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Je crois que ce ne sont que les stats des mariages mixtes (et donc, on laisse de coté la plus ou moins grosse majorité de mariage endogame). Ce serait plus intéressant de voir, pour chaque groupe ethnique, le taux de mariages avec tels et tels ethnies.

Aussi, je ne vois pas très bien qui peuvent être les "others". Arabes ? Africains ? (peut-être les indiens musulmans ? puisque d'après Nick, les indiens chrétiens sont les "eurasiens", peut être que les autres indiens non hindous en sont exclu aussi ?)

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Il y a 1 heure, Mégille a dit :

Je crois que ce ne sont que les stats des mariages mixtes

 

C'est évident, c'est marqué sur le tableau et ça ne change rien.

 

Il y a 1 heure, Mégille a dit :

les indiens chrétiens sont les "eurasiens",

 

Dans les données de l'Institut de statistiques de Singapour, il y a bien une catégorie indiens.

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Ok, en fait, les "eurasiens" de Singapour sont des métis européen - asiatique. Et effectivement, "other", ça ne doit pas représenter grand monde...

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Le 05/02/2018 à 05:42, Cthulhu a dit :

 

Weapons of the Weak parce plus de James Scott est toujours une bonne idée.

 

 

J'espère bien je viens de recevoir https://www.amazon.fr/Homo-Domesticus-James-C-SCOTT/dp/2707199230 qui est la traduction de https://www.amazon.fr/Against-Grain-History-Earliest-States/dp/030024021X/ref=pd_lpo_sbs_14_t_1?_encoding=UTF8&psc=1&refRID=T60TJ9Q6NTHNR97GTSZS

 

Je vous tiens au courant. 

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Oui c'est cool.

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En fait c'est même presque trop bien pour un lecteur anarchocarnivore. Quelque part, ça me semble presque louche (mais c'est toujours agréable de se laisser aller dans ses biais de confirmation).

Ce serait pas mal de chercher des critiques intelligentes, mais j'ai la flemme.

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Pour La Grève/Atlas Shrugged la vf est bonne ou vaut mieux le lire VO ?

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il y a 15 minutes, Boz a dit :

Pour La Grève/Atlas Shrugged la vf est bonne ou vaut mieux le lire VO ?

Bah je l'ai connu tard donc en VF mais ça passe bien amha. (mais vu que je peux pas faire la différence entre des passages longuets ou mal écrits ... 😛 )

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Il y a 16 heures, Boz a dit :

Pour La Grève/Atlas Shrugged la vf est bonne ou vaut mieux le lire VO ?

 

Pas lu en VO mais le texte VF aux belles lettres me semble tout à fait clair.

 

Sinon, j'ai enfin lu L'Iliade en entier, et là je suis dans:


"Révolutionnaires et propriétaires. - Le seul remède contre le socialisme qui demeure entre vos mains, c'est de ne pas le provoquer, c'est-à-dire de vivre vous-mêmes modestement et sobrement, d'empêcher, selon vos moyens, tout étalage d'opulence et d'aider l'Etat lorsqu'il veut imposer lourdement tout ce qui est luxe et superflu. Vous ne voulez pas de ce moyen ? Alors, riches bourgeois qui vous appelez "libéraux", avouez-le à vous-mêmes, c'est votre propre mentalité que vous trouvez si terrible et si menaçante chez les socialistes, mais, dans votre propre cœur, vous lui accordez une place indispensable, comme si ce n'était pas la même chose. Si vous n'aviez pas, tels que vous êtes, votre fortune et le souci de sa conservation, cette mentalité vous rendrait pareil aux socialistes: entre vous et eux, la possession seule fait la différence. Il faut d'abord vous vaincre vous-mêmes si vous voulez triompher, en quelque manière que ce soit, des adversaires de votre prospérité. - Si, du moins, cette prospérité correspondait à un bien-être véritable ! Elle serait moins extérieure et provoquerait moins l'envie, elle aurait plus de bienveillance, plus de souci de l'équité, et elle serait plus secourable. Mais ce qu'il y a de faux et de comédien dans votre joie de vivre, qui provient plus d'un sentiment de contraste (avec d'autres qui n'ont pas cette joie de vivre et qui vous l'envient) que d'une certaine plénitude de force et de la supériorité -vos appartements, vos vêtements, vos équipages, vos magasins, vos besoins de bouche et de table, vos enthousiasmes bruyants pour le concert et l'opéra, et enfin vos femmes, formées et modelées, mais d'un métal vil, dorées, mais sans rendre le son de l'or, choisies par vous comme pièces de parade, se donnant elles-mêmes comme pièces de parade: -ce sont là les propagateurs empoisonnés de cette maladie du peuple qui, sous forme de gale socialiste, se répand maintenant parmi les masses, avec une rapidité toujours plus grande mais qui a eu en vous son premier siège et son premier foyer d'incubation. Et qui donc serait encore capable d'arrêter cette peste ?"
-Friedrich Nietzsche, Opinions et sentences mêlées, in Humain, trop humain, trad. Angèle Kremer-Marietti, Librairie Générale Française, 1995 (1878 pour la première édition allemande), 768 pages, §304, pp.490-491.

