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Libertarianisme et humilité


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En même temps, Mises écrivait aussi contre les marxistes qui prétendaient que la logique est bourgeoise, que la mauvaise foi et le mensonge était tout à fait permis. Donc les prendre pour des cons c'est plutôt soft face à ce genre de méthodes.

 Les contradicteurs de Mises n'étaient pas tous marxistes et il n'argumentait pas seulement contre eux. Les marxistes ne disent pas que la logique est bourgeoise, ils postulent un polylogisme (pour reprendre le terme de Mises). Je n'ai jamais vu qu'un marxiste a écrit tel quel que le mensonge et la mauvaise foi était permis. Et une fois de plus, Mises n'a pas écrit uniquement pour répondre à ceux là. Comme je l'ai déjà mentionné, Hayek, lui n'avait pas ce style "détenteur de la vérité absolue" de Mises, et pourtant il argumentait contre les mêmes. Et enfin j'ai envie de citer Isaiah Berlin : « Être libéral, c'est non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être vos adversaires qui ont raison ! »

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Oui d'ailleurs j'ai failli donner les structuralistes comme exemple, mais il y en a d'autres dans le même style.

Quand je disais, "ne fait pas avancer la science", j'aurais pu dire "ne fait pas avancer la vérité" (à moins encore une fois de prétendre la détenir par une opération du Saint-Esprit).

Pour moi il est évident que certaines formes de dogmatisme existent parfois parmi les libéraux. Or je pense que le libéralisme n'a pas besoin de ça. Sans vouloir faire de la psychologie de bazar (mais j'en fait quand même), j'ai le sentiment que c'est dû quelque part à un manque de confiance envers le libéralisme : il faut le déconnecter de la réalité pour l'en protéger. Ainsi on met l'attachement à une idée au dessus de l'attachement à la vérité. (Phénomène que Revel a analysé souvent.) Or si on croit sincèrement au libéralisme, il n'y a aucune raison d'avoir peur de la vérité ou des faits ou de se remettre en cause constamment.

Mises est un auteur que j'adore, vraiment. C'est un génie. Mais quand je le lis, j'ai souvent cette sensation de quelqu'un de très sûr de lui, qui ne doute jamais, bref d'un peu dogmatique sur les bords. (Certaines choses qu'il écrit relativisent parfois ce sentiment, mais c'est rare.) Et la façon qu'il a de penser, explique selon moi (comme je l'ai dit parfois dans d'autres topics) qu'il n'y ait plus vraiment de grands penseurs qui renouvellent la pensée libérale après lui, à part Hayek qui précisément se différencie de lui en ce qu'il accepte de prendre acte de l'expérience. On a l'impression en revanche que Mises a figé la pensée autrichienne sinon libérale. Il a dit la vérité ultime et définitive une fois pour toute et rien ne pourra plus jamais être ajouté. Et pourtant je préfère lire Mises que Hayek.

Le phénomène du "génie dogmatique" (détenteur de la Vérité) n'est pas spécifique à Mises ou Rand, on le retrouve chez pleins d'autres, par exemple de façon éclatante chez Schopenhauer, que j'adore pourtant aussi. Et bien sûr aussi chez Marx, le génie en moins.

D'un autre côté, s'il a raison et que l'on arrive pas à le démonter, c'est bien que pour l'instant c'est irréfutable.

Et si d'un autre côté on ne trouve pas de trous où d'erreur dans son raisonnement logique, On a pas de raison de croire que y a un problème

Après tu peux ressortir le couplet sur la raison que l'on oublie quelque chose blabla mais le fait est que la raison ça fonctionne extrêmement bien quand c'est utilisé correctement (et mises visiblement sait s'en servir bien). Le problème de l'expérience, c'est que dans les domaines qui nous intéressent elle est souvent très compliquée à utiliser parce que beaucoup trop de variables entrent en jeu pour pouvoir tirer des conclusions. Au mieux on a des indices ou des illustrations, on peut s'en servir pour aiguiller la réflexion.

