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free jazz

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Everything posted by free jazz

  1. Comme on dit vulgairement, si ma tante en avait elle s'appellerait mon oncle. Sinon, j'avoue un petit faible pour Sonia : http://www.charme-du-jour.net/var/img/orig…ransparente.jpg
  2. Si tes goûts féminins sont à l'image de tes goûts vestimentaires, pas étonnant que tu en pinces pour les blondasses vaporeuses pour papier glacé. Néanmoins je sais sur quel genre de bombe latina torride on peut trouver un terrain d'entente.
  3. C'est pire que ça concernant Kidman; en plus d'être une actrice transparente qui brille par son absence, sa plastisque a autant de charme qu'une poupée barbie. C'est aussi empiriquement mon avis en regardant par exemple Iman Abdulmajid Bowie, ex égérie de YSt-L, malgré ses 53 ans.
  4. En même temps, il est de plus en plus difficile de distinguer les actrices, les mannequins, les animatrices et les playmates, qui semblent toutes sorties d'un même moule. Rocou ne fait qu'enregistrer cette tendance actuelle. Il est loin le temps des élégantes qui avaient du chien. Pas autant que cet iceberg ambulant de Nicole Kidman, dont la fadeur n'a d'égal que la pâleur.
  5. Un avis sur Gomorra? Ici un entretien intéressant avec Roberto Saviano, auteur du bouquin dont le film est l'adaptation.
  6. Soirée Kraut ce soir sur Arte : quelques perles kitsch à coup sûr et accessoirement du bon rock psyché comme Can ou Ash Ra Tempel.
  7. D'un fil à l'autre, je ne comprends décidément pas ce que vous leur trouvez à ces blondasses insipides, certes pas laides mais sans classe.
  8. Préfères-tu que le hasch et la weed soient vendus à l'intérieur des lycées par les lycéens eux-mêmes, où à l'extérieur dans des coffee shops? Que ce commerce soit aux mains des racailles de cités et des mafias, ou se fasse dans des endroits civilisés, polissés et labélisés? Que la police s'occupe de persécuter les consommateurs pour protéger les gens contre eux-mêmes, ou d'arrêter les criminels pour protéger les gens contre les agressions? Je signale qu'aux Pays-Bas, où le commerce et la consommation de cannabis sont libéralisés (héritage de la tradition libérale de ce pays) en vertu de règles strictes, la défonce au shit est beaucoup moins répandue que dans notre beau pays socialo-communiste et que l'immense majorité de la consommation est de type récréatif. Ainsi, quand tu mets les pieds dans un coffee, tu reconnais immédiatement les locaux des "touristes" franchouilles: les premiers, de façon civilisée et modérée, achètent un joint à l'unité accompagné d'un thé ou d'un café, tandis que les seconds se mettent des races épouvantables en laissant une table dégueulasse derrière eux. Aux partisans de la prohibition, aux pénalistes invétérés des conduites à risque et aux apôtres de l'hygiénisme social, je pose cette question : comment expliquer que la France, qui dispose de l'arsenal législatif le plus répressif d'Europe contre le cannabis, ce qui ne se comprend que relativement à son modèle obsessionnel de sécurité sociale et sanitaire, soit aussi le pays où la consommation de ce produit est la plus élevée, notamment chez les jeunes?
  9. Peut-être parce que l'islam interdit la consommation d'alcool et que l'usage du Khat tient lieu traditionnellement d'équivalent, comme le hasch au Maghreb? Les faits sont ce qu'ils sont, mais attribuer le manque de productivité de l'économie yéménite à cette plante dont les effets augmentent l'activité physique et diminuent la fatigue, relève de la pensée magique. Sophisme similaire : "80% de la population française boit de l'alcool, elle occupe le deuxième rang mondial de la consommation de pinard; cela explique les 35h, le taux de chômage particulièrement élevé et le manque de dynamisme de l'économie française ". Cela pourrait paraître satisfaisant si le premier consommateur au monde n'était pas le Luxembourg, qui détient aussi le record du PIB/habitant. Et voilà donc une théorie qui ne tient pas la route. Quant aux proportions, elles sont similaires à celle de la coca dans la population amérindienne d'Amérique latine et ce depuis des millénaires; là aussi entres autres, pour ses effets stimulants sur l'activité physique. Est-ce à dire qu'il faut voir dans la mastication de coca, cette plante diabolique selon les colons espagnols, la cause des difficultés économiques en Bolivie, en Colombie, en Argentine? Questions subsidiaires : si le commerce de la coca, dont la feuille contient 14 alcaloïdes aux propriétés pharmaceutiques, n'était pas prohibé, les consommateurs ne se tourneraient-ils pas spontanément vers cette plante, plutôt que vers la cochonnerie qu'est la cocaïne, dont la consommation ne cesse de croître (en France notamment) et ce malgré les moyens policiers énormes consacrés à lutter contre sa prolifération? Les difficultés de la Bolivie par exemple, ne s'expliquent-elles pas plutôt par l'élection du pantin Morales et sa politique socialiste, qui a justement su canaliser la révolte des populations face à la répression de la culture de la coca en proposant de réhabiliter son usage traditionnel? Une autre cause des problèmes économiques de ces pays est la corruption endémique de la classe politique; or cette corruption n'est-elle pas directement liée à la puissance des mafias?
