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Inflation officielle vs. inflation réelle et évolution des salaires

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Bonjour!

Je souhaite proposé sur liberaux.org un article que j'ai écrit sur la divergence entre l'inflation officielle et l'inflation constatée au quotidien.

J'aimerais enrichir ma réflexion sur ce sujet avec vous à travers cette discussion et les idées, critiques que vous pourriez avoir sur cet article.

Bonne lecutre (enfin, j'espère)! ;)

Edit: Version remaniée en téléchargement.

inflations_evolution_salaires_v2.pdf

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Pas mal. Quelques tournures et typos à revoir, mais globalement pas mal.

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Le concept économique de l'inflation, c'est la diminution du pouvoir d'achat (exprimé relativement aux biens de consommation) de la monnaie. L'inflation, ça n'est pas (simplement) :

a- l'augmentation du prix d'un bien de consommation particulier (baguette, loyer, etc.)

b- la diminution du pouvoir d'achat d'un employé particulier

Sur le point a-, ça n'est pas parce que le prix d'un produit augmente que le niveau général des prix augmente: à consommation globale constante, ça peut simplement provoquer une réaffectation de la structure des prix sans en changer le niveau général (lié par exemple à une évolution differenciée de la productivité dans un secteur particulier). Il peut y avoir modification de la structure de consommation (par ex., un accroissement de la part liée au logement au detriment du reste) sans que le niveau général des prix soit affecté.

Sur le point b-, ça n'est pas parce que le pouvoir d'achat d'un employé particulier (par ex., au salaire minimum) diminue que le niveau général des prix augmente: la structure des revenus du travail peut être modifiée durant la période (par exemple, s'élargir) et la structure des revenus (entre capital et travail) peut aussi se modifier.

Bref, les arguments produits ne sont pas très probants. Ce qui ne veut pas dire que l'inflation (des prix à la consommation) soit facilement mesurable : en fait, c'est une galère parce que, même si on avait des systèmes d'information suffisamment fiables, il y a une partie des "prix réels" qui ne s'expriment pas sur le marché (tout ce qui est hors du système marchand: prestations monopolisées par l'Etat, loyers auto-versés des propriétaires à eux-même qui n'ont pas nécessairement la même structure que les loyers du secteur libre, services à titre bénévole, etc.). Il y a de bonnes raisons de critiquer les indices de l'INSEE mais les raisons évoquées dans l'article n'en font pas partie.

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A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation.

L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

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A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation.

L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

Pourquoi pas, mais les prix qui augmentent le plus (immo, carburant, secteur médical…) n'ont pas de codes barres, l'intérêt est donc limité…

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Pourquoi pas, mais les prix qui augmentent le plus (immo, carburant, secteur médical…) n'ont pas de codes barres, l'intérêt est donc limité…

Bien sûr, mais en attendant l'immobilier c'est pas un poste de dépense quotidien, mais oui je suis d'accord l'intérêt dans l'absolu est pas énorme.

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J'ai mis mes remarques en italique et mes changements en mauve.

L'inflation officielle n'est pas représentative de la réalité : elle dit que notre pouvoir d'achat augmente, par exemple, de 6% depuis 2007.

Ce n'est pas clair, l'inflation ne mesure pas le pouvoir d'achat (pas directement). Il y a confusion entre pv d'achat d'un côté et inflation de l'autre.

Or au quotidien, nous pouvons constater que le café au comptoir est passé de 5F en 2001 à environ 1,50€ aujourd'hui, soit 10F ce qui correspond à une augmentation de 100% alors que, sur la même période, l'inflation officielle n'est que de 21%.

Mais allons plus loin et comparons les prix en fonction des revenus, des évolutions de loyer et des prix à la consommation des produits que nous achetons au quotidien sur les 30 dernières années. Pour la suite de l'exposé, nous prendrons l'exemple d'une personne débutant dans la vie active au début des années 80 avec un salaire de 8000F. Ce salaire correspond à 3654€

d'aujourd'hui avec l'inflation officielle.

