poney

Le néo-libéralisme

181 messages dans ce sujet

Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.

La définition donc :

Dans cet ouvrage sont exposées, avec force et arguments, des thèses que l’on peut juger à bien des égards pertinentes. L’importance, tout d’abord, qu’il y a à ne pas confondre l’ancien libéralisme et le néolibéralisme (cf. aussi Laval, 2009). Aux antipodes du laisser-faire et de l’état minimal, « l’un des traits les plus marquants du néolibéralisme est […] son constructivisme » (p. 66). Le marché et plus encore la concurrence, puisque c’est elle qui est posée comme première1, ne sont plus conçus comme des ordres naturels qu’il suffirait de respecter. Ils demandent à être institués par l’intervention publique2. Partant de là, il importe de saisir la cohérence d’ensemble du néolibéralisme : plus que le simple plaidoyer en faveur du marché et des privatisations, il est porteur d’une vision d’ensemble, d’un modèle de gouvernementalité3, entendu comme un modèle global de rationalité qui prétend soumettre au principe de la concurrence l’ensemble des sphères d’activités, de l’état (réorganisé sur un mode managérial selon les principes du New Public Management), à la conception même de l’individu (conçu et porté comme entrepreneur de soi)[…]le néolibéralisme promeut uniquement une certaine forme d’intervention publique. D’un point de vue théorique, à l’instar de ce qu’on trouve dans le programme dit néo-keynésien[…]Au départ (de l’analyse) sont les marchés, l’état vient ensuite comme complément nécessaire pour instituer certaines règles ou afin de surmonter certaines imperfections sur les marchés. La mission même qui lui est assignée est de réaliser le programme du marché (baisser le coût du travail avec les aides publiques à l’emploi par exemple), et son fonctionnement doit, de même, relever des règles de la concurrence. Si, avec les keynésiens cette fois, on accepte de considérer que l’intervention publique a, au contraire, une positivité propre, alors l’alternative marché / intervention publique retrouve sa pertinence.

http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.

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Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.

La définition donc :

http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.

Ou une forme de conservatisme.

Le problème sémantique est toujours le même : néo-libéralisme, ça fait penser à libéralisme, donc dans l'esprit des gens c'est la même chose. Les profs de ma fac profitent de cet amalgame en utilisant sciemment les deux termes pour désigner le même courant de pensée, espérant (et ils y arrivent) instituer cette liaison dans l'esprit des étudiants.

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Je vois pas ce que ça a à voir avec le keynésianisme. E s'il y a bien une définition pertinente du néo-libéralisme c'est celle de l'article : favoriser le plus possible la concurrence pour tendre vers la concurrence pure et parfaite, quitte à intervenir avec l'Etat. Le néo-libéralisme est dans ce cas bien différent du libéralisme tout court mais la définition est cohérente.

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Je vois pas ce que ça a à voir avec le keynésianisme. E s'il y a bien une définition pertinente du néo-libéralisme c'est celle de l'article : favoriser le plus possible la concurrence pour tendre vers la concurrence pure et parfaite, quitte à intervenir avec l'Etat. Le néo-libéralisme est dans ce cas bien différent du libéralisme tout court mais la définition est cohérente.

Faire intervenir l'Etat, c'est quand même plus proche de Maynard que du libéralisme. La définition peut-être cohérente, mais je ne vois toujours pas ce que les mots "neo" et "liberalisme" viennent faire ensemble. Parler du marché ne suffit pas, même le PS croit plus ou moins au marché aujourd'hui, ça ne fait pas du PS des libéraux.

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Il est clair que la plupart des professeurs de fac qui se prononcent sur le sujet, souvent avec véhémence (alors que ceux pour qui c'est clair n'en parlent pas) n'ont qu'une vision très trouble du libéralisme. J'ai récemment entendu assimiler l'utopie du marché néo-libérale avec le libertarianisme, par un professeur qui voulait les opposer à un "libéralisme classique", dans ce cas les libertariens servaient d'hommes de paille à une mise en valeur du pré-libéralisme républicain anglo-hollandais du XVII°, évidemment beaucoup plus gentil, etc etc.

(Edit : pour ce qui est de ma première question, je la supprime, un brin de documentation y a répondu par la négative).

