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C'est ce que je me tue à dire sur ce forum.

On y lis des avis méga tranchés sur la sociologie de la part de gens qui n'y connaissent rien et confondent les cartes blanches de Libération avec la discipline entière. ( c'est le cas ailleurs qu'ici d'ailleurs)

Faut balancer un J'accuse ! de la sociologie. Dans le Figaro.

Avant de connaître poney, je pensais aussi que la sociologie, au même titre que la psychanalyse, était du charlatanisme.

Mais la définition qu'en donne Boudon est très intéressante, et ce qu'en font les marxistes/gauchistes est affligeant.

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Comme beaucoup de disciplines gangrenées par la gauche, la sociologie souffre des caricatures que lui font subir de ses certains membres médiatiques. On retrouve la même chose en philo, en éco, et bien évidemment un peu partout ; l'hystérie climatique a d'ailleurs permis d'infiltrer la météo, la physique des fluides, et tant d'autres domaines qu'on ne mesure pas à quel point tout ceci sent le pâté.

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Je ne suis pas scientifique, et je n'y connais rien en épistémologie.

Même sans ce savoir élémentaire, j'ai une méfiance instinctive et naturelle pour les sciences accompagnées d'un adjectif politique.

"Science marxiste", "science féministe", "science libérale"...

 

 

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Le problème n'est pas tant que 80%, en effet, des sociologues (ou presque des universitaires en général) soient de gauches, du centre mou à l'extrême gauche.

Le problème ce sont les 15/20% de ceux-ci qui se prennent pour les nouveaux messies révolutionnaires et qui confondent sciences et tract PCF. Y a des gens de gauches qui écrivent des choses formidables.

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Tout à fait d'accord avec Poney.

Jacques Le Goff, historien aux sympathies marxistes, est (de mon modeste point de vue) un excellent historien. Ce dernier ne prétend pas faire une lecture marxiste de l'histoire, cela dit...

 

Sinon, l'article relatif au rapport féminisme/sociologie est intéressant.
Je relève un élément au détour d'une phrase :

 

 

Toute entreprise de situer cette idéologie masculiniste s’annonce difficile, dans la mesure où elle se compose de l’entièreté des valeurs et principes reproduits à travers l’histoire sans être passés au crible de la réflexivité et de la prise de conscience féministe. Cette idéologie ne serait donc pas seulement portée par des hommes, mais également par toute femme n’ayant pas eu les moyens de se sortir de son emprise cognitive.

 

Ce simple fait me met particulièrement mal à l'aise.

Comment réfuter une doctrine prétendant que ta pensée est conditionnée par ce que tu es?

 

 

’est justement parce que l’histoire des rapports inégaux entre les sexes (biologiques), ainsi qu’entre les genres (socialement construits) s’est répétée au cours du temps que le point de vue masculiniste est le point de vue dominant de la société (en tout temps et en tout lieu, précisons-le pour situer l’ampleur démesurée de la tâche féministe). Dès lors, il ne peut exister d’objectivité indépendante de tout point de vue dans la mesure où ce qui préexiste aux subjectivités est ce point de vue masculiniste, matérialisé par sa répétition dans l’histoire et généralisé dans l’exercice des relations de pouvoir entre sexes et entre genres.

 

Si le résumé que je propose semble hors sol, il est alors représentatif de textes dénués d’illustrations empiriques.

 

J'ai aussi du mal avec ça. Mon côté ISTJ, je suppose :mrgreen:

 

 

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Bah c'est la doxa classique du marxisme mal mâchouillé et prédigéré de la conscience de classe que t'as pas conscience qu'on t'exploite.

Sauf que Marx est un peu plus fin, comme toujours.

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+2

Vu comme pas mal de monde en France cite de la sociologie frncophone en guise de contre-argumentaire à l'économie (typiquement anglo-saxonne), ce serait pas mal de disposer d'un genre de socle de sociologie qui tienne la route.

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Tout à fait d'accord avec Poney.

Ce simple fait me met particulièrement mal à l'aise.

Comment réfuter une doctrine prétendant que ta pensée est conditionnée par ce que tu es?

C'est du banal polylogisme. Encore un truc piqué au marxisme, comme le relève poney.
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Et encore, je ne sais plus ou j'ai lu que Marx ne fait que reprendre un truc post-Aufklarung issus des débats romantiques allemands au sujet de la Kulture, son opposition à la civilisation, les Allemands, les Français, tout ça. Pensent pas pareil.