Ceci démontre que, pour conserver son pouvoir d'achat d'il y a 30 ans, et seulement conserver, notre jeune actif du début des années 80 devrait avoir actuellement un salaire de 5000€.

Voici les calculs. En 1980, le SMIC était d'environ 2320F. Un salaire de 8000F représentait alors environ 3,5 mois de salaire minimum. Le SMIC est de nos jours à 1425€. Nos 3,5 mois de salaire minimum représente actuellement environ 4915€.

Second calcul : le prix du loyer mensuel par m² était en région parisienne de 44F. Aujourd'hui, il est plus proche des 26€. Pour pouvoir louer autant de m² qu'au début des années 1980, notre salarié devrait gagner 4727€ par mois.

Ici, on comprend le fait qu'il y a un ratio, mais il manque des données (qui sont utiles pour l'illustration, au moins). Exemple : s'il loue 100 m² en 1980, cela fait 4400 F, soit 55% de son salaire. En 2012, il lui faut 2600 € pour la même surface, ce qui, si l'on conserve cette proportion de 55%, fait un salaire de 4727€.

Troisième calcul : la baguette était à 1,67F. Un salaire de 8000F permettait d'acheter 4706 baguettes de pain. Aujourd'hui, à presque 1€ la baguette, il faudrait un salaire de 4706€ pour pouvoir en acheter autant. Je n'étais donc pas tombé bien loin avec les 5000€ que j'annonçais.

Mais qu'en est-il du SMIC qui est indexé sur l'inflation ?

En 1980, le SMIC mensuel brut était de 2320F soit 353,66€ (en prenant 1€ = 6.56FRF). Il vaut actuellement 1425€ ce qui signifie que sur une période de plus de 30 ans, il a augmenté de 200%.

Heu. De 354 à 1425, y'a rapport 4, pas 2.

L'inflation officielle sur la même période n'est, elle, « que » de 113,5%. Faut-il en déduire pour autant que le pouvoir d'achat du salaire de base a augmenté ? Eh bien non !

Si nous reprenons notre calcul concernant le prix de la baguette, elle devrait être actuellement à 0,54€ en appliquant l'inflation officielle. Or elle est plus proche de 1€ ce qui signifie qu'un SMIC mensuel permet d'acheter 1425 baguettes en 2012, quand en 1980, il pouvait en acheter 1389. Le salarié payé au salaire de base n'a donc pas vu son pouvoir d'achat doubler depuis 30 ans comme les chiffres prêtent à penser. Il a, au mieux, eu un pouvoir d'achat stable ou d'augmentation fort modeste !

Et que s'est-il passé en 30 ans pour notre salarié à 8000F ? Si son salaire n'a pas augmenté régulièrement depuis le début de sa carrière pour atteindre environ 5000€ en 2012, il a mécaniquement perdu du pouvoir d'achat à cause de l'inflation. De plus, l'inflation officielle ne représente donc rien de concret : pouvoir acheter un téléviseur à écran plat ou un smartphone n'est en rien une augmentation de pouvoir d'achat si, dans le même temps, la qualité des produits de base achetés comme la nourriture est descendue en gamme…

Il faudrait expliciter un peu, puisque en 1980, on n'avait pas accès exactement au même panier de la ménagère, certains fruits & légumes étant globalement plus chers.

Depuis 1980, la part des dépenses publiques dans le PIB est passée de 45,5% à 56%. Plus de la moitié de la richesse créée en France sert donc à financer son « modèle social ». Pour faire plus simple, de nos jours, un actif doit faire vivre 3 personnes dont lui-même. Ce ratio d'un actif pour 2 inactifs se retrouve exactement dans ce qui reste d'un salaire complet déduction faite de toutes les charges et impôts prélevés.

Comment cela se traduit-il ?