  10. Khat : "Le khat est une espèce d'arbuste ou d'arbrisseau de la famille des Célastracées, originaire d'Afrique orientale, mais dont la culture s'est également étendue à la péninsule arabique (surtout Yémen, Somalie, Éthiopie, Djibouti), connue surtout pour son usage par les populations de ces régions qui en mâchent longuement les feuilles pour leur effet stimulant et euphorisant comparable à celui de l'amphétamine." http://fr.wikipedia.org/wiki/Khat_(botaniq…i.C3.A9t.C3.A9s Ce serait donc l'usage de ces feuilles aux effets "stimulants et euphorisants" dont l'alcaloïde produit une accélération du rythme cardiaque, qui transformerait les yéménites en loques "inutiles" et en paresseux? Coutume qui expliquerait aussi le manque de productivisme des locaux et la stagnation économique de ce pays? Traditionnellement, la mastication du Khat est également populaire dans d'autres pays du Golfe Persique, comme le Sultanat d'Oman, où il fait l'objet d'un commerce lucratif. Oman est évidemment bien connu pour sa pauvreté et son sous-développement. Ne serait-ce donc pas plutôt "la drogue" qui encore une fois a bon dos et sert d'explication paresseuse comme les aiment les journaleux? Quand les faits ne correspondent pas à une théorie qui cherche à tout expliquer, de la corruption de la jeunesse au déficit de travail d'une société, cela montre qu'il s'agit d'une doxa. Encore une fois on se trompe en imaginant "la drogue" comme la cause d'une pathologie sociale, car elle est avant tout un moyen et non une sorte de force occulte. Par ailleurs l'explosion de la consommation mondiale des stupéfiants est une conséquence de la croissance du trafic et des profits sur les marchés noirs, rendue possible par les législations socialisantes des Etats interventionnistes, créant ainsi la première source de revenu pour les mafias et le terrorisme. Elle n'en n'est pas la cause, on est là dans une économie de l'offre, non de la demande : foin de keynésianisme dans ce domaine, cela permettrait une discussion plus sérieuse.
  11. Qui sont ces individus en situation de faiblesse? L'exemple évident ce sont les jeunes, qui pour différentes raison, sont les plus exposés. Or si on suit votre argumentaire progressiste en faveur de la prohibition, axé sur un corps social sain, en plus de les exposer à des substances potentiellement empoisonnées, vous voulez créer les conditions pour les inciter à devenir des dealers. Car somme toute, c'est bien une école du crime et du vice dont vous vantez les bénéfices. Avec comme corollaire de cette biopolitique sanitaire, la démission des familles et l'anéantissement de la responsabilité parentale. Ce genre d'approche est certainement utile pour occuper les policiers à d'autres choses qu'à combattre le crime, comme gaspiller l'argent du contribuable, faire du chiffre pour truquer les states en arrêtant des consommateurs plus faciles à appréhender que les criminels dangereux, mais on ne peut pas dire que ce soit une politique pénale responsable et morale. Quant aux junkies, la encore il y a des situations très différentes, on ne peut guère comparer entre le cadre dynamique ou l'entrepreneur accro à la coke, et le marginal toxico. Comme on ne peut comparer l'alcoolisme mondain avec celui du pauvre type qui commence sa journée au ballon de blanc pour ne pas trembler et la finit en battant sa femme. L'addictologie montre que ce n'est pas le produit qui est déterminant dans le processus de marginalisation, mais le type de rapport qu'entretient l'individu avec et les conséquences sociales de ce rapport. Autrement dit une drogue n'est pas néfaste en soi, mais c'est la désocialisation qu'elle peut entraîner qui l'est, cela dépend de chaque sujet dont la réaction est différente. Cette inégalité crée les conditions d'une sélection sociale naturelle, dont l'avantage est que les uns ne font pas payer aux autres les conséquences de leurs vices. Et d'autre part cette sélection donne du sens à la notion de responsablibilité, permet de valoriser le choix de la vertu plutôt que celui du vice.