L'expérience comme validation c'est bien quand on maitrise le nombre de variable. Quand on le maîtrise pas, ca me semble beaucoup trop inexploitable.

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Quel est l'intérêt de prendre des pincettes quand on a toutes les raisons de penser qu'on est dans le vrai ? Autant y aller franco tel un fier fourmillier.

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Ajouter des "mais je peux me tromper" c'est pareil que dire "mais c'est mon goût personnel" quand on parle d'art, ça n'apporte rien parce que c'est toujours le cas. Mais dans la vie on prend des positions, et donc des risques.

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D'un autre côté, s'il a raison et que l'on arrive pas à le démonter, c'est bien que pour l'instant c'est irréfutable.

Donc Mises est le plus grand penseur que la Terre ait jamais connu, il fut le détenteur de la Vérité absolue comme jamais personne avant et après lui. Un cas unique dans l'histoire de l'humanité. Une sorte de Dieu vivant (comme le Christ) qu'il n'y a plus qu'à suivre à la lettre à partir des Saintes écritures.

Tu diras que je caricature, mais c'est réellement ce qu'implique ta remarque. (Et accessoirement c'est le style qu'utilisait Mises pour ridiculiser ses adversaires.)

On est au cœur du sujet (l'humilité).

 

On arrive pas (et on arrivera jamais) à démontrer que Mises a tort comme on n'arrive pas à démontrer qu'une vision métaphysique quelconque est fausse ou qu'une religion quelconque est fausse. L'un dans l'autre, il y a un refus explicite des faits. On ne peut pas montrer par des faits que Mises a tort, puisqu'il refuse l'examen des faits. On ne peut pas montrer par les faits que Mises a raison, car ça le contredirait de facto. Dans une certaine mesure, on ne peut guère que croire ou ne pas croire.

 

mais le fait est que la raison ça fonctionne extrêmement bien quand c'est utilisé correctement (et mises visiblement sait s'en servir bien)

Attention, tu t'appuies sur un fait !

La "raison pure" c'est les débats scolastiques (sans appui sur l'expérience, bref sans relation avec la réalité) qui ont durés des siècles et qui n'ont aboutit sur strictement rien. Pour analyser la réalité, la raison fonctionne mieux lorsqu'elle est en relation avec la réalité.

 

Le problème de l'expérience, c'est que dans les domaines qui nous intéressent elle est souvent très compliquée à utiliser parce que beaucoup trop de variables entrent en jeu pour pouvoir tirer des conclusions.

Que la relation avec les faits soit difficile (voir extrêmement difficile) ou limité parce que ceux-ci sont complexes n'implique nullement qu'il faille les rejeter totalement par principe, car ils restent malgré tout le seul moyen d'avancer dans la compréhension du monde, d'asseoir des théories sur autre chose que "j'ai raison parce que j'ai raison".

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Oui d'ailleurs j'ai failli donner les structuralistes comme exemple, mais il y en a d'autres dans le même style.

Les marxistes évidemment. Si toute classe suinte sa propre idéologie auto-justificatrice, et que les intellectuels marxistes sont presque tous issus de la bourgeoisie, comment peuvent-ils défendre les intérêts du prolétariat ?

 

Mises est un auteur que j'adore, vraiment. C'est un génie. Mais quand je le lis, j'ai souvent cette sensation de quelqu'un de très sûr de lui, qui ne doute jamais, bref d'un peu dogmatique sur les bords. (Certaines choses qu'il écrit relativisent parfois ce sentiment, mais c'est rare.) Et la façon qu'il a de penser, explique selon moi (comme je l'ai dit parfois dans d'autres topics) qu'il n'y ait plus vraiment de grands penseurs qui renouvellent la pensée libérale après lui, à part Hayek qui précisément se différencie de lui en ce qu'il accepte de prendre acte de l'expérience. On a l'impression en revanche que Mises a figé la pensée autrichienne sinon libérale. Il a dit la vérité ultime et définitive une fois pour toute et rien ne pourra plus jamais être ajouté. Et pourtant je préfère lire Mises que Hayek.

