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Serge

Internet

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Ces derniers jours, tous les nouveaux usages plébiscités par les internautes - blog, peer-to-peer, enchères en ligne, etc. - donnent lieu à des confrontations avec la justice. A croire que nos bonnes vieilles institutions sont les seules à ne pas surfer !

Il est loin le temps où seuls les informaticiens étaient en mesure de publier leur page perso à grand renfort de balises HTML. Toutes les études le montrent, le web se démocratise. Trois exemples : le nombre de blogs (notre article) double tous les cinq mois, la SNCF réalise désormais 20 % de son chiffre d'affaires en ligne, et selon l'institut de sondage GFK, 1,3 milliard de fichiers ont été téléchargés en 2005, uniquement pour la France ! Pour autant, qu'il s'agisse de blogs, podcasts, échanges peer-to-peer, ventes aux enchères sur eBay ou téléphonie sur Internet (ToIP) : les nouveaux services que les internautes adoptent en masse et qui font le succès commercial du haut débit se heurtent malheureusement de plus en plus souvent à la vindicte et à l'incohérence des institutions.



Le débat autour des droits d'auteurs (DADVSI) est un bon exemple. D'un côté l'état veut imposer de force l'usage des systèmes de gestion des droits d'auteur (ou DRM, Digital Rights Management) pour contrer la copie de fichiers musicaux (notre article) et taxe de plus en plus de supports informatiques, censés selon lui, héberger des fichiers MP3 (notre article). Mais de l'autre, la justice vient de condamner pour la troisième fois consécutive l'usage des DRM par une maison de disque. Le 10 janvier, le tribunal de grande instance de Paris a ainsi condamné Warner Music France et la Fnac pour ne pas avoir informé leurs consommateurs des limites d'usage liées au verrou anti-copie installé sur le cédérom audio "Testify" de Phil Collins. Le tribunal a estimé que ce verrou représentait un vice caché dans la mesure où le consommateur ne pouvait pas écouter le CD sur tous les lecteurs.



L'état et la justice feraient bien d'accorder leurs violons !



Les blogs soulèvent aussi de nombreuses questions. L'état - tous gouvernements confondus - multiplie les initiatives pour réduire la fracture numérique française : PC portable à un euro pour les étudiants, promotion de l'accès Internet à haut débit, libéralisation du marché des télécommunications, etc. Mais de l'autre, il laisse un flou juridique béant sur l'usage des nouveaux outils que sont les blogs et sur une "blog étiquette" qui reste à définir. Les institutions encouragent à bloguer, mais condamnent le moindre écart. Le proviseur du lycée technique de Mende (Lozère) vient ainsi d'être révoqué pour avoir publié sur son blog personnel Garfieldd.com, sous pseudonyme, des "contenus à caractère pornographique". Il s'exprimait en fait sur son homosexualité. L'académie a estimé ces propos "incompatibles avec la fonction", malgré son anonymat.



Dans un autre registre, l'éditeur du site MonPuteaux.com se retrouve devant la justice où il devra affronter les foudres de sa Mairie. "J'ai cité quelques lignes d'une enquête du Parisien et j'ai ajouté un commentaire. A la suite de cela, je me retrouve en correctionnelle !", explique Christophe Grébert. Cet article du Parisien met en cause la mairie de Puteaux dans une affaire d'attribution de marchés publics. Comme des millions d'autres blogueurs dans le monde, Christophe Grébert n'a fait que reproduire un extrait d'un article de presse pour informer les habitants de la ville. Il semble donc qu'il y ait deux poids et deux mesures en France : tout le monde peut envoyer par e-mail un lien vers un article de presse en ligne, mais personne n'aurait le droit de signaler cette information sur sa page web. L'incohérence du système semble basée sur son incompréhension des nouvelles technologies… A vous de juger si la reproduction d'un article de presse est un acte criminel !



