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Marxisme Culturel


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il y a 1 minute, Johnathan R. Razorback a dit :

 

N'en déplaise aux anarchistes, l'absence d'Etat n'est pas l'absence de politique:


"Dans les sociétés [primitives] qu'étudie Clastres, la conjuration de l'expression "Etat" se paye de l'expression "corps identiquement scarifiés". D'une manière ou d'une autre, à la manière de l'Etat ou à la manière du collectif qui administre directement le marquage scarifiant dans le rite de passage, les corps individuels seront tracés, pliés. On notera en passant qu'ici les corps sont pliés à une identité commune: c'est le groupe, ce groupe, qui inscrit sa marque à même les chairs -et l'on aura du mal à faire de La société contre l'Etat un bréviaire de la désidentificaion. L'absence de souveraineté sous la forme "Etat" n'empêche donc nullement que le collectif affirme sa souveraineté sur ses membres. L'absence de souveraineté de type politico-institutionnel n'empêche nullement que s'exprime la souveraineté onto-anthropologique de l'imperium -puisque celle-ci se forme nécessairement. [...] S'il y a eu des zadistes qui ont cru pouvoir se vivre comme "ingouvernables" à la ZAD, ils se sont raconté des histoires. [...] Se proclamer "ingouvernable" n'empêche pas qu'on est toujours gouverné. Et que la seule question intéressante, ça n'est pas de l'être ou de ne pas l'être, mais par qui et comment."

(Frédéric Lordon, Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent..., Paris, La Fabrique, 2019, 250 pages, pp.136-137).

C'est exactement mon propos, oui :D

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il y a 6 minutes, Cthulhu a dit :

 

Personne ne contredit ça.

 

Mais tu parlais des liberals. Maintenant, tu parle du parti démocrate. J'essaie de suivre, mais c'est compliqué.

 

Ne sois pas hypocrite. Tu sais très bien que tout le monde confond les "liberals" et les démocrates. Tu me dis qu'il n'est pas juste de le faire. Soit. Mais tu as parfaitement compris mon propos.

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Certes, je surjoue un peu la surprise ;)

 

Mais ça n'empêche pas que sur le fond, il y a bataille idéologique au sein des Démocrates entre sa frange extrême (dont le wokisme est plus la caractéristique principale que le socialisme à mon avis) et la frange liberal (avec des gens comme Glenn Greenwald ou Matt Taibi pour citer les meilleurs).

 

La droite américaine englobe le tout sous le terme de liberal parce que c'est pratique, on montre les excès des cheveux bleus comme représentant l'ensemble de la gauche. J'aspire à un peu plus de nuance parce que c'est liborg et qu'on est capable quand on s'en donne la peine.

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Sinon pour rebondir sur la question du corporatisme, j'imagine que les différents socialismes ne font pas de différence notable entre capitalisme et organisation du capitalisme (malgré la détestation éprouvée par les théoriciens du corporatisme face à "l'anarchie" du marché, des conservateurs aux non conformistes en passant par toutes les variétés de fascisme). Seulement là où les socialistes veulent rompre (théoriquement) avec les institutions capitalistes, le corporatisme vit en quelque sorte en parasite sur l'économie moderne : comme pour l'état providence, sa raison d'être repose sur la redistribution des biens et des services que l'économie de marché a déjà produit en premier lieu (on 'sait' comment réguler, pas comment produire de la prospérité en gros). Voilà voilà.

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Il y a 15 heures, Mégille a dit :

le socialisme libertaire, dont les plans ne viennent ni de l'état ni d'entrepreneurs, mais de collectivités de travailleurs et/ou de communautés d'usagers, fédérées en partant du bas.

 

Dans les faits, cela ne change pas grand chose, cela reste une planification autoritaire. On imagine que la planification sera plus proche des besoins des gens puisqu'elle est décidée localement mais, dans les faits, en pratique, cette planification est toujours idéologique et/ou crapuleuse, ne profitant qu'à un petit nombre.

