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magistre

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Messages postés par magistre

  1. Tu as lu quoi de Nietzsche et quoi de Rand?

    De Nietzsche ? - Oeuvres complètes, l’édition Schlechta

    Et de Rand : Atlas Shrugged, Anthem, Fountainhead, Capitalism the Unknown Ideal et For a new intellectual.

    Et si je mentionne aussi avoir fait des études universitaires en philosophie, mon opinion sur Rand sera-t-elle plus crédible ?

  2. Ignorant les commentaires de l'auteur/auteurs ci-dessus, j'ai lu Nietzsche et j'ai lu Ayn Rand et je trouve qu'il y a une influence du premier sur la dernière dans la manière dont elle conçoit ses héros, la vie, la moralité personnelle etc…une influence qu'on peut identifier dans son parcours biographique et dont beaucoup de ses proches ont parlé.

  3. Je ne vois vraiment pas comment on peut voir du Neitzsche chez Rand, sauf en comprenant tout de travers.

    Cela n'est ni difficile ni original.

    Ronald E. Merrill : The Ideas of Ayn Rand; Review by Robert Wilfred Franson

    give Merrill considerable credit for this introductory statement, and his attempt to follow through on it:

    Rand's philosophical roots in the Aristotelian tradition are well known. Not so well understood is her ambivalent attitude toward Friedrich Nietzsche. Rand started her career as a follower of this enigmatic philosopher. By looking at Rand's work chronologically, we can trace a fascinating intellectual odyssey. Her ethical, political, and esthetic values, woven together in a complex manner, were developed by a process of rejection and revision of the Nietzschean vision. The Objectivist's knee-jerk fear of being tarred with the Nietzschean brush has inhibited an objective evaluation of this process.

    There's material for whole books in this area alone, but unfortunately Merrill does not seem to have read much of Nietzsche. The latter's brilliance shines right past him, as does the true depth of Nietzsche's importance for understanding Rand — scarcely acknowledged by the novelist herself. Is it symbolic or symptomatic that in Merrill's index, references to Nietzsche are mis-alphabetized, misplacing them onto the previous page?

    Rand studied Nietzsche while still in post-Revolutionary Petrograd, as Chris Matthew Sciabarra discusses in Ayn Rand: The Russian Radical (1995). And the first book purchased by Rand after emigrating to America was Thus Spoke Zarathustra — I suppose in the wretched Thomas Common translation, which helped misrepresent Nietzsche in English for half a century, until Walter Kaufmann's translations began appearing in 1954.

    The more important Rand's characters are to her plot, the more they seem to come out of nowhere, ideal and universal and groundless. I'm glad to see Merrill mention the Count of Monte-Cristo in a couple of contexts, another character on heroic scale, whom Alexandre Dumas gave a carefully delineated past and context.

    Ayn Rand liked to give the impression that she too had an immaculate intellectual birth like Athena from Zeus, a modern Goddess of Reason springing from the brow of Aristotle. This flair for the dramatic entrance, so notable in her novels, may have helped her popularity in her lifetime, but thereby intellectual history has had extra work to do, and still is trying to catch up.

    Merrill does have sections on Nietzsche, and further mention or discussion throughout. He says too much and too little in the following passage on Rand's intellectual growth through and out of her "Nietzschean phase", as he calls it:

    Ayn Rand attempted to present herself as having started her adult life as an Objectivist. She claimed that she always held these beliefs, though she gradually expanded and improved her understanding. This was a falsehood.

    Rand, at the time she wrote We the Living, was definitely an ethical Nietzschean. As her thinking developed, she began to abandon the emotionalism of Nietzsche for the rationalism of Objectivism. At the same time, her sense of life — at least as expressed in her writing — changed from one of existential despair to one of hope and confidence.

    This can be seen by the progression of her four novels. In We the Living the struggle is between good (represented by Kira, Leo, and Andrei) and evil (the Communist State) — and evil wins. Anthem deals with the same fight, but this time the good is triumphant. The Fountainhead progresses further; now the conflict is between the good (Roark) and the imperfect (Dominique and Wynand). With Atlas Shrugged Rand dismisses the importance of evil entirely, and the conflict is between good and good (the strikers versus the scabs).

  4. On a l'impression que pour elle, servir les clients pour un produit visible tel qu'un building, c'est servir la masse. Or, la "moyenne" lui semble médiocre. Donc Peter Keating, architecte moyen, réussit.

    Par contre, Roark, est un génie, incompris des masses moutonnières et suiveuses et semble avoir les faveurs de Rand.

