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Lancelot

Logorrhées et salades de mots

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l'Homme est Le berger de l'être et non le maître de l'Etant.

En lisant des trucs pareils je préfère renoncer à être maitre de lettres pour devenir le berger de l'étang.
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Allez un autre résumé de bouquin :

 

Pas lu Honneth, et pourtant il a la côte à Paris 10.

 

Je sais juste que les marxistes ruminent contre lui parce qu'il pompe sur Hegel et Lukács sans être marxiste lui-même, et que le résultat s'écoule beaucoup mieux sur le marché "intelligentsia de gauche".

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Je ne sais pas si logorrhée est le terme approprié, car on peut donner une tournure formellement réussie à un discours vide de sens ou obscur. Mais si vous voulez un texte qui circule par mal dans les milieux anarchisants et nuit-deboutistes, le Tiqqun est tout indiqué.

Extrait "amusant" de la théorie de la Jeune-Fille:
 

La Jeune-Fille ne se soucie pas tant de posséder l'équivalent de ce qu'elle vaut sur le marché du désir, que de s'assurer de sa valeur qu'elle veut connaître avec certitude et précision, au travers de ces mille signes qu'il lui reste à convertir dans ce qu'elle appelle son "potentiel de séduction", comprenez: son mana.
"Telle trouve à se vendre qui n'aurait pas trouvé à se donner." (Stendhal)
La valeur de la Jeune-Fille ne repose sur aucun sol intérieur, ou juste intrinsèque; son fondement réside uniquement dans son échangeabilité. La valeur de la Jeune-Fille n'apparaît que dans son rapport à une autre Jeune-Fille. C'est pourquoi elle ne va jamais seule. En faisant de l'autre Jeune-Fille son égale en tant que valeur, celle-ci se met en rapport avec elle-même en tant que valeur. En se mettant en rapport avec soi-même en tant que valeur, elle se différencie en même temps de soi-même en tant qu'être humain. "Se représentant ainsi comme quelque chose de différencié en soi-même, elle commence à se représenter réellement comme marchandise." (Marx)
La Jeune-Fille est la marchandise qui exige à chaque instant d'être consommée, car à chaque instant elle se périme.
La Jeune-Fille ne renferme pas en elle-même ce pour quoi elle est désirée : la Publicité.
La Jeune-Fille est un absolu : on l'achète parce qu'elle a de la valeur, elle a de la valeur parce qu'on l'achète. Tautologie de la marchandise.
Parfois, la Jeune-Fille est prise d'angoisse, la valeur du cul ne serait pas objective.
La Jeune-Fille est celui qui a préféré devenir lui-même une marchandise, plutôt que de subir la tyrannie de celle-ci.
La Jeune-Fille est la marchandise qui prétend être meilleure que les humains.
Dans l'amour comme dans le reste de cette société, nul n'est plus censé ignorer sa valeur.
La Jeune-Fille est le lieu où la marchandise et l'humain coexistent de façon apparemment non-contradictoire.
La Jeune-Fille vit dans l'angoisse de n'être pas achetée.
Le monde de la Jeune-Fille témoigne d'une singulière sophistication où la réification a progressé d'un degré supplémentaire : en lui, ce sont des rapports humains qui masquent des rapports marchands qui masquent des rapports humains.

 

Tiqqun 1 téléchargeable ici: https://bloom0101.org/?parution=tiqqun-1

Le Tiqqun, en gros, c'est un peu Guy Debord qui aurait "dépassé" l'hégéliano-marxisme avec un mélange improbable de Derrida (donc d'Heiddeger), d'Agamben (l'un des rares postmodernes intéressant), le tout saupoudré de mystique juive (la Kabbale mais pas que) et de messianisme o_o C'est le moment où l'anticapitalisme retombe sur ses pattes religieuses pré-marxistes (Rousseau, Cabet, Proudhon, etc.).

C'est un exemple assez remarquable de gens manifestement extrêmement instruits et complètement délirants.

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Je note que globalement ça raconte toujours exactement la même rengaine éculée que mon second bouquin "le capitamimse cay pa bien sa change lé gen en marchandise lol".

