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ReLocke

Critiques libérales de la démocratie

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Bonsoir à tous !

Alors que je débattais gentiment avec un ami, notre discussion a dérivé sur la démocratie. J'en suis venu à la critiquer (notamment pour des raisons rhétoriques), avec à l'appuis les arguments canoniques de la tyrannie potentielle de la majorité (Tocqueville, J.S.Mill), et avec celui de la tyrannie des minorités (Olson si je ne m'abuse - je ne connais que très mal), mais je me suis rendu compte que je n'étais pas suffisamment au clair sur le sujet.

J'aurais voulu savoir si vous, libéraux avisés, auriez des ouvrages/concepts/auteurs à partager sur le sujet.

Je sais que le sujet a été abordé sur le forum (et même, l'est encore), mais je ne crois pas qu'un thread ait centralisé véritablement les critiques (si oui, mea culpa).

Merci d'avance ! :icon_up:

Ps: Ah oui, j'y pense, et ne voulant pas ouvrir un autre thread pour ça: Je vais me procurer sur vos conseils Anarchie, Etat et Utopie. La version PUF est elle une traduction correcte ?

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J'aurais voulu savoir si vous, libéraux avisés, auriez des ouvrages/concepts/auteurs à partager sur le sujet.

Lire toute l'école du Public Choice (mais, pour un esprit pressé, James Buchanan et Gordon Tullock suffiront). Citons aussi Bryan Caplan, et Mancur Olson.

Pour les plus avancés et intéressés par le sujet, on peut approfondir avec le très intéressant Bruce Bueno de Mesquida.

Ah, et puis les deux citations en tête de Contrepoints sont aussi valables (quoiqu'elles parlent davantage de la cratie tout court que de la démocratie).

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Lire tout simplement Hayek : le problème n'est pas la démocratie mais le régime illimité, qu'il soit ou non démocratique. Bien sur un peu de critique ne fait pas de mal et on remarquera d'ailleurs qu'une adhésion totale à la démocratie signale toujours un amour de l'idéal et un rejet de la démocratie réelle.

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Anthony de Jasay : the State, Democracy the god that failed de HH Hoppe, et Bertrand de Jouvenel Du pouvoir. Trois livres passionnants sur le sujet, et dont les critiques de la démocratie me semblent indépassables.

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Bertrand de Jouvenel Du pouvoir.

Tu le vends d'ailleurs, non ?

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Tu le vends d'ailleurs, non ?

Ah non, celui là, je le garde précieusement :icon_up:

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mais le régime illimité, qu'il soit ou non démocratique.

Apollon a tort. Voilà, c'est écrit.

Le seul problème qui subsiste, c'est, comment on limite ? Là je n'ai jamais vu une bonne réponse (même si l'histoire est pleine de régimes à pouvoir limité, on était arrivé à un bon équilibre, un certain temps, mais comment créer ça ? Mystère et boule de gomme).

La démocratie aggrave fortement ce problème (le mythe de la "souveraineté du peuple" -> les gens y croient -> plus de limite).

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Apollon a tort. Voilà, c'est écrit.

Le seul problème qui subsiste, c'est, comment on limite ? Là je n'ai jamais vu une bonne réponse (même si l'histoire est pleine de régimes à pouvoir limité, on était arrivé à un bon équilibre, un certain temps, mais comment créer ça ? Mystère et boule de gomme).

La démocratie aggrave fortement ce problème (le mythe de la "souveraineté du peuple" -> les gens y croient -> plus de limite).

Peut-être par le biais d'une constitution très restrictive, limitant la marge de manœuvre des gouvernants et séparant de manière très claire les pouvoirs. Hayek proposait quelque chose d'intéressant je crois (dans la Constitution de la Liberté).

A mon sens, seule la Constitution peut permettre de limiter les excès.

