même des gens qui essaient de produire des modèles où ce genre de nombre existe et forme une classe d'objets à part, avec leur propres règles arithmétiques (cf. ce dont parle @Rincevent).
  5. Cette semaine : Pig de Michael Sarnoski avec Nicolas Cage. J'aimais bien l'exposition, j'aimais bien l'arrivée à Portland avec les combats de clochards et la parano d'un grand tremblement de terre, mais le film n'en fait rien, et c'est normal car ce n'est pas son propos. En fait son propos est un peu naze: la bonne cuisine c'est l'authenticité des vraies choses, "l'ingrédient secret c'est qu'il n'y a pas d'ingrédient secret" (il n'est pas question d'ingrédient secret mais d'un autre truc que je ne vais pas vous spoiler). En bref, film qui se fait grave et sombre de manière un peu opportuniste et qui finalement sert une morale de hipster qui boit du vin naturel. Dommage, car Nicolas Cage en impose et est en plus assez drôle. The French Dispatch de Wes Anderson avec *absolument toute sa troupe*. Bien sûr c'est joli, Anderson ne baisse pas la barre de son exigence technique, il ajoute une branche à son petit univers esthétique, tout cela est bel est bon. Par contre son film n'a absolument rien n'a dire ou à raconter d'intéressant, et assez vite on se demande si on est pas en train de juste regarder un club de bobos américains mettre en scène leur fétiche français en bonne compagnie, sans aucun recul et aucune prise de risque. Le niveau de superficialité du fétiche soixante-huitard est vraiment impressionnant, et je suis surpris que ça émoustille encore les américains plus de 50 ans après. Je suis sûr que Wes Aderson a encore plein de jolis films dans sa besace mais je n'en ai absolument plus besoin. En bref, d'accord mais on s'en fout. Last Night In Soho de Edgar Wright avec Anna Taylor-Joy, Matt Smith (ça faisait un moment) et une certaine Thomasin McKenzie. Cas plus compliqué, d'un côté c'est un teen movie horrifique façon 90s, un peu à l'américaine mais dans un contexte londonien. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais voir donc c'était un bonne surprise au début. Malheureusement, c'est un film pop anglais, avec tout ce que ça entraîne de préciosité post-victorienne, de bon sentiments et de politiquement correct. Pas de manière extrémiste, mais de manière extrêmement niaise. Ce qui pour moi finit de pourrir le film est l'abus d'effets spéciaux pas très beau, dans le contexte - qui se veut horrifique mais qui ne fait pas vraiment peur - de scènes d'action inintéressantes et à rallonge. Les cordes sont très visibles : musique échevelée à fond les ballons, énormes effets sonores pour provoquer des jumpscares sans aucune anticipation. En bref, des anglais veulent faire un teen movie d'horreur pour halloween, ils le transforment en arbre de noël édificateur, on n'est pas extrêmement surpris.
  6. C'est quand même dingue que ce genre d'erreur soit possible.
  7. J'avoue que je suis basique quand il s'agit d'Electric Wizard, je dois bien connaître au maximum 4 ou 5 morceaux.
  8. Pour le deux-millième post du fil, un morceau de l'an 2000.
  9. @Ultimex "Beyond Italo Disco: The Sounds of Neapolitan Funk"
  10. Mes lectures philosophiques sont de retour. Je lis un papier de Geoffrey Hodgson qui s'appelle The Firm as Interactor, et je vais continuer avec le bouquin The Evolution of Institutional Economics. Hodgson est, si je comprends bien, une figure du proue de l'institutionnalisme depuis 15-20 ans avec une approche évolutionniste de l'histoire des institutions. En particulier il s'intéresse à l'émergence du capitalisme d'un point de vue darwinien/dawkinsien, avec l'entreprise comme individu (interacteur est le terme technique, emprunté à Hull si je comprends bien) et les procédés (industriels et managériaux, je n'ai pas l'impression qu'il distingue trop pour l'instant) comme réplicateurs (d'après la terminologie de Dawkins). Du coup j'ai aussi commencé à lire The Selfish Gene de Dawkins sur le conseil de @Vilfredo et parce que c'est une référence fréquente chez Hodgson.
