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Trop-plein de dépenses publiques


Arturus

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Je viens de jeter un oeil sur le suivi des défaillances d’entreprises de la Banque de France que j’avais déjà évoqué dans un article. On est toujours dans une période de fort recul du nombre de défaillances, situation très artificielle voire inquiétante qui illustre bien la période d'argent magique dans laquelle on vit et qui devrait durer encore un peu, car comme le dit la BDF :
« Malgré l’abandon progressif des dispositifs de soutien, une partie des mesures étant reconduites dans le plan de sortie de crise, les chiffres de défaillances des derniers mois de 2021 restent inférieurs à ceux observés en 2019 et 2020 (cf. graphique 3). Il n’y a donc à ce stade aucun signe d’une reprise des défaillances ou d’une vague de faillites à venir. »
Graphique 3 :

BDF Défaillance d'entreprises.png

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Si je puis me permettre une hypothèse statistique alternative, basée sur un biais de sélection.

 

1/ Je crains que très peu d'entreprises n'aient été créées lors des 18 derniers mois

2/ Les défaillances d'entreprise interviennent souvent dans les premières années de vie

3/ Et donc artificiellement moins de défaillances, sans que la perfusion financière ne soit le coeur du truc

 

 

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C'est à creuser, mais à première vue, ce ne serait pas le cas :
- INSEE Un nouveau record de créations d’entreprises en 2020 malgré la crise sanitaire (+9% pour micro-entrepreneurs, -13% pour entreprises individuelles classiques et stabilité de création pour sociétés)
- INSEE : Rebond des créations d’entreprises en juin 2021 ; forte hausse sur les 12 derniers mois

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  • 3 weeks later...
  • 1 month later...

Hier, sur la télévision belge, l'émission #investigation (pensez Envoyé Spécial, plus que Lucet, j'espère) était consacrée à ces deux sujets:

 

1) la disparition du cash; d'abord centré sur les actions des banques (économies, augmentation des profits, ... au détriment des clients "moins à l'aise avec les paiements électroniques), mais qui a quand même parlé du tracking possible par l'état, et laissé parler pas mal de témoins dans ce sens. Et donné l'exemple de la Suède et de l'Allemagne, très attachées voire ré-attachées au cash, pour toutes ces raisons.

 

mais surtout, et voilà pourquoi je poste ici:

2) la gabegie financière des Provinces en Belgique (l'un de nos nombreux niveaux de pouvoir / administratif). 

Pas mal d'exemples de structures "non lucratives", subsidées/financées/ fournissant des services à l'Etat mais de manière... très douteuse.

 

Malheureusement, je ne pense pas que cela soit visible depuis la France...

 

https://www.rtbf.be/auvio/detail_investigation?id=2862845

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  • 4 months later...

La Cour des comptes alerte l’Etat sur le pilotage des finances publiques

 

Citation

En 2021, les dépenses nettes du budget général de l’Etat ont donc augmenté de 37,1 milliards d’euros, à 426,7 milliards, notamment en raison de la poursuite des mesures d’urgence liées à la crise sanitaire, relève la Cour dans son rapport. Mais, même hors mesures de soutien et de relance, la hausse a été « rapide », à + 5,1 % (+ 17,6 milliards), pointe l’institution.

 

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  • 3 weeks later...
Il y a 3 heures, Antoninov a dit :

Dans le même thème, cette diatribe contre la mauvaise gestion de la dette. Je poste mais je ne suis pas en mesure de juger si c'est justifié..

 

 

 

 

Mais qu'il est démago. C'est une illustration de plus de la nullité de l'état planificateur, mais il a l'air tout aussi mauvais lui dans l'exercice à se poser en Colbert.

 

Les obligations liées à l'inflation permettent aux deux parties d'avoir un taux de base plus bas (pour l'emprunteur) et une protection en cas de hausse de l'inflation (le créancier). Au moment où il a émis ces titres, l'Etat a pu s'endetter à moins cher que ce qu'il aurait dû faire à l'époque, mais il porte en contrepartie le risque de l'inflation. No pain, no gain. L'outil en lui-même a permis des économies importantes au démarrage et tant que l'inflation baissait (plus que les anticipations), et ça se retourne là puisque le risque se concrétise. Un peu comme un taux variable pour un particulier. Fidèle à lui-même, l’État a pris l'argent tout de suite et renvoyé au lendemain le risque, pour s'endetter à moins cher à l'époque. Du bon politicien de bas étage, à la manière emprunts toxiques.

 

C'était il y a 2-5 ans qu'il fallait poser la question de rembourser, et je ne sais pas si l'Etat pouvait alors rembourser par anticipation des titres de dette existants, et dans quelles conditions surtout. C'est peut-être @Arturus qui saurait le mieux commenter ici (?). Mais je pressens que ça ne soit pas aussi évident que ce qu'il nous présente. De ce que je lis ici ou , "Le coupon, fixe, est calculé sur une valeur nominale qui évolue au gré de l’inflation" donc je suppute que à taux très bas, le nominal explose (pour avoir un coupon qui reste au même niveau) et que donc il aurait fallu payer très cher pour les rembourser par anticipation. A confirmer, j'insiste. Ce n'est pas un sujet que je connais bien.

 

Je ne sais pas en tout cas si France Trésor a fait son job de roller le maximum de dettes vieilles lors de la phase de taux négatif. Il y a bien une baisse forte du service de la dette mais ça n'épuise pas la question. Et supposer que l'Etat a mal fait son travail est quand même le scénario le plus crédible...

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Merci @Lexington, j'allais écrire la même chose.

