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Gaspard Koenig - Le révolutionnaire, l'expert et le geek

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Un révolutionnaire sommeille en chaque Français, prêt hier comme aujourd'hui à briser les rentes et les privilèges. En même temps, un expert l'observe et le dirige, planifiant autoritairement la société. Et un geek lui tape sur l'épaule, l'entraînant dans le monde inconnu des nouvelles technologies, fourmillant de promesses et de menaces. Ces trois influences parfois contradictoires nous font tourner la tête. Gaspard Koenig propose donc de les interpréter à la lumière d'une nouvelle philosophie politique, fondée sur l'autonomie individuelle. Car ce dont la France a besoin, ce n'est pas d'un énième diagnostic économique, mais de principes solides dont on pourra déduire des réformes radicales. Revenons au modèle révolutionnaire, ce " jacobinisme libéral " incarné par le député du Tiers Etat Isaac Le Chapelier. Rejetons la tentation planiste, léguée par le régime de Vichy et responsable encore aujourd'hui de tant d'injustice et d'exclusion. Apprenons à maîtriser l'utopie numérique, en imaginant un nouvel humanisme qui réponde aux défis de la Silicon Valley et un Etat 2.0 qui nous redonne le contrôle de notre destin numérique. Pays des libertés, la France meurt de servitude volontaire. Terminons, enfin, notre Révolution ! Et chacun deviendra son propre maître.

 

 

 

Dans les Echos:

[...]

 

Pour lui, le libéralisme ne saurait se réduire au modèle économique dominé par le marché auquel on tend à le ramener. C'est la mise en avant comme priorité absolue de l'autonomie, c'est-à-dire de « la capacité de l'individu à effectuer ses propres choix ». L'idée est au coeur de son dernier essai, « Le Révolutionnaire, l'Expert et le Geek ». Le titre peut sembler abscons, mais il symbolise « trois systèmes de représentation du monde, ancrés dans trois moments de l'histoire de France : le modèle révolutionnaire ; la tentation planiste ; l'utopie numérique ». Gaspard Koenig mêle avec brio l'histoire, la philosophie et l'économie pour explorer successivement ces trois stades, mais aussi pour jeter les bases de réformes radicales qui pourraient remettre l'individu au centre de la vie publique.

 

Le révolutionnaire, ce pourrait être la figure d'Isaac Le Chapelier, « comète de la vie politique française ». Député du tiers état en 1789, il préside l'Assemblée nationale lors de la nuit du 4 août durant laquelle, « les uns après les autres, dans une allègre surenchère, les privilèges furent abolis - ceux des nobles et du clergé, mais aussi ceux des régions », écrit Gaspard Koenig. Guillotiné en 1794, il laissera à la France une loi qui porte son nom, qui « visait à "anéantir "(le terme est savoureux) toutes les corporations de métiers [...] de manière à briser les rentes et à fluidifier le marché », afin de garantir la liberté d'entreprise.

 

Deux siècles plus tard, alors qu'Uber subit les foudres des taxis et des pouvoirs publics, Gaspard Koenig n'hésite pas à jouer les provocateurs pour appeler de ses voeux une nouvelle nuit du 4 août : « Notre boussole, c'est l'autonomie individuelle, pas la liberté aristocratique du privilège. C'est pourquoi nous devrons faire un grand feu de joie des innombrables statuts, corps, catégories, ordres, syndicats et autres chapelles qui cherchent à créer leur propre norme et polluent notre horizon social. » A la place de ces « rentiers », et à rebours de nombreux politiciens dits « libéraux », il propose d'établir un revenu universel, assuré par l'Etat : « Donnons à chacun de quoi se libérer de la peur du lendemain - non pas au nom de la justice ni de la paix sociale, mais de l'autonomie. »

 

[...]

 

 

http://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/0204253156451-soyez-revolutionnaires-devenez-liberaux-1105958.php?gPTqOEmrzcLtTsrw.99

 

 

Google books:

 

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[...]