  11. En tout cas (je prends le devoir de snobisme sur mes épaules) c'est fou comme l'allemand académique est transparent.
  12. Je pense pas que ça aille plus loin que ça en effet. En fait le problème n'est pas vraiment path dependent tant que tu as accès à un niveau de célébrité arbitrairement haut ou bas dans la population. Edit : en fait il y a une différence, car dans le problème de reddit on n'a pas besoin de la dernière supposition : on part du retail price, on suppose que par défaut la revente à un quidam fait diminuer le prix, et que la revente à une célébrité le fait augmenter. Le théorème des valeurs intermédiaires s'applique parce que, en particulier, la possibilité de faire diminuer le prix est garantie. Dans mon cas, on peut imaginer que le prix soit arrivé très haut et qu'il n'existe personne de suffisamment inconnu pour faire retomber le prix au retail s'il a été possédé au moins une fois par une superstar.
  13. J'ai l'impression que l'énoncé ne dit pas si l'objet était neuf avant d'être porté par la célébrité, et quand j'ai lu "gain" ou "lose value" je l'ai interprété spontanément comme un discount donc je me suis représenté le problème de manière itérée. Oui oui j'entends. J'allais te dire que c'est moins intéressant mais au final ma version itérée se résout tout autant par les valeurs intermédiaires si la fonction est continue pour la variable de célébrité, donc j'ai fait le kéké pour rien.
  14. Quelle fonction? La façon dont ce problème doit être modélisé ne me semble pas si évidente. On peut surement commencer par une fonction qui au niveau de célébrité associe un prix, et la question est de savoir si il existe nécessairement une personne au niveau de célébrité correspondant au prix retail, mais c’est ennuyeux. Plus indirectement on considère une séquence de reventes et l'évolution du prix à chaque étape est une fonction du prix à l'étape précédente et du niveau de célébrité du dernier acheteur. On se demande si il existe une séquence qui permet de retourner au prix retail. Le post reddit pointe plutôt dans la deuxième direction et je ne suis pas sûr que dans ce cas là ce ne soit qu'une affaire de valeurs intermédiaires ou d'accroissements finis. En fait si, c'est juste un problème de valeurs intermédiaires là aussi.
  15. Alors tu commences pas par Nietzsche, déjà. Le problème de Nietzsche c'est que c'est surtout un commentateur, donc si tu n'as lu ni les principaux anciens, ni Spinoza, ni Kant, et que tu n'as pas le contexte intellectuel de l'époque en tête (wagneriens vs anti-wagneriens, réflexions vivaces à l'époque sur l'histoire de la littérature et du théatre), tu n'en retiendras que des punchlines dépourvues de sens, et si tu as tout ce background tu trouveras que ça t'apporte finalement pas grand chose. Avec toutes ces réserves, les conférences de Luc Ferry (fondées en partie sur ce qu'a décrit Deleuze sur Nietzsche) ne sont pas mal pour un tout premier contact.
  16. En gros y'a un truc avec les roux qui essaient de se donner un style de bourgeois lillois de la grande époque.
  17. J'ai l'impression que dans Star Wars toutes les organisations sont relativement plus libérales que celles qui sont dépeintes dans des oeuvres de space opera comme Star Trek ou Dune. L'Empire a un pouvoir de destruction, et même si on nous dit de temps en temps qu'il a un pouvoir de contrôle, en fait on le voit assez peu. Tout ce qu'il y a d'intéressant se passe dans la bordure extérieure, qui est un espace peu gouverné. La figure du petit entrepreneur individualiste est assez présente (Lando, Han, l'oncle Owen, Watto... les chasseurs de prime même si on veut) et du commerçant en général avec les Jawa, les scènes de marché récurrentes. Dans Star Trek ou Dune, il y a de l'anticipation politique et sociale liée à la science fiction, l'anticipation d'un contrôle social accru au sein des organisations avec un gros trait progressiste dans Star Trek. Au contraire dans Star Wars il y a presque une vision réactionnaire et anarchiste du monde, où la technologie n'a pas d'impact sur les problèmes sociaux éternels (l'esclavage, les mafia et trafics en tous genres, les inféodations)... C'est surement le tropisme western de l'oeuvre qui veut ça d'ailleurs.
  18. Ce n'est pas moi non plus, mais je suis curieux de savoir qui c'est.
  19. Ça les amis c'est ce qu'on appelle de la communication politique. Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour une campagne présidentielle.
  20. Il me semble que la vente de sous-marins à propulsion nucléaire à une marine étrangère est par défaut exclue, et à tout le moins soumise à une décision politique.
  21. cette vidéo c'était un peu un retour aux sources, qui aura surement parlé aux lecteurs de feu Fils de Pute de la Mode.
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