Un salaire brut de 1000€ coûte environ 1500€ à l'employeur. La différence est nommée, à tort, charges patronales mais il s'agit bien d'un prélèvement effectué sur la richesse créée par le salarié. Sur ces 1000€ bruts, il en reste 780€ au salarié, déduction faite des 220€ de charges salariales. Il faut ensuite retrancher les impôts sur ces revenus ainsi que la TVA. Sur ces 780€ de salaire net, il restera au salarié environ 570€ disponible pour sa consommation personnelle.

Le salarié voit son travail -- donc la richesse qu'il crée -- amputée des deux tiers, qu'il soit cadre ou payé au SMIC. On fait en fait peser sur les producteurs de richesse du pays les « choix de société » imposés par une minorité gouvernante et spoliatrice.

Si tu veux que ton texte passe, ne mets pas ça. Contente-toi de rester factuel, à mon avis.

Tout ce que je viens d'exposer, inflation réelle camouflée, augmentations des charges sociales, taxes et impôts divers, financements étatiques de « choix de société », porte le nom de entraîne une paupérisation de la société. Devant ce constat, comment croire qu'une augmentation des impôts et donc, un accaparement accru des richesses créées, améliorera la situation, devant l'échec pourtant patent des années passées à pratiquer ce système ?

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A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation.

L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

Pour certains produit courants type sucre en poudre, des produits ménagers le prix parait rester le même alors que le contenant à diminué de volume.

Les voitures basiques ont un potentiel de kilomètrage supérieur d'au moins 50 % à celles produites quand j'ai commencé à conduire en 1977 (et en plus à l'époque elles rouillaient toutes seules).

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Les voitures basiques ont un potentiel de kilomètrage supérieur d'au moins 50 % à celles produites quand j'ai commencé à conduire en 1977 (et en plus à l'époque elles rouillaient toutes seules).

Pour le bas de gamme, peut être, mais le haut de gamme d'hier était bien plus fiable que celui d'aujourd'hui:

http://news.autojournal.fr/news/1411569/Rossa-300D-taxi-Mercedes-220D

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La mercedes 220D n'était pas un haut de gamme par ses performances très très limitées (vitesse maxi autour de 120) mais un véhicule destiné à un usage particulier: taxi pour l'essentiel. Le haut de gamme chez Mercedès c'était les 450 v8. Dans les hauts de gamme de l'époque les Jaguar étaient de vraies calamités à tous points de vue. Et si grosses BMW étaient d'une qualité mécanique supérieure, leur résistance à la rouille du dessous n'était pas meilleure que les marques ordinaires les pires de ce point de vue étant les italiennes même les Lancia. Avant 1980 Le problème de la rouille n'était résolu que par Volvo et Saab.

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Le concept économique de l'inflation, c'est la diminution du pouvoir d'achat (exprimé relativement aux biens de consommation) de la monnaie. L'inflation, ça n'est pas (simplement) :

a- l'augmentation du prix d'un bien de consommation particulier (baguette, loyer, etc.)

b- la diminution du pouvoir d'achat d'un employé particulier

Comment expliquez-vous alors que pour avoir accès aux nouvelles technologies comme Internet, à la propriété, une famille française en 2012 doit arbitrer entre ses besoins primaires (logement, alimentation, énergie) et ses besoins "modernes", quand une même famille dans les années 1980 avait plus facilement accès à la propriété, aux loisirs et à l'éducation par exemple?

S'il y a augmentation de la richesse produite depuis les années 1980, celle-ci aurait dûe ruisseler sur l'ensemble de la population française selon moi. Or, je constate simplement, que ce soit avec les personnes que je rencontre ou mes proches, que les personnes qui débutaient dans la vie active au début des années 1980 ont le même niveau de vie aujourd'hui alors que la richesse produite a augmentée. Au lieu d'avoir un caddie de produits "de marques", ils ont un caddie de "marques distributeurs" par exemple. C'est là-dessus que je m'interroge!