 

mini_331929guizot1.png

 

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Un fil sur Gaspard Koenig c'te truc!!

 

Il faut bien lui laisser une chance.

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Utiliser la puissance de l'état pour dégager l'individu de ses tutelles, bref la vision libéral du programme marxiste. L'individu va se retrouver seul face à l'État sans aucun structure de la société civil pour l'aider dans on autonomie de l'État. Bref je ne pourrais jamais être d'accord avec ce type qui va finir par rejoindre Mélanchon et Le Pen sur l'utilisation de l'inflation pour euthanasier les rentiers...

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Koenig fait une erreur d'analyse à mon sens effectivement. D'un point de vue utilitariste le modèle associatif est davantage libérateur que l'individu seul face à l'Etat. Le modèle associatif est aussi davantage éthique puisque l'individu y adhère volontairement.

Là où je le rejoindrais presque c'est que le tissu associatif en démocratie se mue presque en relai de l'Etat. A travers la subventionnite et la constitution en lobby pour s'imposer sur le processus législatif au détriment de l'intérêt général.

Ceci étant même si on accepte cette prémisse, le problème n'est pas le tissu associatif en soi, mais bien ce dispositif logistique gigantesque qu'est l'Etat et qui donne à quiconque de bien organisé la possibilité d'imposer ses vues.

Par contre, l'utilisation du terme "jacobinisme libéral" c'est du WTF en barres. Il faut qu'il arrête avec ça, tout de suite.

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Que je comprenne bien :

 

Cette clûte de Koenig veut en finir avec l'économisme libéral afin de le prendre en compte dans sa totalité, en mettant en avant le pire centralisateur anti libéral qu'il soit dont le seul fait d'arme est d'avoir fait une loi économique d'inspiration libérale ?

 

 

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 le problème n'est pas le tissu associatif en soi, mais bien ce dispositif logistique gigantesque qu'est l'Etat et qui donne à quiconque de bien organisé la possibilité d'imposer ses vues.

 

Il n'y a plus de tissus associatif "en soi" en ce début de 21ième siècle. Tout ce cortège d'associations, d'ONG, de syndicats, de collectifs, d'unions de consommateurs, etc. n'existe que pour ses fonctions de lobbying et en vue d'obtenir des privilèges politiques. Ils sont aussi indispensables au fonctionnement de l'État que les administrations, la police et les tribunaux.

Si on veut trouver quelque chose qui ressemble aux corps intermédiaires d'ancien régime, il faut se tourner vers les grandes entreprises privées.

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Utiliser la puissance de l'état pour dégager l'individu de ses tutelles, bref la vision libéral du programme marxiste

Je suis intéressé de savoir comment Guizot (ministre des années 1830-1840) à pu mettre en oeuvre le programme de Marx (publié entre 1848 et 1880).

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Je suis intéressé de savoir comment Guizot (ministre des années 1830-1840) à pu mettre en oeuvre le programme de Marx (publié entre 1848 et 1880).

 

C'était manifestement un visionnaire.

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Il n'y a plus de tissus associatif "en soi" en ce début de 21ième siècle. Tout ce cortège d'associations, d'ONG, de syndicats, de collectifs, d'unions de consommateurs, etc. n'existe que pour ses fonctions de lobbying et en vue d'obtenir des privilèges politiques. Ils sont aussi indispensables au fonctionnement de l'État que les administrations, la police et les tribunaux.

Si on veut trouver quelque chose qui ressemble aux corps intermédiaires d'ancien régime, il faut se tourner vers les grandes entreprises privées.

 

Pas vraiment d'accord. Le fait que des associations fassent du lobbying auprès de l'Etat pour obtenir des privilèges ne dit rien sur leur but et leur existence. Les entreprises privées font exactement  la même chose et sans doute avec plus de profit.

On peut prendre l'exemple des resto du cœur, je ne vois pas quel privilège elle réclame ni comment elle soutient le fonctionnement de l'Etat.