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Parcouru Repenser l'impôt du célèbre philosophe allemand, francophile, Peter Sloterdijk.

Relativement lucide sur la nature essentiellement socialiste de nos Etats (il parle de la main qui prend), il propose de changer la mentalité de la fiscalité (je pense qu'il fait surtout référence à l'Ir) pour une fiscalité volontaire, basée sur l'honneur, la fierté des riches, plus à l'image de ce qu'on peut voir outre atlantique.  

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Lu également l'Archipel français, naissance d'une nation multiple et divisée, de Jérôme Fourquet.

Livre d'analyse politique basé sur des statistiques électorales d'un côté et l'étude des populations de l'autre. Une bonne partie de l'analyse repose sur l'étude des prénoms des enfants et de leur évolution au cours du siècle dernier. On est passé d'un choix limité de prénoms essentiellement d'origine chrétienne (environ 2000) à une diversité de prénom importante (près de 15000) traduisant à la fois l'influence de la culture anglo saxonne, mais aussi la montée de la culture musulmane. Même si l'approche est originale et intéressante, je trouve que l'interprétation est un peu trop rapide. On ne peut pas nier que l'influence univoque de la culture traditionnelle française d'origine chrétienne est aujourd'hui très restreinte, mais partir de cette réalité pour considérer que l'on est passé d'une société culturelle homogène à un archipel de cultures sans trop de relations entre elle, et par conséquent une situation politique inédite me semble une thèse insuffisamment étayée. 

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J’ai lu of Mice and Men de Steinbeck dans l’avion. Rythmé et déchirant. Ça m’a donné envie d’en lire un autre. 

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Of mice and men est super mais j'avais lu la perle de lui aussi, mouais bof 

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Compte-rendu de quelques lectures de vacances :

  • Sous le feu, de Michel Goya : une étude de la psychologie de l'homme qui rentre dans la "zone de mort". L'auteur est un officier spécialiste de l'histoire militaire (notamment la première guerre mondiale) dont la liberté de penser et surtout d'expression est assez atypique pour un ancien de la "grande muette". A la base, il avait publié un article qui m'avait marqué dans un des cahiers de doctrine de l'armée de terre. Vous pouvez le trouvez ici. Ce livre est une version étendue de l'article. La première édition est épuisée mais il vient d'être réédité. Personnellement, c'est mon livre de management préféré, et je ne dis ça qu'à moitié pour rire. Je recommande aussi le blog de l'auteur, la Voie de l'épé.
     
  • Tragédie à l'Everest, de Jon Krakauer : le récit d'un journaliste qui a survécu à la désastreuse saison 1996 sur le sommet du monde. Je connaissais déjà un peu l'histoire après avoir vu le film inspiré par les mêmes évènements, Everest (2015). Ces gens qui veulent à tout prix rentrer dans la "zone de mort" des plus de 8000 et aller aussi haut que possible me fascinent. Si vous avez d'autres lectures dans ce genre à me recommander, je suis preneur.
     
  • Gomorra, de Roberto Saviano : une plongée macabre dans l'univers de la Camorra, ou plutôt du "système". Un ouvrage très intéressant même s'il est gâché par les préjugés gauchistes de l'auteur : pour lui, les chefs du crime organisé sont des ultra-libéraux. Vous voyez le genre.