 

Ceci posé, ni Marx, ni les sociologues se revendiquant du polylogisme (terme qu'ils n'utilisent pas au passage à ma connaissance) n'ont fondamentalement tord. Un gamin éduqué dans une famille de riches commerçants ne verra pas le monde de la même façon qu'un gamin des faubourgs ouvriers. Point de révolution ici, de même, on a fait assez de blagues (sérieuses) sur ce forum a propos de l'inter mécompréhension homme/femme pour pouvoir affirmer sans crime de lèse libéralité que les hommes et les femmes peuvent avoir des modes de raisonnements différents.

Le problème, et l'article de Wikibéral est peut-être trop incisif (joli troll ad hitlerum dès le point deux :) ), ce n'est pas d'utiliser ce raisonnement, c'est d'en faire un truc irréductible dont les gens seraient incapables de s'extirper, ou -pire- s'il le font, le cas d'un type qui prendrait la défense d'une loi "patronale", lui foutre sous le nez le papier de Merdapart sur le syndrome du larbin. Parce que, évidement, c'est malheureux de rester prisonnier du cadre de pensée de sa classe mais c'est un crime majeur qui mérite les injures que d'en sortir. T'es qu'un con et t'es prié de le rester, parce que moi, super défenseur des opprimés, je vais te dire ce qu'il faut penser.

Pour ce qui de la liste des must have de sociologie ou d'anthropologie, comptez pas sur moi pour vous filer une liste de mecs/meufs libéral-compatible comme on a pu le faire ici (hein ?). Biais de confirmation, toussa

Mon livre préféré de sociologie, ça reste :

 

-BOURDIEU, le bal des célibataires.

 

Oui, oui, oui, trois fois oui. J'ai mis le nom en majuscule pour en faire étouffer certains. Notez bien que ce petit livre c'est pas un livre de doctrine d’extrême gauche comme il a pu en écrire. C'est un très petit livre qui réunit trois textes du début de la carrière du monsieur sur les paysans du Béarn, l'époque ou il a décidé de revenir sur le terme ancien de "habitus". C'est bien écrit, intéressant et même émouvant. Du même auteur (je suis déjà tout en haut de la liste de Ploplo alors autant en profiter), j'aime énormément les trois (également) texte sur l'Algérie qui ouvre le livre "Esquisse d'une théorie de la pratique", qui est aussi un excellent livre de sociologie sans délires politiques.
Toujours en sociologie :

b

-Weber (Le savant et le politique, Ethique protestante, ... j'en ai pas lu d'autres). J'suis en train de lire un truc par contre sur la sociologie historique de Weber et ça envoie du paté. Weber FTW.

-Aron (ceux que vous voulez)

-Merton (Social theory and social structure, the sociology of science)

-Giddens (The constitution of the Society)

-Crozier (l'acteur et le système)

-Boudon (la logique du social)

-Goffman (Stimates, Asile et mise en scène de la vie quotidenne -surtout le tome 1-)

-Becker (tout ? :D )

-Elias, parce que sociologie historique uber alles

-Bernard Lahire. LE post-bourdieusien qui fait que montrer pourquoi Bourdieu c'est à la fois génial et à la fois faux partout, j'aime tout ce qu'il écrit même si parfois, en bon gauchiste, il se plantouille un peu (dans son dernier livre "les plis singuliers du social", il écrit par exemple que le marché pur et parfait est une utopie libérale, erreur aussi fausse que classique mais ça n'entache pas le reste de la thèse qui est interessante).

 

Bon, rien de très nouveau, ce n'est que des classiques, mais je ne lis pas de trucs nouveaux en sociologie, c'est pas mon domaine. Gros biais personnel assumé sur l’école de Chicago (de sociologie). Les premiers à aller voir les gens en rue, et pas toujours les gentils (gang, drogues, ...) plutôt que de faire des grandes théories depuis leur bureau. Pas de délire en mode "comment le monde serait beau sans le capitalisme". Science, fuck yeah.

 

En Anthropo, en trucs récents :

 

-Julien Bonhomme (Les voleurs de sexe). Un jeune type (40 ans ?) rigoureux. Une belle étude empirique de la rumeur.

-Giogio Blundo. Etude de la corruption en Afrique, comment ça s'insert dans un contexte social particulier et pourquoi la lutte contre la corruption se casse la gueule.

-Michael Herzfel (Cultural Intimacy -aurait beaucoup de succes ici-, The Body Impolitic). Harvard, prof émérite partout, toussa. Le top, j'ai pas tout lu. Travaille actuellement sur le cryptocolonialisme, ça à l'air interessant mais je ne sais quoi en penser (FMas ? on trouve des trucs en ligne).

-Georges Balandier. Rien que pour son article "La situation coloniale". Un marxiste qui tâche mais qui a su taper en son temps là ou ça faisait mal. A bien entendu viré tiers-mondiste. Son bouqin "Afrique Ambigue" reste étrangement d'actualité 60 ans plus tard.

