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Armageddon économique ?


vincponcet

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Un article du monde un peu moins à côté de la plaque que d'habitude:

Le choix de l'inflation par la BCE est désastreux pour la jeunesse européenne

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a donc décidé d'utiliser la "planche à billets" pour régler les dettes insurmontables de plusieurs pays européens. Cela signifie que le bilan financier de la BCE va continuer à basculer dans la démesure, atteignant des niveaux jamais vus dans les économies capitalistes modernes. Elle prêtera encore des milliers de milliards d'euros supplémentaires pour aider tous ceux qui ne peuvent pas rembourser, à savoir les gouvernements et autres institutions privées ou publiques mal gérées.

Ce procédé est aussi vieux que l'existence de la monnaie. Il s'agit d'imprimer de l'argent pour payer les dettes d'un Etat et de ses banques en faillite. Moult gouvernements y ont eu recours dans le passé et le résultat fut toujours le même : l'argent perd peu à peu de sa valeur car l'augmentation de la masse monétaire entraîne la hausse des prix des actifs (immobilier, matières premières, actions, etc.) et des biens de consommation. C'est une solution politiquement pratique à court terme mais qui fait monter les prix à moyen terme, et érode in fine le pouvoir d'achat de ceux qui ont un revenu fixe. En somme, ce que l'Etat paye d'un côté avec de l'argent sorti de nulle part, il le reprend par l'augmentation des prix. Cette "inflation monétaire" est donc une taxe imposée par la BCE agissant pour le compte des Etats.

De toutes les taxations possibles, l'inflation monétaire est la plus inégalitaire. En effet, l'impôt sur le revenu est progressif et ne touche que les plus aisés, ce qui est acceptable. Pour ce qui est de la TVA, il suffit juste de moins consommer pour moins la payer ! Elle favorise donc l'épargne au détriment de la consommation. En revanche, l'inflation monétaire créée par la BCE est plus meurtrière puisque non seulement elle obère le pouvoir d'achat des salariés et des pensionnés, mais elle favorise les détenteurs de biens en induisant une hausse des actifs financiers. Elle pénalise en revanche ceux qui ont épargné pour préparer leur avenir et voient s'effriter la valeur de leurs économies. Ainsi, en défendant les patrimoines, les banques centrales brisent la confiance dans tout contrat social, car elles taxent ceux qui sont les plus faibles et ceux qui sont les plus prudents.

Enfin, l'inflation est mal comprise et c'est donc une taxe qu'on ne maîtrise pas. Aujourd'hui, on ne sait pas si toute la monnaie créée mondialement depuis cinq ans déclenchera de l'inflation à hauteur de 3 %, 5 %, 15 % ou 1 000 %, ni quand cette inflation apparaîtra et dans quel domaine elle s'exprimera. Prix de l'immobilier ? Prix de l'énergie ? Prix de l'alimentation ? On sait juste qu'elle arrivera un jour, et les gouvernements feront alors mine d'être surpris pour s'exonérer.

L'inflation monétaire est donc une taxe lâche, puisque levée de façon détournée, et irresponsable, puisque non contrôlée. Nous voyons déjà comment l'augmentation du bilan des banques centrales depuis dix ans crée des flambées des prix successives loin d'être compensées par une augmentation des revenus des populations actives européennes. L'exemple récent de l'envolée du prix des céréales et du pétrole doit être pris comme un avertissement : chaque choc exogène, comme une guerre au Moyen-Orient ou une sécheresse aux Etats-Unis, a un effet démultiplié sur les prix.

Voilà pourquoi quand nous demandons à la BCE d'intervenir pour éponger le surendettement bancaire et étatique, comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, nous faisons payer les frais de la crise aux épargnants mais aussi à ceux qui n'ont pas acquis de patrimoine : les plus jeunes et les plus pauvres. Cette supercherie peut fonctionner un temps dans un pays structuré et solidaire, mais elle ne saurait constituer le point de départ fondateur d'une Europe fédérale. L'UE ne va pas trouver son unité en copiant le modèle financier américain en pleine faillite et générateur d'inégalités sociales.