Putains de débiles qui se croient profonds alors qu'ils sont incapables de manipuler la moindre idée qui ne soit pas de seconde ou troisième main et que leur pensée se résume en deux phrases.

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C'est un exemple assez remarquable de gens manifestement extrêmement instruits et complètement délirants.

L'érudition, extrêmement sélective et ciblée, est simplement au service du délire.

Le délire est la fin, l'érudition (picked) est le moyen.

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Un "philosophe" qui cartonne pas mal en ce moment niveau jargon et antilibéralisme de bas-étage, c'est Dany-Robert Dufour. J'ai eu la surprise de le voir cité non seulement du côté de la gauche radicale, mais aussi par des militants identitaires proche de l'Action française.

La quatrième de couverture de son dernier livre:
 

Trois délires politiques mortifères hantent notre époque. Dans le premier, le délire occidental, la pléonexie (vouloir toujours plus) à l'oeuvre dans le néolibéralisme se transforme en risque de tout perdre (dislocation des subjectivités, déchirure du lien social, épuisement de la planète, destruction des bases mêmes de la vie sur terre). Le second, le délire théo-fasciste de l'islamisme djihadiste prétend, contre l'égoïsme érigé en système et la démesure caractérisant l'Occident, restaurer une pureté absolue. Or, quand cette pureté originaire revendiquée se réalise, elle se transforme en souillure et en horreur absolues. Le troisième, le délire identitaire néo-fasciste (qui monte aujourd'hui partout en Europe) se présente comme le seul rempart possible contre les deux premiers. Contre la mondialisation néo-libérale, il prône un retour à la patrie. Non pas une patrie fondée sur un principe universaliste (du type "liberté, égalité, fraternité"), mais une patrie refermée sur elle-même, désignant des boucs émissaires, les étrangers, pour que des acolytes réputés "amis" se regroupent et décrètent contre ces "ennemis" l' "état d'exception". Ces trois délires tendent de plus en plus à former système : on ne sort de 1'un que pour entrer dans l'un des deux autres. Puisqu'aucun des garde-fous démocratiques (Etat, médias et université) ne fonctionne plus, il faut songer à tout refonder à partir des principes de dignité et de commune humanité, également bafoués par ces trois délires. Il se pourrait bien que le travail actuellement fourni par Les Convivialistes puisse fournir les bases de cette reconstruction - probablement une des dernières possibles avant la catastrophe annoncée.

 
Il faudra un jour qu'une sociologie de l'Etat comparable à celle d'Anthony de Jasay nous explique l'intérêt stratégique que peut bien avoir l'Etat de fonctionnariser pendant le temps d'une vie entière des gugus pareils...
 
Edit: je viens de voir qu'il a sorti un autre bouquin intitulé Lacan et le miroir sophianique de Boehme (vous savez, le mystique allemand)...

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Dans le même registre que le précédent, il y a Bernard Stiegler. Là où toute une gauche a abandonné le marxisme au profit de l'écologisme, lui tente un subtil confusionnisme entre les deux. Sur la couverture de son dernier livre, Etats de choc: Bêtise et savoir au XXIe siècle (notez l'allusion assumée à l'ineffable Naomi Klein), on peut lire: "la prolétarisation [...] Marx [la] pense avant tout comme une perte de savoir induite par un choc machinique"...

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Dans le même registre que le précédent, il y a Bernard Stiegler. Là où toute une gauche a abandonné le marxisme au profit de l'écologisme, lui tente un subtil confusionnisme entre les deux.

