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Bastiat connu jusqu'où?


Normous

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A propos de la citation, je l'ai lue dans un article d'Alteréco (non je ne le lis pas, mais c'était dans un dossier de TD) disant que Bastiat se trompe en affirmant cela. Bien entendu, ça m'a fait bondir.

Je sais, ce que je viens de dire n'a rien à voir avec le sujet du fil.

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A propos de la citation, je l'ai lue dans un article d'Alteréco (non je ne le lis pas, mais c'était dans un dossier de TD) disant que Bastiat se trompe en affirmant cela. Bien entendu, ça m'a fait bondir.

Je sais, ce que je viens de dire n'a rien à voir avec le sujet du fil.

houlà, j'imagine que c'est à grands coups de contrat social ou d'intérêt général mal compris que ce pauvre Bastiat est mis à mal. Je me souviens aussi d'un article qui m'avais mis hors de moi en DUT dans lequel les tenants actuels de la tradition du moniteur industriel s'exerçaient à classer les différentes familles de libéraux, avec bien sûr les affreux extrémistes Ultra (Hayek et Salin en première ligne).

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GILBERT FOURNIER : QUI A DIT BASTIAT ?

Il y a déjà longtemps, à l’issue d’une conférence sur l’Iran et sa révolution de 1978, vient le moment où l’orateur dédicace ses livres. Dans la bousculade qui s’ensuit, je parviens enfin à solliciter du conférencier, personnalité iranienne, ancien ministre, une dédicace à l’intention du Cercle Frédéric Bastiat. Fronçant les sourcils, l’auteur questionne « Qui a dit Bastiat ? L’économiste ? … 1801-1850 ? ». Je suis éberlué. Il poursuit : « Mais, monsieur, je le faisais enseigner à mes étudiants lorsque j’étais recteur à Téhéran ! Evidemment, Khomeiny a tout fait brûler depuis ». En France les ouvrages de Bastiat n’ont pas brûlé. Mais leur occultation équivaut à un véritable autodafé.

Plus d’un excité auraient joué volontiers de l’allumette, car Bastiat provoque. Pamphlétaire à la plume incisive, il dénonce, pourfend, avec une impitoyable logique pas moins de 10 concepts ou systèmes malfaisants, véritables fléaux de l’humanité.

Dix fléaux de l’humanité.

Je les énumère d’un trait, dans l’ordre entrepris par Bastiat, liste suffisamment éloquente pour ne plus y revenir.

1 – le protectionnisme… sa première cible

2 – le prohibitionnisme… corollaire du premier bien que distinct. « Infâme pour ne pas dire affamateur », dira-t-il.

3 – l’étatisme… omniprésence sempiternelle.

4 – le colbertisme… le cousin mercantiliste.

5 – le socialisme… prenant son essor et pluriel déjà.

6 – l’ultramontanisme… en pleine agitation.

7 – l’obscurantisme… en particulier confessionnel, au point d’obscurcir des faits politiques et religieux jusqu’à nos jours.

8 – le colonialisme… vous pensez Algérie ? Oui certes, mais Bastiat pensait aussi à celui des autres : Canada, Australie, Le Cap, les Indes, et même la Grèce.

9 – le fonctionnariat… Eh oui, déjà bien incrusté. 1840 : 250.000 fonctionnaires.

10 – l’impérialisme et le militarisme confondus… aux mille prétextes que dénonce Bastiat au côté de Cobden, son ami.

Persuadé que ces 10 fléaux ont les mêmes causes et produisent finalement les mêmes méfaits, Bastiat court porter l’estocade d’un à l’autre, au plus pressé, convaincu qu’en atteignant l’un, les autres tomberaient également. Mais c’est lui qui tombera, rongé par une maladie implacable à l’époque, la tuberculose, et sa mémoire, son œuvre, seront voués à la conspiration du silence.

Une renommée mondiale à son époque.

Heureusement ses écrits furent promptement traduits en plusieurs langues, dans différents pays. Ils nous reviennent ainsi de l’étranger, à la surprise de bien des Français, et à l’embarras de nos politiciens professionnels dont le devoir eut été pour le moins de s’en informer. C’est à dire de s’enquérir de ses données libérales au lieu de toujours s’en remettre pour cause électorale et pleutrerie aux protagonistes de ces fléaux évoqués.

Voici une déclaration de Monsieur Valéry Giscard d’Estaing le 19 février 1987 à propos de Bastiat : « La première personne qui m’en ait parlé c’est… Madame Thatcher. Nous avons parlé d’économie et elle m’a fait une longue citation de Frédéric Bastiat. J’ai donc pu entendre de la bouche du Premier Ministre Britannique, qui improvisait, de longues citations de Bastiat. ».

Après cet aveu du Président Giscard, on pouvait espérer que Monsieur Raymond Barre, son premier ministre, qui fut professeur d’économie, et présenté par la presse comme « Premier économiste de France » formule au moins une juste appréciation de notre héros. Or voici deux extraits de son livre indigeste « Economie Politique » paru en 1955 :

- p. 35 : « Si Fourrier, Cabet, ou Bastiat sont des personnalités attachantes on peut s’interroger sur l’importance de leur contribution à la connaissance des phénomènes économiques et de leurs relations ».

- p. 47 : il range le libéralisme optimiste de Bastiat à, dit-il, l’époque de l’économie romantique, sentimentale, et même passionnelle. Un point c’est tout. Mais, dans la même page, il enchaîne longuement sur la « grandeur scientifique » de Karl Marx.

Bref, quittons cette France.