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Ha oui la voie de l'épée, je lis à l'occasion. Très sympa

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Le 29/08/2019 à 22:00, NoName a dit :

Of mice and men est super mais j'avais lu la perle de lui aussi, mouais bof 

 

Quelle purge La Perle. Encore un bon choix de l'éducation nationale :D .

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Il y a 3 heures, Restless a dit :

Ça parle à quelqu'un ?

 

The Three Languages of Politics

 

@F. mas

 

Jonathan Haidt doit sortir un bouquin sur un sujet très similaire. 

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il y a 3 minutes, Rincevent a dit :

Jonathan Haidt doit sortir un bouquin sur un sujet très similaire. 

Ah tiens, j'ai curieusement renvoyer vers Haidt la personne qui a parlé de ce livre ;)

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Le 28/06/2019 à 14:39, NoName a dit :

Je m'accroche désespérément pour lire La Servante Écarlate et seigneur faites qu'il se passe quelque chose nom de dieu, j'ai lu quasiment 20% du bouquin et il ne s'est toujours rien passé.

 

Je l'ai fini ce week-end et en effet, il ne se passe pas grand chose. Un peu plus dans les derniers chapitres. Du coup, la série TV est presque meilleure quand elle dépasse le livre et June (la narratrice) devient brusquement plus active.

 

Bon d'un point de vue purement littéraire, Margaret Atwood écrit dans un anglais très élégant. Vu que ma copine a la majorité de ses livres, j'en essayerais probablement un autre dans le futur.

 

Mais pour le moment, j'ai commencé The Armchain Economist de Steven Landsburg. Vaguement une impression de Freakonimics mais accentué davantage sur la théorie économique plutôt que le côté flashy. Pour le peu que j'ai lu, ça a l'air très intéressant.

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Synthèse remarquable qui m'incite encore plus à penser que, contrairement à ce que raconte Wikiberal, le caractère simultanée des apparitions de l'Etat-Nation, de la démocratie moderne et du libéralisme à la fin du XVIIIème siècle est certainement davantage qu'une simple coïncidence:

 

« On dit généralement que le XIXe siècle s'achève en 1914. On peut dès lors considérer la Grande Guerre comme le point d'orgue des idéologies du XIXe siècle, la victoire du grand mouvement national et libéral, dont le coup d'envoi avait été donné par la Révolution française.
Le mouvement des nationalités visait à la fondation des Etats-nations contre les empires ; le mouvement libéral, lui, à la fin des absolutismes. En 1918, la fin de la guerre mondiale consacre la fin des empires (notamment celle de l'Empire ottoman et celle de l'Empire austro-hongrois), au profit du principe des nationalités, en même temps que la défaite des Empires centraux consacre la fin définitive des "anciens régimes", avec l'installation de régimes plus ou moins démocratiques (exception faite de la Russie, nous y reviendrons).
Si l'on prend l'exemple des Etats successeurs de l'Empire austro-hongrois, on voit que le principe des nationalités a triomphé avec la naissance ou la renaissance de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie (en attendant son implosion à la fin du siècle), tandis que l'Autriche et la Hongrie sont réduites à la portion congrue.
Ces cinq Etats sont des démocraties: l'Autriche est devenue une république fédérale ; la Hongrie, après la tentative révolutionnaire de Bela Kun, se donne à partir de 1921 les apparences de l'Etat de droit (élections libres, régime parlementaire, pluralisme) ; la Yougoslavie (royaume des Serbes, Croates et Slovènes) se dote par la Constitution de 1921 d'un régime parlementaire ; la Pologne ressuscitée adopte des institutions démocratiques, dans le cadre d'une IIe République, par la Constitution de 1921 imitée de celle de la France ; enfin la Tchécoslovaquie adopte une constitution en 1920, copiée elle aussi sur le modèle français.
Si l'on ajoute à ces exemples ceux de l'Allemagne, où la république de Weimar succède au IIe Reich ; de l'Italie, où le suffrage universel est définitivement adopté, on le voit: le double principe national et libéral démocratique triomphe en Europe. Le XIXe siècle, à cet égard, est bien terminé.
Cependant, la victoire de la démocratie pluraliste n'est qu'une apparence. Deux défis lui sont lancés, celui de la révolution bolchevique, qui, contre toute attente, réussit à mettre en place un régime de type socialiste, et celui de l'Italie mussolinienne, qui, dès 1922, remet en question les fondements de l'Etat libéral et démocratique. S'engage alors une guerre idéologique entre trois courants de pensée, trois systèmes antagonistes.
 » (pp.17-18)

-Michel Winock, Le XXème siècle idéologique et politique, Éditions Perrin, coll. Tempus, 2009, 540 pages.