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Invité Arn0
Peut-être par le biais d'une constitution très restrictive, limitant la marge de manœuvre des gouvernants et séparant de manière très claire les pouvoirs. Hayek proposait quelque chose d'intéressant je crois (dans la Constitution de la Liberté).

A mon sens, seule la Constitution peut permettre de limiter les excès.

Ce qui pose au moins quatre question :

1-qu'est ce qu'une bonne constitution ?

2-comment la faire adopter ?

3-comment la maintenir en place ?

4-comment faire en sorte qu'elle soit correctement appliquée ?

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Apollon a tort. Voilà, c'est écrit.

Le seul problème qui subsiste, c'est, comment on limite ? Là je n'ai jamais vu une bonne réponse (même si l'histoire est pleine de régimes à pouvoir limité, on était arrivé à un bon équilibre, un certain temps, mais comment créer ça ? Mystère et boule de gomme).

La démocratie aggrave fortement ce problème (le mythe de la "souveraineté du peuple" -> les gens y croient -> plus de limite).

La démocratie, comme d'autres régimes, est plus ou moins limitée (en ce sens que le pouvoir est contraint). Elle n'aggrave pas le problème de la limitation car un monarque ou un oligarque peuvent eux-même, sans avoir besoin du mythe de la justesse irréfragable de la décision démocratique, exercer des pouvoirs absolus. Et qui soutiendrais sérieusement que notre vie démocratique est plus dure que celle des personnes vivant dans les dictatures et les régimes communistes ?

La démocratie au contraire sera plus naturellement contrainte car comme tu le relèves déjà il faudra un mythe pour permettre au pouvoir de sortir de ses entraves. Ce mythe lui-même est une corruption de la démocratie car la démocratie confère à la majorité, et non au peuple, le pouvoir de faire des lois : toute prétention législative totale se ferait contre la minorité et donc contre une partie du peuple.

J'ajouterai que le fait est qu'aujourd'hui la démocratie est le fondement de la légitimité, càd que le peuple perçoit le processus démocratique comme seule source de légitimité. Cela signifie que la paix civile ne peut exister qu'avec une démocratie or la paix civile est source de limitation.

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Que dit Hayek d'ailleurs ?

4. Justification de la démocratie

Si la démocratie est un moyen plutôt qu'une fin, ses limites doivent être cherchées à la lumière de l'objectif que nous souhaitons qu'elle serve. Il y a trois arguments principaux par lesquels la démocratie peut être justifiée, et chacun des trois peut être considéré comme décisif. Le premier est que lorsqu'il est nécessaire de trancher entre plusieurs opinions divergentes (fût-ce au prix d'un recours à la force), il est plus avantageux de s'arrêter à celle qui recueille le plus grand nombre de partisans, et de faire ainsi l'économie d'un conflit violent. La démocratie est la seule méthode de changement pacifique que l'homme ait jusqu'ici découverte (9).

Le deuxième argument, qui historiquement a été le plus important et qui garde beaucoup de poids - bien qu'on ne puisse être sûr qu'il soit encore valable - est que la démocratie est un rempart pour la liberté individuelle. Un écrivain du XVIIe siècle a fait l'observation suivante : « Ce qu'il y a de bon dans la démocratie c'est la liberté, avec le courage et l'ingéniosité que la liberté enfante » (10). Il constatait ainsi que la démocratie n'est pas encore la liberté ; et indiquait simplement qu'elle est plus à même de générer la liberté que d'autres systèmes de gouvernement. C'est un point de vue sans doute bien fondé pour autant que le souci est de prévenir la coercition, car il n'est pas bénéfique pour la majorité que certains individus aient le pouvoir de contraindre les autres par la force ; mais la protection de l'individu contre l'action collective de la majorité est une autre affaire. Dans ce cas, on peut encore soutenir que, puisque la coercition n'est jamais exercée que par quelques-uns, il y a moins de risques de les voir en abuser si le pouvoir qui leur a été conféré peut toujours être révoqué par ceux qui lui sont soumis.