Enfin, lorsque les internautes s'approprient le web, c'est aussi pour réaliser de bonnes affaires, surtout sur eBay, premier site de vente aux enchères dans le monde. Un Alsacien y a ainsi vendu plus de 400 objets provenant de marchés aux puces et d'un héritage. Il vient d'être condamné à 3 800 euros d'amende pour "exécution d'un travail dissimulé et non tenue d'un registre par un revendeur d'objets mobiliers". La justice s'est appuyée sur le code du commerce pour estimer qu'il s'agissait d'un commerce déguisé. En dira-t-elle autant des collectionneurs de tous poils qui ne cessent d'acheter, échanger et vendre dans le cadre de leur hobby ? Toutes ces mauvaises aventures mettent en lumière le décalage entre les usages du web - qui progressent vite, à la vitesse de l'Internet - et la lenteur des institutions à proposer un cadre légal adapté à ces nouveaux usages. Plutôt que de "prévenir" ces maux par un vaste débat national, nos institutions préfèrent les "guérir" après coup. Elles laissent par exemple les internautes s'approprier les réseaux peer-to-peer, les blogs et les sites de vente aux enchères, puis sanctionnent sans prévenir. Il est grand temps que les institutions instaurent un véritable dialogue avec les citoyens, les internautes et les entreprises, avant que le clivage entre les usagers et les gardiens de la loi ne se creuse davantage.

Internet : la prise de pouvoir…

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Plutôt que de "prévenir" ces maux par un vaste débat national, nos institutions préfèrent les "guérir" après coup.

Oui, il y a quelques pays qui font un peu plus de "prévention" que nous … la Chine, la Tunisie, vivment qu'on s'y mette franchement !

Elles laissent par exemple les internautes s'approprier les réseaux peer-to-peer, les blogs et les sites de vente aux enchères, puis sanctionnent sans prévenir. Il est grand temps que les institutions instaurent un véritable dialogue avec les citoyens, les internautes et les entreprises, avant que le clivage entre les usagers et les gardiens de la loi ne se creuse davantage.

Il est grand temps que ces institutions obsolètes comprennent que leur survie passe nécessairement par un contrôle totalitaire de la société et qu'elles en tirent les conséquences.

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Je pense effectivement :

- qu'il y a une perte de pouvoir du léviathan dans la sphère internet

- qu'il s'en rend compte petit à petit

- que sa réponse sera à la hauteur de la douleur infligée

(cf qq idées ici)

Je suis un optimiste : je pense que l'enjeu est trop gros, les moeurs déjà bien ancrés, pour que l'état ne puisse pas, cette fois-ci, réguler trop loin, trop fort. J'espère ne pas me tromper.

(je sais, je sais, ma naïveté me perdra)

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L'état et la justice feraient bien d'accorder leurs violons !

Qui écrit ça ? Un crypto asserviste ?

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Je suis un optimiste : je pense que l'enjeu est trop gros, les moeurs déjà bien ancrés, pour que l'état ne puisse pas, cette fois-ci, réguler trop loin, trop fort. J'espère ne pas me tromper.

(je sais, je sais, ma naïveté me perdra)

Oui, tu es naïf. En effet, l'Etat, fidèle à sa technique éprouvée depuis la guerre, grappillera peu à peu nos libertés sur le Net. A l'instar de l'impôt sur le revenu qui n'était que de 1% à sa création.

Il inventera 1001 "petites" contraintes et ajoutera quelques bonnes grosses interdiction sous prétexte de lutter contre le "terrorisme", la "pédophilie", "la travail au noir", "le blanchiment d'argent", etc.

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Oui, tu es naïf. En effet, l'Etat, fidèle à sa technique éprouvée depuis la guerre, grappillera peu à peu nos libertés sur le Net. A l'instar de l'impôt sur le revenu qui n'était que de 1% à sa création.

Il inventera 1001 "petites" contraintes et ajoutera quelques bonnes grosses interdiction sous prétexte de lutter contre le "terrorisme", la "pédophilie", "la travail au noir", "le blanchiment d'argent", etc.

:doigt::icon_up:

" Rien ne rend la vie plus insupportable que la conscience que nos propres efforts ne peuvent rien pour changer notre condition "

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Tiens en parlant de ca, une nouvelle qui m'a mis sur le cul et qui ote tout doute sur la nature idéologique de notre Etat:

Le Conseil Constitutionnel ne reconnait pas le droit de contracter librement comme un droit à valeur constitutionnelle..

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Tiens en parlant de ca, une nouvelle qui m'a mis sur le cul et qui ote tout doute sur la nature idéologique de notre Etat:

Le Conseil Constitutionnel ne reconnait pas le droit de contracter librement comme un droit à valeur constitutionnelle..

C'est ahurissant!! Tu as une source officielle?