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Faire intervenir l'Etat, c'est quand même plus proche de Maynard que du libéralisme. La définition peut-être cohérente, mais je ne vois toujours pas ce que les mots "neo" et "liberalisme" viennent faire ensemble. Parler du marché ne suffit pas, même le PS croit plus ou moins au marché aujourd'hui, ça ne fait pas du PS des libéraux.

Le PS et la gauche dans son ensemble ne croient pas à la vertu de la concurrence.

Le problème dans tout ça reste quand même que le terme néo-libéralisme est utilisé sous forme péjorative dans la plupart des médias, et englobe généralement à peu près tout et n'importe quoi pour les journalistes. Entre les "néo-libéraux" et les "ultra-libéraux" on a pour eux la cause de tous les maux de la planète.

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Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.

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Hello chers amis,

Si vous vous demandiez, comme moi, ce que recouvrait le terme "neo-liberalisme", j'ai enfin une définition, j'ai enfin trouvé ce que "ils" entendaient par là.

La définition donc :

http://regulation.re.../index7722.html

C'est donc, en gros, du Keynesianisme. On a rien a craindre.

Dardot et Laval sont deux chercheurs qui se situent dans le courant marxien contemporain. J'ai eu l'occasion de lire le livre cité, "L'homme économique" de Laval tout seul et de voir Dardot en conférence à sciences po. La nouvelle raison est un travail d'histoire des idées remarquable, et défend une thèse à mon avis tout à fait plausible et intelligemment argumentée. La distinction entre libéralisme et néolibéralisme n'est d'ailleurs pas l'apanage de l'ext gauche, certains auteurs conservateurs comme Paul Gottfried ou franchement libertarien, comme par exemple ici : http://mises.org/daily/885 parlent aussi de rupture radicale entre le libéralisme tel qu'il est professé aujourd'hui et ses versions postérieures à la fin 19ème. Ceci étant dit, elle est l'analyse la plus carrée du néolibéralisme que j'ai pu trouvé, et domine largement les autres par sa rigueur et sa connaissance du sujet. Comme quoi, on trouve des bonnes choses même chez les marxistes.

Un exemple "canonique" de néolibéral : la théorie politique de James Buchanan, dans laquelle les arrangements institutionnels dépassent largement ceux de l'état minimal du 19ème, et servent comme autant d'incitations à l'élaboration du marché.

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J'ai mis cette définition parce que je vais assister à un séminaire de Lordon, donc je m'y prépare. C'est pas tellement que j'essaye de le définir, c'est que j'essaye de comprendre quelle merde il y a dans la tête de ces gens (Lordon ne parle pas de "neo" libéralisme, mais bien de libéralisme tout court). J'ai déjà une argumentation épistémologique prête (aligner 300 pages d'essayisme idéologique ne permet pas de se promener en se disant "anthropologue"), mais pour le reste, je continue à me renseigner.

@F.Mas : j'ai pas lu ce bouquin, mais on en parle régulièrement dans les couloirs de l'EHESS, va falloir que je le fasse. Je vais commencer par lire ton lien, merci. Je pense comme toi qu'on trouve de bonnes choses chez les Marxistes, notamment dans la critique de l'Etat et du capitalisme de copinage, mais il faut trier, beaucoup trier et faire fi de leur novlangue.

Le PS et la gauche dans son ensemble ne croient pas à la vertu de la concurrence.

Le problème dans tout ça reste quand même que le terme néo-libéralisme est utilisé sous forme péjorative dans la plupart des médias, et englobe généralement à peu près tout et n'importe quoi pour les journalistes. Entre les "néo-libéraux" et les "ultra-libéraux" on a pour eux la cause de tous les maux de la planète.

Oui, je suis d'accord, c'est un fourre-tout idéologique pour y mettre tout les maux de la planète, ce que je voulais dire pour le PS, c'est qu'il est loin d'être anti-marché (même si on retrouve du protectionnisme par ci par là, ce n'est pas le PCF ou le NPA), ce que lui reproche d'ailleurs la gauche de la gauche.

Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.

Bien sur, mais a partir du moment où beaucoups, une majorité de gens aujourd'hui d'ailleurs, en parle, autant savoir de quoi ils parlent.

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Revue de la régulation ? Seriously?

Indeed. Comme je le disais plus haut, je vais devoir supporter 4h de Lordon, je lis ses papiers depuis deux jours.