Mais si les chances de liberté individuelle sont meilleures dans une démocratie, cela ne veut pas dire qu'elles soient assurées. Les chances de liberté dépendent de l'intention qu'a la majorité, d'en faire ou non son objectif délibéré. La liberté serait bien compromise si on ne comptait que sur la simple existence d'une démocratie pour la préserver.

Le troisième argument se réfère à l'effet positif qu'ont les institutions démocratiques sur le niveau général de compréhension des affaires publiques. Cela me semble l'argument le plus fort. Il est certes probable, comme on l'a affirmé souvent (11), que le gouvernement aux mains d'une élite cultivée serait, dans une situation donnée, plus efficace, et peut-être même plus juste, qu'un gouvernement issu d'un vote majoritaire. Le point crucial, cependant, est qu'en comparant la forme démocratique de gouvernement avec d'autres formes, on ne peut pas prendre le degré de compréhension des problèmes par le peuple à un moment précis comme une donnée. C'est le message capital du grand livre de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, que la démocratie est la seule méthode efficace pour éduquer la majorité (12). Ce message est aussi vrai aujourd'hui qu'il l'était en son temps. La démocratie est avant tout un processus de formation de l'opinion. Son avantage principal ne réside pas dans sa méthode de sélection de ceux qui gouvernent, mais dans le fait que lorsqu'une grande partie de la population prend une part active dans la formation de l'opinion, il y a aussi une plus grande variété de personnes parmi lesquelles choisir de possibles gouvernants. Même si on admettait que la démocratie ne mette pas le pouvoir dans les mains des plus sages ni des mieux informés, et qu'en toutes circonstances un gouvernement d'hommes d'élite pourrait être plus avantageux pour la collectivité, cela ne devrait pas nous empêcher de donner quand même la préférence à la démocratie. C'est dans ses aspects dynamiques, plutôt que statiques, que la valeur de la démocratie s'affirme. Comme ceux de la liberté, les bienfaits de la démocratie ne se manifestent que dans le long terme, alors que ses performances momentanées peuvent être inférieures à celles d'autres formes de gouvernement.

Admettons que le 3e argument a du plomb dans l'aile ^–^

J'approuve vivement cet autre passage :

L'individu n'a pas grand-chose à redouter des lois générales adoptées par la majorité, mais il a de solides raisons de se méfier des dirigeants qu'elle peut lui imposer pour faire exécuter ses projets. Ce ne sont pas les pouvoirs que des assemblées démocratiques sont en mesure d'utiliser qui constituent le vrai danger couru de nos jours par la liberté individuelle ; ce sont les pouvoirs remis aux fonctionnaires chargés de faire aboutir des plans particuliers. Ayant convenu que la majorité peut prescrire des règles auxquelles nous obéirons en poursuivant nos propres objectifs, nous nous trouvons de plus en plus assujettis aux ordres et décisions arbitraires de ses agents. Il est assez significatif que la plupart des partisans de la démocratie illimitée deviennent vite des avocats de l'arbitraire, expliquant qu'on doit faire confiance aux experts pour discerner ce qui est bon pour la communauté ; et significatif aussi que les plus chauds partisans des pouvoirs illimités de la majorité se trouvent parmi ces mêmes fonctionnaires, qui sont bien placés pour savoir que, lorsque de tels pouvoirs ont été remis, ce sont eux qui les exerceront en réalité, et non la majorité. Rien n'a été plus clairement démontré par l'expérience de notre époque, que, dès que de larges pouvoirs de coercition sont conférés à des organismes publics pour des projets spéciaux, ces pouvoirs échappent en fait au contrôle des assemblées démocratiques. Si ces dernières ne fixent pas elles mêmes les moyens à employer, les décisions de leurs agents deviennent toujours plus ou moins arbitraires.

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Invité Arn0
Que dit Hayek d'ailleurs ?