L'Europe fédérale ne peut pas proposer un modèle moins équitable que celui des Etats qui la composent. Elle ne survivra que si les jeunes y trouvent leur intérêt, et, pour cela, il faut accepter la déflation naturelle des patrimoines et donc tolérer que certains Etats fassent défaut sur leur dette souveraine. Autrement dit, admettre la faillite inexorable de certaines banques. Il s'ensuivra alors une accélération de la crise financière mais aussi un dénouement plus rapide et plus juste : les jeunes seront les grands bénéficiaires de cette crise car ils pourront enfin acheter les biens acquis par leurs parents à des prix acceptables !

Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés. Ils auront néanmoins toujours besoin des jeunes pour payer leurs retraites et leurs frais médicaux. La crise financière européenne de nos parents aura alors été réglée dans la justice sociale et cela pourra servir de socle démocratique à l'intégration européenne. Mais voilà, nos leaders politiques refusent les défauts souverains. Ils nous parlent de conséquences désastreuses dont on ne se relèverait pas. Tout doit donc être mis en place pour éviter la crise et défendre ainsi les patrimoines et les retraites de leurs congénères. On demande à Mario Draghi d'intervenir avec sa planche à billets. Tant pis pour l'inflation ! Tant pis pour les pauvres ! Tant pis pour les jeunes ! Tant pis pour l'Europe ! C'est une erreur historique.

Les baby-boomers font partie d'une génération qui s'est définie dans la lutte des classes d'âge en se rebellant contre ses aînés. Leur grande découverte fut la consommation et le plaisir individuel, et leur grand projet politique l'augmentation du pouvoir d'achat par la dette. Dans les années 1970, ils ruinèrent leurs parents en s'octroyant par la force des hausses de salaires et des nouvelles protections sociales.

Aujourd'hui les papy-boomers, devenus patrons, actionnaires tous azimuts, propriétaires immobiliers, responsables politiques, refusent de payer leurs dettes ou de voir leurs actifs financiers baisser car ceux-ci garantissent leur train de vie. Ils n'augmentent plus les salaires des jeunes (moins nombreux) parce qu'ils veulent préserver les marges de leurs entreprises qui fournissent leurs rentes. Lorsque leurs intérêts financiers sont menacés par la crise, ils utilisent l'Etat et désormais la BCE pour se protéger.

En refusant d'accepter les défauts des Etats, ils lèguent de l'inflation et des dettes insurmontables à leurs enfants. Les partis politiques européens de gauche, qui prônent pour la plupart la nécessité de faire intervenir la BCE pour augmenter l'inflation, doivent se rendre compte que l'envolée des prix n'est plus corrigée par une hausse des salaires.

Les jeunes Européens ne vont pas tarder à comprendre que les solutions économiques proposées pour sauver l'Europe servent avant tout leurs aïeux. Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses. L'Europe n'y survivra pas.

http://www.lemonde.f…46770_3232.html

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L'article est en effet un cran au dessus de ce qu'on peut y lire d'habitude. Par contre les commentaires sont toujours aussi cons.

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L'article est en effet un cran au dessus de ce qu'on peut y lire d'habitude. Par contre les commentaires sont toujours aussi cons.

+1, c'est consternant.

Nouvelle preuve que l'on ne convainc que rarement par des arguments rationnels. C'est quand même triste de voir ces personnes qui, face à un angle de vue nouveau, se recroquevillent sur leurs convictions de peur d'avoir à se remettre en question et/ou admettre qu'elles ont tort. Le parfait exemple est le commentaire du lecteur qui, au lieu de répondre aux arguments, renvoie directement à Blanchard et Krugman.

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+1, c'est consternant.

Nouvelle preuve que l'on ne convainc que rarement par des arguments rationnels. C'est quand même triste de voir ces personnes qui, face à un angle de vue nouveau, se recroquevillent sur leurs convictions de peur d'avoir à se remettre en question et/ou admettre qu'elles ont tort. Le parfait exemple est le commentaire du lecteur qui, au lieu de répondre aux arguments, renvoie directement à Blanchard et Krugman.