Alors on sait que les salaires doivent rester dans une certaine plage afin de ne pas entamer la rentabilité de l'entreprise, que la démographie n'arrange pas les choses avec toujours plus d'inactifs (les baby-boomer qui arrivent à la retraite par exemple) et que la structure même de notre économie est anormale, mais ça ne suffit pas pour expliquer pourquoi quelqu'un qui débute dans la vie active aujourd'hui vit moins bien que ces parents lorsque eux débuter. Le progrès technologique et l'augmentation de la richesse devrait se traduire par une vie plus confortable pour les nouvelles générations…

C'est ce que je veux comprendre et expliquer avec cet article.

@h16

Vos remarques sont très pertinentes et vos changements me conviennent très bien! Me permettez-vous de les utiliser en vue d'une version 2 de mon article?

L'inflation officielle n'est pas représentative de la réalité : elle dit que notre pouvoir d'achat augmente, par exemple, de 6% depuis 2007.

Ce n'est pas clair, l'inflation ne mesure pas le pouvoir d'achat (pas directement). Il y a confusion entre pv d'achat d'un côté et inflation de l'autre.

Si j'écris: "Les chiffres de l'INSEE concernant la consommation des ménages français et l'évolution de leurs revenus ne sont pas représentatifs de la réalité: par exemple, ceux-ci nous disent que le pouvoir d'achat des français a augmenté de 6% depuis 2007." cela vous semble-t-il plus clair?

En tout cas, merci à tous pour vos réactions et commentaires. C'est le premier article que j'écris et vos remarques sont importantes pour m'améliorer.

Quels moyens de diffusion conseilleriez-vous à quelqu'un qui n'a pas de blog ou site internet?

Bonne journée!

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@h16

Vos remarques sont très pertinentes et vos changements me conviennent très bien! Me permettez-vous de les utiliser en vue d'une version 2 de mon article?

Ben oui c'est pour ça que je les ai faites.

Si j'écris: "Les chiffres de l'INSEE concernant la consommation des ménages français et l'évolution de leurs revenus ne sont pas représentatifs de la réalité: par exemple, ceux-ci nous disent que le pouvoir d'achat des français a augmenté de 6% depuis 2007." cela vous semble-t-il plus clair?

Oui.

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Je reviens sur une de vos remarques:

Il faudrait expliciter un peu, puisque en 1980, on n'avait pas accès exactement au même panier de la ménagère, certains fruits & légumes étant globalement plus chers.

Difficile de trouver des données concernant le prix d'un caddie alimentaire moyen en 1980.

L'INSEE, en intégrant la Hi-Tech ou des nouveaux services comme Ies offres triple-play, et donc, leur démocratisation suite à la progression technologique, nuance l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Exemple: si le prix moyen d'un ordinateur baisse, cela compense l'augmentation d'un autre poste de dépense comme l'énergie. Voir le graphique "Comprendre l'inflation: analyse de ses composantes" sur le site suivant: http://france-inflation.com/index.php

En attendant de trouver une source fiable sur les prix d'un caddie moyen dans les années 1980, j'ai mis la version remaniée de mon article dans le premier message de ce sujet.

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En 1980, le SMIC mensuel brut était de 2320F soit 353,66€ (en prenant 1€=6.56F). Il vaut actuellement 1425€ ce qui signifie que sur une période de plus de 30 ans, il a augmenté de 400%.

multiplié par 4 est équivalent à une augmentation de 300% (et non 400%).

+100% <=> x2

+200% <=> x3

+300% <=> x4

etc…

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Comment expliquez-vous alors que pour avoir accès aux nouvelles technologies comme Internet, à la propriété, une famille française en 2012 doit arbitrer entre ses besoins primaires (logement, alimentation, énergie) et ses besoins "modernes", quand une même famille dans les années 1980 avait plus facilement accès à la propriété, aux loisirs et à l'éducation par exemple?