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Oui, tu es naïf. En effet, l'Etat, fidèle à sa technique éprouvée depuis la guerre, grappillera peu à peu nos libertés sur le Net. A l'instar de l'impôt sur le revenu qui n'était que de 1% à sa création.

Il inventera 1001 "petites" contraintes et ajoutera quelques bonnes grosses interdiction sous prétexte de lutter contre le "terrorisme", la "pédophilie", "la travail au noir", "le blanchiment d'argent", etc.

Ce qui nous sauvera peut être est la nature totalement décentralisée et exempte de frontière de l'internet…

Mais dans le fond, vous avez raison : les Français étant majoritairement des veaux, ils accepteront sans ronchonner trop fort de se voir baillonner là aussi.

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Guest jabial

L'Etat, contrairement à ce qu'il prétend, cède toujours devant des gens suffisament déterminés. Regardez ce qui se passe en Corse - regardez, tout simplement, ce que la CGT arrive à obtenir.

Conclusion : le jour où les libéraux seront suffisament déterminés pour prendre des risques et devenir dangereux, nous obtiendrons de grosses concessions. Pas avant.

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L'Etat, contrairement à ce qu'il prétend, cède toujours devant des gens suffisament déterminés. Regardez ce qui se passe en Corse - regardez, tout simplement, ce que la CGT arrive à obtenir.

Conclusion : le jour où les libéraux seront suffisament déterminés pour prendre des risques et devenir dangereux, nous obtiendrons de grosses concessions. Pas avant.

Tout le problème est dans le "devenir dangereux", je crois.

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L'Etat, contrairement à ce qu'il prétend, cède toujours devant des gens suffisament déterminés. Regardez ce qui se passe en Corse - regardez, tout simplement, ce que la CGT arrive à obtenir.

Conclusion : le jour où les libéraux seront suffisament déterminés pour prendre des risques et devenir dangereux, nous obtiendrons de grosses concessions. Pas avant.

Je ne partage pas du tout ton analyse.

Je pense plutôt que c'est la corruption qui génère ce que l'on observe en Corse. De nombreux élus et fonctionnaires sont mouillés jusqu'aux oreilles dans les affaires mafieuses desquelles découlent les velléités d'indépendance de certains.

Quant à la CGT, son action renforce l'étendue des pouvoirs de l'Etat, pourquoi la combattre?

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Guest jabial
Tout le problème est dans le "devenir dangereux", je crois.

Tout le problème est de montrer détermination et fermeté tout en restant irréprochables.

Je ne partage pas du tout ton analyse.

Je pense plutôt que c'est la corruption qui génère ce que l'on observe en Corse. De nombreux élus et fonctionnaires sont mouillés jusqu'aux oreilles dans les affaires mafieuses desquelles découlent les velléités d'indépendance de certains.

J'en ai discuté avec plusieurs locaux, qui m'ont affirmé que la relation de cause à effet était inverse.

Quant à la CGT, son action renforce l'étendue des pouvoirs de l'Etat, pourquoi la combattre?

Parce que l'Etat n'est pas monolithique. A l'intérieur, chaque faction lutte pour son intérêt propre, et ils n'en ont rien à foutre que l'Etat gagne si eux, ils perdent.

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Tout le problème est de montrer détermination et fermeté tout en restant irréprochables.

J'en ai discuté avec plusieurs locaux, qui m'ont affirmé que la relation de cause à effet était inverse.

Heu, ce sont les "idiots utiles"

Parce que l'Etat n'est pas monolithique. A l'intérieur, chaque faction lutte pour son intérêt propre, et ils n'en ont rien à foutre que l'Etat gagne si eux, ils perdent.

Mais la CGT fait partie de l'Etat. Bien que les différentes factions se combattent, la victoire des uns sur les autres renforce le tout.

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Guest jabial
Heu, ce sont les "idiots utiles"

Un peu facile, non?

Mais la CGT fait partie de l'Etat.

Pour une certaine définition de l'Etat.

Bien que les différentes factions se combattent, la victoire des uns sur les autres renforce le tout.

Non sequitur.

On peut essayer de ne pas trop dévier pour une fois ?

Pour en revenir au sujet principal, je pense qu'il ne s'agit pas tant d'une prise de pouvoir des internautes que d'un relâchement des possiblités concrètes qu'offre le pouvoir de l'Etat de contrôler l'information. Bien entendu, il fera tout ce qu'il peut pour reprendre ce pouvoir, sous les prétextes les plus fallacieux.