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Je vous signale Dominion de Tom Holland, sur la civilisation chrétienne, décrit comme chef d'oeuvre par Delingpole et par Hannan

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Il y a 8 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Synthèse remarquable qui m'incite encore plus à penser que, contrairement à ce que raconte Wikiberal, le caractère simultanée des apparitions de l'Etat-Nation, de la démocratie moderne et du libéralisme à la fin du XVIIIème siècle est certainement davantage qu'une simple coïncidence:

 

« On dit généralement que le XIXe siècle s'achève en 1914. On peut dès lors considérer la Grande Guerre comme le point d'orgue des idéologies du XIXe siècle, la victoire du grand mouvement national et libéral, dont le coup d'envoi avait été donné par la Révolution française.
Le mouvement des nationalités visait à la fondation des Etats-nations contre les empires ; le mouvement libéral, lui, à la fin des absolutismes. En 1918, la fin de la guerre mondiale consacre la fin des empires (notamment celle de l'Empire ottoman et celle de l'Empire austro-hongrois), au profit du principe des nationalités, en même temps que la défaite des Empires centraux consacre la fin définitive des "anciens régimes", avec l'installation de régimes plus ou moins démocratiques (exception faite de la Russie, nous y reviendrons).
Si l'on prend l'exemple des Etats successeurs de l'Empire austro-hongrois, on voit que le principe des nationalités a triomphé avec la naissance ou la renaissance de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie (en attendant son implosion à la fin du siècle), tandis que l'Autriche et la Hongrie sont réduites à la portion congrue.
Ces cinq Etats sont des démocraties: l'Autriche est devenue une république fédérale ; la Hongrie, après la tentative révolutionnaire de Bela Kun, se donne à partir de 1921 les apparences de l'Etat de droit (élections libres, régime parlementaire, pluralisme) ; la Yougoslavie (royaume des Serbes, Croates et Slovènes) se dote par la Constitution de 1921 d'un régime parlementaire ; la Pologne ressuscitée adopte des institutions démocratiques, dans le cadre d'une IIe République, par la Constitution de 1921 imitée de celle de la France ; enfin la Tchécoslovaquie adopte une constitution en 1920, copiée elle aussi sur le modèle français.
Si l'on ajoute à ces exemples ceux de l'Allemagne, où la république de Weimar succède au IIe Reich ; de l'Italie, où le suffrage universel est définitivement adopté, on le voit: le double principe national et libéral démocratique triomphe en Europe. Le XIXe siècle, à cet égard, est bien terminé.
Cependant, la victoire de la démocratie pluraliste n'est qu'une apparence. Deux défis lui sont lancés, celui de la révolution bolchevique, qui, contre toute attente, réussit à mettre en place un régime de type socialiste, et celui de l'Italie mussolinienne, qui, dès 1922, remet en question les fondements de l'Etat libéral et démocratique. S'engage alors une guerre idéologique entre trois courants de pensée, trois systèmes antagonistes.
 » (pp.17-18)

 

-Michel Winock, Le XXème siècle idéologique et politique, Éditions Perrin, coll. Tempus, 2009, 540 pages.

 

 

C'est à nuancer :

- interdiction faite aux Allemands de se retrouver dans un seul État

- création de nombreuses minorités dûes aux frontières (cf les Hongrois)

- maintien d'Etat pluri ethniques (Tchécoslovaquie, Yougoslavie)

- partition d'ethnie (refus d'un État arabe)

 

Etc

 

Bref, le droit des nationalités n'a été que peu respecté au final.

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il y a 34 minutes, Nigel a dit :

 Quelqu'un a lu ça ?

 

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Tu pourrais au moins mentionner @Largo Winch;)

 

Note par ailleurs que Jean Van Hamme a de réelles compétences dans le domaine, étant agrégé d'économie. 