J'en avais vu passer un autre dans le genre :

Marx écologiste

John Bellamy Foster

Marx écologiste ? I.'opinion courante est que Marx et le marxisme se situent du côté d'une modernité prométhéenne, anthropocentrée, qui ne considère la nature que pour mieux la dominer et l'exploiter, selon unc logique productiviste qui fut celle tant du capitalisme que du socialisme historiques. L'écologie, comme discipline scientifique et comme politique, aurait ainsi à se construire en rupture avec l'héritage marxiste ou, du moins, au mieux, en amendant considérablement celui-ci pour qu'il soit possible de lui adjoindre des préoccupations qui lui étaient fondamentalement étrangères. Qu'en est-il vraiment ? Dans Marx écologiste, John Bellamy Poster, textes à l'appui, montre que ces représentations constituent une radicale distorsion de la réalité : des textes de jeunesse aux écrits de la maturité, inspirés par les travaux de Charles Darwin et de Justus von Liebig, le grand chimiste allemand, fondateur de l'agriculture industrielle, Marx n'a jamais cessé de penser ensemble l'histoire naturelle et l'histoire humaine, dans une perspective qui préfigure les théories les plus contemporaines de la " coévolution ", et il a offert à la postérité une des critiques les plus vigoureuses de la rupture par le capitalisme de " l'interraction métabolique " entre la nature et les sociétés humaines. L'enjeu de ce retour à Marx dans une perpective écologique n'est pas de pure érudition ; il ne s'agit pas non plus de sauver une " idole ". S'il faut aujourd'hui tirer de l'oubli la tradition marxiste et socialiste de l'écologie politique, c'est que la perspective marxienne en la matière a une actualité brûlante : une des questions les plus urgentes de l'heure n'est-elle pas de savoir si la crise écologique est soluble dans le capitalisme ?

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J'en avais vu passer un autre dans le genre :

 

Je connais de nom, mais j'ai pas encore eu le temps de m'y pencher. A ce que j'ai entendu dire, Foster est plus sérieux vu qu'il revient au texte, évoque des erreurs de traduction, etc.

Je ne peux néanmoins pas m'empêcher de penser que nos braves écolos voient ce qu'ils veulent voir. Autrement, comment se fait-il donc que l'écologisme marxien soit passé inaperçu jusqu'à aujourd'hui ? Quid de l'éloge de la bourgeoisie ("La bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle éminemment révolutionnaire", Manifeste, chap 1, 1848), pour avoir développé les forces productives ? Comment l'herméneutique de l'innocence productiviste, de l'écologisme cachée peut-elle expliquer l'industrialisme marxiste, dont les bolcheviks étaient les représentants les plus aboutis ?

« La productivité c’est, en dernière analyse, ce qu’il y a de plus important, d’essentiel pour la victoire du nouvel ordre social… Le capitalisme peut être définitivement vaincu et il le sera parce que le socialisme crée une productivité nouvelle, beaucoup plus élevée… » -Lénine, Sur la base matérielle et technique du communisme.

 

Au mieux on peut faire comme feu Bernard Marris et sur-interpréter deux trois passages où Marx parle de "dépassement graduel de l'antagonisme entre villes et campagnes"... Mais bon, c'est un jeu aussi gratuit que de chercher du féminisme dans Tolkien...

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Got one :

 

 

« Affectivité, perception, sensation : le corps agissant »

 

Coordonnée par Alexandre Surrallés

 

 

 

Année 2016-2017

 

Collège de France,

 

11, place Marcellin-Berthelot, 75005 PARIS

 

Salle 1

 

14h30 - 16h30

 

 

 

Dans la continuité des activités réalisées de longue date par cette équipe (qui prend le relais de Corps et affects, puis Les sentiments du corps), les travaux de cette nouvelle étape porteront sur ce qui est le propre du corps : de la sensation aux affects en passant par la perception, leurs effets dans la structuration de l’espace social, et dans le déclenchement de l’action. Un intérêt particulier sera porté à la quête des outils théoriques nécessaires pour saisir, décrire et analyser cette dimension affective fondamentale, et découvrir, dans une démarche comparative, des invariants et des logiques expliquant la diversité de processus observés. Le séminaire de l’équipe tentera d’explorer ces thèmes, en déclinant les séances autour d’une question plus précise. Ce sera le cas des prochaines séances de cette année autour des affects suscités par les formes et les couleurs.