Et oui, au final, l'individu reste le juge suprême de ce qu'il perçoit comme étant la vérité. C'est comme ça… Et encore heureux.

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Et oui, au final, l'individu reste le juge suprême de ce qu'il perçoit comme étant la vérité. C'est comme ça… Et encore heureux.

Etre le juge final est une chose. Etre persuadé de détenir la vérité absolue et rester imperméable à toute opinion ou argumentation pouvant contredire nos croyances en est une autre.

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Moui. Je trouve cet article du Monde complètement à côté de la plaque, mais bon …

alors je pose la question : il vaut mieux l'inflation et ses conséquences pas toujours glorieuses ou la guerre comme conséquence historique des faillites des Etats ? Il faut être un peu réaliste, quand même.

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Etre le juge final est une chose. Etre persuadé de détenir la vérité absolue et rester imperméable à toute opinion ou argumentation pouvant contredire nos croyances en est une autre.

Exactement. Le dogmatisme est la brique avec laquelle on fabrique prisons et camps de concentration… en tout aveuglement.

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Moui. Je trouve cet article du Monde complètement à côté de la plaque, mais bon …

alors je pose la question : il vaut mieux l'inflation et ses conséquences pas toujours glorieuses ou la guerre comme conséquence historique des faillites des Etats ? Il faut être un peu réaliste, quand même.

En quoi la guerre est la conséquence inéluctable de la faillite d'un Etat ? Pas compris là. Que la guerre soit bien pratique pour éviter aux politiques de perdre la tête, au sens littéral, je veux bien. Mais entre une guerre et la faillite d'un Etat… Aucun rapport.

Et réduire le débat à une simple logique manichéenne "si tu veux pas l'inflation t'auras la guerre" (ah ouais tu veux pas que je te donne la peste ? Alors je vais te donner le choléra) c'est malhonnête.

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Moui. Je trouve cet article du Monde complètement à côté de la plaque, mais bon …

Ce n'est pas un article de la redaction du "Monde", mais celui d'un analyste fiancier travaillant sur la place de Londres.

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En quoi la guerre est la conséquence inéluctable de la faillite d'un Etat ? Pas compris là. Que la guerre soit bien pratique pour éviter aux politiques de perdre la tête, au sens littéral, je veux bien. Mais entre une guerre et la faillite d'un Etat… Aucun rapport.

Et réduire le débat à une simple logique manichéenne "si tu veux pas l'inflation t'auras la guerre" (ah ouais tu veux pas que je te donne la peste ? Alors je vais te donner le choléra) c'est malhonnête.

Un des exemples bien connu : le basculement de l'Allemagne dans le nazisme, en grande partie du à l'onde de choc de la crise de -29 et à une dette de guerre insurmontable liée au Traité de Versailles de 1919.

Imagine la banqueroute de l'Etat français : comment tu crois que ça va se passer sur la voie publique avec tous ces gens clients de l'Etat : fonctionnaires, allocataires d'aides etc.

De plus l'inflation combinée à un gel des dépenses de l'Etat (dont les salaires des fonctionnaires et pourquoi pas les retraites) permet d'alléger sur le moyen terme la charge de la dette et se fait au détriment de personnes en situation de rente.

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Un des exemples bien connu : le basculement de l'Allemagne dans le nazisme, en grande partie du à l'onde de choc de la crise de -29 et à une dette de guerre insurmontable liée au Traité de Versailles de 1919.

L'hyperinflation de la République de Weimar est quand même l'un des évènements qui a permis à Hitler de s'élever… Quant à dire que seuls les rentiers pâtissent de l'inflation, ça me paraît un poil optimiste: ceux qui ressentiront le plus la hausse des prix sur leur niveau de vie seront les plus pauvres.

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L'hyperinflation de la République de Weimar est quand même l'un des évènements qui a permis à Hitler de s'élever… Quant à dire que seuls les rentiers pâtissent de l'inflation, ça me paraît un poil optimiste: ceux qui ressentiront le plus la hausse des prix sur leur niveau de vie seront les plus pauvres.

