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Secteurs économiques Stratégiques


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Un des arguments utilisés pour promouvoir la nationalisation (outre les concept de bien public, de déficience du marché notamment) est celui du caractère stratégique d'un secteur économique.

Voici un article d'un chercheur, paru dans les Echos de ce jour, et qui illustre à merveille ce concept.

Reprendre le débat privatisation-nationalisation

OLIVIER HASSID

Dans l'ensemble des pays occidentaux, les gouvernements libéralisent et privatisent. La libéralisation correspond à l'ouverture d'un marché à la concurrence. La privatisation constitue un transfert de droit de propriété du public vers le privé. En France, ce mouvement de libéralisation et de privatisation est fort depuis le début des années 1980. Le CAC 40 abonde d'entreprises anciennement publiques : Air France, Renault, Suez… Le mouvement semble se poursuivre et même s'accélérer avec deux fleurons de notre économie, Gaz de France et EDF, qui ouvrent leur capital à des actionnaires privés. Dans ce contexte, oser parler de nationalisation semble ringard et relever d'un autre temps. Il paraît plus mode, plus anglo-saxon, plus efficace de privatiser que de nationaliser. [1]

Or il ne faut pas se tromper, ceux qui pensent que l'Etat ne doit plus participer à la production et à la réalisation de biens et de services sont en retard sur leur temps. Partout dans le monde, les entreprises ont besoin de l'Etat ! Il n'y a pas qu'en France où l'Etat rachète des actions d'Alstom pour sauver le groupe. On constate ce même type d'opérations au Japon, où le gouvernement pour sauver le système bancaire a été obligé de renationaliser un certain nombre de banques. De même aux Etats-Unis, chantre du libéralisme, des activités privées sont à nouveau publiques. Dans les aéroports, alors que la sécurité était assurée par des entreprises privées, depuis le 11 septembre 2001, ce sont des agents publics qui ont remplacé des agents privés. On peut également citer la reprise en main actuellement du secteur de l'énergie par l'Etat russe. Ainsi le Kremlin va racheter 10,7 % du capital de Gazprom pour devenir actionnaire majoritaire. [2]

Et vous me direz peut-être qu'en comparaison le mouvement de privatisation reste largement plus important que le mouvement de nationalisation. Certes, toutefois, l'histoire pourrait très rapidement changer. Comme Polanyi a pu déjà le démontrer dans son ouvrage « La Grande Transformation », l'économique et le politique sont intimement liés et c'est certainement encore plus vrai aujourd'hui. On commence sérieusement à se demander si des secteurs entiers ne devraient pas être plus soutenus et protégés par l'Etat au nom de l'intérêt de la nation.

Pour maîtriser les ressources naturelles, pour s'approprier des informations stratégiques, pour s'approprier des ressources militaires, le meilleur moyen reste le rachat d'entreprise. Le rachat de Gemplus par un fonds d'investissement américain aurait ainsi profité à la CIA, qui était intéressé par les recherches faites par l'entreprise, anciennement française. [3] Plus grave, aujourd'hui, le gouvernement chinois s'apprête à modifier le paysage pétrolier, puisque le chinois CNOOC a fait une offre d'achat à l'indépendant américain Unocal.[4] Et le prix ne semble pas un problème. Pourquoi pas, demain, le gouvernement chinois, à travers une de ces entreprises, ne déciderait-il pas d'acheter Total ? Il est évident que pour un certain prix les actionnaires plieront et l'entreprise deviendra asiatique.

On risque de perdre beaucoup dans ces fusions et acquisitions « new age ». En termes de pouvoir, les Chinois nous imposeraient leurs prix. Les ressources naturelles étant rares par définition, ils risquent de nous faire payer le prix fort ! D'autres secteurs peuvent être touchés : la défense, la sécurité, etc. Le rachat d'entreprise n'est absolument plus uniquement déterminé par la recherche de synergie, des économies d'échelle ou des complémentarités. Il s'inscrit également dans le cadre d'une stratégie publique et politique de contrôle et de mise sous tutelle. [5]