  12. Il avait beau s'être installé à N.Y, le style pratiqué par son "Miller Army Air Force Band", un orchestre de jazz et de danse militaire pour le moral des troupes, était typique de celui à la mode en californie, c'est-à-dire majoritairement pour les blancs et lié à l'industrie du cinéma Hollywoodien, surtout orienté sur les arrangements d'instruments classiques européens. D'ailleurs, presque tous les musiciens des orchestres west coast venait de N.Y. Pour nuancer, il faut aussi reconnaître que l'effervesence de la scène west coast dès le milieu des années 40 a aussi attiré quelques vrais talents dans cette période faste. Musicalement pauvre, c'est relatif, en comparaison de la richesse insolente du hard bop, du cool et du free, à partir de la fin des années 50. Mais surtout Brubeck a un style assez plat, malgré de bonnes trouvailles mélodiques comme Take Five, disons propice aux musiques de films de l'époque, sur des airs de java agrémentés d'une voix lisse. D'une profondeur abyssale plutôt, à condition d'être capable d'entendre. Voilà des oreilles sans doute trop longtemps nourries au ringardos.
  13. Pour un authentique réactionnaire (que tu n'es pas), elle est superflue. Sun Ra connaît en effet un certain revival chez les amateurs de jazz, par bonheur. Encore une fois l'étendue de ta culture musicale me surprend, mais le vrai snobisme ne consiste-t-il pas en une humilité de façade? Pour l'anecdote, Miles Davis aimait dire qu'il n'était pas noir, au sens où par son talent exceptionnel, sa musique avait acquis un succès mondial et une portée universelle - dépassant de loin le cadre de la musique noire américaine. Cela montre que si le jazz s'est développé au sein d'une culture spécifique, elle ne l'a pas empêché de devenir un langage universel, puisqu'il s'est répandu sur tous les continents. Le message particulier qu'il portait dans la communauté noire a perdu son sens, reste la forme artistique, accessible aujourd'hui à tous les curieux dotés d'oreilles assez ouvertes. En quoi une vision racialiste de l'histoire de la musique serait nécessairement un mal? Qu'y a-t-il de commun, par exemple, entre la musique d'Europe centrale, celle d'Afrique de l'ouest, celle caucasienne d'Asie centrale? Ce sont là des catégories objectives en musicologie, car les traditions musicales sont liées aux ethnies, aux migrations, à l'histoire de populations qui ont leur langage propre. Du point de vue technique, elles ont leur propre codification, métrique, gammes et instruments. Par exemple, la musique classique indienne repose sur des échelles rythmiques différentes de la musique occidentale et pour la comprendre, il faut se placer dans une autre approche. Ce qui est fascinant, c'est de retrouver éléments de polyrythmie indonésienne dans le jazz ou chez certains contemporains comme Steve Reich. Ce qui me paraît terriblement appauvrissant, c'est plutôt la perspective prônant la supériorité de la musique occidentale sur les autres, à laquelle elles seraient subordonnées par une sorte de préjugé niant la richesse des musiques savantes ou traditionnelles du reste du monde. D'autre part je ne vois pas pourquoi il faudrait céder au chantage contemporain de la novlangue et considérer le terme noir, ou même nègre, comme tabous. A ce compte, bientôt on ne pourra plus parler d'art nègre, mais des expositions d'art des minorités visibles de couleur sombre.