Admettons que le 3e argument a du plomb dans l'aile ^–^

J'approuve vivement cet autre passage :

On notera que Tocqueville faisait aussi le lien entre arbitraire (au sens de pouvoir discrétionnaire) et démocratie :

DE L'ARBITRAIRE DES MAGISTRATS* SOUS L'EMPIRE DE LA DÉMOCRATIE AMÉRICAINE

Il y a deux espèces de gouvernements sous lesquels il se mêle beaucoup d'arbitraire à l'action des magistrats; il en est ainsi sous le gouvernement absolu d'un seul et sous le gouvernement de la démocratie. Ce même effet provient de causes presque analogues. Dans les États despotiques, le sort de personne n'est assuré, pas plus celui des fonctionnaires publics que celui des simples particuliers. Le souverain, tenant toujours dans sa main la vie, la fortune, et quelquefois l'honneur des hommes qu'il emploie, pense n'avoir rien à craindre d'eux, et il leur laisse une grande liberté d'action, parce qu'il se croit assuré qu'ils n'en abuseront jamais contre lui.

Dans les États despotiques, le souverain est si amoureux de son pouvoir, qu'il craint la gêne de ses propres règles; et il aime à voir ses agents aller à peu près au hasard, afin d'être sûr de ne jamais rencontrer en eux une tendance contraire à ses désirs.Dans les démocraties, la majorité pouvant chaque année enlever le pouvoir des mains auxquelles elle l'a confié, ne craint point non plus qu'on en abuse contre elle.Maîtresse de faire connaître à chaque instant ses volontés aux gouvernants, elle aime mieux les abandonner à leurs propres efforts que de les enchaîner à une règle invariable qui, en les bornant, la bornerait en quelque sorte elle-même.

On découvre même, en y regardant de près, que sous l'empire de la démocratie, l'arbitraire du magistrat doit être plus grand encore que dans les États despotiques. Dans ces États, le souverain peut punir en un moment toutes les fautes qu'il aperçoit; mais il ne saurait se flatter d'apercevoir toutes les fautes qu'il devrait punir. Dans les démocraties, au contraire, le souverain, en même temps qu'il est tout-puissant, est partout à la fois: aussi voit-on que les fonctionnaires américains sont bien plus libres dans le cercle d'action que la loi leur trace qu'aucun fonctionnaire d'Europe. Souvent on se borne à leur montrer le but vers lequel ils doivent tendre, les laissant maîtres de choisir les moyens.

Dans la Nouvelle-Angleterre, par exemple, on s'en rapporte aux select-men de chaque commune du soin de former la liste du jury; la seule règle qu'on leur trace est celle-ci: ils doivent choisir les jurés parmi les citoyens qui jouissent des droits électoraux et qui ont une bonne réputation.

En France, nous croirions la vie et la liberté des hommes en péril si nous confiions à un fonctionnaire, quel qu'il fût, l'exercice d'un droit aussi redoutable. Dans la Nouvelle-Angleterre, ces mêmes magistrats peuvent faire afficher dans les cabarets le nom des ivrognes et empêcher sous peine d'amende les habitants de leur fournir du vin. Un pareil pouvoir censorial révolterait le peuple dans la monarchie la plus absolue; ici, pourtant, on s'y soumet sans peine. Nulle part la loi n'a laissé une plus grande part à l'arbitraire que dans les républiques démocratiques, parce que l'arbitraire n'y paraît point à craindre. On peut même dire que le magistrat y devient plus libre, à mesure que le droit électoral descend plus bas et que le temps de la magistrature est plus limité.

*J'entends ici le mot magistrats dans son acception la plus étendue: je l'applique à tous ceux qui sont chargés de faire exécuter les lois.

http://classiques.uqac.ca/classiques/De_to…cratie_t1_2.pdf

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L'évolution de ce fil me fait penser à une question que je me pose depuis quelque temps. A une époque, mon navigateur me faisait apparaître (sur quel site ?) des citations plus ou moins intéressantes, en anglais. L'une d'elles disait, grosso modo, que la démocratie américaine resterait remarquable jusqu'à ce que les dirigeants se rendent compte qu'ils pouvaient corrompre leurs électeurs avec l'argent de ces derniers. Elle était attribuée à Tocqueville. Quelqu'un pourrait-il fournir des précisions (texte exact, source ?).