Le socialisme libertaire consiste à remplacer un tyran national par des tyranneaux locaux.

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Tiens puisqu'on cite Clastres, des travaux récents viennent de créer un petit caca nerveux chez ses admirateurs bourgeois d'extrême gauche.

 

Ici : https://lundi.am/Reflexions-sur-Les-Mondes-de-l-esclavage-4471 (voir le premier exemple "problématique" chez les Yuqui.

 

Et la réponse du directeur de thèse https://lundi.am/De-la-servitude-involontaire-en-Amazonie-un-objet-polemique

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Il y a 15 heures, F. mas a dit :

Il repose sur l'idée qu'il faut organiser le capitalisme politiquement en le dotant d'un directoire (en général un oligopole d'organisations patronales) pour orienter la production et contrôler les prix.

Ouais bah c'est des gros socialistes quoi

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il y a 25 minutes, ttoinou a dit :

Toute cette discussion au quart de tour parce que qqun a mis "Hitler" dans la liste "Marx, Staline, Hitler, Pol-Pot, Xi-Jiping"... Alors que l'intrus étais Marx qui n'as pas commis de crime de masse (si ce n'est intellectuel). Chacun ses priorités @Johnathan R. Razorback.

 

C'est assez rigolo en effet.

Les deux dernières pages pour dire en gros que si le socialisme ne marche pas et tue plein de gens, c'est qu'on ne l'a pas appliqué correctement.

 

Socialisme, communisme, gauchisme, marxisme, la seule différence c'est la radicalité et la détermination, plus on insiste, plus ça vole et plus ça tue, mais c'est exactement la même putain de chose, comme vous venez de brillamment le démontrer.

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à l’instant, Airgead a dit :

Les deux dernières pages pour dire en gros que si le socialisme ne marche pas et tue plein de gens, c'est qu'on ne l'a pas appliqué correctement.

Ah oui, c'est bien, effectivement, le point-de-vue défendu ici par les différents intervenants.

Révélation

:rolleyes:

 

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Il y a 19 heures, Pelerin Dumont a dit :

Mesure hautement non socialiste 

 

Je ne sais pas ce que tu entends par mesure socialiste, mais moi quand je lis ça je me dis que ça doit être quelque chose qui aboutit effectivement (et non dans l'imagination) / est une condition pour arriver à un état de choses où le socialisme est réalisé. 

 

Et du coup en quoi fixer administrativement tous les prix amène à un état de chose plus proche de la fin du salariat et de l'autogestion de la production par des coopératives de travailleurs associés ? 

 

Je n'ai pas l'impression que l'application de cette mesure en URSS et sous le 3ème Reich est accéléré l'advenue du socialisme dans ces Etats ?

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Il y a 1 heure, poney a dit :

C'te violence. :lol:

 

(Et je vois assez bien le genre de salopard qu'est Segré, je l'ai déjà lu à l'œuvre ailleurs.)

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Il y a 1 heure, Airgead a dit :

Socialisme, communisme, gauchisme, marxisme, la seule différence c'est la radicalité et la détermination, plus on insiste, plus ça vole et plus ça tue, mais c'est exactement la même putain de chose, comme vous venez de brillamment le démontrer.

Bizarrement je trouve le socialisme démocratique centriste mou statu quo encore pire que les radicaux. Au moins les radicaux ont une vraie philosophie que tu peux démonter et t'en écarter. Les autres, tout est dans la recherche du compromis, à chaque fois que tu les convaincs d'un truc ils ne changeront pas vraiment changer d'avis (mais essayerons de te faire croire qu'ils ont changé d'avis pour ne pas te froisser) et finir avec "oui mais on a besoin de rechercher un équilibre, il faut un peu de tout pour faire un monde". Ces gens sont les plus idiots et les plus moutonniers possible, et tout le système tient avec eux. Au moins avec les extrêmes ca bastonne dur et c'est pas hypocrite

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il y a 39 minutes, poney a dit :

La violence de la réponse répond assez bien au niveau du cuistre armchair anthropogist parisien qui fait la leçon aux ethnologues parce qu'il a lu un livre.