Plus c'est gros et mieux ça passe - et tous ceux qui refusent celà se verront accuser d'être des collaborateurs du nazisme et de la pédophilie.

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Un peu facile, non?

Non, c'est exactement cela. Je connais mal le dossier Corse mais j'ai côtoyé d'assez près les milieux indépendantistes en Polynésie. Il y a d'un côté, l'élite indépendantiste qui veut prendre le pouvoir afin de se servir, qui utilise les dérapages du pouvoir en place. La corruption représente la métropole et l'élite indépendantiste se sert des couillons qui croient en eux. Aujourd'hui, Temaru a le pouvoir et se partage le butin avec ses proches.

L'avantage de la Corse sur la Polynésie, c'est que l'île est beaucoup plus proche du continent et peut donc aisément servir de plaque tournante à toute sorte de trafics.

La Polynésie à le "choix" entre une situation Haïtienne et l'arrosage de subventions métropolitaines. Il suffit de constater que depuis la victoire de Temaru, il n'y a plus de revendication d'indépendance…

Non sequitur.

Alors explique moi pourquoi, les gouvernements successif ne remettent jamais en cause les mesures prises par leur prédécesseurs sous la pression des syndicats?

Pour en revenir au sujet principal, je pense qu'il ne s'agit pas tant d'une prise de pouvoir des internautes que d'un relâchement des possiblités concrètes qu'offre le pouvoir de l'Etat de contrôler l'information. Bien entendu, il fera tout ce qu'il peut pour reprendre ce pouvoir, sous les prétextes les plus fallacieux.

Plus c'est gros et mieux ça passe - et tous ceux qui refusent celà se verront accuser d'être des collaborateurs du nazisme et de la pédophilie.

Exactement.

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Un peu facile, non?

Pour une certaine définition de l'Etat.

Non sequitur.

Pour en revenir au sujet principal, je pense qu'il ne s'agit pas tant d'une prise de pouvoir des internautes que d'un relâchement des possiblités concrètes qu'offre le pouvoir de l'Etat de contrôler l'information. Bien entendu, il fera tout ce qu'il peut pour reprendre ce pouvoir, sous les prétextes les plus fallacieux.

Plus c'est gros et mieux ça passe - et tous ceux qui refusent celà se verront accuser d'être des collaborateurs du nazisme et de la pédophilie.

C'est probable. Mais à la différence des médias papiers / radio / etc, il est (sera) très facile sur le Net de créer un réseau totalement virtuel, crypté et inviolable. Pour l'instant, il s'agit d'embryons. Un beau matin, ce sera répandu (d'autant plus si les lobbies, l'état et ses administrations font pression pour telles ou telles lois liberticides). A ce moment, comment procèdera l'état ?

Jusqu'à présent, il y avait une relative synchronicité entre les technologies et les gens de l'appareil d'état : la révolution engendrée par la technique ou la technologie était bien absorbée, digérée par l'état. Il faut du temps, en effet, pour mettre en place un journal papier, créer une radio, produire un magazine, faire une télé ; il faut des investissements.

Pour internet, nous sommes dans un schéma à mon sens radicalement différent : il faut très peu de moyens, cela concerne n'importe qui, et les moyens de création, analyse et diffusion sont extrêmement rapides.

Ex : si je veux diffuser une info X que je connais maintenant, il me faudra, partant de rien :

- plusieurs jour pour le faire par journal papier (achat de l'équipement),

- plusieurs semaines pour une radio, même si j'oublie les démarches administratives pour recueillir une fréquence

- plusieurs mois pour une télé

Par internet, dans 10 minutes, l'affaire est dans le sac. Je ne vois pas trop comment l'arsenal législatif, policier et technique actuel dont disposent les hommes de l'état peut rivaliser en terme de rapidité.

Pour résumer, ce qui, à mon avis, peut sauver le net du reste des médias, c'est sa capillarité, sa souplesse et sa rapidité plusieurs ordres de grandeurs supérieurs aux médias précedemment "domptés" par l'état.

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Guest jabial
Non, c'est exactement cela. Je connais mal le dossier Corse mais j'ai côtoyé d'assez près les milieux indépendantistes en Polynésie. Il y a d'un côté, l'élite indépendantiste qui veut prendre le pouvoir afin de se servir, qui utilise les dérapages du pouvoir en place. La corruption représente la métropole et l'élite indépendantiste se sert des couillons qui croient en eux. Aujourd'hui, Temaru a le pouvoir et se partage le butin avec ses proches.