  14. Si seulement tu avais été un vrai réac, tu aurais dit l'histoire tout court. Heureusement que dans ce naufrage, il nous reste le nanard et le kitsch. Et pourtant, le XXè fut aussi riche musicalement que tragique politiquement. Même ça? Disons que ce n'est pas seulement une musique pour les esprits libres, elle demande aussi une bonne oreille et une certaine connaissance harmonique pour l'apprécier à sa juste valeur. Oui, j'ai proposé une cission pour ne pas perturber la bonne marche de ce temple de l'érudition ringardos. Pas oublié, mais il est moins connu, quoiqu'étant un compositeur très important et génial d'après moi.
  15. Disons que ça fait sens si on l'inscrit dans l'histoire de la culture afro-américaine. Je te donne un exemple : le terme "bop" puis "hard bop" vient d'un mouvement de reconnaissance par les noirs américains de leurs origines, appelé "Black is beautiful". Il a été inventé en ce sens précis. Ce mouvement se voulait un retour aux sources mélodiques et rythmiques, à l'Afrique ; en même temps qu'une réaction au jazz west coast comme les orchestres de Glenn Miller ou Dave Brubeck, surtout dominé par les blancs, et musicalement pauvre. Qui a écouté les disques de Miles Davis, Coltrane ou Roland Kirk est immergé dans ce langage musical africaniste. Or cette volonté de puiser une nouvelle source d'inspiration en régénérant la musique dans les folklores africains ne siginifie pas pour autant de recommencer à jouer les rythmes sur des tambours traditionnels (bien que cela soit intéressant dans certains cas), mais la revendication d'une identité propre pour la culture afro-américaine; phénomène qu'on a pu observer dans des domaines aussi variés que dans l'art, le cinéma, le sport ou la politique. Maintenant effectivement, ça ne veut pas dire que la soul, le blues ou le jazz ne puissent pas être joués par des blancs, ni que des noirs ne puisent composer de la musique dodécaphonique. Par bien des aspects le jazz moderne se rapproche d'ailleurs de la musique contemporaine, notamment par la technique d'écriture et l'approche modale. Mais cela indique que les grands compositeurs du jazz au XXè siècle, c'est-à-dire la musique classique d'aujourd'hui, sont presque tous noirs. D'un point de vue musicologique, je l'ai souligné, il s'agit en effet d'une musique hybride qui n'aurait pas pu exister sans l'apport de la musique occidentale. Mais ce caractère hybride n'est-il pas le propre de toutes les musiques savantes du monde? J'ai d'ailleurs oublié Dizzy Gillespie et Charlie Parker pour le bop… nb : je propose de scinder le fil et d'en ouvrir un sur le thème "y a-t-il une musique noire?" ou "identité et musique"
  16. Dans un certain sens oui, il s'agissait alors de faire une musique qui soit injouable et donc incompréhensible par les oreilles blanches de l'époque, car elle exigeait une trop grande connaissance technique. Les plus grands noms du jazz viennent pourtant de cette période d'une richesse insolente, du bop au free : Art Blakey, Max Roach, Sonny Rollins, Donald Byrd, John Coltrane, Miles Davis, Mac Coy Tyner, Clifford Brown, Charles Mingus, Horace Silver, Wayne Shorter, Paul Chambers, Ornette Coleman, Albert Ayler, Charlie Haden, Roland Kirk, Archie Shepp, Don Cherry, Cecil Taylor, Pharoah Sanders, etc. La pop-rock anglaise n'est-elle pas in fine anecdotique dans l'histoire musicale du XXè s?
  17. Taranne faisait sans doute référence à la musique afro-américaine ici, dans un sens similaire où l'on parle de musique arabo-andalouse. Les racines du blues se trouvent au Mali et ont été importées en Amérique par la traite. Historiquement, le développement des spirituals, du gospel, du blues, du jazz et du hip hop, a bien comporté une dimension identitaire et ethnique, qui a évolué en opposition à la musique européenne blanche - bien qu'en fait, elle en ait revisité certaines gammes. Ce sont donc des musiques hybrides. C'est particulièrement vrai dans le jazz où les différents styles, du bop au free, sont apparus comme des innovations permettant aux musiciens noirs de se démarquer de la concurrence du jazz "blanc". Et ainsi d'éviter le phénomène de normalisation qui s'est produit dans le rock, particulièrement dans sa pire forme, la pop-rock anglaise.