Tu as raison de nuancer. La question de la corrélation ou de la concomitance entre l'inflation durant Weimar et de l'arrivée d'Hitler reste ouverte. Et bien sûr, tu as raison : il n'y aura pas que les rentiers qui paieront les conséquences de l'inflation, il y aura les actifs aussi (les salariés pour l'essentiel).

Or l'article en question dit que cela va pénaliser les épargnants, pour dire dans la phrase d'après que cela pénalisera essentiellement les plus pauvres (qui par définition ne sont pas des épargnants). Je trouve ce texte sans queue ni tête. Illogique

De toutes les taxations possibles, l'inflation monétaire est la plus inégalitaire. En effet, l'impôt sur le revenu est progressif et ne touche que les plus aisés, ce qui est acceptable. Pour ce qui est de la TVA, il suffit juste de moins consommer pour moins la payer !

Comme si en dessous d'un certain seuil de revenu, il était possible de consommer moins …

Elle favorise donc l'épargne au détriment de la consommation.

Elle pénalise en revanche ceux qui ont épargné pour préparer leur avenir et voient s'effriter la valeur de leurs économies.

:online2long:

Ainsi, en défendant les patrimoines, les banques centrales brisent la confiance dans tout contrat social, car elles taxent ceux qui sont les plus faibles et ceux qui sont les plus prudents. [elle pénalise les rentiers et les fonctionnaires et non pas les actifs, la belle affaire …]

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Si j'ai bien suivi mon cours d'histoire, les allemands ont eu les trois : défaut de paiement du racket de Versailles ET inflation, ET la guerre.

Pourquoi faire des choix quand on peut faire un cocktail de ce qu'il y a de meilleur ?

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Si j'ai bien suivi mon cours d'histoire, les allemands ont eu les trois : défaut de paiement du racket de Versailles ET inflation, ET la guerre.

Pourquoi faire des choix quand on peut faire un cocktail de ce qu'il y a de meilleur ?

Si on a bien lu le même article Wikipedia, je te confirme que oui.

Enfin ce n'était plus de l'inflation mais de l'hyperinflation.

Là où je veux bien rejoindre l'auteur de l'article, c'est que les Banques centrales, qui devraient effectivement feindre de découvrir la montée de l'inflation alors qu'elles l'auront suscité, gèrent surement tout ça un peu à la louche, sans coordination, et on ne sait pas trop de combien sera le taux d'inflation. C'est pas très sérieux tout ça.

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Ce n'est pas un article de la redaction du "Monde", mais celui d'un analyste fiancier travaillant sur la place de Londres.

C'est quand même bien que le Monde héberge ce genre d'articles…

Si on a bien lu le même article Wikipedia, je te confirme que oui.

Enfin ce n'était plus de l'inflation mais de l'hyperinflation.

Là où je veux bien rejoindre l'auteur de l'article, c'est que les Banques centrales, qui devraient effectivement feindre de découvrir la montée de l'inflation alors qu'elles l'auront suscité, gèrent surement tout ça un peu à la louche, sans coordination, et on ne sait pas trop de combien sera le taux d'inflation. C'est pas très sérieux tout ça.

Est-ce que ça peut se prévoir le taux d'inflation?

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Je ne pense pas que quiconque soit capable de maîtriser les conséquences de l'inflation dans X temps en fonction de la création monétaire. Un étudiant talentueux pourra surement enfumer ses prédictions d'équations et de données ayant l'air vachement pro et sérieux, ça restera du vent.

Tout est à la louche, on s'échange du papier après avoir étudier des papiers avec des chiffres de créations d'emplois ou de CPI qui ont des marges d'erreurs plus importantes que les montants présentés, dont la méthodologie variable permette de présenter n'importe quoi. Les bilans financiers où on peut retirer les dettes de ceci et de cela et les garanties de ça et de ci comme ça t'arrange, etc… C'est comme si tout le monde avait perdu son esprit critique.