 

 

 

Formes, couleurs et affects

 

Sur des pétales ou des plumes, comme peinture corporelle ou ornementation céramique, la couleur et la forme semblent porter des valeurs qui fluctuent selon le lieu et le temps. L’attribution de corrélations affectives aux formes abstraites, sonorités, figures et couleurs paraît, elle en revanche, être une disposition largement répandue parmi les groupes humains. Dans sa singularité ou dans sa relation aux autres, elles expriment, reflètent, portent ou suscitent, à travers la sensibilité, des états d’âme. Nous examinerons dans ce séminaire les connotations que peuvent revêtir ces figures ou couleurs, manufacturées ou présentes dans l’environnement, et le biais sensible par lequel on arrive à objectiver des affects sur des supports matérialisés.

 

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F.mas a eu la riche idée de me remémorer l'existence d'un esprit qui culmine à des hauteurs célestes (celles du Collège de France), M. Pierre Rosanvallon, grand penseur qui...

...et donc l'URSS c'est l'aboutissement de la logique du marché libre.

"En définissant le communisme comme société immédiate et transparente, Marx finit par concevoir une société complètement abstraite, dans laquelle chaque individu est un résumé de l'universalité, la société n'étant structurée que par un pur commerce entre les hommes... Le communisme comme société de marché pure achève donc l'utopie libérale au prix de la constitution contradictoire d'un organisme social total. Les aliénations ponctuelles sont remplacées par une seule et unique aliénation globale: l'homme est contraint à une universalité qui ne peut être réalisée que par une force extérieure...Le totalitarisme constitue ainsi le dernier mot de l'utopie de la transparence sociale."
-Pierre Rosanvallon, Le Capitalisme utopique. Histoire de l'idée de marché, Le Seuil, coll. Sociologie politique, 1979, p.207.

 

o_O

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Ahem, en même temps, Rosanvallon est un très bon historien du modèle social et politique français, et le livre cité a aussi des passages passionnants (oui oui, et fun fact, tout à fait lisibles). Le fait qu'il soit passé par la gauche autogestionnaire dans les années 70 a sans doute pas mal gauchi son jugement, mais rien ne permet de réduire ses enseignements à du jargon. Du reste, c'est lui qui s'occupe du site laviedesidées qui malgré ses gros défauts, ne tombe pas non plus dans les excès dénoncés dans ce fil.

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Merci à ttoinou pour la découverte :

 

http://arianevitalis.com/419-2/

Longtemps, je me suis demandée quel ensemble de mots définirait le plus précisément ce que j’ai exprimé par écrit, sur mon blog, durant les dix dernières années. Je crois l’avoir trouvé aujourd’hui.

« LIBÉREZ LA PUISSANCE »

La puissance est cette force créatrice qui bouillonne à l’intérieur de nous. J’entends par force créatrice la capacité de chacun à créer une chose matérielle ou immatérielle, une situation, un contexte, une idée, un projet – quoi que ce soit – dont l’essence est intimement connectée à nos affects, à notre mythologie personnelle, à notre volonté la plus enfouie. Lorsque nous relions cette puissance intérieure à la réalité extérieure que nous vivons, notre vision du monde se voit éclairée et transformée du tout au tout. Lorsque tu libères la puissance, tu as une vision claire des choses. Je dirais plutôt : tu as une vision, et cette vision est claire. « Libérez la puissance » est à vrai dire un pléonasme. Car lorsque tu es dans la puissance, tu es déjà libéré.

La force créatrice libère l’esprit des encombrements. Elle fait naître la limpidité, la fluidité ; elle multiplie les instants de magie que nous rencontrons dans la vie. Elle est légèreté, envol, élan : elle est la force douce, aquatique, aérienne – elle est le souffle coupé.

Elle est vision claire et parfaite : la ligne droite. L’esprit s’envole et prend de la hauteur : il voit. Mais surtout : il sait. Il sait et il voit ce qu’il doit faire ; il s’oriente naturellement vers ce qui est bon pour lui ; il vagabonde dans des contrées nouvelles, inexplorées encore, avec une joie et un émerveillement sans limite.

Limitless. Sans limite. Lorsque nous atteignons un certain degré de puissance, et donc de conscience, toute chose dans notre vie devient un choix conscient et voulu, et notre capacité à créer se décuple avec toujours plus d’intensité et de sérénité. Tu développes des talents et des pouvoirs que tu ne soupçonnais pas. Les émotions parasites s’effondrent et meurent d’elles-mêmes. Tu vis dans l’éternel présent ; dans la joie et dans l’amour de ce qui est et de ce que tu construis : ton devenir.