Justement, le périmètre des biens et services disponibles n'est pas le même entre aujourd'hui et il y a 30 ans : si un individu type consomme davantage (par ex., dans le domaine informatique ou des télécommunications) mais qu'il sent davantage contraint budgétairement (i.e. à cause du fait qu'il y a désormains plus biens et services disponibles mais qu'il ne peut pas tous payer), son niveau de vie a quand même augmenté. Dans ce cas, il n'y a pas nécessairement augmentation de la pauvreté même s'il y a bien entendu augmentation du sentiment de pauvreté (parce qu'on se sent plus contraint).

Entendons-nous, je ne dis pas que ça s'applique à tous les cas (i.e. il y a des cas où la pauvreté a effectivement augmenté).

S'il y a augmentation de la richesse produite depuis les années 1980, celle-ci aurait dûe ruisseler sur l'ensemble de la population française selon moi. Or, je constate simplement, que ce soit avec les personnes que je rencontre ou mes proches, que les personnes qui débutaient dans la vie active au début des années 1980 ont le même niveau de vie aujourd'hui alors que la richesse produite a augmentée. Au lieu d'avoir un caddie de produits "de marques", ils ont un caddie de "marques distributeurs" par exemple. C'est là-dessus que je m'interroge!

Alors on sait que les salaires doivent rester dans une certaine plage afin de ne pas entamer la rentabilité de l'entreprise, que la démographie n'arrange pas les choses avec toujours plus d'inactifs (les baby-boomer qui arrivent à la retraite par exemple) et que la structure même de notre économie est anormale, mais ça ne suffit pas pour expliquer pourquoi quelqu'un qui débute dans la vie active aujourd'hui vit moins bien que ces parents lorsque eux débuter. Le progrès technologique et l'augmentation de la richesse devrait se traduire par une vie plus confortable pour les nouvelles générations…

Ce que dit l'INSEE, c'est que la richesse produite a augmenté et que le niveau de vie moyen a augmenté (ce qui ne dit rien de la manière dont cette augmentation s'est répartie). Il y a de très bonnes raisons pour cette augmentation ne soit pas diffusée dans la population française de manière homogène sans avoir à remettre en cause le bien fondé de cette augmentation globale de la richesse et moyenne du niveau de vie. Pêle-mêle :

- nous ne sommes pas en économie fermée, une partie des richesses créées l'a été dans d'autres pays qui se sont développés plus vite : ça nous a été bénéfique (biens produits de manière plus optimale) mais nous n'en avons bien entendu pas profité en intégralité ;

- la part allant au capital (par rapport au travail) dans la répartition de la valeur ajoutée a eu tendance à augmenter pendant les 30 dernières années (pas dans toutes dernières années mais par rapport à 1980) ;

- le marché du travail français est caractérisé par une structure qui protége les salariés déjà installés au détriment des aspirants/chomeurs (dont les jeunes font plutôt partie) ;

- les effets démographiques et du chomage : il y a effectivement une proportion d'actifs non chomeurs de plus en plus faibles par rapport aux inactifs et aux chomeurs (sur le taux d'activité, parce que c'est moins connu que le taux de chomage, il est passé de 59% en 1980 à 57% en 2010 mais de 72% à 62% entre les mêmes dates pour les hommes) et le financement des revenus des inactifs et des chomeurs représente une part non négligeable de l'imposition des actifs

- les bulles d'actifs des années 1990-2010 (pas encore terminées…) qui ont renforcé le patrimoine de ceux qui en avait déjà de manière substantielle

Bref, pas besoin de faire appel à l'inflation (même si sa faiblesse depuis 20 ans est un fait inhabituel).

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Vous soulevez des points intéressants: reste que les prix augmentent sans que l'inflation officielle ne le reflète ni que les salaires augmentent.

Comme vous le faites remarquer, une partie de l'explication se trouve dans notre balance commerciale déficitaire: les français ne font plus "tourner l'argent entre eux" mais l'exporte depuis des années à l'étranger.