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Le 29/08/2019 à 13:36, Tramp a dit :

J’ai lu of Mice and Men de Steinbeck dans l’avion. Rythmé et déchirant. Ça m’a donné envie d’en lire un autre. 



Les Raisins de la colère, c'est très bien, aussi.
 

Le 28/06/2019 à 22:39, NoName a dit :

Je m'accroche désespérément pour lire La Servante Écarlate et seigneur faites qu'il se passe quelque chose nom de dieu, j'ai lu quasiment 20% du bouquin et il ne s'est toujours rien passé.

Et d'ailleurs, sans aucun sexisme, la seule autre grande auteur de SF que j'ai essayé de lire c'est Olivia Butler et je vois exactement les même soucis:

- ça traîne du cul

- il se passe rien

- l'écriture est en vue subjective genre "pensées pour moi même"

- c'est flou et vague en permanence


Déjà qu'il ne se passait rien dans la série, selon moi. J'ai arrêté au bout de trois épisodes. Pourtant, j'ai aimé l'atmosphère oppressante de cette dystopie. Mais je suis bon public pour ce genre. 

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Celui qui a dit qu'on ne pouvait pas être honnête, intelligent et socialiste à la fois confondait manifestement l'intelligence avec la sagesse (et même la sagesse avec le fait d'avoir toujours raison sur tout -donc aussi en politique-, ce qui revient à confondre le sage avec Dieu le père, qui -comme on commence à le savoir- n'existe pas): 

 

 



"J'ai le désir, et je sens le besoin, pour vivre, d'une autre société que celle qui m'entoure. Comme la grande majorité des hommes, je peux vivre dans celle-ci et m'en accommoder -en tout cas, j'y vis. Aussi critiquement que j'essaye de me regarder, ni ma capacité d'adaptation, ni mon assimilation de la réalité ne me semblent inférieures à la moyenne sociologique. Je ne demande pas l'immortalité, l'ubiquité, l'omniscience. Je ne demande pas que la société "me donne le bonheur", je sais que ce n'est pas là une ration qui pourrait être distribuée à la mairie ou au Conseil ouvrier du quartier, et que, si cette chose existe, il n'y a que moi qui puisse me la faire, sur mes mesures, comme cela m'est arrivé et comme cela m'arrivera sans doute encore. Mais dans la vie, telle qu'elle est faite à moi et aux autres, je me heurte à une foule de choses inadmissibles, je dis qu'elles ne sont pas fatales et qu'elles relèvent de l'organisation. Je désire, et je demande, que tout d'abord mon travail ait un sens, que je puisse approuver ce qu'il sert et la manière dont il est fait, qu'il me permette de m'y dépenser vraiment et de faire usage de mes facultés autant que de m'enrichir et de me développer. Et je dis que c'est possible, avec une autre organisation de la société, pour moi et pour tous. Je dis que ce serait déjà un changement fondamental dans cette direction, si on me laissait décider, avec tous les autres, ce que j'ai à faire, et, avec mes camarades de travail, comment le faire.
Je désire pouvoir, avec tous les autres, savoir ce qui se passe dans la société, contrôler l'étendue et la qualité de l'information qui m'est donnée. Je demande de pouvoir participer directement à toutes les décisions sociales qui peuvent affecter mon existence, ou le cours général du monde où je vis. Je n'accepte pas que mon sort soit décidé, jour après jour, par des gens dont les projets me sont hostiles ou simplement inconnus, et pour qui nous ne sommes, moi et tous les autres, que des chiffres dans un plan ou des pions sur un échiquier et qu'à la limite, ma vie et ma mort soient entre les mains de gens dont je sais qu'ils sont nécessairement aveugles.