Lorsque notre force créatrice atteint son paroxysme et se manifeste dans le réel, notre vie est métamorphosée. Je rêve du jour où, courageuse enfin, toute chose dans ma vie sera la manifestation tangible et palpable de mon esprit – des personnes avec qui je choisis de discuter jusqu’à la petite cuillère avec laquelle je mange. De ce que je vois depuis ma fenêtre jusqu’à l’émotion que je ressens avant de m’endormir. Que toute chose vécue et ressentie dans mon existence devienne ma création, mon choix le plus fort et le plus intime, jusque dans les plus infimes détails de la vie.

« Nous avons besoin de ce sol sur lequel tout homme se ressent et se reconnaît comme créature créatrice, agissant sur le monde. La formule « tout homme est un artiste », qui a suscité beaucoup de colère et que l’on continue à mal comprendre, se réfère à la transformation du corps social. Tout homme peut, et même doit, prendre part à cette transformation pour que nous puissions la mener à bien aussi vite que possible. »

Joseph Beuys

« Pendant longtemps, j’ai pensé que toute position politique digne tenait dans ce mot : résistance. Aujourd’hui, je dirais plutôt : puissance. Pas au sens de « pouvoir », « autorité » ou « suprématie ». C’est même rigoureusement l’inverse (…) Puissance au sens de « capacité à », d’aptitude incarnée à être et à faire – à faire directement, à agir à nu. Puissance de porter et de faire croître les forces de vie, autour de nous, au point où plus rien ne puisse décemment les affaiblir, les ronger ou les rogner, en blanchir les couleurs ou en délaver l’énergie.

Puissance, donc, au sens de Spinoza et Nietzsche, au sens de Deleuze, perché sur leurs épaules : puissance de persévérer dans son être, d’aller au bout de ce qu’on peut. De ne plus être coupé de ce qu’on peut. »

Alain Damasio – Le dehors de toute chose.

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Non seulement c'est beau, mais ça te résume tout Bergson en une page :)

En revanche la référence à Spinoza est un fail complet. Il faut vraiment ne pas avoir lu (ou compris) l'Éthique pour écrire un truc comme "lorsque tu es dans la puissance, tu es déjà libéré". Rien que les premières lignes d'Éthique V suffisent à le comprendre: "Je passe enfin à cette partie de l'Éthique qui a pour objet de montrer la voie qui conduit à la liberté. J'y traiterai de la puissance de la raison, en expliquant quel est l'empire qu'elle peut exercer sur les affects ; je dirai ensuite en quoi consistent la liberté de l'âme et son bonheur ; on pourra mesurer alors la différence qui sépare le savant de l'ignorant."
 
Mais bon, ça ne m'étonne pas, il y a une vulgate spinoziste qui prospère sauvagement depuis la disparition de la vulgate marxiste. On fait du spinozisme un vitalisme alors que c'est un rationalisme...

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Bon niveau mauvaise digestion j'ai du très lourd. Bruno Latour, "Changer de société, refaire de la sociologie". Les 100 premières pages commencent bien, et après c'est de la bombe H. Je vous recopie 2 passages pris au hasard :

 

 

p197 :

Allonger de façon désordonnée le compte rendu désordonné d'un monde désordonné apparaîtra difficilement comme une activité grandiose. Mais nous ne recherchons pas la grandeur : le but est de produire une science du social qui soit adaptée à la spécificité du social, tout comme les autres sciences ont dû mettre au point des stratagèmes nouveaux et artificiels afin de capturer fidèlement les phénomènes qu'elles souhaitaient saisir. Si le social est quelque chose qui circule et qui ne devient visible que lorsqu'il se reflète à travers la concaténation de médiateurs, c'est cela que nos comptes rendus textuels doivent répliquer, cultiver, induire et exprimer. Le travail consiste à déployer les acteurs en tant que réseaux de médiations – d'où le trait d'union dans l'expression « acteur-réseau ».