Meuh non. Mises fait juste son intellectuel allemand de base. ;) Hayek, lui, joue à l'Anglais d'adoption.
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les intellectuels marxistes sont presque tous issus de la bourgeoisie, comment peuvent-ils défendre les intérêts du prolétariat ?

 

De façon intéressante, le socialisme moderne est largement à l'avantage de la bourgeoisie installée.

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Humilité, l'humus, la terre.

A court terme les atomes de notre génération vont se recomposer sous forme de coloïdes organiques , terreau des générations futures.

Vanité des vanités comme disait l'autre.

I'm so high right now .

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Les marxistes évidemment.

Je pensais aussi à eux. Il y a toute sorte de variétés de cette doctrine. (Même si on peut parfois se demander si structuralisme et marxisme ne sont pas une seule et même chose...bon ok j'abuse un peu !)

 

Meuh non. Mises fait juste son intellectuel allemand de base. ;) Hayek, lui, joue à l'Anglais d'adoption.

Mises n'était pas allemand. Mais c'est vrai que commencer ses phrases par "La vérité est que..." comme Mises le fait souvent dans ses écrits, ça fait un peu philosophe allemand du XIXe, qui étaient souvent dogmatiques (d'ailleurs les autres exemples que j'ai cité c'était Schopenhauer et Marx...)

D'autres réflexions me viennent à propos de Mises et de Rand.

Mises a lui même reconnu que la raison n'était pas infaillible et que les hommes étaient soumis à l'erreur. Il avait donc conscience malgré tout des limites de la raison, même si on se demande s'il a appliqué cette réflexion à lui-même. D'autre part, il s'est parfois servi de l'expérience historique pour illustrer ou argumenter ses thèses. Bref, Mises n'était pas aussi Miseséen qu'il préconisait de l'être. Ce qui montre qu'il avait ses faiblesses, c'était donc un être humain et non un demi-dieu qui incarne la Vérité et qui nous dispense de penser après lui.

Et justement, en ce qui concerne Rand, là où l'observation de la réalité lui fait défaut, c'est que dans son souci de l'homme tel qu'il devrait être, elle ne prend presque jamais en compte l'homme tel qu'il est, avec ses faiblesses. Comme dit Kant (que Rand déteste, ce critique de la "raison pure") : « Avec le bois tordu de l'humanité, il est impossible de faire quelque chose de droit. ».

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Tu ne crois pas à l'Homme nouveau, pourtant la citation de Kant ne parle pas d'autre chose, ce me semble.
Et à la lecture de Rand, l'Homme nouveau me semble une conclusion inévitable, elle jette à la poubelle toute analyse empirique — l'homme a selon elle, toujours eu de mauvais principes moraux depuis le début de l'humanité — et construit une morale à partir de raisonnements ex-nihilo qu'il faut que l'humanité (qui sera donc incidemment nouvelle, puisqu'elle adoptera des principes et des comportements auquel elle n'avait jamais adhéré dans l'Histoire) adopte. Et il ne faut ni dévier, ni douter, il faut marcher droit selon ces principes. (Comme l'humanité jamais avant n'a fait, mais quelle importance ?) Et Mozart était un rouge.

Tout cela est bien sûr "rationnel", c'est le pouvoir de la raison pure, qui, débarrassée de tout empirisme, de toute expérience, de tout fait, de tout lien avec la réalité, délivre la Vérité absolue à celui qui s'en sert.

 

Je demandais il y a quelques temps à un de mes amis anarcap de Strasbourg (qui n'est pas sur ce forum) pourquoi Rand finalement marchait si bien.

Sa réponse : "Parce que c'est c'est religieux".

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Tu ne crois pas à l'Homme nouveau, pourtant la citation de Kant ne parle pas d'autre chose, ce me semble.