 

J'ajouterais que l'État français bénéficie d'une protection naturelle contre l'inflation, puisque ses sources de revenu (les impôts et taxes) sont dans leur grande majorité définis en pourcentages. Cela a deux effets positifs:

 

  • L'État a donc un avantage comparatif à émettre cette protection (i.e., il peut la vendre plus chère que son coût actuariel), qui est normalement plus demandée qu'elle n'est offerte puisque, normalement, davantage de gens cherchent à se protéger contre l'inflation que l'inverse
  • Émettre des obligations protégées contre l'inflation permet aussi à l'État d'avoir une position neutre sur l'inflation. Sans ça, l'État français serait exposé au risque inflationniste en étant 'long' inflation, c'est à dire qu'il bénéficierait d'une forte inflation mais souffrirait en cas de déflation
    • Ce n'est pas le rôle de l'Etat de prendre des paris directionnels sur l'inflation. Cette position 'neutre' est idéale pour la bonne gouvernance de l'État, en permettant d'éviter un conflit d'intérêt massif.

 

Donc non, émettre des obligations indexées sur l'inflation, pour l'État, c'est de la bonne gestion.

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il y a 23 minutes, Lexington a dit :

Les obligations liées à l'inflation permettent aux deux parties d'avoir un taux de base plus bas (pour l'emprunteur) et une protection en cas de hausse de l'inflation (le créancier). Au moment où il a émis ces titres, l'Etat a pu s'endetter à moins cher que ce qu'il aurait dû faire à l'époque, mais il porte en contrepartie le risque de l'inflation. No pain, no gain. L'outil en lui-même a permis des économies importantes au démarrage et tant que l'inflation baissait, et ça se retourne là puisque le risque se concrétise. Exactement comme un taux variable pour un particulier. Fidèle à lui-même, l’État a pris l'argent tout de suite et renvoyé au lendemain le risque, pour s'endetter à moins cher à l'époque. Du bon politicien de bas étage, à la manière emprunts toxiques.

Oui, c'est exactement ça.

 

il y a 23 minutes, Lexington a dit :

C'était il y a 2-5 ans qu'il fallait poser la question de rembourser, et je ne sais pas si l'Etat pouvait alors rembourser par anticipation des titres de dette existants, et dans quelles conditions surtout. C'est peut-être @Arturus qui saurait le mieux commenter ici (?). Mais je pressens que ça ne soit pas aussi évident que ce qu'il nous présente. De ce que je lis ici ou , "Le coupon, fixe, est calculé sur une valeur nominale qui évolue au gré de l’inflation" donc je suppute que à taux très bas, le nominal explose (pour avoir un coupon qui reste au même niveau) et que donc il aurait fallu payer très cher pour les rembourser par anticipation. A confirmer, j'insiste.

Oui, il pouvait sans doute, mais pour que cela soit intéressant il lui aurait fallu anticiper l'inflation mieux que le marché.

 

Sinon

"Le coupon payé est un coupon annuel calculé selon la formule suivante : coupon réel x nominal x coefficient d’indexation."

https://www.aft.gouv.fr/fr/oati-presentation

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il y a 5 minutes, Neomatix a dit :

Donc non, émettre des obligations indexées sur l'inflation, pour l'État, c'est de la bonne gestion.

C'est rigoureusement vrai, à la condition que le taux d'inflation ne soit pas calculé par l'État, auquel cas ce serait un lourd conflit d'intérêt. ;)

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Merci, super clair.

 

Et sinon, pour le lol, ce monsieur était le candidat du RN pour le poste de président de la commission des finances. On est bien barrés vu le niveau de nos politiciens.

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il y a 12 minutes, Rincevent a dit :

C'est rigoureusement vrai, à la condition que le taux d'inflation ne soit pas calculé par l'État, auquel cas ce serait un lourd conflit d'intérêt. ;)

Normalement, ils seraient exposés à leur propre taux dans les deux sens: indexation des tranches d'imposition, des salaires de la fonction publique, etc. Donc ça limiterait le conflit d'intérêt, justement.

 

Bon, sinon, je lis que l'indexation ne peut pas descendre en-dessous de zéro, c'est un peu con car ça atténue la protection de l'Etat (qui lui est exposé à la déflation).

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Il y a 7 heures, Lexington a dit :

mais il a l'air tout aussi mauvais lui dans l'exercice à se poser en Colbert

 

Le 25/07/2022 à 09:33, Lexington a dit :

Je pense que sur ce forum d'INTx on sous-estime très largement l'importance de cela.

 

:mrgreen:

 

____

 

Il y a 6 heures, Lexington a dit :

Et sinon, pour le lol, ce monsieur était le candidat du RN pour le poste de président de la commission des finances. On est bien barrés vu le niveau de nos politiciens.

 

C'est la crème de la crème. Un petit groupe de dupontgnangnantistes qui ont trahi pour le FN pile au bon moment. Et comme ils se trouvent être les seuls en dehors de la smala Le Pen à pouvoir aligner deux idées, ils sont devenus l'élite du parti en deux temps, trois mouvements :D .

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il y a une heure, Bézoukhov a dit :

 

 

:mrgreen:

 

____

 

 

C'est la crème de la crème. Un petit groupe de dupontgnangnantistes qui ont trahi pour le FN pile au bon moment. Et comme ils se trouvent être les seuls en dehors de la smala Le Pen à pouvoir aligner deux idées, ils sont devenus l'élite du parti en deux temps, trois mouvements :D .

 

Heureusement qu'il y a des ENT :)

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