  18. Pourtant ton pseudo pouvait laisser penser que tu étais du côté des libertaires en ce qui concerne la fumette. Plus serieusement, la prohibition qui traduit pénalement la politique de contrôle hygiéniste de la population par le gouvernement, relève typiquement d'une idéologie progressiste visant l'amélioration de la société par la santé publique et le système de sécurité sociale. Un corps sain dans un esprit sain, c'est-à-dire corvéable et docile, une jeunesse sportive et immunisée contre les vices, voilà un principe qui émerge des objectifs de la social-démocratie. La prohibition des drogues est une étape incontournable de ce programme, celui de la marche utopique et forcée vers le progrès social. D'ailleurs les drogues ont circulé pendant des siècles sans que les autorités traditionnelles ne cherchent à réguler ou empêcher ce phénomène aussi vieux que l'humanité. Il y avait une consommation socialement intégrée, plutôt bourgeoise. Ce sont des Etats interventionnistes qui ont instauré ce régime de prohibition et ce contrôle sanitaire au XXè siècle, en faisant exploser les profits pour les mafias et donc la consommation. Les problèmes modernes engendrés par la prolifération de la criminalité liée au trafic, sont des conséquences des politiques modernes de gestion politique de la vie médicale des individus. Aussi, ça me fait doucement rigoler quand de prétendus conservateurs défendent la prohibition, d'accord en cela avec tous les régimes progressistes.
  19. Certes, mais cela n'implique pas que tu puisses contrôler cette chose indépendamment de ses conséquences sur les autres individus, ni que tu la contrôles dans le même sens que tu contrôles ton corps. Par ce biais, je voulais te faire sentir que ta prémisse selon laquelle les individus ont des droits séparés dont le respect est une fin en soi, est insuffisante pour expliquer ta conception de la propriété, qui implique aussi selon ta définition un certain genre de vie rationnel plutôt qu'irrationnel, en termes objectivistes.
  20. En quoi cette transformation de la nature par du travail donnerait-elle à l'individu des droits séparés des autres individus? Qu'est-ce qui motive l'être humain à choisir d'utiliser son énergie pour créer et améliorer sa propre situation, plutôt qu'à agir comme un automate contrôlé par un tiers, ce qui serait en fin de compte plus facile?
  21. Tu confonds avec le léninisme. ça c'est la vulgate marxiste à destination des masses. En principe, dans le pur dogme marxiste, il n'y a pas besoin d'une classe de révolutionnaires professionnels. Il ne faut pas oublier le caractère eschatologique de cette théorie. En toute logique marxiste (c-à-d les lois de la dialectique), la révolution émerge des conditions sociales, sans orientation volontaire de l'histoire, puisque les desseins individuels sont une illusion produite par l'idéologie. Ici l'individu est vu comme quantité négligeable, seules comptent les forces sociales induites par les rapports de production et l'idéologie de chaque classe. Dans cette vision, la "mission" du prolétariat est déterminée selon un processus pseudo-scientifique. La première classe révolutionnaire est la bourgeoisie, dont la tâche historique est de détruire la société féodale. Pour Marx, la révolution française achève cette étape en instaurant la domination politique bourgeoise par la démocratie libérale. A cette domination correspond le développement international du capitalisme et du commerce mondialisés, qui permet l'émergence du prolétariat de tous les pays et la destruction progressive des Etats nationaux. Ainsi les phases révolutionnaires sont produites par le développement des contradictions internes du capitalisme: d'abord économiques, puis contradictions sociales à travers la lutte des classes. Dans le pur dogme marxiste donc, c'est la crise ultime du capitalisme mondialisé et l'écroulement du commerce international qui poussera le prolétariat à se révolter contre ses "maîtres". Il suffit d'un prophète qui anticipe cette crise finale, en expliquant au prolétariat sa "mission" et son programme. C'est pourquoi Marx ne croyait pas possible la révolution communiste en Russie, qui en était encore au stade de l'économie féodale. Il fallait que le processus commence dans un pays où le capitalisme était assez mûr. En revanche, le léninisme est une théorie qui explique comment faire la révolution à contre-sens de l'histoire, elle suppose qu'une élite de révolutionnaires professionnels peut manipuler les masses pour imposer la dictature du prolétariat partout dans le monde. Tu touches là au caractère contradictoire de cette mystique révolutionnaire : d'un côté elle est l'objet d'un culte pieux, ce "grand soir" imaginé comme un événement inéluctable et imminent par les croyants; mais d'un autre côté, faire la révolution est impossible s'il ne se produit pas de grande catastrophe. Elle ne peut être provoquée, ce qui leur permet aussi de continuer à croire au communisme comme Salut terrestre et consolation future. C'est pourquoi les communistes sont tiraillés entre l'espérance d'une crise finale prochaine du capitalisme et une agitation révolutionnaire qui tente de la provoquer vainement. Le déni de réalité et la foi eschatologique en sont les principes. Les libertariens sérieux ne disent pas cela. La défense et la promotion pour chacun de sa vie propre sont bien le fondement de la propriété, mais les interprétations divergent sur le sens et les limites de cette défense de la vie. La mondialisation libérale, les réseaux, les organisations transnationales, les communautés et nouvelles formes d'organisation locales vont pourtant dans ce sens. A mon sens l'anarcapie concerne les évolutions locales, elle n'a pas besoin de plan global, mais d'un processus de libre choix permettant l'émergence d'élites naturelles. C'est une catallaxie sur le long terme. Comme dit plus haut les anarcaps qui rêvent d'une disparition rapide des Etats nations sont des naïfs. D'autre part cela n'entraînera pas la disparition des conflits ni de la violence sociale, sur ce point je suis d'accord avec toi.
