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Anton_K

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Everything posted by Anton_K

  1. Aaaaah la théorie de la correspondance preuve-programme... neuronal ! J'aime beaucoup (no irony)
  2. Oui, au sens où notre théorie de la vérité définit la norme d'une bonne théorie, de la bonne manière de la construire et de la tester. Mais notre théorie de la vérité elle même ne tombe pas du ciel. Subjectivement c'est la pierre de touche de l'entreprise scientifique, objectivement c'est un ensemble de contraintes sur le discours et la pratique scientifique, et cet ensemble de contraintes évolue lui même selon les besoins si c'est un changement conscient, et dans ce cas là il faut chercher une autre norme à laquelle cet ajustement se plie, ou par sélection dans beaucoup de cas où le changement n'est pas conscient. On peut oublier le fait qu'elle a évolué, en considérant toujours que l'on est commis à tenir sa version actuelle comme absolue (et en un sens on l'est, en tout cas on est commis à utiliser ce qu'on pense en être la meilleure version), mais notre théorie métaphysique n'est pas obligée d'être aveugle quant à cette évolution. Je ne suis pas en train de dire que ces dernières observations valent comme épistémologie normative qui serait "anything goes", mais je pense qu'elles participent à une métaphysique un peu moins naïve (notamment relativement à ce qu'est effectivement le travail scientifique et le travail logique) que celle que tu sembles défendre. Faire de la théorie de la vérité courante un absolu, en un sens c'est occulter l'aspect de jugement de valeur qu'il y a dans l'engagement dans le paradigme considéré comme le meilleur. Alors que finalement, mon avis est que ce n'est pas un engagement ontologique beaucoup plus coûteux parce qu'il serait plus explicitement normatif que la simple affirmation qui est la tienne et que j'ai cité. Si tu ne vois pas ce que je veux dire, dis le moi, je peux reprendre et j'ai même un papier à ce sujet. TL; DR : Au lieu d'affirmer "la norme A est nécessaire absolument" sans preuve, tu affirmerais "la norme A n'est pas nécessaire absolument mais est la meilleure option", sans plus, ni moins de preuve. Tu gardes le même degré d'engagement dans l'entreprise scientifique, mais ta théorie métaphysique est enrichie. Qu'en dis-tu? J'ai aussi une approche de la raison que je considère comme fonctionnelle (la raison comme faculté de réaliser des enchaînements contrôlés et réguliers de représentations formattées, ce qui permet la réplication et l'objectivité - ou au moins l'intersubjectivité), mais je trouve le concept d'efficacité qui est une sorte de finalisme implicite un peu mal venu. Trop finaliste pour être de l'évolutionnisme, pas assez finaliste pour ne pas être une sorte du pragmatisme naïf. Enfin ça comme vous savez c'est une marotte que je traîne depuis mongtemps, et je n'irai pas jusqu'à dire que je suis prêt à donner une solution satisfisante. D'accord avec ça. Si c'est à dire qu'il n'y a que l'erreur qui permette de faire l'expérience de l'universel, je suis bien évidemment d'accord avec cela. Mais l'erreur ne se donne pas dans un langage. Là je ne suis pas du tout d'accord mais je ne sais pas si c'est le lieu pour une discussion technique. Alors là pour le coup j'aimerais bien être sûr de ce que tu veux dire exactement.
  3. L'objectivité c'est encore une autre affaire, dont on n'a pas tellement parlé. Promis je réponds demain, mais remarque pour l'instant que la proposition que j'esquisse (sans grande certitude, n'est-ce pas...) sur la primauté de la préférence et ses opportunités fondationnelles est probablement très très opposé à ce que pensait Kant, qui aurait eu tendance à rechercher la cause de la préférence et, l'ayant trouvée, à disqualifier la préférence comme ne produisant presque toujours que des impératifs hypothétiques. Je dis ça juste au cas où un malentendu guetterait.