Le nombre de démissions des gens de la BCE est un bon indicateur de la situation :

les mecs ne savent pas comment sortir de ce merdier, se chient dessus tout les matins en priant que personne ne regarde le désastre, et peut être qu'il n'existe pas. L'école autruchienne quoi.

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C'est quand même bien que le Monde héberge ce genre d'articles…

Accessoirement le fait que le gars travaille dans la finance à Londres ne fait pas forcément de lui une référence en matière d'analyse économique. Il y a surement d'autres avis que le sien parmi les gens de sa profession.

Est-ce que ça peut se prévoir le taux d'inflation?

Je suis pas expert mais je suppose qu'à partir du moment où on a la main sur la quantité de masse monétaire en circulation, ainsi que des bases de données historiques sur l'affaire, ça doit se concevoir au niveau d'une Banque centrale.

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Accessoirement le fait que le gars travaille dans la finance à Londres ne fait pas forcément de lui une référence en matière d'analyse économique. Il y a surement d'autres avis que le sien parmi les gens de sa profession.

Je n'ai pas dit qu'il avait 100% raison, je me dis que c'est pas mal que de nouveaux horizons s'ouvrent aux lecteurs du Monde…

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Je n'ai pas dit qu'il avait 100% raison, je me dis que c'est pas mal que de nouveaux horizons s'ouvrent aux lecteurs du Monde…

Oui je sais. en fait j'aurais du adresser ma réponse directement à glandon. J'ai cru comprendre qu'il disait que l'auteur de l'article n'est pas "n'importe qui". Ben en fait quand je lis l'article c'est peut-être pas n'importe qui mais son article c'est un peu n'importe quoi :dentier: .

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Si une banque centrale crée de la monnaie, pour savoir quelles en sont les conséquences, elle doit être capable de prévoir où l'argent ira (dans quel secteur, quelle ligne de production, bons du trésor ou actions), et quelle est la proportion du nouvel apport dans le secteur considéré, pour avoir une vague idée du changement d'offre et de demandes.

Quand on voit les mecs de la Fed répondrent qu'ils ne sont pas capables en premier lieu de dire à quelles banques ont été versé des milliards de stimulus, on peut difficilement les imaginer aller autant en profondeur et être capable de prévenir le comportement de gens sur lesquels ils n'ont pas d'ordre à donner.

Bref, la planification centrale de l'économie serait surement possible en fait, si les banquiers sont capables de prévoir les conséquences de l'inflation. Mais bon, on sait bien que les gars pataugent dans la mélasse et compensent en agitant leurs lèvres de manière à paraître compétent, honnête et crédible. Et même ça, ils galèrent.

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C'est quand même bien que le Monde héberge ce genre d'articles…

Oui, c'est comme le libéral de gauche qui poste sur Rue89. Ça permet de fissurer un peu la pensée unique étatiste tout en donnant du grain à moudre aux gauchistes qui voient là une nouvelle occasion de dénoncer la progression de l'ultralibéralisme tentaculaire…

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Tiens, encore une théorie du complot qui devient un fait attesté par le trésor US lui même :

"[bla bla bla] This will help achieve several important objectives, including [bla bla bla] Ending the circular practice of the Treasury advancing funds to the GSEs simply to pay dividends back to Treasury"

http://www.treasury.gov/press-center/press-releases/Pages/tg1684.aspx

Libérez Madoff ! Libérez Madoff ! Madoff, président !

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Bref, la planification centrale de l'économie serait surement possible en fait, si les banquiers sont capables de prévoir les conséquences de l'inflationt.

Ben non en fait, c'est même un des points du libéralisme. La planification centrale de l'économie ne marche pas. L'inflation ne se prévoit pas. Tu peux pas dire la masse monétaire augmente de X donc les prix augmenteront de Y.

Lorsque la république de Weimar a réussi à stabiliser la valeur du deutche mark, la planche à billet à continuer à tourner au meme rythme que pendant l'hyperinflation pendant encore quelques mois. Ce qui a changé c'est la confiance qu'ont eu les gens dans le plan du gouvernement pour restaurer la stabilité monétaire. Tu le prévois comment ça?