 

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Que je comprenne bien :

 

Cette clûte de Koenig veut en finir avec l'économisme libéral afin de le prendre en compte dans sa totalité, en mettant en avant le pire centralisateur anti libéral qu'il soit dont le seul fait d'arme est d'avoir fait une loi économique d'inspiration libérale ?

 

L'hostilité aux corps constitués est partie intégrante d'une certaine tradition "physiocratique" libérale (par opposition à la tradition "aristocratique", pour reprendre une distinction qui vient aussi de Rosanvallon). Tocqueville en donne un aperçu dans l'Ancien Régime et la révolution quand il explique que la révolution française avait été essentiellement physiocratique, c a d dans son esprit pour le libre échange à la base, mais dirigiste, voire autoritaire au sommet. L'un des buts de ce libéralisme est aussi d'atomiser la société pour l'individualiser (et pour cela, il faut détruire les corporations, les anciennes régions, les monastères, etc) et la réorganiser rationnellement. Patrick met le doigt dessus quand il parle des doctrinaires (Guizot), qui allie un libéralisme certain avec le centralisme politique.

Maintenant, ceci posé, cette tradition du libéralisme ne les résume pas toutes, et libre à nous de la trouver répugnante, ce qui est plutôt mon cas.

 

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Ah non mais moi c'est juste le terme de "jacobinisme libéral" que je trouvais assez lolesque, mais la théorie qu'expose Gaspard Koenig est un courant de pensée qui existe et une opinion. Je ne partage pas son point de vue non plus, je le trouve erroné, par contre il formule une certaine critique des corps intermédiaires que je trouve valide.

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Je suis intéressé de savoir comment Guizot (ministre des années 1830-1840) à pu mettre en oeuvre le programme de Marx (publié entre 1848 et 1880).

 

Dans le sens de la destruction de tout ce qui pourrait séparer/protéger l'individu de l'État. 

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Non dans sa logique.

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L'hostilité aux corps constitués est partie intégrante d'une certaine tradition "physiocratique" libérale (par opposition à la tradition "aristocratique", pour reprendre une distinction qui vient aussi de Rosanvallon). Tocqueville en donne un aperçu dans l'Ancien Régime et la révolution quand il explique que la révolution française avait été essentiellement physiocratique, c a d dans son esprit pour le libre échange à la base, mais dirigiste, voire autoritaire au sommet. L'un des buts de ce libéralisme est aussi d'atomiser la société pour l'individualiser (et pour cela, il faut détruire les corporations, les anciennes régions, les monastères, etc) et la réorganiser rationnellement. Patrick met le doigt dessus quand il parle des doctrinaires (Guizot), qui allie un libéralisme certain avec le centralisme politique.

Maintenant, ceci posé, cette tradition du libéralisme ne les résume pas toutes, et libre à nous de la trouver répugnante, ce qui est plutôt mon cas.

 

 

Caramba, toi aussi tu lis Rosanvallon ? C'est d'une nullité abyssale, j'ai jamais réussi à finir les deux bouquins que j'ai de lui.

 

Je voulais surtout souligner l'immense contradiction de dire "j'en ai marre qu'on parle toujours du libéralisme économique, le libéralisme c'est plus que ça", puis ramener en exemple un centralisateur dont le fait d'arme est d'avoir détruit des corporations (qui est quand même vachement économique comme acte).

 

Ce "libéralisme dirigiste", je me demande si ça n'est pas les racines du néo-libéralisme actuel : on va "créer" le marché par la force de la loi et de l’État. Un peu comme si, dès le début, le libéralisme à connu un schisme important : une version "spontanée", celle du forum, une version "dirigiste", celle des élus. Et quelques aller-retour entre les deux positions (la sortie d'Hayek -même bien comprise- sur la dictature libérale ; le monétarisme d'un Friedman ; certaines positions libérales classiques ; ..)

(pour caricaturer).