  4. Si tu permets je vais digresser un peu. Les problèmes du fondement de la connaissance dans des axiomes qui seraient fondés en pure raison, sont à mon avis, d'une part, (i) que le fait qu'ils soient choisis comme axiomes a beaucoup moins à voir avec la nature de notre rapport à ce qu'il décrivent ou leur degré d' "évidence" que ce que l'on croit, et d'autre part, (ii) que nous avons tendance à penser que, sont nécessitées par le simple exercice de la raison, des observations qui ont beaucoup plus à avoir avec l'usage que l'on veut faire de la raison. Ici par raison j’entendrai la capacité à imposer à sa propre pensée un ensemble de règles de formatage et d’enchaînement de représentations (à manipuler des symboles de manière réglementée si tu veux). Relativement à (i) je dirais que le fait d'être un axiome est une considération propre à la construction d'une théorie. Un axiome est la formulation la plus compacte, étant donnée une logique, de l'ensemble maximal de choses que l'on veut voir prédites par la théorie. Cela n'a pas vraiment de rapport avec la propension de ces axiomes à être des fondements universels et incontestables. Une manière de chercher un axiome incontestable bien explorées dans la philosophie occidentale, c'est de le chercher parmi ce qui à trait aux conditions du discours, ou au conditions de toute argumentation ou de toute énonciation, ou au moins de toute énonciation à propos d'un domaine très général auquel il semble invévitable d'avoir à faire. On pourrait appeler ces axiomes des "principes formels" pour parler comme Kant. C'est exactement ce qu'est l'axiome de non-contradiction (d'ailleurs le fait, rappelé par l'article wiki, que dans la logique propositionnelle classique, ce principe n'en soit pas un mais soit un théorème qui découle des propriétés d'autres connecteurs logiques illustre bien ma première remarque), et c'est aussi, mais à moindre raison, le cas de l'impératif catégorique Kant ou de l'axiome de l'action chez Mises. Entre être un "fait de logique" et être un axiome il n'y a à mon avis aucun rapport de nécessité, c'est seulement dans la quête d'un fondement de la connaissance dans la raison pure que l'on a cherché des axiomes qui seraient aussi des "faits de logique" ou des "principes formels". Les exemples de Mises et de Kant sont importants, parce que je vais prétendre que le principe de non contradiction n'est pas non plus un "fait de logique" impliqué par l'usage de la raison déductive, mais plutôt un fait que l'on doit reconnaître si cette logique doit être vue comme l'étude d'un domaine bien particulier : une certaine conception de la vérité. Ce qui nous amène au point (ii). Souvent on essaie de faire passer certains axiomes pour des "faits de logique" (Leibniz s'y est aussi essayé d'ailleurs), à mon avis c'est une erreur parce qu'il n'y a pas de purs faits de logiques - et c'est pour ça que j'emploie le terme "formel" dans un sens qui ne veut pas dire "syntaxique" ou "logique" ici, mais qui veut plutôt dire "impliqués par le sujet dont on veut parler"... En quelque sorte, ce sont plutôt des énoncés analytiques d'un concept qui serait "caché" dans la forme constituée par le système de règles. Ceux qui connaissent la logique modale (@Kassad, si tu es là, ces élucubrations pourraient t'intéresser) verront peut-être ce que je veux dire : un connecteur se met à jouer par ses règles d'introduction et d'élimination le même rôle qu'un prédicat dont on aurait pu faire la théorie au premier ordre. Dans la logique déductive, ce concept analytique ce serait la "vérité", au sens de propriétés très particulières de l'expérience sensible, que nous avons apris ou été amenés à considérer comme importantes. Bref pour revenir à la question de JRR : ce que je suis en train de dire, en somme, c'est qu'il n'y a pas de logique qui soit totalement indépendante de ce dont on veut parler, et que cela, ce n'est peut-être pas si universel que l'on voudrait le croire. En effet le principe de non-contradiction est à peu près incontestable, parce que tous les énoncés qui auraient une forme violant ce principe sont, pour nous, dépourvus de sens. C'est là son caractère "formel". Si toute notion de vérité commensurable à celle qui existe dans l'épistémologie scientifique moderne implique un tel usage du langage, alors il est plausible, en effet que l'acceptation du principe de non-contradiction soit commandée à tous les participants à cette communauté linguistique, pour parler comme Mises. J'insiste, non pas en tant qu'il est un axiome, mais en tant qu'il est un énoncé "formel", et ici, le "domaine" sur lequel porte cet énoncé, c'est ce que nous appelons "la vérité". Maintenant, la question difficile : peut-on raisonner SANS principe de non-contradiction ? Oui, tout à fait, si par raisonner on entend établir un système régulier de génération et de vérification d'énoncés. Pour traiter le cas de la déduction à partir d'un ensemble contradictoire d'hypothèses, qui peut apparaître instrumentalement dans des preuves mathématiques, tout en restant cohérent avec l'interdiction de la contradiction les logiques habituelles