  22. Il faut distinguer entre le finalisme revendiqué par certains libertariens, lié au principe que l'éthique est contenue dans la nature sociale de l'homme, et l'importance de la volonté. Ce concept d'orientation voulue de l'histoire n'existe pas dans le système de Hegel, puisque la Raison y gouverne l'histoire selon un processus déterminé par les lois de la dialectique, qui ne laisse aucune place aux dessins individuels conscients : "Les hommes font l'histoire mais ne savent pas l'histoire qu'ils font." Aussi l'action des grands hommes obéit par une "Ruse" à une architecture globale, comme Napoléon dont les plans de conquête servent à accomplir la synthèse de son époque (esprit du temps), des Lumières et de la terreur. Cette vision de l'histoire comme processus organique et spirituel emprunte davantage aux méditations sur le christianisme qu'à la philosophie cartésienne de la volonté. Or dans le système hegelien ce gouvernement rationnel de l'histoire conduit justement à la constitution d'un gouvernement mondial qui réalise la synthèse de l'Etat et de la société civile. Idem dans le système de marx, qui en est une variante matérialiste : la volonté ne joue aucun rôle, puisque ce sont les lois du matérialisme qui déterminent le mode de production dont dépendent les rapports sociaux; ou en termes marxiens, la superstructure qui détermine les consciences individuelles. C'est pourquoi Marx souhaite l'extension du capitalisme pour provoquer sa crise finale et pousser les prolétaires à la révolution. Notons que jusqu'à présent cette conception de l'histoire a plutôt séduit des libéraux classiques comme Fukuyama, qui voient la fin de l'histoire dans la démocratie libérale. Comme dit Neneu2K, tu oublies que l'anarcho-capitalisme se définit comme un ensemble de propriétés émergentes par percolation, spontanées au sens de Hayek. Le développement des copropriétés et des villes privées n'implique ni révolution, ni tabula rasa. Il n'a rien de planifié. Si processus il y a, il n'implique que le droit de sécession et la coopération des individus. De plus l'incompatibilité supposée de certains libertariens avec en gros la morale judéo-chrétienne, ne serait-elle pas plutôt un effet de leur absence de finalisme? Je dis supposé, car en réalité rien n'interdit apriori le développement de ligues morales dans une société libertarienne. Ce qui est affirmé, c'est que cette société n'a pas de moralité préconçue. Au fond, j'entends bien ta critique : les anarcho-capitalistes seraient en réalité des révolutionnaires utopistes déguisés en libéraux. Mais je crois que cette critique concerne certains de nos camarades libertariens un peu naïfs et trop impatients de voir réaliser leurs souhaits. En fait si l'anarcapie suppose bien un optimisme sur le long terme, elle n'implique pas d'attitude utopiste si on la définit comme un idéal régulateur.