Le trotsko-cabbalisme, tu peux pas test. :lol: 

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J'vais essayer de résumer

 

Socialisme = un peu con-con mais des vraies théories qu'on peut étudier et puis c'est intéressant pour l'histoire et la philosophie

 

communisme : utopique, complètement à l'ouest des réalités, fun à démonter pour l'exercice intellectuel

 

marxisme : théories alléchantes fumeuses mais faut au même lire les soviets et les chinois pour l'aspect historique

 

trostkisme : le vrai marxisme, à éviter, ils sont autant snobs que nous

 

 

gauchisme : à gauche de l'assemblée après la révolution, des fois nos copains des fois pas nos copains, attention à ne pas faire d'amalgame

 

liberal / libéral : tout le monde utilise le mot à sa sauce mais non ici il faut faire gaffe à ne pas s'emmêler les concepts sinon c'est la porte à tout et l'extrême droite se retrouve au pouvoir

 

marxisme culturel : mouvement essentialiste et raciste venu des états unis à l'intersection de toutes les oppressions débiles et imaginaires, qui se met en place progressivement dans le reste du monde, qui n'a rien à voir avec les vrais marxistes barbecue de la fête de l'huma

 

mai 68 : grosse teuf mais maintenant ca fait plus trop rire

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Il y a 2 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

 

Je ne sais pas ce que tu entends par mesure socialiste, mais moi quand je lis ça je me dis que ça doit être quelque chose qui aboutit effectivement (et non dans l'imagination) / est une condition pour arriver à un état de choses où le socialisme est réalisé. 

 

Et du coup en quoi fixer administrativement tous les prix amène à un état de chose plus proche de la fin du salariat et de l'autogestion de la production par des coopératives de travailleurs associés ? 

 

Je n'ai pas l'impression que l'application de cette mesure en URSS et sous le 3ème Reich est accéléré l'advenue du socialisme dans ces Etats ?

Tu inverses mon propos, tu souhaitais montrer que l'économie du troisième reich se demarquait des économies socialistes ou soviétiques puis tu cites comme exemple de differenciation ce systeme de fixation des prix, ce qui n'est pas probant à mon avis (car on pourrait aussi le retrouver dans ces regimes)

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Il y a 23 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

 

ça signifie simplement que certains individus qualifiés en leur temps de socialistes ne sont pas socialistes au sens de la définition que j'ai avancé (d'ailleurs ça nous ramène à Lasalle, aux nationalisations de Bismarck applaudi par le premier et dénoncés par Marx). Et il n'y a pas 36 solutions: ou bien on donne une définition discriminante (construction idéal-typique), ou bien on fait du fétichisme nominal et sont socialistes tout ceux qui le disent ou ont été qualifiés ainsi, Hitler compris.

 

Ce n'est pas du fétichisme, c'est un constat. "Socialisme" a été employé par des socialistes pour désigner le social-étatisme depuis le début de son histoire, et est depuis un bon siècle ce que la plupart des gens, même socialistes, entendent par là (trouve moi un seul marxiste qui s'oppose à une nationalisation d'entreprise -sous un état démocratique- sous prétexte que l'état n'est pas vraiment les travailleurs...). Donc à part un point de vu interne à une certaine forme de socialisme, je ne vois pas ce qui justifierait une définition aussi discriminante (et même là ce serait une mauvaise justification).