 

 

p303 :

La question que nous devons nous poser est donc la suivante : où sont les autres véhicules transportant l'individualité, la subjectivité, la personnalité et l'intériorité ? Si nous avons pu montrer que les sites tant célébrés du local et du global étaient faits d'entités en circulation qui allaient ailleurs et venaient d'ailleurs, pourquoi ne pas postuler que les subjectivités, les justifications, les pulsions inconscientes, les individualités et les personnalités circulent elles aussi ? Or dès que nous soulevons cette question tout à fait étrange mais inévitable, de nouveaux types de prises se multiplient et permettent de reprendre l'enquête. On pourrait les appeler des subjectiveurs, des personnalisateurs ou des individualisateurs, mais je préfère le terme plus neutre de plugins, merveilleuse métaphore empruntée à notre nouvelle vie sur le Web. Lorsque vous atteignez un site du cyberespace, il arrive souvent que vous ne voyiez rien apparaître à l'écran, jusqu'au moment où un avertissement amical vous suggère que vous « ne disposez pas des plugins requis » ; on vous demandez alors de « télécharger » un bout de logiciel, qui, une fois installé sur votre système, vous permettra d'activer ce que vous étiez incapable de voir auparavant. Si cette métaphore du plugin est pour moi si parlante, c'est parce que la compétence ne vous est plus donnée d'un bloc, mais qu'elle vous parvient par morceaux et par paquets d'information. Point n'est besoin d'imaginer un humain « en gros », doté d'intentionnalité, faisant des calculs rationnels, se sentant responsable de ses fautes, ou angoissé par sa destinée mortelle. Au contraire, vous réalisez que, pour obtenir des acteurs humains « complets », il faut plutôt les composer à partir de nombreuses couches successives, dont chacune est empiriquement distincte de la suivante. L'acteur compétent se comose désormais de pelotes ou, pour emprunter à nouveau la terminologie du cyberespace, de patches et d'applets, dont on peut localiser l'origine précise grâce à un moteur de recherche avant de les télécharger et de les enregistrer un à un.

 

 

J'ai conservé les italiques, ce sont les moments où il faut faire une pause et réfléchir profondément.

 

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On peut citer du Michéa ou c'est trop limpide pour ce topic? :mrgreen:

 

C'est trop limpide mais d'un autre côté, si ça peut te faire plaisir :P

 

Je prédis un avenir glorieux à ce tread.

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Kant est un peu lourdingue mais ca se comprend. D'ailleurs, je trouves les critiques de Nietzsche à cet egard un peu déplacé mais en meme temps c'est un poseur.

 

Kant, en soit c'est plus sa logique qui n'en est pas une qui m'a toujours édifié. On me le présentait comme un maître de la logique, chaque fois que j'ai ouvert un de ses ouvrages, j'ai arrêté au bout de quelques chapitres tellement il me rendait  fou. Il te parle d'un point A, il te l'analyse, puis il te tire une implication d'un point B sans l'ombre d'une démonstration, l'implication totalement sortie de son cul etc. Des liens de causalités qui n'en sont pas, des failles logiques évidentes....

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Sinon dans le genre il y a Merleau-Ponty.

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Sinon dans le genre il y a Merleau-Ponty.

 

J'ai lu un de ses textes sur la phénoménologie du langage. Incompréhensible sauf éventuellement lorsqu'on comprend bien Saussure, ce qui dépasse mes compétences.

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vous lisez vraiment les merdes que vous postez ? 

 

 

J'en ai développé la philosophie que ce qui ne s'énonce pas clairement n'est pas plus intéressant et utile qu'une discussion sur le sexe des anges.

heuristique 101

 

on peut même aller plus loin: ce qui ne s'énonce pas clairement est presque toujours de la merde.