  23. En fait le marché noir des armes est surtout plus facilement accessible aux criminels, car il est moins aisé de vendre sous le manteau une Kalachnikov qu'un sachet de poudre. L'intérêt de la légalisation c'est aussi la responsabilisation des individus. Alors qu'aujourd'hui les cures de désintoxication et les produits de substitution sont payés par autrui via la SS, la légalisation ne pourrait avoir des effets vertueux que si chacun assume les conséquences de ses vices. Une prise en charge publique des toxicomanes reviendrait à subventionner leur conduite et donc financer leur vice, ce qui n'est pas acceptable dans une société libre.
  24. L'argument utilitariste selon lequel en gros la drogue, c'est mauvais et nuisible à la santé, donc pour maximiser le bonheur collectif il faut l'interdire, ne tient pas la route. Car il n'y a aucune difficulté à se procurer la plupart des produits stupéfiants sur le marché noir, sauf qu'on ne peut jamais connaître la qualité du produit par avance, s'il est frelaté ou bien au contraire trop pur. La plupart des overdoses viennent de là. Les prohibitionnistes version utilitariste sont donc soit des menteurs, soit de dangereux empoisonneurs publics qu'il faudrait écarter de la société pour le bien de la jeunesse, population la plus exposée aux risques. Du point de vue utilitariste, la prohibition encourage la criminalité et incite nombre de jeunes gens soit à fréquenter des criminels, soit à devenir eux-mêmes membres de réseaux mafieux. Son utilité marginale est faible, comme le montre l'échec des wars on drugs, qui ont fait exploser la consommation depuis qu'elles sont conduites par des Etats interventionnistes pratiquant le fascisme sanitaire. D'autre part ces poncifs sur les méfaits de "la drogue" comme l'on parle des méfaits du capitalisme, s'inscrit dans la pensée magique et l'animisme primaire. Dans la réalité, il y a des drogues différentes pour des usages différents. On ne peut pas comparer l'usage ethnologique d'un psychotrope hallucinogène, avec celui du camé aux narcotiques ou opiacés. Ni l'usage récréatif du cannabis avec celui d'un gros fumeur de shit, ni celui du cadre dynamique ou du chef d'entreprise usagers de coke. Comme on ne peut comparer un amateur de grands crus classés avec les épaves humaines que sont les alcooliques accros aux alcools supérieurs à 40°. L'addictologie nous enseigne que tout peut être une drogue, c'est le rapport au produit qui est déterminant dans la conduite addictive. Je voudrais aussi souligner l'hypocrisie monstrueuse de notre société qui pourchasse les consommateurs comme des criminels, alors même que par son système si généreux de sécurité sociale, la surconsommation d'antidépresseurs en tous genres est encouragée. Cette toxicomanie subventionnée par le trou de la sécu rend accro une partie de la population à des produits dont la dangerosité n'a rien à envier aux produits illicites. Hypocrisie célébrée dans un reportage récent où l'on voyait des douaniers adipeux, le nez bouffi par l'alcool, se féliciter de leur saisie de cannabis en s'ennivrant comme des soudards devant les caméras. Et ces badernes ont des pouvoirs exorbitants, comme celui de désosser votre voiture sur simple présomption. Sans parler des vie brisées pour de simples passeurs.
  25. Si ça ne dérange personne, je continue mon lobbying easy jazz festif, pour apéro & piscine, si possible en agréable compagnie, en sirotant par exemple un mojito. Le Label Bleu, évoqué plus haut, est plein de perles jazzeuses, comme Julien Lourau, en passant par David Krakauer, Michel Portal, Henri Texier, Louis Sclavis, Aldo Romano, Daniel Humair, l'ONJ, Bojan Z, Magic Malik Orchestra, Socalled, Vincent Segal… En voici quelques unes. Comme cette reprise de Bowie par Bojan Z qui pourrait plaire à R.H, sur son dernier album "Xenophonia" superbe de bout en bout : Klezmer rules : David Krakauer's Klezmer Madness - Bubbemeises: Lies My Gramma Told Me [dailymotion]x33ogb[/dailymotion] Socalled - Ghettoblaster + Funky : Magic Malik Orchestra http://www.youtube.com/watch?v=U_Dv8-iw4vA…feature=related M.M avec Lourau + Electro-jazz, pour les amateurs de Herbie Hancock période Headhunters : Julien Lourau Les mêmes, plus énervés En passant, Hadouk Trio, c'est pas du Label Bleu (Abeille) mais c'est bon aussi Ensuite, pour faire danser sa belle, enchaîner sur de l'électro-jazz torride. Mais ce sera plus tard.
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