on recours à un outil médiéval : le "ex falso quodlibet". On interdit la contradiction en introduisant la règle qui dit que si l'on accepte une contradiction, l'on accepte tout, ce qui rend trivial l'effort de déduction. D'une part l'usage d'un tel stratagème de bricoleur pour donner une substance au principe de non-contradiction est très important, car il montre que ce n'est pas en tant que pure méthode de construction régulière d'énoncés que la logique demande la non-contradiction, dont je dirais que ce n'est pas la raison en tant que telle elle même qui exige ce principe, seulement en tant qu'on veut en faire un usage particulier. D'autre part, cela invite à imaginer de modifier un peu cette règle pour concevoir des logique très similaires aux logiques habituelles mais qui génèrent à partir de la contradiction des ensembles d'énoncés un peu différents. Dans le détail, la pertinence épistémologique de telles logiques se discute et montre qu'une alternative qui semble aussi binaire que la non contradiction admet en fait des nuances. Une logique sans principe de non contradiction a l'air inutile pour produire un discours qui recherche la vérité au sens où nous l'entendons, mais cela ne veut pas dire qu'elle ne permettrait pas une régularité de raisonnement à l'aide d'autres règles, ces régularité pouvant avoir leur intérêt propre. Cela ne veut donc pas dire qu'une logique dans laquelle le principe de non contradiction est toujours vrai constitue le seul mode de fonctionnement de la raison, si par raison on entend la faculté humaine à susciter des représentations de manière régulière. Cela ne veut pas non plus dire que tu puisses faire accepter le principe de non-contradiction à un raisonneur dont la logique ne serait pas adapté de la même manière que la logique classique à la recherche de ce que nous appelons "la vérité". TL; DR : Tout cela pour dire que, quand bien même je suis très attaché aux logiques dans lesquelles le principe de non-contradiction est vrai, je ne suis pas prêt à dire que ce principe est une vérité universelle. Je dirais que c'est un énoncé analytique d'un certain concept de vérité caché dans la forme (c'est-à-dire dans les règles d'usage des connecteurs) des logiques les plus habituelles (classique, intuitionniste entre autres), et je ne mettrais pas ma main à couper que dans certains cas, non pas l'abandon total du principe de non-contradiction, mais une certaine alteration de ce principe, par exemple en contraignant un peu le ex falso quod libert, ne pourrait pas avoir son intérêt. Pas certain que le problème des fondements axiomatiques soit nécessairement ou si souvent un problème de gap is-ought. On peut imaginer un axiome acceptable qui ait un contenu normatif. Oh, tiens, comme l'énoncé d'une préférence? En fait ce qu'il faudrait ce serait trouver un ensemble d'axiomes "formels" qui aient un contenu normatif, et une fois de plus c'est peu ou prou comme ça que Kant présente son problème dans Les Fondements de la Métaphysique des Moeurs. Aaaah, ça fait longtemps que j'avais pas liborgué de la sorte, je suis bien content (demain je vais passer ma journée à l'éditer).
  5. Remarque que je parlais plus d’universalisation de ses propres préférences que d’universalisation de la licence. Mais tu as raison de remarquer que peu de traditions intellectuelles ne tentent l’universalisation sans faire appel à un système de justification a minima intersubjectif. Edit : par contre la règle d’or ne correspondrait-elle pas à une universalisation d’au moins une partie des préférences arbitraires ? (Celles relatives à la manière d’être traité par les autres).
  6. Ou à considérer que l’on ne peut souhaiter pour autrui mieux que ce que l’on souhaite pour soi. Mais là nous allons avoir un problème quant à ce sur quoi porte le jugement : un état du monde concernant soi même et les autres, ou un principe de conduite personnel qui serait suivi par les autres. C’est exact, je parlais de réalisme moral et j’ai généralisé abusivement l’exemple que je donnais.
  7. J’ai oublié un cas d’universaliste non relativiste ET non platonicien : celui qui considère que sa préférence EST l’unique vérité morale et qui juge de tout relativement à cette préférence. Ce n’est d’ailleurs pas la position la moins solide étant donné l’acces privilégié que l’on a à ses propres préférences. C’est la position « droit dans ses bottes ». Le fait de savoir que l’on ne se fonde son jugement que sur sa propre préférence n’empêche pas de le considérer comme universalisable n’induit ici aucune considération quant au rapport entre le jugement d’autrui et la validité du sien propre, ni au rapport avec un éventuel objet ou fait moral objectif extérieur à cette préférence. Ce qui est à la limite plus douteux c’est que cette préférence se donne comme un énoncé que l’on pourrait dire vrai ou faux. Avec suffisamment d’introspsection et de travail conceptuel c’est peut-être possible. C’est aussi un cas de figure très solitaire où l’on est à la fois très sûr de soi et où l’on n’a pas spécialement le support d’une culture à identifier à ses propres préférences.