Passons en Allemagne. Son pamphlet « Les deux haches » a été publié à Berlin en 1848, « Qu’est ce que l’Etat » en 1849. « Les Harmonies », l’encre à peine sèche, sortent en 1850, sous les auspices du libéral allemand Prince-Smith, lequel, au lieu de recevoir de l’éditeur berlinois l’épreuve convenue, reçoit 200 exemplaires du premier coup.

Passons en Italie. En 1850, il s’est vendu plus d’exemplaires des « Harmonies » (précisons en langue française) à Turin qu’à Marseille – Bordeaux – Lyon – Rouen et Lille réunies. Autrement dit, il est mieux connu de son vivant à Turin que dans 5 villes françaises où il fit pourtant des conférences. Lors de son passage à Pise, où avec philosophie il apprend son décès (une anticipation de deux mois), il aperçoit ses publications dans la vitrine d’un bouquiniste. Il pousse la porte, et s’amuse à marchander leur prix. Le commerçant refuse net, disant que les textes de ce Français auront un jour une grande valeur.

Passons aux Etats Unis. Alors, oui, de la valeur ces textes en avaient déjà pour cette députation américaine de passage à Paris en 1849, fière de montrer à Bastiat leur traduction.

Nos amis américains présents à cette Université d’Eté évoqueront l’influence de Bastiat aux Etats Unis où il est régulièrement réédité. Réédité, enseigné, cité, au point que lorsque des économistes français se sont rendus aux Etats Unis, ils furent reçus en ces termes : « Ah ! Vous êtes Français, donc vous connaissez Bastiat ? »

Les six révolutions de Bastiat.

Quels ont été les grands moments d’une vie mouvementée et disons même tourmentée ?

Car Bastiat a connu pas moins de 6 révolutions.

La première, à l’âge de 24 ans, l’arrivée au pouvoir de Charles X, instaurant un nouvel absolutisme et l’absolution de la Terreur Blanche. Bastiat a en souvenir les exactions, pas loin de chez lui, des Verdets arborant la cocarde de ce même Comte d’Artois.

La seconde en 1830 où il exulte. Puis les deux de 1848. Il est à Paris et assiste aux deux.

Les 23 et 24 février, et les quatre jours ensanglantés de juin qui marquent un tournant. Nous sommes à 4 révolutions. En voici une cinquième : entre 1830 et 1848, c’est la mise sur des rails de la vapeur. Le train, c’est une révolution, qui engendre des débats auxquels Bastiat participe d’autant plus volontiers que, dans la foulée, il pressent l’envolée des sciences. Ne court-il pas visiter un télégraphe électrique ? N’invite-t-il pas le savant Arago à inventer une formule scientifique pour l’économie ?

Enfin la sixième et dernière révolution, toujours entre 1830 et 1848, est celle apportée par la victoire de la ligue Manchesterienne en Angleterre, après huit années de péripéties occultées en France. Il est le seul Français à l’avoir vécu intensément, en la traduisant, en s’y transportant et en l’imitant. Il l’estimera plus importante pour le monde que celle de 1789.

La vie privée de Bastiat.

A Paris, Bastiat était reçu dans l’intimité de la famille Cheuvreux. Lorsqu’une inclination réciproque entre lui et Louise, la fille, vient à être remarquée, les parents lui laissent entendre qu’il n’aurait pas à craindre un refus de mariage. « Impossible répond-t-il, je suis déjà marié ». Sa vie conjugale avait duré quelques heures !

Plus intéressante est sa position sur le plan religieux. Il a toujours été en recherche, animé d’un sentiment religieux tolérant (telle est ma conviction).

En 1844, à 43 ans, il s’interrogeait encore comme il le faisait à 20 ans. Il s’est rangé sous la bannière catholique :

1 – par confort, c’est presque son expression, cependant gêné par la puérilité des dogmes et l’essor de l’intégrisme.

2 – Par tradition familiale quoique voltairienne, tout en rejetant les outrances verbales de Voltaire.

Un de ses biographes concluait qu’il était partagé entre la Foi et la Négation.

Concernant son appartenance maçonnique, il n’y avait pas incompatibilité avec une quelconque croyance religieuse. Au contraire, pour en faire partie à l’époque il fallait en avoir une. Du reste, particularité pour cette maçonnerie du Sud Ouest, elle a été la première à accepter les Juifs, et elle a été une pépinière de libéraux tant sur le plan démocratique qu’économique. La loge bayonnaise, La Zélée, dont il faisait partie, était majoritairement constituée de commerçants, d’assureurs, bref d’hommes industrieux.

Le soutien pour ses idées lui est davantage venu de la franc-maçonnerie.

Du reste la plupart de ses amis, de ses partisans, de ses défenseurs relevaient de celle-ci, quand bien même ses principaux détracteurs en été aussi membres. Pareillement, côté anglais, Richard Cobden, officier à la Grande Loge Unie d’Angleterre déclarait : « La Ligue est une franc-maçonnerie à cela près que tout est public ».

Une biographie d’émanation officielle catholique, sévère à son égard à tout point de vue, parue vers 1882/85 concluait de son côté : « dès la fin de 1848, le sentimentalisme religieux de Bastiat fait place à la croyance positive … jusqu’à l’adhésion complète et touchante de ses derniers jours ». Il mourra en effet à Rome muni des Sacrements de l’Eglise Catholique administrés par son cousin. Ses dernières paroles seront : « La Vérité… La Vérité ». Sa tombe se trouve à l’Eglise Saint-Louis des Français à Rome, où il fut inhumé avec une autorisation spéciale de l’Evêque.

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