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Il faut trier, et on ne retrouve pas la même rigueur intellectuelle chez les types qui se réclament du bouquin ou qui le porte au pinacle. Je note d'ailleurs au passage que dès les premières lignes du bouquin, il est expliqué que le néolibéralisme n'est pas le libéralisme classique, encore moins le libertarisme, qui sont hors champ d'étude.

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Vous essayez de donner la définition d'un concept qui n'existe pas. Vous connaissez beaucoup d'hommes politiques qui se disent néo-libéraux ? Le néo-libéralisme, c'est juste un ensemble flou dans lequel la gauche met tout ce qui est plus à droite qu'eux et qui est donc par essence fondamentalement mauvais.

Thatcher a souvent été désignée comme "néolibérale" du fait de ce que l'on appellait "the free economy and the strong state". Le néolibéralisme, c'est en fait une sorte de théorie de la concurrence pure et parfaite à la Walras et pilotée par l'Etat. A ce titre, le "néolibéralisme", c'est plus quelque chose qui se rattache aux néoclassiques, mais cela ne correspond certainement pas à du libéralisme comme nous le connaissons.

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Il faut trier, et on ne retrouve pas la même rigueur intellectuelle chez les types qui se réclament du bouquin ou qui le porte au pinacle. Je note d'ailleurs au passage que dès les premières lignes du bouquin, il est expliqué que le néolibéralisme n'est pas le libéralisme classique, encore moins le libertarisme, qui sont hors champ d'étude.

Oui, il font peut-être la distinction, mais ça se limite à une phrase, du moins dans l'article ici. Ce que je ne vais pas me gêner de dire à Lordon, c'est qu'il participe à une sorte d'hygienisme intellectuel, au mélange volontairement flou des genres. Ses papiers sont truffés de référence au libéralisme, mais jamais il ne se réfère absolument jamais aux libéraux eux-même (sauf quand ça l'arrange, et encore), seulement aux (néo)marxistes et autres étatistes. Ce n'est même plus un biais idéologique, c'est du matraquage politique.

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Thatcher a souvent été désignée comme "néolibérale" du fait de ce que l'on appellait "the free economy and the strong state". Le néolibéralisme, c'est en fait une sorte de théorie de la concurrence pure et parfaite à la Walras et pilotée par l'Etat. A ce titre, le "néolibéralisme", c'est plus quelque chose qui se rattache aux néoclassiques, mais cela ne correspond certainement pas à du libéralisme comme nous le connaissons.

C'est un peu ça : la thèse des deux auteurs cités pourrait être résumée par : le néolibéralisme est l'ensemble des discours correspondant à une pratique de gouvernement née à la fin des années 1970. Sa cohérence et son efficacité ne doivent être comprises que par rapport à cette pratique. Dans cette histoire, les différentes théories du libéralisme sont sélectionnées et reformatées pour justifier l'activité de gouverner. On prendra par exemple la théorie de la firme de Coase ou de l'entrepreneuriat de Mises pour "moderniser" le fonctionnement de l'appareil d'Etat et son épine dorsale bureaucratique (qui par l'opération non pas du saint Esprit, mais du langage managérial, deviendra tout à coup super compatible avec les marchés libres).

@Poney : je ne connais pas ce que dit en substance Lordon, mais ce qu'en dit la fiche wiki ne garantit pas en effet le degré de sérieux nécessaire pour juger de l'évolution intellectuelle du libéralisme depuis ses lointaines origines. En d'autres termes, ça sent la grosse arnaque partisane.

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Bien sur, mais a partir du moment où beaucoup, une majorité de gens aujourd'hui d'ailleurs, en parle, autant savoir de quoi ils parlent.

Je suis tout à fait d'accord, mais la définition de ce terme varie beaucoup selon les gens et semble être un gros fourre-tout idéologique de privatisations, crony capitalism et dérégulations plus ou moins fictives.

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C'est un peu ça : la thèse des deux auteurs cités pourrait être résumée par : le néolibéralisme est l'ensemble des discours correspondant à une pratique de gouvernement née à la fin des années 1970. Sa cohérence et son efficacité ne doivent être comprises que par rapport à cette pratique. Dans cette histoire, les différentes théories du libéralisme sont sélectionnées et reformatées pour justifier l'activité de gouverner. On prendra par exemple la théorie de la firme de Coase ou de l'entrepreneuriat de Mises pour "moderniser" le fonctionnement de l'appareil d'Etat et son épine dorsale bureaucratique (qui par l'opération non pas du saint Esprit, mais du langage managérial, deviendra tout à coup super compatible avec les marchés libres).