Je n'ai visiblement pas la même lecture de cette citation que toi.

 

Et à la lecture de Rand, l'Homme nouveau me semble une conclusion inévitable

quelle(s) lecture(s) ?

 

... J'aime bien les "conclusions inévitables"

 

(... tu me sembles avoir une jolie couche de préjugés sur Rand.)

 

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Mises n'était pas allemand. Mais c'est vrai que commencer ses phrases par "La vérité est que..." comme Mises le fait souvent dans ses écrits, ça fait un peu philosophe allemand du XIXe, qui étaient  sont souvent dogmatiques (d'ailleurs les autres exemples que j'ai cité c'était Schopenhauer et Marx...)

 

 Corrigé

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Et évidemment pour Rand tout les philosophes de l'Histoire avant elle se sont tous trompés sans exception (à part Aristote, et encore).

 

quelle(s) lecture(s) ?

La vertu d'égoïsme par exemple.

(... tu me sembles avoir une jolie couche de préjugés sur Rand.)

Friedman et Rothbard aussi apparemment.
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Donc Mises est le plus grand penseur que la Terre ait jamais connu, il fut le détenteur de la Vérité absolue comme jamais personne avant et après lui. Un cas unique dans l'histoire de l'humanité. Une sorte de Dieu vivant (comme le Christ) qu'il n'y a plus qu'à suivre à la lettre à partir des Saintes écritures.

Tu diras que je caricature, mais c'est réellement ce qu'implique ta remarque.

 

Pas vraiment non.

 

 

IMO, lorsque Mises dit qu'il ne se sert de la raison, il ne dit pas qu'il prends la raison ex nihilo de toute expérience. Evidemment qu'il prends l'expérience en compte, mais avant d'écrire ses bouquins. Ce qu'il pense lui est pas tombé dessus par l'opération u saint esprit. Il a collecté des données physiquement avec son cerveau et ses yeux et les a ensuite assemblés en raisonnements. Sauf que généralement, avec l'expérience on a le bas de la chaîne de causalité, les effets, et on remonte les causes, jusqu'à la "cause finale". Les deux fonctionnent ensemble.

Ensuite, il tente de faire le contraire. De ce qu'il a déduit à l'aide de l'expérience en remontant la chaîne, il essaye de faire pareil mais dans l'autre sens: prendre sa cause finale qu'il a déduite, puis essayer de dérouler toute la chaîne des actions logiquement, et voir si ça refait la même chose. Et si ça refait la même chose correctement, il en déduit que ce qu'il a dit est bon et irréfutable.

 

Mais il préfère la raison à l'expérience parce que l'expérience est trop changeante, et n'a pas de portée théorique universelle. On ne peut s'en servir que pour illustrer ou amorcer le processus de réflexion.

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Pas vraiment non.

Pourquoi ? Étant donné que Mises a délivré la Vérité une fois pour toute. Il n'y a plus besoin de réfléchir, il n'y a plus qu'à suivre béatement.

 

IMO, lorsque Mises dit qu'il ne se sert de la raison, il ne dit pas qu'il prends la raison ex nihilo de toute expérience. Evidemment qu'il prends l'expérience en compte, mais avant d'écrire ses bouquins. Ce qu'il pense lui est pas tombé dessus par l'opération u saint esprit. Il a collecté des données physiquement avec son cerveau et ses yeux et les a ensuite assemblés en raisonnements. Sauf que généralement, avec l'expérience on a le bas de la chaîne de causalité, les effets, et on remonte les causes, jusqu'à la "cause finale". Les deux fonctionnent ensemble.

Ensuite, il tente de faire le contraire. De ce qu'il a déduit à l'aide de l'expérience en remontant la chaîne, il essaye de faire pareil mais dans l'autre sens: prendre sa cause finale qu'il a déduite, puis essayer de dérouler toute la chaîne des actions logiquement, et voir si ça refait la même chose. Et si ça refait la même chose correctement, il en déduit que ce qu'il a dit est bon et irréfutable.