-Maurice Godelier. Autre grand nom de l'anthropologie marxiste des 60/70. Une grande gueule dont les vidéos sont à mourir de rire ("j'ai vécu en papouasie, tout le monde est homosexuel mais je vous garanti que c'était pas la gay pride", classique). Production incroyable de livre dont ... "la production des grands hommes", "l'énigme du don" (très bien !) et d'autres trop techniques ("métamorphoses de la parenté"...)

-Levi-Strauss. Tout. Facile.

-Alain Testart. D'aucun diront qu'il est sociologue. J'aime particulièrement son travail, touche à tout inclassable, un ovni dans le milieu universitaire.

-Clifford Geertz. Lire "religion of java", "local knowledge, global knowledge". Il parait que "Islam observed" est bien mais j'ai pas lu.

-Marshall Sahlins, le retour du culturisme mais qui est bien. A lire : "Culture in practice", "How natives thinks" et "Stone ages economics" (que certains connaissent ici)

-Jean Lou Amselle, "logiques métissées" (ou pourquoi "l'ethnie" n'existe pas)

-Jean François Bayart, surtout pour "la politique du ventre" et "postcolonialisme : un carnaval académique" (auteur que j'aimais particulièrement et qui m'a beaucoup déçu dans, pour rester dans le thème, par ses délires gauchistes dans Libération après les attentats en mode "sélafauteau néolibéramlisme".

-Barth "les groupes ethniques et leurs frontières"

 

 

 

 

Et  y en a plein d'autres mais je vais pas vous faire ma bibliothèque non plus.

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Je sais que certains ici seraient intéressé par l'anthropologie cognitive. L'un des leader c'est Maurice Bloch.
J'ai pas d'avis sur la question, j'ai a peine lu quelques articles et vu deux conférences sur le thème. Je n'arrive pas à savoir si c'est LA révolution en sciences sociales ou si c'est de la fumisterie.

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Ah oui, Clastres,j'aime bien sans être convaincu par sa thèse de "la société contre l'Etat".

 

Latour c'est devenu n'importe quoi mais ses premiers travaux sur la manière dont la science se fait (en particulier son livre sur Pasteur), c'est très intéressant.

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J'ai hésité à mettre dans ma liste "Surveiller punir" qui est le seul que j'ai lu et qui est bien sur formidable.. J'ai acheté "histoire de la folie à l'age classique" mais je ne l'ai pas encore entamé.

 

 

Foucault il n'est ni sociologue, ni historien, ni philosophe et en même temps les trois à la fois.

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Et encore, je ne sais plus ou j'ai lu que Marx ne fait que reprendre un truc post-Aufklarung issus des débats romantiques allemands au sujet de la Kulture, son opposition à la civilisation, les Allemands, les Français, tout ça. Pensent pas pareil.

L'histoire des idées ne fait que resservir les plats.

 

Ceci posé, ni Marx, ni les sociologues se revendiquant du polylogisme (terme qu'ils n'utilisent pas au passage à ma connaissance) n'ont fondamentalement tord.

Le terme a été inventé par Mises et je crois que personne ne s'en réclame.

 

Un gamin éduqué dans une famille de riches commerçants ne verra pas le monde de la même façon qu'un gamin des faubourgs ouvriers. Point de révolution ici, de même, on a fait assez de blagues (sérieuses) sur ce forum a propos de l'inter mécompréhension homme/femme pour pouvoir affirmer sans crime de lèse libéralité que les hommes et les femmes peuvent avoir des modes de raisonnements différents.

Le problème, et l'article de Wikibéral est peut-être trop incisif (joli troll ad hitlerum dès le point deux :) ), ce n'est pas d'utiliser ce raisonnement, c'est d'en faire un truc irréductible dont les gens seraient incapables de s'extirper, ou -pire- s'il le font, le cas d'un type qui prendrait la défense d'une loi "patronale", lui foutre sous le nez le papier de Merdapart sur le syndrome du larbin. Parce que, évidement, c'est malheureux de rester prisonnier du cadre de pensée de sa classe mais c'est un crime majeur qui mérite les injures que d'en sortir. T'es qu'un con et t'es prié de le rester, parce que moi, super défenseur des opprimés, je vais te dire ce qu'il faut penser.

Oui sur les deux points (je suis même défenseur de manières de penser différentes selon la personnalité alors...), et la variante SJW tombe en plein dans la dérive : l'homme est incapable de sortir de son carcan de sexisme et de privilège. Toute femme qui se respecte est féministe et les autres souffrent de misogynie internalisée.

 

-Weber

-Goffman

-Becker

-Levi-Strauss

Fuck yeah!
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