 

ça me rappelle xkcd avait fait une superbe infographie sur le sujet:

 

sujet compliqué, style compliqué: écrivain décent

sujet compliqué, style simple: bon écrivain

sujet simple, style simple: écrivain décent

sujet simple, style compliqué: bullshit

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Ahem, en même temps, Rosanvallon est un très bon historien du modèle social et politique français, et le livre cité a aussi des passages passionnants (oui oui, et fun fact, tout à fait lisibles). Le fait qu'il soit passé par la gauche autogestionnaire dans les années 70 a sans doute pas mal gauchi son jugement, mais rien ne permet de réduire ses enseignements à du jargon. Du reste, c'est lui qui s'occupe du site laviedesidées qui malgré ses gros défauts, ne tombe pas non plus dans les excès dénoncés dans ce fil.

 

ben dans ce texte, il dénonce le matérialisme en fait, l'économicisme marxiste, ou tout est en effet économique. Et puisque pour lui le libéralisme (économique) est un  autre économicisme, c'est logique qu'il arrive a cette conclusion

 

 

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Je découvre un certain Emmanuel Renault :

 

Quote

Telle qu’elle a été formulée par Axel Honneth, l’approche néohégélienne de la reconnaissance a notamment pour intérêt de fournir un cadre théorique susceptible d’élargir le concept de justice sociale. Elle permet de décrire comme injustice un ensemble de phénomènes qui, bien qu’apparaissant comme des expériences de l’injustice aux yeux de ceux qui les subissent, sont rarement pris en compte dans les réflexions philosophiques et politiques sur la justice. Du point de vue de la théorie de la reconnaissance, il est possible en effet de montrer que les lésions des différentes strates de l’identité collective, de même que les différents phénomènes désignés par les concepts de souffrance sociale et de souffrance psychique appartiennent bel et bien au domaine de l’injuste, alors que la philosophie politique conteste le plus souvent qu’ils disposent de la moindre teneur normative. Il est possible ainsi de militer, par l’intermédiaire d’arguments normatifs, pour la prise en compte de problèmes qui sont jugés cruciaux par les dominés et les exclus, mais sont généralement passés sous silence dans l’espace public politique.

 

Si la théorie de la reconnaissance peut contribuer à cet élargissement du concept de justice et à la critique de la politique qu’elle rend possible, c’est en ce qu’elle soutient que les différentes formes du déni de reconnaissance permettent de représenter les différents aspects de l’injustice sociale [2][2] Pour une interprétation de l’injustice sociale en termes.... Si la non-satisfaction d’attentes de reconnaissance peut être considérée comme une expérience de l’injustice, c’est parce que l’expérience de la reconnaissance comporte elle-même une dimension sociale. Mais en quoi consiste-t-elle au juste ? Qu’est-ce qui, inversement, donne au déni de reconnaissance la forme d’un mépris social ? Ces questions sont à l’intersection de deux débats de la philosophie sociale contemporaine. Elles concernent d’abord le rapport de l’interaction et de l’institution : l’interaction est-elle première ou seconde par rapport à l’institution ? Elles concernent ensuite le rapport des normes et des institutions : les normes qui permettent d’adopter un point de vue critique sur les institutions sont-elles celles que les institutions produisent ou celles à partir desquelles les individus les abordent ? De telles interrogations semblent étrangères à la problématique de l’injustice, fait symptomatique de l’incapacité où se trouve la philosophie sociale de fournir le cadre théorique permettant de décrire comment l’injustice traverse les interactions et les institutions.

 

Si la théorie de la reconnaissance veut produire une description de la justice sociale, son objet doit lui-même être social. Or il est difficile de déterminer en quoi les rapports de reconnaissance peuvent revêtir une dimension sociale. Nous entendons par reconnaissance la confirmation intersubjective d’un rapport positif à soi intersubjectivement constitué ; en d’autres termes, la confirmation par autrui de la conviction acquise par un individu de sa propre valeur, à l’issue de différents processus d’identification. La relation de reconnaissance semble donc désigner un simple rapport du je et du tu, et l’on voit mal au premier abord comment ce type de rapport pourrait être dit social. Il n’est pas social si l’on entend le social au sens durkheimien des faits généraux qui s’imposent à l’ensemble des individus vivant dans une société déterminée [ cf. Règles de la méthode socio-logique, chap. 1]. En effet, le rapport de reconnaissance relie deux individus particuliers et non pas l’individu à la totalité sociale. Ce type de rapport n’est pas non plus social si l’on entend social en se référant au concept wébérien de « relation sociale », c’est-à-dire au sens de l’anticipation du comportement des partenaires d’interaction [ cf. Économie et société, § 3]:

ici la relation des individus n’est pas conditionnée par l’anticipation d’une régularité sociale, mais par l’attente d’une réponse singulière d’autrui.