Personnellement, je ne me suis jamais vraiment retrouvé chez Thatcher ou Reagan.

@Poney : je ne connais pas ce que dit en substance Lordon, mais ce qu'en dit la fiche wiki ne garantit pas en effet le degré de sérieux nécessaire pour juger de l'évolution intellectuelle du libéralisme depuis ses lointaines origines. En d'autres termes, ça sent la grosse arnaque partisane.

il a un blog : http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-

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Je suis tout à fait d'accord, mais la définition de ce terme varie beaucoup selon les gens et semble être un gros fourre-tout idéologique de privatisations, crony capitalism et dérégulations plus ou moins fictives.

Tout à fait. Je vois surtout le terme utilisé de manière vague par certains anti-libéraux qui semblent vouloir conserver plus ou moins les libertés individuelles impliquées par le libéralisme tout en rejetant tout ou partie des libertés économiques. Puisque certains n'osent plus se réclamer marxiste, réactionnaire, luddite, national-socialiste (Godwin!) et j'en passe, attaquer le chimérique néo-libéralisme plutôt que le libéralisme et ses fondations idéologiques donne un ton plus "mesuré" (et hypocrite) à celui qui le professe.

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C'est cool ça. Maintenant que nous avons la vraie définition du néo-libéralisme, nous aussi on va pouvoir dénoncer les "perversités du système néo-libéral", et ainsi être dans l'vent ;)

Plus sérieusement, j'ai un peu du mal à voir la différence avec l'ordolibéralisme.

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C'est cool ça. Maintenant que nous avons la vraie définition du néo-libéralisme, nous aussi on va pouvoir dénoncer les "perversités du système néo-libéral", et ainsi être dans l'vent ;)

Plus sérieusement, j'ai un peu du mal à voir la différence avec l'ordolibéralisme.

Les deux auteurs insistent beaucoup sur les points de convergence entre néo et ordo libéralisme (il y a un chapitre consacré à l'ordo et un autre sur les racines ordo-libérales de l'esprit des institutions de l'Union Européenne).

Indépendamment des modes universitaires et des passions idéologiques, parler de néolibéralisme me paraît tout à fait bienvenu pour distinguer cette espèce particulière de libéralisme -qui, si on prend les critères du libéralisme d'avant la fin 19eme n'en est pas vraiment un- qui internalise l'Etat démocratique pour mieux l'accepter comme une de ses excroissances naturelles. A mon avis, l'idée qui sous-tend à la théorie du néolibéralisme, qui revient à dire qu'il existe une rupture radicale au sein de la tradition philosophique libérale en matière de gouvernabilité liée aux circonstances économique et sociale du 19eme siècle, est fondamentalement vraie. Mais cette rupture a aussi eu lieu au sein de la tradition socialiste. Brrr, je commence à parler comme Michel Foucault. Je vais me laver la bouche.

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Mais c'est très bien Foucault.

Je ne suis pas sur que c'est que tu disais dans ton message F.mas, mais moi, ce qui me dérange, ce n'est pas tellement leur analyse, au sens "ce qu'ils dénoncent". Ce qui me rend malade dans cette histoire, ce sont les remèdes et surtout l'amalgame qu'on retrouve quasiment systématiquement (alors, peut etre pas dans le livre critiqué dans l'article en lien ici, mais c'était pas l'objet premier du thread) avec le libéralisme, la mondialisation, le capitalimse, les grands patrons, la gôôôôche, la droite, l'europe libérale (sic), … Quand je lis Wacquant, je suis en bonne partie en accord avec son constat, mais j'ai envie de le trucider une fois qu'il va plus loin que la simple suite de faits.

Il est sans doute tout à fait bienvenu de parler de cette rupture, mais l'amalgame constant par la suite est énervant.