Dans ces conditions, il faut se demander comment protéger les entreprises nationales qui participent par essence à la vitalité économique et à l'indépendance de notre pays. Les bienfaits de la concurrence et de la compétition ont des vertus dans le cadre d'un marché apolitique. Celui qui se joue à l'heure actuelle est loin de ce cadre « idéal ». La guerre se joue sur le plan économique. Il est préférable d'être défendu par des militaires provenant de l'armée nationale que d'une entreprise privée qui aurait la possibilité de changer de camp ! [6] Dans ce contexte, le gouvernement doit sérieusement se demander quelles pourraient et quelles devraient être les entreprises dont les capitaux devraient être à nouveau publics. C'est l'une des protections qui pourrait éviter le rachat d'entreprises pour le compte d'intérêts autres qu'économiques. Il est important de se poser la question car se joue certainement là l'avenir économique et politique de la France.

OLIVIER HASSID est économiste, chercheur associé au Pacte-Cerat.

[1] Ce genre d'argument (c'est à la mode) m'énerve.

[2] Exemples à examiner dans le détail

[3] C'est plus ou moins n'importe quoi, Gemplus a été rachetée par un fond qui s'appele Texas Pacific Group, M. Hassid doit confondre avec le fond In Q Tel, lié à la CIA. C'est la personnalité du PDG nouvellement nommé qui avait posé problème, mais en gros, ce que dit M. Hassid est fantasmagorique. Sans parler du fait que les 60 millions de français ne disposent d'aucun droit de propriété spécial sur une entreprise fondée, à l'origine, par un autre français.

[4] Là, c'est à se demander si ce monsieur a regardé un tableau de chiffres. Quand on regarde les 25 premiers groupes energetiques mondiaux, Unocal n'est pas dans les 25 premiers, le 25eme est Vattenfall, un groupe suédois, qui faisait 10.4 Md$ de chffres d'affaire en 2002.

Unocal faisait 5 md$, il doit être quelquechose comme le 30eme groupe mondial.

Et pour donner une idée, Total, c'etait environ 100 Md$ de CA, environ, c'est pa vraiment le même genre de taille. BRef, c'est un scénario peut-être crédible à long terme, mais à moins que je n'ai pas compris quelquechose, à court et moyen terme il parait extrêmement farfelu.

Il est largement plus crédible qu'un Etat européen agisse avant l'Etat Chinois.

[5] Les exemples qu'il donne ne sont pourtant pas très convaincants.

[6] C'est Oui-Oui au pays de la géopolitique.

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[3] C'est plus ou moins n'importe quoi, Gemplus a été rachetée par un fond qui s'appele Texas Pacific Group, M. Hassid doit confondre avec le fond In Q Tel, lié à la CIA.

C'est d'autant plus idiot comme argument que la CIA, c'est l'Etat. Se plaindre d'un manque d'Etat puis d'un trop d'Etat dans la même phrase, faut le faire.

Certes, la CIA, c'est l'Etat US, pas l'Etat français. Ce qui laisse supposer de la part de ce "chercheur" une volonté protectionniste exacerbée, des frontières renforcées et un retour à la guerre froide?

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C'est d'autant plus idiot comme argument que la CIA, c'est l'Etat. Se plaindre d'un manque d'Etat puis d'un trop d'Etat dans la même phrase, faut le faire.

En effet, c'est bien vu.

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S'il est "chercheur", cela signifie selon toute probabilité qu'il est rémunéré par l'état.

Faut pas chercher plus loin, le mec défend sa tartine.

La seule référence à Polyani suffit à classer le personnage, selon moi. La grande transformation est un livre apprécié de DSK.

Une telle institution (le marché) :

« ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en désert » (Polanyi, 1983, La grande transformation p. 22)

Avec ça on est fixé sur l'idéologie du quidam.

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Oh là, je sais pas, j'ai juste tapé son nom dans Google en fait.

Et voilà on tape sur Google et on nous pond des reactions idiotes comme souvent.

Vous êtes en Bourse: je reponds pour vous: NON.

Les achats et ventes d'Entreprises passent par l'AMF pour obtenir son aval et dans les cas plus pointus le dossier remonte jusqu'à Bruxelles.

Quand il n'y a pas accord il ne se passe rien.

Ce sont d' Entreprises dont il est question et non de fruits et legumes sur un marche.

Alors les fantasmes vous vous les gardez pour vous.

De Chitah: Apprends à te servir des balises SVP

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