 

 

Comme Louis Quatorze donc.

 

Marx à tout pompé à Louis XIV

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Marx à tout pompé à Louis XIV

 

 

D'ailleurs il ne le cite jamais car il n'ose pas faire son coming out royaliste.

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Bien sur que si il le cite !

Dans les premières phrases du 18 brumaire de Bonaparte.

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C'est toujours un moment étrange quand des gens se mettent à défendre sérieusement ce qu'on pensait être un homme de paille.

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Caramba, toi aussi tu lis Rosanvallon ? C'est d'une nullité abyssale,

 

Meuh non.

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Fais moi changer d'avis.

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Je n'ai pas l'énergie. :icon_sommeil:

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Ce "libéralisme dirigiste", je me demande si ça n'est pas les racines du néo-libéralisme actuel : on va "créer" le marché par la force de la loi et de l’État. Un peu comme si, dès le début, le libéralisme à connu un schisme important : une version "spontanée", celle du forum, une version "dirigiste", celle des élus. Et quelques aller-retour entre les deux positions (la sortie d'Hayek -même bien comprise- sur la dictature libérale ; le monétarisme d'un Friedman ; certaines positions libérales classiques ; ..)

(pour caricaturer).

 

 

Allons plus loin. C'est la différence entre libéraux et libertariens.

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Je ne suis pas d'accord, c'est faire un mauvais procès aux libéraux (par opposition aux libertariens). Hayek n'a jamais valorisé de "dictature libérale" par exemple. Le problème réside à mon avis dans l'ambiguité de l'imbrication entre nomos et taxis dans la tradition de l'ordre spontané, ambiguité bien perçue par Rothbard ou de Jasay, à savoir entre coercition et règles de juste conduite : la législation n'est là que pour "effectuer" les règles de juste conduite (et donc le respect de la justice et de la propriété), mais les contours de la coercition sont en théorie tellement flous que cela peut justifier un "interventionnisme" libéral puissant, voire envahissant. J'aurais tendance à penser comme Dardot et Laval que l'autoritarisme dans le domaine est plus un usage des théories et des discours pour appuyer un certain régime, plutôt que l'application de théories à la lettre (et en aucun cas des théories de Hayek). 

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"j'ai tendance à penser comme Laval", t'as pas peur des citations hors contexte toi :D

 

Blague à part (je n'ai pas dit que hayek valorise la "dictature libérale"), je suis d'accord avec toi.

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J'insiste. Je crois vraiment que cette question du centralisme vs localisme est au coeur de la différence entre libéraux et libertariens. (Hayek est un mauvais exemple parce qu'il a justement un pied dans chaque camp.)

Les premiers voient la nécessité de créer un champ juridico-politique homogène (c'est-à-dire obligatoirement centralisé) au sein duquel les individus peuvent exprimer leur liberté. Les seconds accepte l'idée d'une hétérogénéïté au sein de laquelle des règles différentes peuvent être expérimentée, la sélection naturelle / concurrence assurant la diffusion des meilleures règles.

La plupart des classiques libéraux sont des défenseurs de la monarchie (contre la féodalité) pour faciliter la modernisation du pays. Voltaire et son despote éclairé sont un bon exemple. Ensuite, on les retrouve du coté de Napoléon, puis autour de Guizot, etc. Le tout débouchant sur l'ordo/néo-libéralisme.

Les libertariens, influencés par leurs origines anarcho-individualistes et conscient de l'échec du libéralisme centralisateur, se positionnent beaucoup plus autour des petites communautés, du grassroot, etc. En ce sens, ils sont beaucoup plus accueillant au communautarisme, aux sectes, à l'auto-gestion, etc.

Ce n'est pas pour rien qu'on retrouve au centre des oppositions entre libéraux et libertariens, la question de la construction européenne.

Même si on prend un auteur comme Locke, on constate que les libertariens lui empruntent principalement sa conception des droits naturels et les libéraux son idée du contrat social

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