  8. Dans les jugements moraux au sens large j’inclus toutes les préférences quant aux moeurs, voire les préférences esthétiques qui se manifestent dans les cultures. Si c’est ça qui n’était pas clair la suite du message est sûrement vaine. La distinction n’est pas extrêmement franche et peut être dissoute par des manipulations linguistiques (préférer le mariage à l’église ~ s’interdire de se marier ailleurs qu’à l’église). Si on va au trivial comme le choix du repas de midi, on aura du mal à faire valoir de telles reformulations. D’aucuns dirait que c’est parce que pour ces choix triviaux, la formulation d’un principe directeur n’est pas souhaitable ou pas possible. Peut être que dès qu’il y a principe, il y a une formulation négative... Mais même si l’on se restreint aux choix qui peuvent être guidés par des principes et si on évite un peu le problème de la reformulation, mon intuition assez banale est que, descriptivement pour commencer, il y a une corrélation entre la spontanéité d’une formulation négative et l’universalité (interdit du meurtre, du vol, de l’inceste, etc). D’ailleurs il est même plausible que ce soit la gravité d’une situation qui suscite une conceptualisation de l’acte propice à une formulation négative d’une norme, de sorte à bien identifier ce qui est à éviter. edit : les choix vestimentaires sont un bon cas intermédiaire : la mode peut être identifiée, des principes peuvent être formulés, la divergence de la prescription peut être sanctionnée très légèrement ou implicitement, mais on ne ferait pas d’une faute de goût un délit, donc formuler négativement ne semble pas très pertinent. Dans tous les cas, il est possible qu’une séparation entre deux types de normes, préférentielles et d’interdiction, soit facilement déconstructible et difficile à conceptualiser relativement aux actes eux même. Par contre dans le langage et les représentations j’ai l’impression que la distinction est bien établie, et cela peut peut-être informer une théorie morale. D’ailleurs dans le context libéral qui connaît la notion de droit négatif à distinguer des moeurs qui sont un espace de tolérance, cela ne devrait pas surprendre. J’ai l’impression que cela fait beaucoup de mots pour pas grand chose, j’espère que je ne m’engouffre pas dans un malentendu.
  9. Pour kant lui même sûrement, mais ce qu’est un humain dans l’a priorisme kantien a été sujet à apres débats... J’irai voir, merci. C’est pire que ça, il y a des relativistes qui sont aussi des universalistes (non platoniciens)... les problèmes kantiens évoqués nous amènent rapidement vers ce genre de considérations. Autant dire (enfin c’est mon avis) que si on ne prend pas le platonisme au sérieux cette histoire d’opposition entre universalisme et relativisme peut soit se dissoudre, soit devenir une question empirique : étant donné que ce qui est bon serait ce que tout le monde pense être bon, allons chercher ces universaux. Le contenu strictement normatif de la réflexion est un peu évincé.
  10. J’hésitais à voter, tu m’as convaincu. Plus sérieusement, de toute façon le problème est qu’en fait, relativisme et universalisme ne traduisent que très mal les niveaux de confiance (justifiée) dans des énoncés scientifiques... surtout chez les scientifiques eux-mêmes et à plus forte raison les mathématiciens, voire pire, les informaticiens, ces pirates de l’ontologie. Le problème peut être illustré comme ça : le relativiste étant celui qui, quand on dit « A est vrai », ou « A est bon » (ou « il est vrai que A est bon » - raccourci aussi tentant que douteux, mais faisons le pour l’instant), demande « mais pour qui ? ». Ce « qui » peut être restreint aux individus, ou à des critères particuliers, mais on peut aussi imaginer voir plus large : des groupes, voire des institutions, voire Dieu... Dès lors il y a plusieurs universalistes assez différents. Celui qui ne comprend pas pourquoi la question « pour qui? » est posée, parce que la vérité n’a rien à voir avec un « qui » (le platonicien, disons) celui qui répond « pour tout le monde, a priori » (le kantien, disons) et celui qui répond « pour tout le monde, a posteriori » (l’anthropologue optimiste, disons).