Je sais parfaitement que la réalisation d'une autre organisation sociale et sa vie ne seront nullement simples, qu'elles rencontreront à chaque pas des problèmes difficiles. Mais je préfère être aux prises avec des problèmes réels plutôt qu'avec les conséquences du délire de De Gaulle, des combines de Johnson ou des intrigues de Krouchtchev. Si même nous devions, moi et les autres, rencontrer l'échec dans cette voie, je préfère l'échec dans une tentative qui a un sens à un état qui reste en deçà même de l'échec et du non-échec, qui reste dérisoire.
Je désire pouvoir rencontrer autrui comme un être pareil à moi et absolument différent, non pas comme un numéro, ni comme une grenouille perchée sur un autre échelon (inférieur ou supérieur peu importe) de la hiérarchie des revenus et des pouvoirs. Je désire pouvoir le voir, et qu'il puisse me voir, comme un autre être humain, que nos rapports ne soient pas un terrain d'expression de l'agressivité, que notre compétition reste dans les limites du jeu, que nos conflits, dans la mesure où ils ne peuvent être résolus ou surmontés, concernent des problèmes et des enjeux réels, charrient le moins possible d'inconscient, soient chargés le moins possible d'imaginaire. Je désire qu'autrui soit libre, car ma liberté commence là où commence la liberté de l'autre et que, tout seul, je ne peux être au mieux que "vertueux dans le malheur". Je ne compte pas que les hommes se transformeront en anges, ni que les âmes deviendront pures comme des lacs de montagne -qui m'ont du reste toujours profondément ennuyé. Mais je sais combien la culture présente aggrave et exaspère leur difficulté d'être, et d'être avec les autres, et je vois qu'elle multiplie à l'infini les obstacles à leur liberté.
Je sais, certes, que ce désir ne peut pas être réalisé aujourd'hui ; ni même, la révolution aurait-elle lieu demain, se réaliser intégralement de mon vivant. Je sais que des hommes vivront un jour, pour qui le souvenir même des problèmes qui peuvent le plus nous angoisser aujourd'hui n'existera pas. C'est là mon destin, que je dois assumer, et que j'assume. Mais cela ne peut me réduire ni au désespoir, ni à la rumination catatonique. Ayant ce désir qui est le mien, je ne peux que travailler à sa réalisation. Et déjà dans le choix que je fais de l'intérêt principal de ma vie, dans le travail que j'y consacre, pour moi plein de sens (même si j'y rencontre, et j'accepte, l'échec partiel, les délais, les détours, les tâches qui n'ont pas de sens en elles-mêmes), dans la participation à une collectivité de révolutionnaires qui tente de dépasser les rapports réifiés et aliénés de la société présente -je suis en mesure de réaliser partiellement ce désir. Si j'étais né dans une société communiste, le bonheur m'eût-il été plus facile -je n'en sais rien, je n'y peux rien. Je ne vais pas sous ce prétexte passer mon temps libre à regarder la télévision ou à lire des romans policiers.