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Ce qui pose au moins quatre question :

1-qu'est ce qu'une bonne constitution ?

2-comment la faire adopter ?

3-comment la maintenir en place ?

4-comment faire en sorte qu'elle soit correctement appliquée ?

Je n'arrive pas à retrouver le texte complet (ou une analyse approfondie), je n'ai trouvé que cela.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hay…ale_selon_Hayek

Difficile de répondre à ces questions. Néanmoins, une bonne constitution doit permettre une séparation forte des pouvoirs, je dirais même une répartition diffuse du pouvoir entre différents échelons administratifs (central et local) afin de créer des contre-pouvoirs forts. La première mission d'une bonne constitution serait d'éviter au maximum le centralisme.

Sur les points 2 à 3, j'avoue ne pas avoir d'idée.

Sur le point 4, une Cour Constitutionnelle puissante et totalement indépendante devrait pouvoir s'assurer de la bonne application de la Constitution.

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Les arguments avancés par Hayek me semblent très beaux, mais évidemment contestables, pour des raisons souvent évoqués par des auteurs libertariens comme Buchanan ou de Jasay. (1) Pacifier le processus de décision politique revient à faciliter l'acceptation de la contrainte étatique, qui peut du coup se faire beaucoup plus pesante qu'avant. (2) La rotation des élites (qui est censée limiter l'atteinte aux droits individuels) est une illusion :il y a "lissage" de l'offre politique générale par le bas, c'est-à-dire par l'atteinte permanente et répétée à la propriété. En effet, pour obtenir le pouvoir l'homme politique est contraint de faire des promesses aux membres de sa coalition, c'est-à-dire d'utiliser son pouvoir pour tirer profit de sa situation au détriment de celles concurrentes perdantes. S'il ne le fait pas, il augmente ses chances de ne pas être élu (en tout cas si ses adversaires, eux, acceptent le marchandage). Il devient donc rationnel pour lui de s'aligner sur ses concurrents et d'offrir à son tour de spolier la coalition perdante au profit de celle gagnante. (3) bon, je passe.

Le passage sur les "règles générales" me rappelle ce que dit Buchanan dans the limits of liberty. Pour lui, il faudrait inscrire dans la constitution l'obligation pour le parlement de ne voter que ce genre de lois (et de limiter le plus possible le règlement of course). Le problème demeure cependant : c'est le parlement ou la cour constitutionnelle qui se font gardiens de telles règles générales, ce qui veut dire que dans le premier cas, le parlement et juge et partie, et dans le second, il est toujours possible de rire au nez des juges constit et de faire autrement (qu'on pense à l'arrêt Marbury v. Madison et de la réponse de la présidence à la cour suprême…).

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J'aurais tendance à penser que la démocratie, à savoir élire son dirigeant (Président de la République, pour les députés c'est différent), est un système pervers. Pour être élu, il faut mentir, toujours. Certains mentent seulement plus que d'autres. Un homme politique essaiera en général de se faire le champion de telle ou telle catégorie d'électeurs, parfois de plusieurs catégories, mais jamais de toutes. Donc les gens sont montés les uns contre les autres, or comment gouverner de manière saine des gens qui sont montés les uns contre les autres ? Cela n'est pas possible, du moins je ne vois pas comment. En plus élire le dirigeant demande de l'énergie et du temps. Une République pourrait marcher, mais avec des gens qui ne mentent jamais, et qui acceptent qu'exercer une fonction élective pour le compte de l'Etat ne doive durer qu'un temps; on pourrait le voir comme une étape dans sa carrière.