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Tout à fait d'accord. Pour l'anecdote, quand j'ai vu Dardot au cevipof, la présentation de ses travaux étaient très intéressantes. Et puis, il y a eu la séance de questions par le public, dont une bonne partie était assez militante (genre attac), ce qui a poussé le conférencier à sortir de l'analyse pour s'essayer à la prospective politique. Et là, c'est devenu n'importe quoi de chez n'importe quoi. Du grand guignol avec le grand patronat dans le rôle du bad guy, la défense de la littérature qui devait passer par la sortie de l'école de la société marchande,etc. Bref lieux communs sur lieux communs. D'ailleurs, il y eu un signe qui ne trompe pas : Lucien Jaume a assisté à toute la conf jusqu'à ce moment là, où il s'est barré visiblement assez agacé.

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Indépendamment des modes universitaires et des passions idéologiques, parler de néolibéralisme me paraît tout à fait bienvenu pour distinguer cette espèce particulière de libéralisme -qui, si on prend les critères du libéralisme d'avant la fin 19eme n'en est pas vraiment un- qui internalise l'Etat démocratique pour mieux l'accepter comme une de ses excroissances naturelles. A mon avis, l'idée qui sous-tend à la théorie du néolibéralisme, qui revient à dire qu'il existe une rupture radicale au sein de la tradition philosophique libérale en matière de gouvernabilité liée aux circonstances économique et sociale du 19eme siècle, est fondamentalement vraie. Mais cette rupture a aussi eu lieu au sein de la tradition socialiste.

Du coup, le libéralisme classique se scinderait en néo-libéralisme (qui intègre l'état comme outil de régulation, le seul "libéralisme" connu du commun des mortels) et paléo-libéralisme (plus ou moins le libertarianisme, ce qu'ici nous appelons "libéralisme" tout court) ?

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Du coup, le libéralisme classique se scinderait en néo-libéralisme (qui intègre l'état comme outil de régulation, le seul "libéralisme" connu du commun des mortels) et paléo-libéralisme (plus ou moins le libertarianisme, ce qu'ici nous appelons "libéralisme" tout court) ?

Dans ce cas le néo-libéralisme serait du keynésianisme, voire du "liberalism" anglo-saxon. Mais encore une fois, je ne vois personne se dire néo-libéral en France. Ce qui est tout de même étonnant, vu qu'il s'agirait de l'opinion dominante dans les médias.

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Du coup, le libéralisme classique se scinderait en néo-libéralisme (qui intègre l'état comme outil de régulation, le seul "libéralisme" connu du commun des mortels) et paléo-libéralisme (plus ou moins le libertarianisme, ce qu'ici nous appelons "libéralisme" tout court) ?

Oui, je pense que les effets conjugués de la démocratisation et de la révolution industrielle ont eu pour effet un changement assez notable en théorie politique, comme en témoigne l'émergence de l'utilitarisme qui n'est pas totalement étranger au changement d'attitude face à l'Etat.

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Dans ce cas le néo-libéralisme serait du keynésianisme, voire du "liberalism" anglo-saxon. Mais encore une fois, je ne vois personne se dire néo-libéral en France. Ce qui est tout de même étonnant, vu qu'il s'agirait de l'opinion dominante dans les médias.

C'est plus ou moins ce qu'on peut lire ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/12/l-epouvantail-du-capitalisme-dominant_1626791_3232.html

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Dans ce cas le néo-libéralisme serait du keynésianisme, voire du "liberalism" anglo-saxon. Mais encore une fois, je ne vois personne se dire néo-libéral en France.

Oui pour le liberalism anglo-saxon.

Pour ce qui est de ses défenseurs, j'ai déjà discuté à plusieurs reprises avec des jeunes "élites" (Science po, ENA et ce qui s'ensuit) qui se disaient volontiers libérales tout en rejetant violemment mes définitions.

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J'ai rarement rencontré des étudiants de Science-Po, ENA etc etc, mais je veux bien te croire. D'où l'importance de supprimer ces écoles :icon_biggrin:

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Tiens c'est amusant, je cherchais justement aujourd'hui à formaliser une bonne définition du néolibéralisme.

A mon sens, la notion de néolibéralisme pour désigner des pratiques de gouvernement étendant à toutes les sphères de la vie humaine les mécanismes de marché est loin d'être inutile mais il y a d'importantes objections à opposer, à savoir :

D'une ce néolibéralisme pourrait tout autant, sinon mieux, s'appeler néosocialisme. Quand l'Etat privatise une entreprise, il ne le fait pas du tout pour une raison de principe ou idéologique mais parce que la gestion privée est plus efficace que la sienne, que la vente lui procurera des fonds et qu'il pourra lever des impôts sur cette gestion, tous ces fonds étant affectés à de nouvelles activités et donc l'accroissement ou la perpétuation de l'emprise de l'Etat. En d'autres termes, l'Etat privatise par utilitarisme et pour étendre son action sociale. Révélateur est le fait que dans la mesure du possible l'Etat évitera les vraies libéralisation et formera des cartels légaux (téléphonie mobile).