Est-ce que mon attitude revient à refuser le principe de réalité ? Mais quel est le contenu de ce principe ? Est-il qu'il faut travailler -ou bien qu'il faut nécessairement que le travail soit privé de sens, exploité, contredise les objectifs pour lesquels il a prétendument lieu ? Ce principe vaut-il, sous cette forme, pour un rentier ? Valait-il, sous cette forme, pour les indigènes des îles Trobriand ou de Samoa ? Vaut-il, encore aujourd'hui, pour les pêcheurs d'un pauvre village méditerranéen ? Jusqu'à quel point le principe de réalité manifeste-il la nature, et où commence-t-il à manifester la société ? Jusqu'où manifeste-t-il la société comme telle, et à partir d'où telle forme historique de la société ? Pourquoi pas le servage, les galères, les camps de concentration ? Où donc une philosophie prendrait-elle le droit de me dire: ici, sur ce millimètre précis des institutions existantes, je vais vous montrer la frontière entre le phénomène et l'essence, entre les formes historiques passagères et l'être éternel du social ? J'accepte le principe de réalité, car j'accepte la nécessité du travail (aussi longtemps du reste qu'elle est réelle, car elle devient chaque jour moins évidente) et la nécessité d'une organisation sociale du travail. Mais je n'accepte pas l'invocation d'une fausse psychanalyse et d'une fausse métaphysique, qui importe dans la discussion précise des possibilités historiques des affirmations gratuites sur des impossibilités sur lesquelles elle ne sait rien.
Mon désir serait-il infantile ? Mais la situation infantile, c'est que la vie vous est donnée, et que la Loi vous est donnée. Dans la situation infantile, la vie vous est donnée pour rien ; et la Loi vous est donnée sans rien, sans plus, sans discussion possible. Ce que je veux, c'est tout le contraire: c'est faire ma vie, et donner la vie si possible, en tout cas donner pour ma vie. C'est que la Loi ne me soit pas simplement donnée, mais que je me la donne en même temps à moi-même. Celui qui est en permanence dans la situation infantile, c'est le conformiste ou l'apolitique: car il accepte la Loi sans la discuter et ne désire pas participer à sa formation. Celui qui vit dans la société sans volonté concernant la Loi, sans volonté politique, n'a fait que remplacer le père privé par le père social anonyme. La situation infantile c'est, d'abord, recevoir sans donner, ensuite faire ou être pour recevoir. Ce que je veux, c'est un échange juste pour commencer, et le dépassement de l'échange par la suite. La situation infantile c'est le rapport duel, le phantasme de la fusion -et, en ce sens, c'est la société présente qui infantilise constamment tout le monde, par la fusion dans l'imaginaire avec des entités irréelle: les chefs, les nations, les cosmonautes ou les idoles. Ce que je veux c'est que la société cesse enfin d'être une famille, fausse de surcroît jusqu'au grotesque, qu'elle acquière sa dimension propre de société, de réseau de rapports entre adultes autonomes.
Est-ce que mon désir est désir du pouvoir ? Mais ce que je veux, c'est l'abolition du pouvoir au sens actuel, c'est le pouvoir de tous. Le pouvoir actuel, c'est que les autres sont choses, et tout ce que je veux va à l'encontre de cela. Celui pour qui les autres sont choses est lui-même une chose, et je ne veux pas être chose ni pour moi ni pour les autres. Je ne veux pas que les autres soient choses, je ne saurais pas quoi en faire. Si je peux exister pour les autres, être reconnu par eux, je ne veux pas l'être en fonction de la possession d'une chose qui m'est extérieure -le pouvoir ; ni exister pour eux dans l'imaginaire. La reconnaissance d'autrui ne vaut pour moi qu'autant que je le reconnais moi-même. Je risque d'oublier d'oublier tout cela, si jamais les événements m'amenaient près du "pouvoir" ? Cela me paraît plus qu'improbable ; si cela arrivait, ce serait peut-être une bataille de perdue, mais non la fin de la guerre ; et vais-je régler toute ma vie sur la supposition que je pourrais un jour retomber en enfance ?
Poursuivrais-je cette chimère, de vouloir éliminer le côté tragique de l'existence humaine ? Il me semble plutôt que je veux en éliminer le mélodrame, la fausse tragédie -celle où la catastrophe arrive sans nécessité, où tout aurait pu se passer autrement si seulement les personnages avaient su ceci ou fait cela. Que des gens meurent de faim aux Indes, cependant qu'en Amérique et en Europe les gouvernements pénalisent les paysans qui produisent "trop", c'est une macabre farce, c'est du Grand-Guignol où les cadavres et la souffrance sont réels, mais ce n'est pas de la tragédie, il n'y a là rien d'inéluctable. Et si l'humanité périt un jour à coups de bombes à hydrogène, je refuse d'appeler cela une tragédie. Je l'appelle une connerie. Je veux la suppression du Guignol et de la transformation des hommes en pantins par d'autres pantins qui les "gouvernent".
" (pp.136-140)
-Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la société, Éditions du Seuil, coll Essais. Points, 1975, 538 pages.

 

 

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6 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

Celui qui a dit qu'on ne pouvait pas être honnête, intelligent et socialiste à la fois confondait manifestement l'intelligence avec la sagesse

 

C'est un slogan politique quoi.. pas plus que ça.

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"La presse - Si l'on considère qu'aujourd'hui encore tous les grands événements publics se glissent secrètement et comme voilés sur la scène du monde, qu'ils sont cachés par des faits insignifiants, à côté desquels ils paraissent petits, que leurs effets profonds, leurs contrecoups ne se manifestent que longtemps après qu'ils se sont produits, -quelle importance peut-on alors accorder à la presse telle qu'elle existe aujourd'hui, avec sa quotidienne dépense de poumons pour hurler, assourdir, exciter et effrayer ? -la presse est-elle autre chose qu'un bruit aveugle et permanent qui détourne les oreilles et les sens vers une fausse direction ?
-Friedrich Nietzsche, Opinions et sentences mêlées, in Humain, trop humain, trad. Angèle Kremer-Marietti, Librairie Générale Française, 1995 (1878 pour la première édition allemande), 768 pages, p.498.

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