 

Mais il préfère la raison à l'expérience parce que l'expérience est trop changeante, et n'a pas de portée théorique universelle. On ne peut s'en servir que pour illustrer ou amorcer le processus de réflexion.

A partir de cette façon de procéder, on ne voit pas pourquoi l'expérience et les faits devraient être rejetés. Au contraire, ils devraient plutôt tendre à confirmer les théories de Mises. (Je pense d'ailleurs fondamentalement que les théories de Mises n'ont pas besoin de ce rejet des faits.)

Mises ne dit pas seulement qu'il "préfère" la raison à l'expérience, il dit en substance que l'expérience ne prouve rien. Or dire que les faits ne prouvent rien — au motif qu'ils sont très compliqués à interpréter — c'est se dispenser de tout examen de sa théorie et par suite de toute remise en question (ergo on détient la Vérité absolue). On ne peut pas discuter une théorie qui se soustrait à l'examen de la réalité, le débat est clos. Car pour savoir si une théorie est vrai, il faut bien qu'elle se retrouve quelque part d'une manière ou d'un autre, dans la réalité (et qu'on puisse le constater), à moins évidemment que cette théorie forme un système autonome sans rapport avec la réalité tangible (à ce moment là elle ne peut pas prétendre l'expliquer ou en parler).

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Mises n'était pas allemand. Mais c'est vrai que commencer ses phrases par "La vérité est que..." comme Mises le fait souvent dans ses écrits, ça fait un peu philosophe allemand du XIXe, qui étaient souvent dogmatiques (d'ailleurs les autres exemples que j'ai cité c'était Schopenhauer et Marx...)

C'est bien pour ça que j'ai dit que Mises le galicien faisait son Allemand (et non l'était), comme Hayek faisait son Anglais (ou même son Ecossais).

Je demandais il y a quelques temps à un de mes amis anarcap de Strasbourg (qui n'est pas sur ce forum) pourquoi Rand finalement marchait si bien.

Sa réponse : "Parce que c'est c'est religieux".

Exactement. Ce qui n'est pas inévitablement un défaut.

IMO, lorsque Mises dit qu'il ne se sert de la raison, il ne dit pas qu'il prends la raison ex nihilo de toute expérience. Evidemment qu'il prends l'expérience en compte, mais avant d'écrire ses bouquins. Ce qu'il pense lui est pas tombé dessus par l'opération u saint esprit. Il a collecté des données physiquement avec son cerveau et ses yeux et les a ensuite assemblés en raisonnements. Sauf que généralement, avec l'expérience on a le bas de la chaîne de causalité, les effets, et on remonte les causes, jusqu'à la "cause finale". Les deux fonctionnent ensemble.

"Cause première" serait plus adapté.
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"Cause première" serait plus adapté.

 

Oui en effet.

 

Tiens j'y reréfléchi et je me dit:

 

en fait le problème, c'est que la raison pure ça n'existe pas. Même en logique pure on fait appel à des concepts qui son empiriquement vérifiés comme la causalité.

 

Personnellement je vois pas ce qui te choque avec le fait que des choses soient irréfutables.

Des choses irréfutables ça existe.

 

Si t''en trouve une, et que personne n'arrive à la démonter, c'est irréfutable jusqu'à preuve du contraire.

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Exactement. Ce qui n'est pas inévitablement un défaut.

Certes mais alors il ne faut pas faire comme si c'était autre chose.

 

Personnellement je vois pas ce qui te choque avec le fait que des choses soient irréfutables.

Des choses irréfutables ça existe.

 Si t''en trouve une, et que personne n'arrive à la démonter, c'est irréfutable jusqu'à preuve du contraire.