La stratégie par laquelle Honneth tente de résoudre ce problème consiste à interpréter les relations de reconnaissance dans le cadre d’une psychologie morale dont dépendent les présuppositions normatives de la vie sociale.

Les relations de reconnaissance appartiennent à une psychologie morale dans la mesure où elles définissent les conditions relationnelles qui rendent possible une vie psychique non troublée. Mais elles constituent également des présuppositions normatives de la vie sociale au sens où les attentes concernant la confirmation du rapport positif à soi sont les conditions sine qua non de la perpétuation d’un ordre social. Il ne s’agit donc pas seulement pour Honneth d’affirmer que ces attentes normatives traversent les relations sociales et qu’elles constituent des grandeurs qui, tout en étant immanentes à la vie sociale, la transcendent et offrent un point d’appui à la critique sociale. Il s’agit surtout pour lui de soutenir qu’aucun ordre social ne peut subsister s’il ne satisfait pas d’une manière ou d’une autre les relations de reconnaissance fondamentales, et que les sociétés sont prises dans la dynamique d’une rationalisation morale consistant à offrir une reconnaissance toujours plus complète à un nombre toujours plus grand d’individus [ cf. Honneth, 2003, p. 217-224,280-285]. Honneth tente ainsi de concilier un modèle herméneutique et un modèle rationaliste de critique sociale dans le cadre d’une conception de la critique sociale qui peut être dite utopiste (au sens de Bloch, mais aussi de Benjamin et d’Adorno) puisqu’il s’agit de retrouver au sein même des sociétés existantes des attentes insatisfaites qui sont autant de promesses d’un monde meilleur.

Cette stratégie théorique repose tout entière sur ce que nous appellerons un concept expressif de la reconnaissance. Le rapport de reconnaissance est considéré comme s’il relevait de rapports du je et du tu qui ne sont pas sociaux par eux-mêmes, mais qui permettent d’évaluer les rapports sociaux conditionnant les relations du je et du tu, selon qu’ils favorisent ou empêchent la reconnaissance. En ce sens que les rapports sociaux et les institutions expriment plus ou moins des rapports de reconnaissance. Cette conception expressive de la reconnaissance est en parfaite concordance avec la conception de l’institution qui vient d’être rappelée à l’instant. Le monde social doit être considéré comme le résultat d’une lutte pour la reconnaissance et il peut exprimer soit une résolution heureuse de cette lutte, soit son enrayement. Exprimer signifie ici que les institutions ne doivent pas être considérées comme des dispositifs produisant par eux-mêmes la reconnaissance ou son déni, mais plutôt comme l’institutionnalisation de rapports de reconnaissance qui relèvent comme tels d’un niveau pré-institutionnel.

 

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(si vous vous demandez si à un moment donné il en vient au fait... la réponse est non)

 

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il y a une heure, Lancelot a dit :

Je découvre un certain Emmanuel Renault :

 

Le passage a au moins le mérite de montrer qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec la conceptualisation sociologique classique du "social" (ce qui en encore plus flagrant dans la vie courante, par exemple lorsqu'on parle de "concilier l'économique et le social", comme si l'économie n'était pas un domaine de la vie sociale ... ou comme si l'économie était "antisociale" [?] par définition).

 

Stéphane Haber (philosophe marxiste) a souligné que la théorie de la reconnaissance d'Honneth, en l'état, ne permet pas de dire en quoi un déni de reconnaissance est une injustice, et que ledit déni ne peut certainement pas l'être en soi, parce que le désir de reconnaissance des individus, comme tout désir, est potentiellement illimité. Une remarque de bon sens dont on se demande comment elle ne peut pas frapper un philosophe au bout de son 2ème ou 3ème bouquins sur le sujet (mais bon, l'école de Francfort aussi...).

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