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J'aurais tendance à penser que la démocratie, à savoir élire son dirigeant (Président de la République, pour les députés c'est différent), est un système pervers. Pour être élu, il faut mentir, toujours. Certains mentent seulement plus que d'autres. Un homme politique essaiera en général de se faire le champion de telle ou telle catégorie d'électeurs, parfois de plusieurs catégories, mais jamais de toutes. Donc les gens sont montés les uns contre les autres, or comment gouverner de manière saine des gens qui sont montés les uns contre les autres ? Cela n'est pas possible, du moins je ne vois pas comment. En plus élire le dirigeant demande de l'énergie et du temps. Une République pourrait marcher, mais avec des gens qui ne mentent jamais, et qui acceptent qu'exercer une fonction élective pour le compte de l'Etat ne doive durer qu'un temps; on pourrait le voir comme une étape dans sa carrière.

<–< ouhla… c'est le degré zéro de la pensée politique. Le mot de Churchill pour rappel : la démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres. Donc rien ne sert de montrer que la démocratie a des défauts, encore faut-il montrer qu'un autre régime ne présenterait pas les mêmes vices et serait préférable. Et je passe sur la spéciosité des arguments.

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<–< ouhla… c'est le degré zéro de la pensée politique.

Pas d'accord, Zax pose confusément un vieux problème: celui de la démagogie des prétendants aux élections dans une démocratie d'opinion. La démocratie n'est pas une sorte de régime à part qui pourrait faire l'économie d'une réflexion sur la vertu de ses gouvernants, sur la prudence et la mesure de ses institutions, à moins de s'en remettre à l'espérance du processus de découverte hayekien, ce qui serait puéril.

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Pas d'accord, Zax pose confusément un vieux problème: celui de la démagogie des prétendants aux élections dans une démocratie d'opinion. La démocratie n'est pas une sorte de régime à part qui pourrait faire l'économie d'une réflexion sur la vertu de ses gouvernants, sur la prudence et la mesure de ses institutions, à moins de s'en remettre à l'espérance du processus de découverte hayekien, ce qui serait puéril.

+1

Je dirais même que la démocratie est, par essence, un système de sélection du dirigeant le plus démago qui existe (selon l'air et le mainstream du moment). Il suffit que celui-ci trouve un seul thème, une phrase de trois mots (yes we can, travailler plus pour gagner plus, etc.) pour qu'il remporte la mise.

Et c'est un défaut majeur.

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J'aurais tendance à penser que la démocratie, à savoir élire son dirigeant (Président de la République, pour les députés c'est différent), est un système pervers.

Le Président est désigné par l’État selon un processus électif. De même les députés et tous les élus politiques. Un bulletin de vote n'est pas un mandat. Les élus ne sont donc pas des représentants du peuple. Les élus, y compris le Président, représentent l’État et uniquement l’État.

Pour être élu, il faut mentir, toujours. Certains mentent seulement plus que d'autres.

Ce n'est pas seulement un mensonge. Il s'agit d'une illusion plus encore que d'un mensonge. L’État n'existe que par une fabrication continue d'illusions. Chaque action de l’État est justifiée par un raison, laquelle raison est toujours une illusion fabriquée par l’État lui-même.

Un homme politique essaiera en général de se faire le champion de telle ou telle catégorie d'électeurs, parfois de plusieurs catégories, mais jamais de toutes.

L'élu en campagne tente de désigner un ennemi extérieur, ou mieux un ennemi intérieur. On rassemble mieux autour d'un ennemi commun.

Donc les gens sont montés les uns contre les autres, or comment gouverner de manière saine des gens qui sont montés les uns contre les autres ? Cela n'est pas possible, du moins je ne vois pas comment.

Au contraire, cette opposition entre les citoyens provient d'un faux débat fabriqué par l’État. Cette apparente dissension entre les citoyens apparait comme une des raisons d’être de l’État. L'Etat de nature entre les hommes est la paix et le commerce et non pas la guerre. Hobbes avait tort. L’État fabrique une réalité illusoire dans le but de paraitre l'arbitre, le pacificateur, le régulateur suprême.

