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De la présence du libéralisme dans les romans de fiction


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" Scandant ses premiers mots avec des coups de poing abaissés dans le vide, Pausole articula lentement :

 

- Monsieur, l'homme demande qu'on lui fiche la paix ! Chacun est maître de soi-même, de ses opinions, de sa tenue et de ses actes, dans la limite de l'inoffensif. Les citoyens de l'Europe sont las de sentir à toute heure sur leur épaule la main d'une autorité qui se rend insupportable à force d'être toujours présente. Ils tolèrent encore que la loi leur parle au nom de l'intérêt public, mais lorsqu'elle entend prendre la défense de l'individu malgré lui et contre lui, lorsqu'elle régente sa vie intime, son mariage, son divorce, ses volontés dernières, ses lectures, ses spectacles, ses jeux et son costume, l'individu a le droit de demander à la loi pourquoi elle entre chez lui sans que personne l'ait invitée.

 

- Sire...

 

- Jamais je ne mettrai mes sujets dans le cas de me faire un tel reproche. Je leur donne des conseils, c'est mon devoir. Certains ne les suivent pas, c'est leur droit. Et tant que l'un d'eux n'avance pas la main pour dérober une bourse ou pour donner une nasarde, je n'ai pas à intervenir dans la vie d'un citoyen libre. Votre œuvre est bonne, monsieur Lebirbe, faites qu'elle se répande et s'impose, mais n'attendez pas de moi que je vous prête des gendarmes pour jeter dans les fers ceux qui ne pensent pas comme nous. "

 

:sorcerer:  Pierre LOUYS, Les Aventures du roi Pausole, 1901 :shuriken:

 

 

D'autres exemples ?!

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"Gospodin," he said presently, "you used an odd word earlier--odd to me, I mean..."

"Oh, 'tanstaafl.' Means 'There ain't no such thing as a free lunch.' And isn't," I added, pointing to a FREE LUNCH sign across room, "or these drinks would cost half as much. Was reminding her that anything free costs twice as much in long run or turns out worthless."

"An interesting philosophy."

"Not philosophy, fact. One way or other, what you get, you pay for."

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  • 11 months later...

Oui, d'ailleurs Tolkien insiste bien, par la voix de Gandalf, sur le fait que ni la connaissance ni les meilleures intentions ne justifient la quête de pouvoir, même les elfes, qui ont la connaissance ne devraient pas en disposer, ni même les magiciens qui sont sages. Si les Hobbits peuvent le détruire c'est parce qu'ils sont dénués, à la base, constitutivement, de grands desseins pour le monde, ils ne font que vivre leur vie.

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Ce fil devrait laisser perplexe : une oeuvre de fiction ne se réclamant pas ouvertement du socialisme n'implique aucunement qu'elle soit d'essence libérale ou libertarienne (sinon, il s'agirait d'un livre idéologique et donc rébarbatif, à la façon d'Atlas Shrugged).

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Ce fil devrait laisser perplexe : une oeuvre de fiction ne se réclamant pas ouvertement du socialisme n'implique aucunement qu'elle soit d'essence libérale ou libertarienne (sinon, il s'agirait d'un livre idéologique et donc rébarbatif, à la façon d'Atlas Shrugged).

 

Personne n'a dit ça je pense.

A mon qu'on inclue toutes les dystopies, encore que beaucoup de dystopies ne font pas seulement que "ne pas se réclamer du socialisme", souvent elles font une critique du contrôle sociale proche de la critique que le libéralisme fait du socialisme.

 

Mais tu as raison, ça n'en fait pas des oeuvres "libérales", et tu as raison, une fiction qui est un manifeste est boring en général. L'équilibre se trouve entre les deux, avec une critique similaire et une réponse compatible voire "dans la direction de".

 

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Ce fil devrait laisser perplexe : une oeuvre de fiction ne se réclamant pas ouvertement du socialisme n'implique aucunement qu'elle soit d'essence libérale ou libertarienne (sinon, il s'agirait d'un livre idéologique et donc rébarbatif, à la façon d'Atlas Shrugged).

 

 

Toutes les dystopies se fondent autour du même principe: l'aliénation de l'homme à un système politique ou à une technologie qui conduisent à l'effondrement des liberté individuelles.