En soit, est-ce qu'une des explications serait qu'il s'opère un "rééquilibrage" entre pays riches et pays pauvres? Je pense à l'Inde par exemple, ou encore la Chine…

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Vous soulevez des points intéressants: reste que les prix augmentent sans que l'inflation officielle ne le reflète ni que les salaires augmentent.

Il y a trois manières de critiquer une statistique :

a- en pointant précisement où et pourquoi elle est biaisée ;

b- en montrant que l'état des lieux qu'elle reflete ne correspond pas à la réalité ;

c- en expliquant pourquoi le concept qu'elle cherche à illustrer ne signifie rien.

Sur le point a-, vous ne pointez pas comment ou à quels moments la méthodologie ou les calculs de l'INSEE seraient biaisés (pour ma part, j'ai donné quelques pistes - par ex., des prix "cachés"/non mesurables car non marchands - mais dont on peut sérieusement douter que leur prise en compte remette en cause de manière drastique le constat d'une faible inflation des prix à la consommation).

Sur le point b-, vous dites que le chiffre de l'inflation publié par l'INSEE ne correspond pas à la réalité en citant l'argument suivant : à position sociale équivalente, on se sent plus contraint dans sa consommation aujourd'hui qu'hier ; si la richesse avait augmenté dans les proportions calculées par l'INSEE, cette augmentation aurait dû se diffuser dans la population de telle manière qu'on ne devrait pas sentir plus contraint dans sa consommation ; cette situation ne peut s'expliquer que par une croissance réelle plus faible qu'annoncée par l'INSEE liée à une inflation plus grande que celle publiée par l'INSEE.

Or, j'ai expliqué que :

- on peut tout à fait se sentir plus contraint dans sa consommation alors même qu'on est plus riche / qu'on consomme davantage s'il y a un accroissement du nombre de type de biens consommables plus fort que son accroissement de pouvoir d'achat (sans qu'il y ait inflation) ;

- il y a de très nombreuses bonnes raisons (assez communément acceptées) pour lesquels l'accroissement récent de la richesse ne se soit pas diffusé de manière homogène dans la population mondiale et française (sans qu'il y ait inflation).

Bref, il n'y a là pas de preuve que le phénomène vienne nécessairement de l'inflation.

Sur le point c-, on n'en a pas discuté mais le concept de l'inflation a bien un sens (la question de son évaluation/calcul étant un autre problème) : c'est simplement le pouvoir d'achat de la monnaie en termes de biens de consommation (la seule source d'utilité en économie car ce sont ceux en vue desquels les biens de production / le capital / le travail sont employés).

Je vois venir nos amis autrichiens : ils vont dire que l'inflation mesurée par l'INSEE est sous-évaluée, que la preuve en est que la masse monétaire de la BCE s'accroit de manière beaucoup plus rapide que le chiffre de l'inflation officielle et qu'il faut bien que cette monnaie se retrouve quelque part.

Elle retrouve bien quelque part : dans les valeurs d'actifs (autrement dit, dans mv=pt, la vitesse de circulation se casse la gueule). Et ça n'a, en soi, aucun impact sur l'inflation qui mesure l'augmentation des prix à la consommation. Alors, on va me dire : oui, mais ça va bien finir par passer dans les prix. Ca dépend de ce que finance les crédits à l'origine de l'augmentation de la masse monétaire :

- soit ce sont des investissements qui se révélent productifs (et qui n'auraient pas pu être financés aussi facilement qu'en l'absence de la création des crédits par les banques) auquel cas l'augmentation des valeurs d'actifs est simplement le reflet de l'augmentation à venir de la richesse réelle (i.e. sans inflation des prix) ;

- soit ce sont des investissements qui se révélent improductifs (des sur-capacités dans des biens de production ou des crédits employés de manière inefficiente - type crédits étatiques pour financer des dépenses de fonctionnement ou type des crédits qui nourissent une bulle immobilière) auquel cas la valeur réelle de ces actifs va baisser par :

* soit de l'inflation des prix à la consommation qui "mange" les dettes (la fameuse euthanasie des rentiers) mais qui ne se décrète pas (étant essentiellement autoréalisatrice et dépendante des habitudes & des structures économiques) ;

* soit une baisse de la valeur nominale des crédits en question (via des défauts de créanciers - Etat, entreprises, particuliers - tiens, ça rappelle quelque chose).