  11. J’hésite un peu à me lancer dans ce débat parce que je trouve le problème posé de manière trop spécifique, mais en un sens plus relâché je crois rejoindre à peu près ce genre de position « surprenante ». Je ferai donc les remarques suivantes : - le type de jugement dont relève nos préférences morales pourrait n’avoir accès qu’à des modes de justification si faibles, que l’on ne pourrait faire mieux qu’assumer nos préférences parce qu’elles sont nôtres, et que cette propriété, le rapport à nos propres sentiments moraux, assure le meilleur degré possible de certitude morale. Éventuellement, modulo une expérience suffisante de la « la vie ». Dans tous les cas, on ne pourrait pas parler là de jugement objectif ou universalisable, et pourtant on pourrait être commis à les suivre quand même faute de mieux. - il est aussi possible que ce que l’on appelle jugements moraux confonde en fait des sortes jugements qui feraient mieux d'être distingués. Typiquement, des interdits ou normes négatives, qui seraient plus certains et plus universels que des goûts ou des modes de vie particuliers, et tels qu’un changement dans leur observance serait plus significatif qu’un changement dans les modes. Il devrait par exemple être possible de se convaincre du caractère décadent d’une culture qui se mettrait à violer systématiquement des interdits qu’elle a respecté par le passé. Alors je sais que ces remarques ne nous font pas faire de grands progrès sur le plan conceptuel, mais elles me semblent assez prudentes.
  12. Je suis allé voir Vice de Adam McKay. Les jours passant, la sensation qui m'en reste est une certaine frustration. J'ai trouvé le film bon formellement (très bien joué par tous les acteurs à l'écran sans exception, bien mis en scène, bien rythmé, tirant parti d'un humour potache pas déplaisant juxstaposé au choc de la violence en toile de fond), et je crois que ces qualités ont été bien établies par la critique. Les problèmes majeurs sont à mon avis les suivants, et son malheureusement sérieux : Quant aux motivations et à la lisibilité du personnage, le film ne sait pas sur quel pied danser. Cheney rentre en politique apparemment pour que sa femme ne le prenne pas pour un raté, et il s'avère être un fonctionnaire zélé et servile donc parfait pour le job. Sa relation au pouvoir est mal décrite, l'idée est surement d'en montrer une fascination précoce (dès la rencontre avec Rumsfeld) mais c'est fait de manière un peu brouillonne et ça ne reste pas en tête. Et à un moment donné à la faveur d'un saut dans le futur on le découvre maître du jeu, convoitant un pouvoir illimité entre ses propres mains, et plus du tout suiveur. Cette soif de pouvoir est illustrée par l'évocation un peu trop redondante de la "théorie de l'exécutif unitaire". Mais pour quoi Cheney est-il en quête de pouvoir? On ne sait pas trop. On ne le voit pas tirer un plaisir d'abus envers des personnes, en fait sur le plan personnel le type semble décent. Ses intérêts financiers personnels sont évoqués de manière fuyante, jamais clairement définis, et sa profession de foi néo-conservatrice à la fin du film sonne faux et m'a fait totalement sortir de la scène d'adresse au spectateur et de la fin du film. (On pense bien sûr aux adresses au spectateur dans House of Cards, sauf que ces dernières parvenaient à renverser la perspective du public de manière crédible en lui faisant partager les motivation occultes d'un homme politique. Ici c'est le contraire, on est sensé rendre crédible une motivation idéologique par un apparté. Cela ne marche pas, peut être que c'est voulu, mais alors c'est trop tordu). On pourrait dire que c'est la particularité de Cheney d'être une sorte d'homme d'appareil suivant le flot, incarnant la corruption du système même, sans véritable intériorité, mais visiblement le film essaie aussi d'en dire plus (justifications psychologiques du début, scène d'adresse à la fin, mise en parallèle avec son côté "bon père de famille"). Le problème, j'ai l'impression, c'est que ces véritables failles d'écriture du personnage sont sensées passer, parce qu'on "sait bien qu'on a affaire à un pourri corrompu qu'on va aimer détester, donc évidemment il y a des intérêts cachés, évidemment c'est un néo-con sécuritaire, etc... et on ne va pas pousser le vice jusqu'à essayer de vraiment comprendre le type". Mais ça c'est plus un préjugé qui transparaît dans la mise en scène et le méta-film, mais qui n'est pas supporté par le film lui même. Bref, dommage, parce que le film a beaucoup de qualités, et on a l'impression que son défaut est une certaine paresse excusée par la connivence du camp du bien (là scène post-générique est, à ce titre, accablante*)... malheureusement c'est symptomatique de l'époque. * edit : ce qui me fait d'ailleurs penser à un autre problème, bien identifié celui là : le film revendique une sorte de factualité et de didacticité totalement mal placée vue l'excentricité relative du traitement, et quand il s'aventure à des "analyses géopolitiques" celles-ci sont plutôt tirées par le cheveux.