Irréfutable ne signifie pas "que personne n'a réussi à réfuter jusqu'à présent" mais "construit de telle manière qu'aucune réfutation ne soit envisageable" en sorte que toute critique est disqualifié d'avance, impossible. Cela suppose que toute la vérité est contenue dans cette théorie qui ne peut, et ne pourra jamais, être remise en question. Quand Marx dit que toute personne qui critique le socialisme ne fait que défendre inconsciemment des intérêts de classe, et que de toute façon il y a la logique prolétaire et la logique bourgeoise, il est irréfutable. Les choses irréfutables sont des croyances ou des dogmes, comme on le sait depuis Karl Popper. Elles ne nous permettent pas d'avancer dans la compréhension du monde, elles l'empêchent.

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Mises ne dit pas seulement qu'il "préfère" la raison à l'expérience, il dit en substance que l'expérience ne prouve rien. Or dire que les faits ne prouvent rien — au motif qu'ils sont très compliqués à interpréter — c'est se dispenser de tout examen de sa théorie et par suite de toute remise en question (ergo on détient la Vérité absolue). On ne peut pas discuter une théorie qui se soustrait à l'examen de la réalité, le débat est clos. Car pour savoir si une théorie est vrai, il faut bien qu'elle se retrouve quelque part d'une manière ou d'un autre, dans la réalité (et qu'on puisse le constater), à moins évidemment que cette théorie forme un système autonome sans rapport avec la réalité tangible (à ce moment là elle ne peut pas prétendre l'expliquer ou en parler).

 

Le truc c'est que ce qui est falsifiable chez mises, ce n'est pas les résultats, mais bien les prémisses, l'axiome d'action, la marginalité des préférences individuelles, le lien de causalité entre l'hypothétique échelle des préférences individuelles et les choix exprimés dans une situation d'échange.

 

Tout ça est globalement confirmé par les expériences de l'école Comportemantaliste qui à bien fait des expériences réelles sur des vrais etres humains, et qui si elle à montré un certain nombre de biais et de façon de modifier (subtilement ou non), l'échelle de préférence individuelle, n'a pas montré, au contraire, que les choix économiques n'étaient pas basés sur celle-ci, toute variable cachée soit elle, elle semble confirmée par l'expérience. (ce n'est pas une validation de la théorie bien entendu, mais c'était une occasion réelle de réfuter, qui aurai pu réfuter Mises, et ne l'a pas fait, donc il y à bien eu contact avec l'épreuve de la réalité, meme si à mon gout insuffisante)

 

De fait, la micro-économie à fait d'immenses progrès depuis Mises, entre autre gràce a l'école Comportementaliste (malheureusement un peu déconsiderée à cause des dérives éthiques multiples qui en sont la quasi-inévitable conséquence expérimentale), mais sans remettre en cause les principes de base du marginalisme, et finalement, Mises si on y reflechit bien, c'est quoi, c'est un type qui à pris le marginalisme et en à tiré un manuel d'économie complet, on ne remet pas en cause un manuel, l'action humaine n'est pas une théorie mais un principia economica.

 

C'est fait pour etre un ensemble fermé, ça ne le rends pas irréfutable, mais ça le rends difficile à réfuter car basé sur des axiomes très généraux et avec une flexibilité interne résistante c'est peut etre le dernier scientifique à avoir écrit un principia et non des articles, et en cela, il est bien entendu un peu en dehors de l'approche moderne de la science et plus proche de l'approche des anciens, ce n'est pas fait pour etre réfuté, c'est fait pour etre utilisé.

 

De façon générale, l'économie est difficile à réfuter, ça ne se limite pas à Mises, c'est juste évident pour Mises parce qu'il ne prétends pas utiliser les outils des sciences physiques et n'utilise pas le vocabulaire des économistes classiques et néo-classiques qui donne une impression de réfutabilité, mais leurs thèses ne sont pas plus réfutables par la réalité, la complexité des phénomènes protège Mises de la réfutation, mais elle protège également l'immense majorité des économistes, ce qui est réfutable c'est les théories prédictives chiffrées, et la pour le coup, ce qui est pratique, c'est qu'elles sont toutes fausses, la prédiction économétrique est une suite continue d'échecs humiliants :devil:

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Le truc c'est que ce qui est falsifiable chez mises, ce n'est pas les résultats, mais les prémisses

 

ha putain merci, c'est ce que j'essayais de formuler

Certes mais alors il ne faut pas faire comme si c'était autre chose.