 

Même sans se réclamer explicitement du socialisme... toutes les dystopies en font implicitement la critique (1984, globalia, le meilleur des mondes, Nous autres, farenheit, un bonheur insoutenable, etc....) toutes... et on peut aussi citer les films (gataca, equilibrium, soleil vert, matrix, etc...)

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The achievement of the socialist egalitarian dream
Harrison Bergeron by Kurt Vonnegut on screen
"Harrison Bergeron" is a satirical, dystopian science fiction short story written by Kurt Vonnegut and first published in October 1961.
http://en.wikipedia.org/wiki/Harrison_Bergeron
http://www.finallyequal.com/
http://www.contrepoints.org/2010/11/05/6461-2081-everyone-will-finally-be-equal)

 

et pas mal d'autres articles sur CP
 

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Toutes les dystopies se fondent autour du même principe: l'aliénation de l'homme à un système politique ou à une technologie qui conduisent à l'effondrement des liberté individuelles.

Tu oublies un peu vite les dystopies parlant de l'effondrement du monde tel qu'on le connait suite à une catastrophe et qui donne des bandes de pillards que personne n'arrête et où le reste des civilisés se bat contre les barbares qui profitent du fait qu'il n'y a plus de sanctions contre les salopards: Le post apocalyptique est le genre qui le représente le mieux.

Mais les zombie-like, cela marche aussi.

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On s'éloigne de la littérature mais Firefly est à ma connaissance le seul univers de fiction authentiquement anarco-capitaliste qui ne vire ni à la mélasse idéologique didactique ni à la critique redondante du totalitarisme telle qu'elle se décline à l'infini depuis Zamiatine.

 

Il y a des flingues de cow-boy, des call-girl intergalactique, un Empire social-démocrate gouverné par des fascistes aussi cruels qu'incapables, voilà pour le background. On suit donc une équipe de pillards au grand cœur, une petite entreprise logée dans un rafiot pourri et dont les relations dépeintes sont à couper le souffle de réalisme. Pas de moralisme niais ni de questionnement philosophique à deux balle et pourtant, c'est de loin le truc le plus intelligent et drôle que j'ai vu depuis des années en SF. Hasard ou coïncidence, les uniformes des méchants sont les mêmes que ceux du très militariste Starship Troopers. Le début est un peu laborieux mais une fois rentré dedans, ça devient de la drogue dure. Pour les gens pressés, il y a l'adaptation cinématographique Serenity, un savoureux épilogue qui s'apprécie sans même avoir vu la série. C'était le ticket d'entrée de Joss Whedon pour les grands studios et le succès commercial : The Avengers étant lui aussi truffé de clins d'oeil libertariens.

 

L'intégrale de Firefly est disponible en VO à cette adresse

 

https://www.youtube.com/watch?v=qnKkKu0JJ7s&list=UUbUa-hkLxJ42Y4OrO_j5qMA

 

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Toutes les dystopies se fondent autour du même principe: l'aliénation de l'homme à un système politique ou à une technologie qui conduisent à l'effondrement des liberté individuelles.

 

Même sans se réclamer explicitement du socialisme... toutes les dystopies en font implicitement la critique (1984, globalia, le meilleur des mondes, Nous autres, farenheit, un bonheur insoutenable, etc....) toutes... et on peut aussi citer les films (gataca, equilibrium, soleil vert, matrix, etc...)

 

Pour répondre également à Anton_K : 1984 est un excellent exemple, dans la mesure où Georges Orwell n'était pas libéral, mais socialiste. Ce qui, au passage, met au jour un détail gênant : il y a bien une composante individualiste et anti-étatiste dans la pensée socialiste (pour d'autres raisons que libérales). Bref, voir dans ces oeuvres de fiction du "libéralisme en pratique" relève de la projection.

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Mon frère, qui est féru de littérature, m'a récemment conseillé un bouquin qui m'a l'air intéressant : L'Empire de la morale de Christopher Donner.