  13. Anton_K

    Thés

    J'allais ramener ma fraise à propos de ce thé quand j'ai vu le titre du topic. Il est aussi très bon avec un nuage de lait.
  14. Quelqu’un s’en était déjà chargé (le même utilisateur anonyme), j’avais choisi cette modification parce qu’il n’y en avait pas de plus ancienne.
  15. Les copains, j’habite au dessus du chantier d’aménagement d’une sortie de station de metro (à partir d’un accès technique préexistant, en prévision du développement du trafic du au Grand Paris justement) qui dure depuis 6 ans. Malheureusement je ne me souviens pas de la date de livraison initiale. edit : ok this is epic (historique des modifications de la page wiki de ladite station).
  16. Cette friture de guitare Les amis, n'oubliez pas ces deux chaînes pour des releases punks de qualité (et d'autres trucs plus perchés aussi pour la deuxième) : https://www.youtube.com/channel/UC3u9nevkbUHspxzsS-3AdVA/ https://www.youtube.com/channel/UCFKg7hJdIitGtq4B-nxW0eQ/ aïe aïe aïe.
  17. Alors imagine avec un prof Chilien. (Je précise que je n'y allais que pour voir des films d'Almodovar, ayant pris Allemand et Japonais ... ça me changeait de Goodbye Lenin ou Die Weisse Rose pour la douzième fois...).
  18. Une brève expérience de Twitter suffit à comprendre que les journalistes de médias vaguement prog sont extrêmement bien branchés sur la droitosphère et qu’ils sont d’avides consommateurs de contenus type TVL. Cet incident a sûrement plus à voir avec ça qu’avec NDA. Ce genre d’irruption de caniveau YouTube surprend souvent parce qu’on imagine que les centres d’intérêt des journalistes d’un medium mainstream sont ce qui paraît dans les autres MSM mais il n’en est plus ainsi depuis qu’ils sont avant tout des twittos comme les autres. De temps en temps leur fil d’actualité Twitter leak côté consommateur de MSM parce que c’est dur de te retenir de parler de ce qui occupe la plupart de ta journée. Sinon, @frigo, c’est avec toi qu’il y a un loup. La plupart des utilisateurs qui se font rabrouer à cause d’une marotte comme la tienne passent à autre chose ou quittent liborg. Les autres sont des évangélisateurs stipendiés ou sont rogermila.
  19. Les bons scénaristes sont quand même plutôt toujours sur HBO amha. Tiens j’ai vu La Favortie de Yorgos Lanthimos. J’ai bien aimé, c’est assez différent du précédent (qui était lui même assez différent - mais moins de son prédécesseur), même si la même cruauté s’exprime avec brio. Visuellement très convaincant, bien joué (Rachel Weisz excellente, Emma Stone et Olivia Colman bonnes mais un peu en dessous) , quelques extravagances (fish eyes, chorégraphies bizarres, costumes apparemment en jean) qui ont fait parler mais que je n’ai trouvé ni géniales ni pesantes... je trouve que ces aspects ont été survendus, pour moi ils participent à la dimension comique pince sans rire du film qui est plutôt plaisante. Je regrette un peu la fin sans surprise qui réaffirme un propos déjà bien établi, j’aurais aimé être un peu plus intrigué ou désarçonné. Sinon je pense que le film a potentiellement un sous texte politique intéressant associé à son propos principal (ma copine, avec qui j’ai vu le film, n’est pas convaincue). Je le recommande.
  20. Je veux bien que tu concatènes mais à un moment il faut parser.
  21. NB : Cet homme nous parle depuis une position très éloignée du spectre autistique, où l’interprétation des intentions humaines prend utilement le pas sur la vérification de l’ordre local des choses.
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