Et même conceptuellement, ce n'est pas un contresens, dans la mesure ou le socialiste étatiste va généralement considérer que l'état représente les travailleurs, et que le contrôle de l'économie par un état socialiste revient donc bel et bien à un contrôle des moyens de production par et pour les travailleurs eux-mêmes, et seulement à travers l'appareil étatique. Bien sûr, tout aussi cohérent que ce soit (au moins superficiellement) ça resterait une erreur, puisque l'état sera toujours fondamentalement étranger aux travailleurs. Mais si on va par là, les formes libertaires sont elles aussi erronées puisque le travailleur individuel devra toujours se plier à l'avis majoritaire de sa collectivité.

 

Il y a 9 heures, F. mas a dit :

Sinon pour rebondir sur la question du corporatisme, j'imagine que les différents socialismes ne font pas de différence notable entre capitalisme et organisation du capitalisme (malgré la détestation éprouvée par les théoriciens du corporatisme face à "l'anarchie" du marché, des conservateurs aux non conformistes en passant par toutes les variétés de fascisme). Seulement là où les socialistes veulent rompre (théoriquement) avec les institutions capitalistes, le corporatisme vit en quelque sorte en parasite sur l'économie moderne : comme pour l'état providence, sa raison d'être repose sur la redistribution des biens et des services que l'économie de marché a déjà produit en premier lieu (on 'sait' comment réguler, pas comment produire de la prospérité en gros). Voilà voilà.

 

 

Alors, je n'ai pas lu les défenseurs du corporatisme, mais j'ai tendance à en avoir une vision différente, consistant d'abord non pas en la redistribution ou en le contrôle du capitalisme (qui en sont des conséquences), mais dans la volonté d'organiser la société en corps de métier, c'est à dire quasiment en cartel, qui fixerait les prix en négociant les uns avec les autres plutôt que par les mécanismes de marché. Ca donne à l'état une certaine distance par rapport à tout ça, c'est lui qui garanti les privilèges de chaque corps et qui fait l'arbitre entre eux, mais une fois que la structure générale est posée, en générale de façon assez conservatrice à partir de ce qui était déjà le cas dans la société, ça n'implique pas forcément beaucoup de planification centrale.

 

Il y a 8 heures, Calembredaine a dit :

 

Dans les faits, cela ne change pas grand chose, cela reste une planification autoritaire. On imagine que la planification sera plus proche des besoins des gens puisqu'elle est décidée localement mais, dans les faits, en pratique, cette planification est toujours idéologique et/ou crapuleuse, ne profitant qu'à un petit nombre.

Le socialisme libertaire consiste à remplacer un tyran national par des tyranneaux locaux.

 

Hm, pas sûr. Si on prend une définition hayékienne du planisme, c'est bien strictement le fait de concentrer le pouvoir de décision entre les mains d'un pouvoir central dont il est question (et c'est contre ceci que porte ses plus forts arguments). En ce qui concerne les formes pro-marché de socialisme anarchiste (aujourd'hui presque disparues, mais tout de même plus ancienne que les autres : Hodgskin, Proudhon, Warren, Spooner, Tucker...), il s'agit pour ainsi seulement de remplacer la planification que l'entrepreneur fait à la place de ses employés par une planification collective d'un groupe de travailleurs, qui endossent ensemble le rôle d'entrepreneurs (même si ça implique différentes coercitions pour éviter que ça fonctionne autrement). Et pour ce qui est des anarchistes anti-marché, j'ai plutôt l'impression qu'il s'agit de tout à fait autre chose. (pour Mises par contre, ce serait peut-être bel et bien du planisme, il faudrait que je remette le nez dans les définitions qu'il donne de tout ça).

De ce que j'ai entendu (de première main) du fonctionnement des communautés zapatistes au Mexique, il y a surtout une forte pression sociale de la communauté, qui a sans surprise été vécue comme oppressante de la part de la personne que je connais qui en est sortie. Mais elle n'a pas mentionné de roitelets locaux. Ce qui me fait hésiter à parler de planisme ici est aussi qu'il n'y a pas de grand projet aventureux à accomplir, et que c'est une structure essentiellement conservatrice et réticente à tout changement. C'est un vice, mais d'un tout autre genre que celui des états soviétiques.