Bref, à long terme, la monnaie est neutre mais, à court terme, elle peut créer deux-trois perturbations…

En passant, si la création monétaire arrivait avant tout dans les mains d'agents économiques contraints dans leur consommation (genre l'Etat imprime des billets pour sa politique sociale), alors cette inflation monétaire passerait directement dans les prix à la consommation mais ça n'est vraiment le canal actuel de la création monétaire (qui finance des investissements et des déficits étatiques et pas vraiment la consommation directement).

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A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation.

L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

Need !

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A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation. L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

C'est pas bête, mais l'info prix n'est pas contenue dans le code barre. ça te forcerait à scanner le code barre, puis à rajouter le prix à la main à chaque fois.

Je suis surpris que cette app n'existe pas déjà. Je connais au moins RedLaser, sur iOS…

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C'est pas bête, mais l'info prix n'est pas contenue dans le code barre. ça te forcerait à scanner le code barre, puis à rajouter le prix à la main à chaque fois.

Je suis surpris que cette app n'existe pas déjà. Je connais au moins RedLaser, sur iOS…

Je connais en tout cas une chaine de magasin suisse qui le fait. (enfin si les chiffres affichés en dessous du code barre, sont une version lisible du code barre lui-même)

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Je suis surpris que cette app n'existe pas déjà. Je connais au moins RedLaser, sur iOS…

Ben ça fait juste scan de code barre + recherche sur internet, il y en a plein.

Rien que pour celle là, je pourrais m'acheter un smartphone ! http://gwindow.github.com/WhatAndroid/

A ce sujet là, ça fait un moment que je veux faire une application Android/Iphone pour mesurer sa propre inflation.

L'idée c'est de scanner les codes barres de mes achats pour pouvoir sans se fouler créer un indice personnel de l'inflation.

Je n'avais jamais pensé au code barre (mais certaines choses n'en ont pas). Je voulais comparer les différents supermarchés autour de chez moi pour optimiser mes achats (je vais de toute façon à 2 ou 3 différents régulièrement), ce qui ne vaut pas le coup à faire manuellement. Le plus emmerdant étant de reconnaître les produits identiques, et/ou les produits dont la quantité varie.

Enfin, il est aussi sacrément facile de faire de l'OCR sur les factures.

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(enfin si les chiffres affichés en dessous du code barre, sont une version lisible du code barre lui-même)

Oui, c'est exactement ça. Un code à barres n'est que la représentation d'un chiffre.

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Oui, c'est exactement ça. Un code à barres n'est que la représentation d'un chiffre.

Merci c'est bien ce qui me semblait, mais la remarque de tigrou ma fichu le doute.

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Je connais en tout cas une chaine de magasin suisse qui le fait. (enfin si les chiffres affichés en dessous du code barre, sont une version lisible du code barre lui-même)

En fait dans la norme EAN-machin-chose, tu as une sous-partie pour afficher un prix. Mais c'est rarement utilisé hors produits frais. Si tu vas chez Migros, Magros ou Coop, et que tu vois un sticker avec un code barre, tu as une chance que ce soit le prix codé (d'ailleurs les codes-barres sont plus court dans ce format). Si c'est sur une boite, alors ça se passe dans la BDD du magasin, où ils associent prix <=> code-barre.

Comme le dit pankkake, on peut faire un OCR sur le ticket de caisse. Ou, si tu achètes un peu toujours les mêmes choses, la première fois que tu scannes le produit, tu ajoutes le prix à la main, et les autres fois tu ne rentres l'info prix que si le prix en rayon a changé.

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