L'avantage de la Corse sur la Polynésie, c'est que l'île est beaucoup plus proche du continent et peut donc aisément servir de plaque tournante à toute sorte de trafics.

Quand on généralise à partir d'une situation particulière et qu'on applique cette généralisation à une autre situation particulière, on finit par dire des bêtises. C'est même une des premières sources d'une certaine forme de racisme.

C'est probable. Mais à la différence des médias papiers / radio / etc, il est (sera) très facile sur le Net de créer un réseau totalement virtuel, crypté et inviolable. Pour l'instant, il s'agit d'embryons. Un beau matin, ce sera répandu (d'autant plus si les lobbies, l'état et ses administrations font pression pour telles ou telles lois liberticides). A ce moment, comment procèdera l'état ?

Il le rendra illégal pour des raisons particulièrement horribles (pédophilie, etc). 90% des gens ne l'utiliseront pas après que des images abominables (nazisme, snuff movies, etc) soient passées au 20h. 1% des 10% d'autres auront des ennuis avec la justice, ce qui suffira à ce que 99% des gens s'en détournent. Les quelques irréductibles seront faciles à surveiller.

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Il le rendra illégal pour des raisons particulièrement horribles (pédophilie, etc). 90% des gens ne l'utiliseront pas après que des images abominables (nazisme, snuff movies, etc) soient passées au 20h.

Possible, mais improbable. Les hommes de l'état vont réagir comme ils le font d'habitude pour les autres médias. Et les journaux, radios, etc… existent encore. Ils créeront donc des barrières à l'entrée.

En outre, comment faire pour convaincre les gens qui utilisent le net tous les jours que c'est un repaire de pédophiles antisémites nazillons ?

1% des 10% d'autres auront des ennuis avec la justice, ce qui suffira à ce que 99% des gens s'en détournent.

Les quelques irréductibles seront faciles à surveiller.

Bah non : autant, publier un journal vous rend facile à trouver, même s'il est clandestin, autant l'utilisation des techniques de crypto sur internet peut vous assurer l'anonymat par construction. Ce qui revient à ce que j'ai dit dans le post précédent : les techniques ne sont pas les mêmes, le saut intellectuel beaucoup plus grand que les précédents.

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Quand on généralise à partir d'une situation particulière et qu'on applique cette généralisation à une autre situation particulière, on finit par dire des bêtises. C'est même une des premières sources d'une certaine forme de racisme.

C'est mon analyse fondée sur mon expérience. Ma généralisation est peut-être abusive, il serait bon que tu me montres en quoi sans quoi ton commentaire est nul, non avenu et inutilement agressif.

La généralisation est sans doute parfois source de racisme mais dans le cas présent je ne vois pas du tout le rapport.

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Guest Citoyen_Vigilant

Pour moi l'enjeu principal d'Internet c'est la visibilité. Comment un internaute cherchant telle information va la trouver et dans quel ordre. Plusieurs phénomènes entrent en jeu :

- les moteurs de recherche (google évidemment), qui les contrôle

- les réseaux relais d'information, les phénomènes de buzz

- la multiplication de technologies support polymorphes absolument imprévisibles à l'avance (eg peer-to-peer, blogs, podcast, etc.).

Tout cela est encore bien mal maîtrisé d'un point de vue technologique et même les états ouvertement totalitaires (chine, iran) n'arrivent pas vraiment à maîtriser la situation. J'ai étudié récemment les solutions de filtrage de contenu internet dans le cadre de mon job = ça coûte très cher, ça ne sert pas à grand chose, et c'est dépassé le jour même où on le met en ligne. Tous ces systèmes qui coûtent très chers sont par exemple complètement dépassés par le peer-to-peer ; ils sont fondés sur les techno dépassées de filtrage d'url, un paradigme de la fin des années 90, c'est-à-dire il y a un siècle. Et c'est tant mieux.

Alors que les media "traditionnels" sont sous le contrôle étroit de la technostructure, ici en france comme ailleurs (aux us par exemple), Internet offre un terrain de liberté extraordinaire (cf. post sur l'affaire Mayetic et la manière dont les victimes de cette affaire ont pu, à travers la blogosphère, contourner les verrous de la technostructure = une affaire édifiante. Sauf qu'on ne voit pas encore bien où cela va les mener et s'il vont gagner autre chose que l'estime de quelques uns, dont moi).