 

Une critique sur SC :
 

Après Ainsi va le jeune loup de sang, j'ai ressorti de mes étagères un autre roman de Christophe Donner qui m'attendait depuis plusieurs années : L'empire de la morale. Sur la quatrième de couverture, on peut lire ceci :

Un jeune adolescent surdoué, habité par une hallucination qui fait de lui un handicapé de la vie auquel tout contact physique est interdit, est interné dans une institution spécialisée. Enfin libéré, il part avec son père à Saint-Tropez avant de revenir vers Paris où il s'affranchit progressivement de ses démons.

Comment le narrateur en arrive-t-il là ? Il est le fils bâtard de Freud et de Marx, de la psychanalyse et du communisme, deux fléaux incarnés par sa mère et son père.

La religion de l'Inconscient contre celle de la Révolution ont coulé dans ses veines depuis l'enfance : c'est cette double violence exercée sur lui, ce double mensonge meurtrier du siècle, qui constituent les véritables personnages du roman.

La révolte contre la tyrannie douce d'une mère psychanalyste passe par la dénonciation de l'escroquerie du freudisme ; l'apostasie de la religion du père communiste passe par le règlement de comptes avec la légende léniniste.

De sorte que l'extrême singularité du « roman familial » touche à l'universalité du roman générationnel. Roman total où l'on trouve de la drôlerie et de la sauvagerie, de la science et de l'histoire, une théorie de la morale et une certain pratique de la fiction ...

L'empire de la morale n'est pas un roman comme les autres. Je suis tenté de dire que c'est plus qu'un roman, tant le narrateur, ou l'auteur, nous entraîne parfois dans des réflexions qui vont au-delà de la fiction. Je vais partir de l'hypothèse que c'est l'auteur qui s'exprime dans les deux passages, excellents et mémorables, où il dénonce la psychanalyse et les théories freudiennes dans un premier temps, puis le communisme, dans des démonstrations qui semblent d'une précision chirurgicale. Je n'ai pas suffisamment de connaissance de ces sujets pour évaluer la pertinence des éléments présentés par Christophe Donner, mais je dois au moins reconnaître que cela semble très bien documenté, mais aussi sa force de conviction et le fait que tout cela semble vraiment « sortir des tripes ». J'ai particulièrement apprécié ce qui ressemble presque à un cours sur l'histoire du socialisme, sur Lénine et sur la révolution russe.

Ces réflexions éclipsent presque le reste du roman, plus anecdotique à mes yeux, avec notamment des éléments sur la relation du narrateur avec ses parents. Je ne sais plus, finalement, si la dénonciation de la psychanalyse et du communisme servent de prétexte au propos du narrateur sur ses parents, ou si c'est l'inverse qui est voulu. Quel est le message, finalement ? C'est peut-être la seule critique que je ferais à ce livre : ne pas vraiment choisir entre fiction et essai. Les deux aspects du livre sont réussis, c'est là la force de Christophe Donner, mais c'est un peu perturbant pour le lecteur un peu simplet que je suis. Je reste malgré tout emballé par ce livre particulier et marquant.

 

http://www.senscritique.com/livre/L_Empire_de_la_morale/critique/1147996

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  • 3 weeks later...

L'oeuvre de Raspail mettant en scène les Pikkendorf (Hourra Zarrah, les Royaumes de Borée, entre autres), ces personnages sont de grands individualistes, limite randien, avec leur devise "Je suis mes propres pas".

 

Je pense aussi à Achille Talon, Greg a manifestement une dent contre le fisc, les militaires trop entreprenant et ceux qui désirent dominer. N'oublions pas Vincent Poursan en hommage au capitalisme entrepreneurial ;)

 

Pour fini, et Rincevent ne me contredira pas, je pense aussi aux Annales du Disque Monde de Terry Pratchett qui est manifestement un exemple pseudo réussi de nanarcapistant (suffit de se balader à Ankh Morpork) 

 

 

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Pour fini, et Rincevent ne me contredira pas, je pense aussi aux Annales du Disque Monde de Terry Pratchett qui est manifestement un exemple pseudo réussi de nanarcapistant (suffit de se balader à Ankh Morpork)

Réussi artistiquement, oui. Fonctionnel, heu... ;)

Et puis Ankh Morpork a le Patricien Vetinari à sa tête, tout de même (comme quoi, l'Etat, c'est un truc d'urbains).

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