J'aimerais bien savoir comment s'en sort le Rojava syrien, j'ai du mal à trouver des points de vue interne et intéressant de son fonctionnement.

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il y a 22 minutes, Mégille a dit :

De ce que j'ai entendu (de première main) du fonctionnement des communautés zapatistes au Mexique, il y a surtout une forte pression sociale de la communauté, qui a sans surprise été vécue comme oppressante de la part de la personne que je connais qui en est sortie. Mais elle n'a pas mentionné de roitelets locaux. Ce qui me fait hésiter à parler de planisme ici

 

Cela ressemble beaucoup aux systèmes traditionnels. Aucun planisme en effet mais une énorme pression sociale.

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Le 29/11/2021 à 18:26, Johnathan R. Razorback a dit :

 

Peux-tu dès lors préciser où serait le lieu de notre désaccord, très chère ? :D 

Le fond de notre désaccord, si je peux me permettre, c'est ta conception même du socialisme qui me semble être erronée - ou alors limitée à une certaine période de l'histoire. Le fait que le socialisme se soit principalement matérialisé sous une forme étatisée au dernier siècle n'exclue pas de facto les variantes utopiques et anarcho-communistes. Tout comme le libéralisme recoupe une grande famille politique (avec ses différentes variantes).

Cela me fait penser aux libéraux tendance émancipatrice qui exclut à tout prix les anarcap pour leur "trop grande radicalité" par rapport à la doxa parisienne ambiante. C'est réducteur.

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Il y a 10 heures, poney a dit :

Tiens puisqu'on cite Clastres, des travaux récents viennent de créer un petit caca nerveux chez ses admirateurs bourgeois d'extrême gauche.

 

Ici : https://lundi.am/Reflexions-sur-Les-Mondes-de-l-esclavage-4471 (voir le premier exemple "problématique" chez les Yuqui.

 

Et la réponse du directeur de thèse https://lundi.am/De-la-servitude-involontaire-en-Amazonie-un-objet-polemique

Excellent

Et même en dehors de cette nouvelle discussion anthropologique ( :D ), j'apprends aussi : "le pouvoir impérial, dans la Chine ancienne, s’est efforcé de brider les pouvoirs féodaux périphériques en interdisant notamment, en l’an 9 de notre ère, la vente et l’achat d’esclaves ; mesure essentiellement destinée à priver les féodaux d’une source d’approvisionnement pour leurs milices privées. A l’inverse, les chefs de guerre africains nourrissent la traite en répondant à la demande arabo-musulmane puis européo-chrétienne."

Huhu.

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Alors, je n'ai pas (encore) lu l'article, mais il faut savoir que de l'an 9 à l'an 15 c'est une période un peu chelou de l'histoire chinoise : l'usurpation de Wang Mang. Un espèce de prophète confucianiste se fait passer pour l'élu du ciel, les bureaucrates lui filent le pouvoir, et il met en place une série de réformes qui frôlent le communisme (redistribution égalitaire des terres agricoles). Et c'était vu par lui comme une sorte de retour à l'ordre féodal pré-impérial, justement. Evidemment, ça n'a pas été un franc succès, on l'a foutu à la porte, on a remis la dynastie Han au pouvoir, et on a essayé d'oublier ce fâcheux incident, en se promettant de ne plus recommencer ce genre de choses en Chine (oups...).

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2 hours ago, Mégille said:

 

 

Alors, je n'ai pas lu les défenseurs du corporatisme, mais j'ai tendance à en avoir une vision différente, consistant d'abord non pas en la redistribution ou en le contrôle du capitalisme (qui en sont des conséquences), mais dans la volonté d'organiser la société en corps de métier, c'est à dire quasiment en cartel, qui fixerait les prix en négociant les uns avec les autres plutôt que par les mécanismes de marché. Ca donne à l'état une certaine distance par rapport à tout ça, c'est lui qui garanti les privilèges de chaque corps et qui fait l'arbitre entre eux, mais une fois que la structure générale est posée, en générale de façon assez conservatrice à partir de ce qui était déjà le cas dans la société, ça n'implique pas forcément beaucoup de planification centrale.