L'expression libre sur Internet est cependant harcelée dans notre beau pays. Deux cas récents :

- le site www.monputeaux.com, de christophe grébert, poursuivi en justice par le maire de puteaux (Mme Ceccaldi). Voir http://www.monputeaux.com/proces/ pour le suivi du procès

- le site www.asnierois.org, de philipe vassé, fait lui l'objet de pression, intimidation et mutliples procès (12!!!!) intentés par le député-maire aeschlimann, infatigable procédurier, afin d'étouffer toute vision critique de ses trafics municipaux.

Voila comment en france, en intentant des procès aux frais du contribuables, on épuise la liberté d'expression. Dans le 92, les émules de Pasqua et Sarkozy sont, sur ce chapitre, particulièrement performants !!! Des gens comme Ch Grébert et Ph Vassé, idnépendamment de ce que l'on adhère ou pas à leurs idées, méritent un coup de chapeau pour leur résistance réellement courageuse.

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Certification des blogs… (il ne me semble pas que ce nouveau délire ait été évoqué) !

Il faut au moins reconnaître un mérite à Renaud Donnedieu de Vabres, celui du courage. Déjà rué de coups, et ridiculisé par des erreurs de procédure grotesques, le ministre de la Culture n'hésite pas à annoncer d'ores et déjà son prochain projet de lutte sur Internet, qui vise cette fois quelques 3 millions de bloggeurs français. C'est lors d'une interview à Libération que RDDV a allumé cette nouvelle mèche. Le projet de loi DADVSI, disait-il, "n'est que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique et je compte bien, par exemple, m'attaquer un jour au problème de la presse et de l'Internet". "C'est un autre sujet capital parce qu'il n'y aura pas d'informations de qualité sur l'Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c'est le métier. L'Internet est une grande chance mais je ne veux pas l'idéaliser et sans un cadre clair, beaucoup de ces chances pourraient être gâchées", ajoutait-il. Nous analysions alors ces déclarations par une analogie du journalisme citoyen au P2P, avant d'éclairer les propos du ministre par la prémonition du journaliste Dan Gillmor, pour qui la lutte contre le Peer-to-Peer serait potentiellement un cheval de Troie pour contrôler plus largement la diffusion de l'information.

Renaud Donnedieu de Vabres était toutefois resté assez flou sur la manière d'assurer à Internet la "qualité des signatures" qu'il appelle de ses voeux. Or il y a deux manières de censurer Internet. La manière franche, à la chinoise, est de cacher le contenu que l'on désire mettre à l'écart, d'en prévenir l'accès pour que personne ne puisse le découvrir. Puis il y a la manière sournoise, "démocratique", qui vise à valoriser au maximum le contenu que l'on préfère mettre en avant, pour mieux décribiliser le contenu que l'on ne contrôle pas.

C'est cette seconde méthode que semble avoir choisi le ministre de la Culture. Invité le lundi 10 avril dans l'émission iMédias de la chaîne i>Télé, RDDV a légèrement précisé son projet. "Dans le domaine de l'information, c'est la même chose", commence le ministre qui confirme ainsi l'analogie journalisme citoyen/P2P. "Vous savez très bien que aujourd'hui sur Internet circulent beaucoup de choses, parfois le pire comme le meilleur, ce qui veut dire que paradoxalement redevient essentielle la certification, c'est-à-dire la signature par un journaliste parce que ça garantie l'authenticité. Donc je crois si vous voulez qu'internet est une grande chance mais ça suppose aussi qu'il y ait des règles du jeu et des principes de déontologie", affirme-t-il.

Ainsi RDDV souhaite mettre en place une sorte de label de qualité qui ne sera décerné qu'à des journalistes qualifiés, probablement titulaires de la carte de presse. L'ensemble des bloggeurs, qui forme "le journalisme citoyen" avec plus de 3 millions de blogs en France, seront laissés à l'écart car non certifiés.

