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Johnathan R. Razorback

Anarcho-capitalisme VS Libéralisme / Minarchisme

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Je suis tombé là-dessus puisque le topic évoque la manière dont il faut parfois se défendre, en effet il semble que les milices privées puissent être un substitut à une armée directement liée à l'état...

 

 

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C'est pas l'utilisation de mercenaires qui différencie une anarcapie d'une minarchie , c'est le donneur d'ordre, privé ou public.

Je me pose la question, dans la critarchie évoquée plus haut,  les juges ont une fonction publique, ou bien ?

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Il y a 3 heures, frigo a dit :

C'est pas l'utilisation de mercenaires qui différencie une anarcapie d'une minarchie , c'est le donneur d'ordre, privé ou public.

Je me pose la question, dans la critarchie évoquée plus haut,  les juges ont une fonction publique, ou bien ?

Ca dépend ce que tu appelles "fonction publique"... je ne vois pas vraiment ce qui correspondrait mieux à ces mots que la justice, donc j'ai envie de te dire oui, mais si par là tu veux dire qu'ils prélèveraient des impôts, et qu'ils seraient de plus chargé de la diplomatie et de la guerre... alors non, bien entendu. Ce serait leur donner un pouvoir exécutif, et donc ce ne serait plus strictement de la critarchie.

Lorsque les concitoyens ont collectivement besoin de défense, tout comme lorsqu'ils ont collectivement besoin de certaines infrastructures ou de solutions à de possibles problèmes environnementaux, devront s'arranger entre eux pour payer les services nécessaires, malgré les free-riders. C'est peut-être utopiste, mais j'ai espoir que ça puisse se faire sans coercition. Bien sûr, ça ne facilitera pas l'embauche de soldats, les gens y seront réticents jusqu'à ce que ce soit vraiment nécessaire, mais est-ce vraiment un problème ?

 

Sinon, on peut imaginer un système intermédiaire entre le critarchique et le régalien, que je trouve presque aussi bien. On aurait quelques institutions, avec un chef d'Etat (ou deux, comme les rois de Sparte, les consuls de Rome et les capitaines-régents actuels de Saint-Marin... ou plus), éventuellement élu(s) démocratiquement, et donc une république au nom de laquelle les juges pourraient rendre justice (mais sans que ceux-ci aient des comptes à rendre à qui que ce soit), et les citoyens passeraient par leurs représentants pour s'occuper de la diplomatie et de la défense lorsque c'est nécessaire (et rien de plus, si ce n'est la distribution de décorations et autres cérémonies pour le pimp). Avec un droit de veto populaire (sans passer par les représentants) sur le budget. On peut éventuellement ajouter une garde républicaine minimale pour protéger les sièges des assemblés et les magistrats, tant que l'on laisse le reste du boulot de sécurité au privé. Et encore, même ça, ce n'est pas nécessaire. Des mercenaires peuvent être tout aussi fiables que des nationaux, que l'on pense à la garde suisse du Vatican, ou à la garde varègue de l'empereur byzantin.

De toute façon, je considère la critarchie comme un idéal, un point dont les cités doivent chercher à se rapprocher le plus possible. Il est possible que ce soit un asymptote, mais on en est tellement loin que c'est difficile à savoir.

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J'ajoute : quand je dit "droit de veto populaire sur le budget", je ne parle pas d'un référendum majoritaire annuel. La majorité peut consentir à un impôt inique, tant que seule une minorité en pâti. Il faudrait qu'il suffise d'une pétition d'une minorité suffisamment large pour annuler le budget. Un tiers, un cinquième des citoyens ? Idéalement un seul citoyen suffirait. Le reste est un compromis entre la justice véritable et la tyrannie populaire.

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il y a 13 minutes, Mégille a dit :

les gens y seront réticents jusqu'à ce que ce soit vraiment nécessaire, mais est-ce vraiment un problème ?

 

Monter une armée lorsque l'ennemi est déclaré, c'est (presque toujours) trop tard.