 

 

 

 

Oui, les théoriciens et défenseurs du corporatisme voient leur système comme une manière de faire collaborer les classes au sein de corps de métiers (par opposition à la guerre de classe marxiste). Seulement, en pratique, et Phelps n'est pas le seul à le dire (on peut lire par exemple la critique du corporatisme opéré par Paxton dans la France de Vichy en ce qui concerne l'Etat français), ce sont les organisations patronales les plus puissantes dans leurs domaines respectifs qui finissent par s'imposer (et effectivement cartelliser le marché). C'est assez conservateur, et c'est à l'Etat central d'organiser la représentativité politique des corps de métier, ainsi que d'arbitrer entre les différents intérêts constitués (il est le médiateur indispensable du 'dialogue social' comme dans le cas français ou le modèle corporatiste est encore très prégnant malgré tout). 

 

Je faisais remarquer, peut être pas très clairement, que du point de vue socialiste, la rupture avec le capitalisme n'est pas suffisamment franche (d'où les théories marxistes qui voient dans le fascisme et le corporatisme des mécanismes de défense du capitalisme contre le bolchevisme). Du point de vue corporatiste, bien entendu, elle l'est (mais j'ai un doute, parce que rien n'est dit de la manière dont se créer la prospérité, comme je le disais plus haut).

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Le 30/11/2021 à 17:55, Mégille a dit :

1): "Socialisme" a été employé par des socialistes pour désigner le social-étatisme depuis le début de son histoire

 

 

2) et est depuis un bon siècle ce que la plupart des gens, même socialistes, entendent par là (trouve moi un seul marxiste qui s'oppose à une nationalisation d'entreprise -sous un état démocratique- sous prétexte que l'état n'est pas vraiment les travailleurs...). 

 

1): Et alors, il y a plein d'étatistes des 200 dernières années qui ne voulaient manifestement pas supprimer le capitalisme -Hitler parmi d'autres- qui ont pu se revendiquer socialistes. Soutenir telle ou telle mesure étatique n'est pas un bon critère pour spécifier le socialisme parmi d'autres politiques. Réduire le socialisme à l'étatisme, comme c'est couramment fait, abolit purement et simplement sa spécificité, et en plus ça exclut du socialisme l'anarcho-communisme (ce que je suis tenté de faire aussi, mais pas sur ce critère).

 

2): Tu parles de cette doctrine étonnante qui prône l'abolition des classes sociales et de l'Etat ? :) 

(Plus sérieusement, le Manifeste -qui au passage a été critiqué ultérieurement par Marx et Engels comme obsolètes sur le plan des mesures- prône comme mesure temporaire la nationalisation des grands moyens de production et d'échange. A priori ça ne concerne pas les boulangeries et les garages... Un semi-marxiste comme Lordon adore la désormais fameuse boulangerie autogérée de Montreuil. Le socialisme ce n'est pas la haine de l'initiative privée ou je-ne-sais quel slogan). 

 

Il y a 22 heures, poincaré a dit :

Le fait que le socialisme se soit principalement matérialisé sous une forme étatisée au dernier siècle n'exclue pas de facto les variantes utopiques et anarcho-communistes. 

 

Comme je l'ai écrit en page précédente, ça ne me semble pas pertinent d'inclure les courants utopiques et anarchistes dans le socialisme. 

 

Le 30/11/2021 à 13:55, Pelerin Dumont a dit :

Tu inverses mon propos, tu souhaitais montrer que l'économie du troisième reich se demarquait des économies socialistes ou soviétiques puis tu cites comme exemple de differenciation ce systeme de fixation des prix, ce qui n'est pas probant à mon avis (car on pourrait aussi le retrouver dans ces regimes)

 

Je le citais pour qualifier le régime. En effet ce n'est pas une différence avec l'URSS.