En plus élire le dirigeant demande de l'énergie et du temps. Une République pourrait marcher, mais avec des gens qui ne mentent jamais, et qui acceptent qu'exercer une fonction élective pour le compte de l'Etat ne doive durer qu'un temps; on pourrait le voir comme une étape dans sa carrière.

Le mensonge est un acte consubstantiel du pouvoir politique. La vérité politique est indicible. La transparence serait obscène. Aucun État ne dira la vérité. Aucun État ne dira qu'il est essentiellement nuisible. Un État ne dira pas qu'il gaspille en vain des sommes égales au montant de l’impôt prélevé. Le mensonge est un moyen nécessaire pour accéder au pouvoir politique.

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Anthony de Jasay : the State, Democracy the god that failed de HH Hoppe, et Bertrand de Jouvenel Du pouvoir. Trois livres passionnants sur le sujet, et dont les critiques de la démocratie me semblent indépassables.

En version courte: HHH - Down with democracy

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L'ensemble des arguments anti-democratie de HHH en version ultra synthetique ici: http://www.lewrockwell.com/hoppe/hoppe4.html

The second myth concerns the historic transition from absolute monarchies to democratic states. Not only do neoconservatives interpret this development as progress; there is near-universal agreement that democracy represents an advance over monarchy and is the cause of economic and moral progress. This interpretation is curious in light of the fact that democracy has been the fountainhead of every form of socialism: of (European) democratic socialism and (American) liberalism and neo-conservatism as well as of international (Soviet) socialism, (Italian) fascism, and national (Nazi) socialism. More importantly, however, theory contradicts this interpretation; whereas both monarchies and democracies are deficient as states, democracy is worse than monarchy.

Theoretically speaking, the transition from monarchy to democracy involves no more or less than a hereditary monopoly "owner" — the prince or king — being replaced by temporary and interchangeable — monopoly "caretakers" — presidents, prime ministers, and members of parliament. Both kings and presidents will produce bads, yet a king, because he "owns" the monopoly and may sell or bequeath it, will care about the repercussions of his actions on capital values. As the owner of the capital stock on "his" territory, the king will be comparatively future-oriented. In order to preserve or enhance the value of his property, he will exploit only moderately and calculatingly. In contrast, a temporary and interchangeable democratic caretaker does not own the country, but as long as he is in office he is permitted to use it to his advantage. He owns its current use but not its capital stock. This does not eliminate exploitation. Instead, it makes exploitation shortsighted (present-oriented) and uncalculated, i.e., carried out without regard for the value of the capital stock.

Nor is it an advantage of democracy that free entry into every state position exists (whereas under monarchy entry is restricted by the king's discretion). To the contrary, only competition in the production of goods is a good thing. Competition in the production of bads is not good; in fact, it is sheer evil. Kings, coming into their position by virtue of birth, might be harmless dilettantes or decent men (and if they are "madmen," they will be quickly restrained or if need be, killed, by close relatives concerned with the possessions of the dynasty). In sharp contrast, the selection of government rulers by means of popular elections makes it essentially impossible for a harmless or decent person to ever rise to the top. Presidents and prime ministers come into their position as a result of their efficiency as morally uninhibited demagogues. Hence, democracy virtually assures that only dangerous men will rise to the top of government.

In particular, democracy is seen as promoting an increase in the social rate of time preference (present-orientation) or the "infantilization" of society. It results in continually increased taxes, paper money and paper money inflation, an unending flood of legislation, and a steadily growing "public" debt. By the same token, democracy leads to lower savings, increased legal uncertainty, moral relativism, lawlessness, and crime. Further, democracy is a tool for wealth and income confiscation and redistribution. It involves the legislative "taking" of the property of some — the haves of something — and the "giving" of it to others — the have-nots of things. And since it is presumably something valuable that is being redistributed — of which the haves have too much and the have-nots too little — any such redistribution implies that the incentive to be of value or produce something valuable is systematically reduced. In other words, the proportion of not-so-good people and not-so-good personal traits, habits, and forms of conduct and appearance will increase, and life in society will become increasingly unpleasant.