    C'est effectivement le résultat lorsqu'on se met à combiner philosophiquement Aristote, Nietzsche et le capitalisme. :icon_up:

  5. Voici le dernier essai de Lucian Boia, Wheater in the Imagination, un thème très, très actuel donc :

    D'autre part, Eric Voegelin, l'un des plus grandes et à la fois l'un des plus méconnus philosophes du XXième siècle, un participant régulier dans sa jeunesse au séminaire privé tenu par Ludwig von Mises à Vienne, mérite sans aucun doute une mention sur ce fil :

  6. Lucilio a dit :
    Ben non, la réalité historique c'est que les fondateurs du fascisme (italien) et du nazisme (allemand) étaient issus du socialisme. (Sinon, je connais peu et mal le cas roumain. Donc, je m'abstiendrai de commenter.)

    Vrai ! Mais entre un group des socialistes internationalistes/communistes et un group de socialistes nationalistes la plupart des conservateurs et des bourgeois ont choisi la version nationale de socialiste peut être sans se rendre compte, y compris Vilfredo Pareto, le fameux économiste admirateur de Gustave de Molinari, son maître Gaetano Mosca, la plupart des libéraux italiens sauf Croce et cela parce qu'en 1921 par exemple les socialistes ont presque réussi a faire une révolution soviétique en Italie, de même les spartakistes en 1919 en Bavarie où ils ont instauré une passagère république soviétique en fait - la Bavarie est devenu ensuite la centre du mouvement nazi, les fêtes de Nurnberg…bal, bla.

    En fait en Italie les plus riches familles bourgeoises (des banquiers) étaient juives et celles-ci ont financé et soutenu au début le régime de Mussolini qui n'était point anti-sémite jusqu'à l'alliance avec l'Allemagne hitlérienne (d'ailleurs l'amante de Mussolini était juive :icon_up: ) mais socialiste typique à l'exception du fait qu'il laissait la propriété exister de manière purement nominale dans les mains des possesseurs originaires mais donnait tout le contrôle à l'Etat.

    En Roumanie il n'y avait pas un mouvement ouvertement socialiste/communiste sauf pour les quelques centaines d'agents russes, bulgares, ukrainiens, hongrois, polonais et occasionnellement roumains envoyés par le Komintern d'y faire un peu d'agitation communiste et qui d'ailleurs furent emprisonnés après 1921 lorsque le parti communiste fut interdit.

    Les raisons pour cette situations sont les suivantes : le communisme n'était point populaire en Roumanie à l'époque car 1) les ruses sont l'ennemi ancestral des roumains 2)les intellectuels sont majoritairement très à droite 3) le paysan individualiste roumain aime sa terre, sa propriété : il a lutté depuis des siècles contre les boyards; les ottomans, les autrichiens pour garder ses lots.

    Ceci dit, la Roumanie n'était pas un paradis libertarien; elle était un pays nationaliste comme tous les pays de l'époque et le nationalisme présuppose sine qua non l'interventionnisme massif dans l'économie et la société en général, d'ailleurs les national-libéraux autochtones étaient pour le protectionnisme comme leurs amis allemands et pas pour le libre échange et ils avait un projet social et politique très constructiviste copié des républicains français : des droits à l'éducation, à la culture et ainsi de suite.

    La Garde de fer n'est qu'une version radicale de nationalisme avec des racines assez fortes dans l'esprit conservateur rural raccordée d'une certaine manières aux évolutions européennes en matière - Mussolini et ensuite Hitler.

  7. Impossible de dormir pour l'instant, donc encore un mot…:icon_up:

    Que nenni.

    :doigt: C'est toutefois la réalité historique; je ne dis pas que tous les conservateurs - ni même que la majorité des conservateurs ruraux furent fasictes, nazis, légionnaires (Garde de fer) et ainsi de suite; mais il y a une forte corrélation entre l'apparténance aux milleux conservateurs et ruraux et l'adhérence à ces mouvements et cela pour des bonnes raison à la fois générales et particulières à chaque pays (tout comme il y a une forte corrélation entre appartenance au millieux ouvrier et adhérence au mouvement socialiste ou communiste à la même époque).

    Ce qui est assez bizarre dans le cas de la Garde de fer c'est la mystique chrétienne qu'ils inventent et qu'ils marrient avec le nationalisme et un rejet des institutions politiques modernes qui séduit même - c'est peut être incroyable, mais c'est vrai - des intellectuels roumains d'origine juive, via le filtre de leur professeur de logique et métaphysique, Nae Ionescu, comme Mihail Sebastian qui nous a laissé un fascinant journal intime et même Nicolae Steinhardt par exemple. La Garde de fer c'est un mouvement de base, des gènes simples, elle est fondée par 3 étudiants de Iassy et devient vite populaire parmi les prêtres de campagne et les jeunes bourgeois et puis dans le milieu intellectuel; il n'y a pas en Roumanie des junkers qui y adhèrent ou des grands propriétaires fonciers épouvantés par les agitations socialistes/communistes ou une haute bourgeoisie effrayée du spectre d'une révolution à la soviétique. C'est un mouvement culturel et spirituel qui reflète un certain état d'esprit réel d'une partie significative de la population bien que la Roumanie soit un pays politiquement assez stable, l'un des gagnats de la première geurre mondiale et bien prospère à l'époque (sauf pour l'intermezzo de la Grande Crise biensûr).