Il est remarquable au passage que les intellectuels aient rationalisé le système qu'ils critiquent sous l'appellation de néolibéralisme plutôt que néosocialisme. En revanche ce n'est pas surprenant.

De deux le système néolibéral n'a pas grand chose à voir avec ceux qu'on présente comme ses auteurs. Encore pour Friedman ça peut se discuter mais pour Hayek, c'est purement et simplement n'importe quoi. En revanche les critiques du néolibéralisme ne nous parlent pas de Keynes ce qui montre un manque de cohérence certain.

Enfin la critique du néolibéralisme passe beaucoup trop vite sur la question du caractère délibéré du néolibéralisme. En d'autres termes, le néolibéralisme est-il une politique voire une pratique de gouvernement ou bien ne serait-il qu'un phénomène ?

Ou une forme de conservatisme.

Le problème sémantique est toujours le même : néo-libéralisme, ça fait penser à libéralisme, donc dans l'esprit des gens c'est la même chose. Les profs de ma fac profitent de cet amalgame en utilisant sciemment les deux termes pour désigner le même courant de pensée, espérant (et ils y arrivent) instituer cette liaison dans l'esprit des étudiants.

Et la marmotte met le chocolat dans le papier d'alu.

Mais c'est très bien Foucault.

A ce propos est-ce que les textes qu'il a écrit sur le sujet sont disponibles en ligne ?

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A mon sens, la notion de néolibéralisme pour désigner des pratiques de gouvernement étendant à toutes les sphères de la vie humaine les mécanismes de marché est loin d'être inutile mais il y a d'importantes objections à opposer, à savoir :

D'une ce néolibéralisme pourrait tout autant, sinon mieux, s'appeler néosocialisme. Quand l'Etat privatise une entreprise, il ne le fait pas du tout pour une raison de principe ou idéologique mais parce que la gestion privée est plus efficace que la sienne, que la vente lui procurera des fonds et qu'il pourra lever des impôts sur cette gestion, tous ces fonds étant affectés à de nouvelles activités et donc l'accroissement ou la perpétuation de l'emprise de l'Etat. En d'autres termes, l'Etat privatise par utilitarisme et pour étendre son action sociale. Révélateur est le fait que dans la mesure du possible l'Etat évitera les vraies libéralisation et formera des cartels légaux (téléphonie mobile).

(…)

De deux le système néolibéral n'a pas grand chose à voir avec ceux qu'on présente comme ses auteurs. Encore pour Friedman ça peut se discuter mais pour Hayek, c'est purement et simplement n'importe quoi. En revanche les critiques du néolibéralisme ne nous parlent pas de Keynes ce qui montre un manque de cohérence certain.

Enfin la critique du néolibéralisme passe beaucoup trop vite sur la question du caractère délibéré du néolibéralisme. En d'autres termes, le néolibéralisme est-il une politique voire une pratique de gouvernement ou bien ne serait-il qu'un phénomène ?

Sur la première objection : le néolibéralisme instaure une pratique largement mixte (intervention d'un côté, dérégulation de l'autre) tout en parlant la langue du libéralisme, voire de l'entreprise (haa les joies du New Public Management). Il est donc assez normal de le classer plus du côté des libéraux que des socialistes, même si le préfixe néo vise justement à indiquer la distance avec ses autres espèces.

Sur la seconde objection : si tu parles de ce qu'en disent Dardot et Laval, il y a choix de textes et de solutions trouvés chez les auteurs, et pas reprise formelle de tel ou tel auteur canonique

La réponse à la troisième objection est liée à la seconde : la cohérence des discours s'est faite à travers les politiques néolibérales, et non l'inverse (il n'y a pas à proprement parler de théorie néolibérale qui précéderait sa pratique).

Sur Foucault : je ne crois pas qu'il y ait de textes online et ses textes sur le "gouvernement de soi" coûtent bonbon :icon_confused:

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