 

Ensuite tu as suggéré que l'administration de tous les prix était une mesure socialiste. Je demande en quoi cela serait nécessaire pour avoir une économie socialiste (au sens que j'ai défini). Car à mon humble avis ce n'est pas le cas. Le socialisme n'implique pas de supprimer le marché -du moins pas le marché de la consommation de biens

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Dans L'idéologie, Marx ecrit noir sur blanc qu'il faut seulement prendre le grand capital et laisser le petit et le moyen au privé.

 

(il dit aussi que dans la société communiste on sera pêcheur le lundi, coordonier le mardi et journaliste le jeudi, ce qui est très bête et très drôle à la fois)

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il y a 11 minutes, poney a dit :

(il dit aussi que dans la société communiste on sera pêcheur le lundi, coordonier le mardi et journaliste le jeudi, ce qui est très bête et très drôle à la fois)

Je ne suis toujours demandé si il avait pris de l'extasy pour écrire un truc pareil.

 

il y a 12 minutes, poney a dit :

Dans L'idéologie, Marx ecrit noir sur blanc qu'il faut seulement prendre le grand capital et laisser le petit et le moyen au privé.

Hmmm, et il fait la différence comment ? Nan parce que les slogans c'est rigolo mais on sait tous (enfin, tous ceux qui ont un âge mental suffisant) que la réalité est généralement plus compliquée. ;)

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il y a 4 minutes, Rincevent a dit :

Je ne suis toujours demandé si il avait pris de l'extasy pour écrire un truc pareil.

 

Je ne sais pas mais quand tu décides de fonder une théorie politique sur l'idée que "la division des tâches c'est mal m'voyez", t'es obligé de passer par là si tu veux être logique avec toi même, mais je ne sais pas si il y croyait vraiment vu que lui niveau division des tâches il s'est bien posé là

 

il y a 4 minutes, Rincevent a dit :

Hmmm, et il fait la différence comment ? Nan parce que les slogans c'est rigolo mais on sait tous (enfin, tous ceux qui ont un âge mental suffisant) que la réalité est généralement plus compliquée. ;)

 

mon expérience de fréquentation avec les vrais gauchistes, ceux qui veulent nationaliser et tout, c'est un mélange de "mmh trop gros passera pas sans le public", de "houla ça c'est vraiment des méchants il faut les nationaliser" et enfin de "houlà ça c'est clairement un truc stratégique/tout le monde en a besoin/c'est vital et nécéssaire à l'équilibre de l'homme (oui c'est du NTM)" et pouf, ta gueule c'est magique, il faut nationaliser. Donc gros+méchant+important = casserole nationale, mais je suppose que 1 critère devrait suffir. 

 

Après je pense aussi que Marx Le Jeune était un gros trololol de son époque, qu'il a lancé ça comme ça et que plein de gens ont suivi ; mais comme il ne revient pas vraiment dessus dans El Kapitalistan (enfin j'ai pas non plus lu in extenso les 3 tomes, donc c'est peut-etre caché quelque part), je pense vraiment qu'il a dit ça puis pouf le livre est devenu sont premier succès.

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il y a 22 minutes, poney a dit :

mon expérience de fréquentation avec les vrais gauchistes, ceux qui veulent nationaliser et tout, c'est un mélange de "mmh trop gros passera pas sans le public", de "houla ça c'est vraiment des méchants il faut les nationaliser" et enfin de "houlà ça c'est clairement un truc stratégique/tout le monde en a besoin/c'est vital et nécéssaire à l'équilibre de l'homme (oui c'est du NTM)" et pouf, ta gueule c'est magique, il faut nationaliser. Donc gros+méchant+important = casserole nationale, mais je suppose que 1 critère devrait suffir. 

Autant pour le "socialimse scientifique", donc. :lol:

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