    Je ne veux pas excuser les crimes de ce mouvement; je veux juste montrer qu'il faut le comprendre dans toute sa spécificité et pas par un simple mimétisme : dire tout simplement mouvement fasciste n'est point utile pour comprendre le phénomène car le fascisme est une évolution bien différente dans un autre contexte en dépit de certains similitudes et influences.

    D'autre part, partout en Europe continentale pendant l'entre-guerre on ressentait l'époque comme quelque chose d'inconnu, un sorte d'époque du désespoir dans le sens du Kierkegaard, un monde nietzchéenne dénouée de toute rationalité, un univers en agonie, sans repères du passé et au bout d'un cycle d'existence spenglerien, mais de cette décadence quelque chose de nouveau devrait naître, quelque chose jamais vu avant, incomparable avec les recettes du passé : on vivait avec le pressentiment d'une révolution comme jamais auparavant, un sorte de saut dans un nouvel état existentiel et la seule chose qu'on pouvait faire était d'aller en avant avec plus de courage - c'est sous ce double aspecte, crise et transfiguration imminente, que les intellectuels ressentaient la condition des sociétés dans lesquelles ils vivaient, à gauche comme à droite (voir Valéry, Gide ou même Sartre à ce sujet). L'interbellum est vraiment un époque très fascinante, vivace, turbulente et terrifiante. Si on doute l'existence de l'irrationnel il suffit de lire n'importe quel intellectuel représentatif de l'époque pour se rendre compte tout de suite de la faiblesse d'une telle assertion.

    Et voilà l'essai d'un classique espagnol de l'époque : Miguel de l'Unamuno, L'agonie du christianisme

    Et un italien qui ne peut pas manqué d'une liste respectable d'essais : Benedetto Croce, critique littéraire, philosophe, esthéticien et libéral hégélien (oui c'est possible, il a créé même une école en Italie) - La philosophie comme histoire de la liberté :

    Et Aesthetic As Science Of Expression And General Linguistic

    Voilà, un bref survol de méthaphisique d'un économiste aspirant :warez:

  8. Tu n'as pas vu que j'avais édité mon message concernant Ionesco, dont j'ai retiré le nom ?

    Je viens aussi d'éditer mon message ci-dessus.

    Ensuite, sur le mouvement légionnaire de Codreanu, il est notoire qu'il était violemment antisémite, appelant ainsi publiquement à l'assassinat des juifs (ainsi que des bourgeois). Ce groupe politique n'avait idéologiquement rien à voir avec un quelconque parti conservateur.

    C'est un longue débat et franchement je ne suis pas capable à présent, trop fatigué comme je l'ai dit : peut être sur un autre topic.

    Et pourtant, les éléments conservateurs rurales furent le combustible du mouvement fasciste mussolinien ansi que du mouvement nazi.

    Mais en Roumanie le contexte est différent : il s'agit d'un pasy occidentalisé ou modernisé du haut en bas, un peu authoritairement, après la conquête de l'indépependance vis-à-vis de l'Empire Ottoman et russe : les mouvements autochonistes plus ou moins radicales/violentes - la Garde de fer étant juste une seule tel mouvement, qui a eu le plus grand succes - sunt en fait une réaction un peu naturelle à une élite éclairée qui s'est crée un sorte de monopol de la représentation politique parfois à la limite de la constitutionnalité. Long débat, comm j'ai dit, un autre topic s'il y a de l'intérêt :icon_up:

  9. Comme Eliade et Cioran. Quant à leur compatriote et aîné Tristan Tzara, il a fini communiste…

    Non, pas Ionesco et pas Tzara ! De tous les brillants intellectuels de cette génération géniale et iconoclaste - la Génération de (19)'27 devenus fameux en Occident (ceux qui ont échappé du communisme évidemment car beaucoup, en fait la plupart, ont mourri dans les camps de concéntration communistes) Ionesco, Tzara, son ami le peintre et l'architecte Marcel Iancu et leur confrère le surréaliste Victor Braumer étaient presque les seuls qui étaient dans leurs jeunesse roumaine de gauche, socialistes et même pour une breve période dans le cas de Ionesco marxiste (ensuite, en France il est devenu l'un des plus marquants intellectuels de droite - mais ça c'est une autre histoire); les autres, tous les autres, étaient "de droite" et oui ils furent tous d'une manière ou d'une autre des symphatisants ou même des membres de la Garde de fer, un mouvement nationaliste fascisante, ce qu'on appelle extrême droite aujourd'hui, anti-démocratique et pro-hitlérien à l'époque mais c'est inexact et demi-faux de dire que la Garde de fer étaient un mouvement nazi ou fasciste car il s'est nourri d'autres racines idéologique, plus précisément d'un courant populaire nationaliste, conservateur, autochotoniste, réligieux et anti-sémite spécifique roumain. C'est un logue débat, beaucoup des choses à dire; ce qui est important est de rétenir que pas tous les intellectuels roumains exilés furent afilliés à la Garde de fer et que la Garde de fer est un phénomène, biensûr anti-libéral et parfois criminel, mais pas bien compris dans toute sa complexité en Occident.

    D'ailleurs, tu psenses que Ionesco, un ancien pro-fasciste, aurait eu une chance de devenir membre de l'Académie française en 1970 ? On ne pouvait pas réspirer du gauchisme à l'époque en France !

    —-

    Je viens de relire ton poste et je constate, contrairement à ma première lecture, que tu n'as pas inclus Ionesco dans la même catégorie avec Cioran, Eliade et Noica; je suis un peu fatigué donc c'est mon erreur si je t'ai critiqué pour des choses que tu n'as pas dit :icon_up:

  10. Excellent fil ! Quelques compatriotes d'abord qui ont eu un impact massif sur ma formation :

    E.M. Cioran, Précis de décomposition, Exercices d'admiration, Sur les cimes du désespoir et ainsi de suite

    Mircea Eliade, son ami, Le Sacré et le Profane, Histoire des croyances et des idées religieuses, Techniques du yoga, La nostalgie des origines, Forgerons et alchimistes

    Eugène Ionesco, , son cri iconoclaste contre la littérature roumaine

    Nicolae Steinhardt, Journal de la felicité, l'intellectuel juif qui a retrouvé Dieu dans les prisons communistes et à la fois renouvelé l'esprit de la foi chrétienne orientale et pas seulement orientale

    Gabriel Liiceanu, Le Journal de Paltinis, le compte rendu de l'école socratique du philosophe et détenu politique Constantin Noica, le plus proche ami de Cioranu, le Dinu de ses Cahiers; une école fondée sur le modèle de l'Académie platonicienne dans un village des Carpates au milleu d'un pays devenu un grand camp de concentration :

    Et un autre roumain traduit et connu internationalement récemment Lucian Boia; je vois qu'il est bien populaire maintenant en France et en Angleterre bien qu'il croie et enseigne encore dans ses courses universitaires la théorie marxiste de la valeur-travail, Le Mythe de la démocratie, La Mythologie scientifique du communisme et mieux encore Deux siècles de nationalisme :

    Les français maintenant :

    Saint Simon, ses Mémoires :

    La Rochefoucauld, Maximes et Réflexions

    La Bruyère, Les Caractères :

    Pascal, Pensées:

    Montaigne, Essais:

    Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience, Les deux sources de la morale, Le rire :

    Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe :

    Jean-Paul Sartre :warez:, L'Être et le Néant, la Psychologie de l'émotion

    Camus et al. :doigt:

    Pour les allemands et les "germaniques" :

    Meister Ekhardt, ses sermons rhénanes,

    Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation :

    Friedrich Nietzche, tout mais surtout Naisssance de la tragédie, Volonté du pouvoir et La généalogie de la morale

    Soren Kierkegaard, Le concept de l'angoisse :

    Otto Weinniger, Sex und Charakter;

    Espagnols :

    Gracian, L'art de la prudence

    Ortega y Gasset, Etudes sur l'amour, La déshumanisation de l'art, la Revolte des masses :

    Anglais :

    John Ruskin, Les pierres de Venise

    Russes :

    Léon Chestov, Les Commencements et les Fins, Les Grandes Veilles :

    Américains :

    Seraphim Rose, Nihilism: The Root of the Revolution of the Modern Age, The Soul After Death: Contemporary "After-Death" Experiences in the Light of the Orthodox Teaching on the Afterlife, God's Revelation to the Human Heart , Orthodoxy and the Religion of the Future

    :

    Voilà ! Bon je m'arrête avant de recommander la Philokalia :warez:

    ——————-

    Hmmm : Les photos des livres ne s'affichent pas; j'ai probablement mal saisi les codes…et pourtant… :icon_up:

    Il faut employer le code ISBN-10. (Lucilio)

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