 

Irréfutable ne signifie pas "que personne n'a réussi à réfuter jusqu'à présent" mais "construit de telle manière qu'aucune réfutation ne soit envisageable" en sorte que toute critique est disqualifié d'avance, impossible. Quand Marx dit que toute personne qui critique le socialisme ne fait que défendre inconsciemment des intérêts de classe, et que de toute façon il y a la logique prolétaire et la logique bourgeoise, il est irréfutable.

Ha oui, mais je ne crois pas que ça existe dans les faits.

Et d'ailleurs, dans ce cas là, il ne faut pas réfuter les théories en elles-même, mais les prendre dans leurs propres contradictions;

"Il y'a deux logiques: une bourgeoise et une prolétarienne"

"Et c'est avec laquelle des deux logiques que tu a déduis ça ?"

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Si t'en trouve une, et que personne n'arrive à la démonter, c'est irréfutable jusqu'à preuve du contraire.

Ce n'est pas un bon critère. "Tu ne peux pas démontrer que les fantômes n'existent pas, donc ils existent", c'est un raisonnement complètement anti-scientifique. Et anti-juridique aussi, puisque la charge de la preuve va à celui qui avance quelque chose. Et c'est aussi un raisonnement trouvé souvent chez les schizophrènes.
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Le truc c'est que ce qui est falsifiable chez mises, ce n'est pas les résultats, mais bien les prémisses,

Ce qui ne change fondamentalement rien au problème soulevé par Friedman. (Et par moi dans ce topic, mais je ne fais que l'écho de Friedman.)

 

Ha oui, mais je ne crois pas que ça existe dans les faits.

Attention, tu fais appel encore aux faits. Des théories construites de telle sorte qu'on ne peut pas les réfuter ça n'existe pas ? Toutes les religions, toutes les théories qui prétendent que les faits ne peuvent les contredire, ou encore toutes les théories qui disqualifient d'avance ceux qui les critique, en font partie, par définition.

 

Et d'ailleurs, dans ce cas là, il ne faut pas réfuter les théories en elles-même, mais les prendre dans leurs propres contradictions;

"Il y'a deux logiques: une bourgeoise et une prolétarienne"

"Et c'est avec laquelle des deux logiques que tu a déduis ça ?"

L'exemple que tu donnes s'appuie sur la réalité tangible (l'homme en chair et en os qui a pondu la théorie).

Au fait, tu as vu la conférence ?

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Ce n'est pas un bon critère. "Tu ne peux pas démontrer que les fantômes n'existent pas, donc ils existent", c'est un raisonnement complètement anti-scientifique. Et anti-juridique aussi, puisque la charge de la preuve va à celui qui avance quelque chose. Et c'est aussi un raisonnement trouvé souvent chez les schizophrènes.

 

J'essaierai de développer plus tard mais dans cet énoncé le problème c'est que c'est impossible d'essayer de le vérifier

contrairement à un énoncé type "tous les hommes agissent au mieux de ce qu'ils pensent" que tu peux essayer de vérifier.

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Attention, tu fais appel encore aux faits. Des théories construites de telle sorte qu'on ne peut pas les réfuter ça n'existe pas ? Toutes les religions, toutes les théories qui prétendent que les faits ne peuvent les contredire, ou encore toutes les théories qui disqualifient d'avance ceux qui les critique, en font partie, par définition.

 

Qu'est ce que Mises à dit qu'il dit être irréfutable ?

 

L'exemple que tu donnes fait un lien avec la réalité tangible (l'homme en chair et en os qui a pondu la théorie).

 

j'ai essayé mais hélas je ne comprends qu'une partie de ce que raconte friedman (du mal à distinguer les sons qui sortent de sa bouche)

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