Last but not least, democracy is described as resulting in a radical change in the conduct of war. Because they can externalize the costs of their own aggression onto others (via taxes), both kings and presidents will be more than 'normally' aggressive and warlike. However, a king's motive for war is typically an ownership-inheritance dispute. The objective of his war is tangible and territorial: to gain control over some piece of real estate and its inhabitants. And to reach this objective it is in his interest to distinguish between combatants (his enemies and targets of attack) and non-combatants and their property (to be left out of the war and undamaged). Democracy has transformed the limited wars of kings into total wars. The motive for war has become ideological — democracy, liberty, civilization, humanity. The objectives are intangible and elusive: the ideological "conversion" of the losers preceded by their "unconditional" surrender (which, because one can never be certain about the sincerity of conversion, may require such means as the mass murder of civilians). And the distinction between combatants and non-combatants becomes fuzzy and ultimately disappears under democracy, and mass war involvement — the draft and popular war rallies — as well as "collateral damage" become part of war strategy.

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Invité Arn0
C'est-à-dire?

Déjà son raisonnement à la limite du début n'a aucun sens (la preuve que la démocratie c'est mal : un état mondial démocratique serait une catastrophe ; dans la mesure ou personne de sensé n'en veut ce n'est pas vraiment un scoop et cela ne nous dit pas grand chose de pertinent sur la démocratie au niveau national).

Ensuite il montre un certaine incompréhension ce qu'est la démocratie : il l'a réduit au principe "un homme une voix" alors que ce n'est qu'une des modalités possibles de ce régime. Il semble oublier que ni les amendements constitutionnels américain, ni l’élection présidentielle (la plus importante) ni l’élection du sénat (de loin la chambre la plus puissante du congrès) ne respectent ce principe : personne de raisonnable ne conteste pour autant le caractère démocratique des usa. Plus significatif encore : la Suisse, souvent considérée comme un modèle de démocratie, ne respecte pas non plus cette règle au niveau fédéral. De même ceux qui réclament une Union européenne "plus démocratique" veulent le plus souvent dire par là une meilleur prise en compte de l'avis de chaque peuple, et une meilleure participation de ces dernier dans l'appareil communautaire, et pas que l'ensemble des décisions soient prises à la majorité simple et s'impose à tous.

Après il réduit les questions politiques à une question de redistribution économique, point important certes mais pas exclusif. Et surtout la redistribution n'est pas exclusif à la démocratie, bien au contraire.

Enfin il parle de l'immoralité de la démocratie parce que la majorité peut décider pour la minorité, mais il défend par ailleurs la monarchie : est-il plus moral pour un seul de décider pour tous ? En réalité il se fait aussi une fausse idée de la monarchie : celle-ci n'est pas comparable à un droit de propriété (l'indisponibilité de la couronne en étant la règle par exemple). Les avantages et les inconvénient des deux régimes (qui par ailleurs ne sont pas incompatible comme le montre les monarchies européennes, sauf à entendre par là monarchie absolue) n'ont rien à avoir avec l'analyse qu'en fait HHH. A vrai dire un monarque qui chercheraient à rentabiliser son royaume sur la durée comme un propriétaire cherchant à rentabiliser sa propriété serait un bien mauvais monarque, pour ne pas dire un tyran.

En gros il créer un homme de paille pour le brûler ensuite, et s’imagine avoir développé un argumentaire pertinent ; le tout en utilisant par ailleurs une formulation assez irritante. Je renvois à Hayek, à Tocqueville ou même aux pères fondateurs américains pour une critique libérale de la démocratie. C'est un peu plus subtil, mais beaucoup plus intéressant.

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