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Le pire c'est que les Allemands avaient confiance dans leur monnaie, même quand il y avait d'horribles +100% par jour. Alors imaginons avec l'euro, où les gens n'auront pas du tout d'état d'âme pour cracher dessus. :lol:

Je n'arrive pas à mettre la main sur Hung Tsun's Chhuan Chih or A Treatise on Coinage 1149, même avec la puissance de Google. Comme les bridés ont inventé la monnaie papier, il aurait été instructif de voir ce qu'ils en pensaient.

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Accessoirement le fait que le gars travaille dans la finance à Londres ne fait pas forcément de lui une référence en matière d'analyse économique. Il y a surement d'autres avis que le sien parmi les gens de sa profession.

Si les analystes de fonds y connaissaient quelque chose à l'économie, ça se saurait. (Jouer sur des mini-cycles financiers et comprendre un cycle économique de moyen ou de long terme, ça n'a rien à voir.)

Sur le fond, cet article est effectivement assez surprenant. La situation actuelle fait que, pour des raisons monétaires, on a des valeurs d'actifs (dettes étatiques, immobilier) qui ont des valeurs réelles trop élevées et qu'il faut que, pour assainir la situation, il faut qu'elles reviennent à leur niveau d'equilibre. Il y a deux manières pour que ça arrive : soit des baisses en valeur nominale (ce qui inclut des défauts), soit des baisses en valeur réelle par l'inflation. Dans les deux situations, il y a des conséquences peu agréables mais historiquement, une inflation modérée passe mieux socialement qu'un défaut souverain. (Mais on peut aussi avoir le double effet kiss cool.)

Là où l'angle de l'article est très surprenant, c'est qu'il ne devrait pas parler d'inflation (parce que, pour le moment, ce n'est pas ce qu'on a malgré le fait que les banques centrales arrosent copieusement) mais prôner plutôt l'apurement de la situation sans attendre. Parce que ce qui est en train de se passer, c'est justement qu'on est en train de laisser pourrir la situation (pas de restructuration, pas de défaut, pas d'inflation) sauf dans les cas extrêmes (Grèce), ce qui genere des valeurs d'actifs stables car portées à bout de bras, des tentatives de déflation avec des résultats limités, un secteur bancaire non assaini et une activité atone. Et, à ce petit jeu, ce sont ceux qui vivent de flux (salariés modestes, jeunes) qui souffrent durablement et ceux qui detiennent des actifs financiers (et non réels) qui sont artificiellement protégés. Et s'il y avait de l'inflation ou des défauts, ça ne serait pas le cas.

Et ce pourrissement peut durer très longtemps (voir nos amis japonais depuis 20 ans, voir nos amis anglais dans l'entre deux guerres à s'accrocher comme des débiles à la parité or d'avant 1914).

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Est-ce que ça peut se prévoir le taux d'inflation?

Comme le rappelle ts69, c'est impossible. Il faudrait avoir des sondes fiables installées partout dans l'économie, dans un maximum d'entreprises, avec des rapporteurs hyper-réactifs. Comme c'est impossible, on se base sur des indicateurs à la louche, en courant en marche arrière les yeux fermés dans le brouillard, style INSEE.

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Comme le rappelle ts69, c'est impossible. Il faudrait avoir des sondes fiables installées partout dans l'économie, dans un maximum d'entreprises, avec des rapporteurs hyper-réactifs. Comme c'est impossible, on se base sur des indicateurs à la louche, en courant en marche arrière les yeux fermés dans le brouillard, style INSEE.

En ce moment il suffit de prendre le cours de l'once d'or et de tirer un trait vers le haut, et voilà! c'est toujours plus précis que la pseudo-inflation officielle…

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M'enfin, et dire qu'il y a 20 ou 30 ans, mettre son compte courant en découvert valait presque au client de frôler l'interdit bancaire…

Certes mais cette autorisation de découvert on la paie, c'est un service que l'on peut refuser.

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