Le journalisme citoyen (dont AgoraVox est le journal leader en France) s'est imposé partout dans le monde comme une alternative au journalisme traditionnel, organisé en oligopole sur un marché dont l'accès était jusque là réservé à une poignée d'industriels. En Corée, il a même directement influencé l'élection du président Roh Moo Hyun, qui accordait au journal citoyen OhMyNews sa première interview. Tout comme Napster a permis à chacun de remplacer la Fnac dans la distribution de la musique, et NRJ dans sa diffusion, les blogs ont permis aux citoyens internautes de délivrer une information alternative à celle proposée par le Monde ou le Figaro. Ils font trembler la belle organisation économique qui reignait depuis des décennies, mais l'effondrement de l'oligopole médiatique n'est pas sans conséquences politiques.

Les débats sur la Constitution Européenne ont montré la puissance des blogs du "Non" face au "Oui" exprimé avec force majorité dans les médias traditionnels. Et le droit d'auteur n'existant pas sur l'information et les idées, les journaux ne disposent d'aucune loi pour protéger économiquement leur quasi-monopole. Le gouvernement ne dispose pas non plus en ligne des ficelles qu'il maîtrise hors ligne pour contrôler avec plus ou moins d'efficacité l'information - alors que la connivence entre le monde politique et les journalistes est de plus en plus dénoncée, il faut aussi noter entre autres choses que l'Agence France Presse (AFP) est financée à 50 % par l'Etat et que de grands quotidiens français sont subventionnés par le gouvernement, soit directement, soit indirectement (TVA réduite à 2,1% pour les journaux et magazines enregistrés par la Commission paritaire de la presse).

Dans ce cadre, le projet de RDDV peut faire craindre le pire pour la liberté de l'information sur Internet. Derrière la lutte de façade contre le piratage, c'est en fait la perte de contrôle sur la diffusion des contenus qui est en ligne de mire.

Ratiatum

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Certification des blogs… (il ne me semble pas que ce nouveau délire ait été évoqué) !

Ratiatum

Non mais j'y crois pas je rêve ?!

Sérieusement, là, il faut faire quelque chose pour DDV ! (je parle de Renaud DDV, pas Dom De Villepin)

Quelque part, en France, un village a perdu son idiot. Il faut le lui ramener.

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On appréciera tout particulièrement le "Seul un droit supérieur à l’État peut prétendre au privilège de l’universalité…" du grand-papa qui manifestement n'aura laissé aucune trace dans l'éponge synthétique qui sert de cerveau au petit-fils.

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Non mais j'y crois pas je rêve ?!

J'ai pas osé poster ceci tout à l'heure, considérant mon message trop bref, et pas assez analytique (bref qui n'apporte rien, sinon de l'émotion) :

"Mais…mais…je rêve ?"

Finalement je ne suis pas le seul à avoir eu cette réaction.

Sinon que dire ? Entre la droite qui perd les pédales (si c'est ça le libéralisme je comprends à quel point les gens sont en colère), la gauche et son préprojet d'inspiration socialo-fasciste, les extrêmes qui poussent, qui poussent, il va falloir s'attendre à des prochaines années mouvementées en France.

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Je pense effectivement :

- qu'il y a une perte de pouvoir du léviathan dans la sphère internet

- qu'il s'en rend compte petit à petit

- que sa réponse sera à la hauteur de la douleur infligée

(cf qq idées ici)

Je suis un optimiste : je pense que l'enjeu est trop gros, les moeurs déjà bien ancrés, pour que l'état ne puisse pas, cette fois-ci, réguler trop loin, trop fort. J'espère ne pas me tromper.

(je sais, je sais, ma naïveté me perdra)

Je suis aussi très optimiste. Je n'ai aucune doute : le leviathan est profondément touché par internet qui - au contraire de la TV - est un formidable média, qui fait appel à l'investissement personnel.

Vu l'importance prise par internet dans l'économie, je ne crois pas qu'il soit possible de le censurer/contrôler sans forcer un déclin rapide de la société. Les tentatives chinoises échoueront.

Par contre, le leviathan n'est pas mort : sans doute un peu dégonflé, il trouvera à nouveau ses marques dans des institutions de contrôle d'internet et de production d'information de masse. Il y a probablement là un sujet de lutte prioritaire pour les libéraux.

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Certification des blogs… (il ne me semble pas que ce nouveau délire ait été évoqué) !

J'espère que les services censeurs de RDDV lui feront rapport de cette riche idée libérale : laissez faire les professionnels, ils se chargeront de faire connaître leur différence par la qualité de l'information qu'ils transmettent.

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