 

Il y a un épisode instructif de l'histoire chinoise sur ça, il faudrait que je retrouve.

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Dynastie Song ? Si tu veux m'embêter avec l'Histoire chinoise, tu peux aussi me rappeler que le coup de faire venir des mercenaires mandchous de l'autre coté du mur pour mater une rébellion n'a pas été la meilleure idée de la dynastie Ming !

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Il y a 2 heures, Mégille a dit :

 

 

"Dans un monde ou certaines cultures élèvent la violence au rang de vertu, le rêve de paix peut être fatal. Il peut nous amener à oublier que nos ennemis sont réels et dissimuler à notre vue les sombres impératifs de l'ordre de préséance superorganismique.
Pendant des milliers d'années, la Chine fut un empire d'une taille et d'une stabilité incroyable. Sa technologie et sa richesse suscitait l'envie de ses voisins. En 221 av. J.C., les Chinois conçurent une longueur standard pour les essieux des charrettes. Résultat: un chariot pouvait rouler sur des milliers de kilomètres de route, et ses roues se trouvaient précisément dans les ornières laissées par les voyageurs précédents. Les Chinois disposaient de papier monnaie et de standards uniformes de poids et de mesures, alors que l'Europe tâtonnait encore dans l'âge des ténèbres. Les armes et les stratégies militaires chinoises étaient à des années-lumières de tout ce qui existait ailleurs. Alors que les empereurs romains utilisaient toujours des catapultes mécaniques, les généraux chinois déployaient des mortiers à poudre à canon. Dès le quatrième siècle avant J. C., les princes chinois envoyèrent des armées d'un demi-million d'hommes à la bataille et ces légions étaient équipées de matériel que les Européens de cette époque ne pouvaient même pas imaginer. Ils avaient des arbalètes à ressort, des amures en cotte de mailles ainsi que des épées et des lances constituées d'un métal magique: l'acier.
Mais les Chinois étaient de temps en temps aveuglés par leur propre puissance. Glissant dans la conviction réconfortante qu'il leur suffisait de souhaiter ne pas avoir de guerre, ils rejetaient l'idée de la venue des barbares. L'un des premiers à commettre cette erreur fut l'Empereur chinois Wu Ti. En 280, Wu Ti regarda le colosse qu'il dirigeait et découvrit qu'il avait des problèmes économiques: le commerce stagnait. Les populations étaient pauvres et accablées d'impôts insupportables. Lorsque Wu Ti étudia le problème avec plus d'attention, il en trouva rapidement la source. La Chine était attirée dans le vide par un poids qui avait grossi telle une tumeur: son budget militaire. Les impôts étaient absorbés par les besoins de la gigantesque armée et la plupart des pièces de monnaie du pays avaient été fondues pour fabriquer des armes, forçant les marchands à abandonner l'argent et à revenir au troc primitif. Il y avait si peu de monnaie disponible que même les bureaucrates du gouvernement devaient être payés en céréales et en soie.
Mais il y avait de bonnes nouvelles à l'horizon: les armées du Wu Ti venaient d'écraser deux superpuissances qui, depuis des années, menaçaient l'empire: les royaumes puissants de Wei et de Wu. A présent, le moment était venu pour la Chine de se débarrasser de son fardeau militaire, d'alléger la charge pour son peuple et de libérer son économie.
Réduire le budget militaire était une bonne idée, mais les Chinois la poussèrent trop loin. En l'an 280, l'Empereur Wu Ti fit une déclaration stupéfiante, qui dut réjouir le cœur de tous les Chinois. Il décréta un désarmement général. Les enclumes des fabricants d'épées et des armuriers se turent. Les généraux reçurent l'ordre de démanteler leurs troupes. Les soldats durent revenir à la vie civile. Le gouvernement espérait que ces anciens fantassins s'installeraient comme fermiers et deviendraient des citoyens imposables, participant ainsi au réapprovisionnement des coffres vides de l'administration. Cela ne sonne-t-il pas comme une utopie ? Mais ce merveilleux état de paix permanente ne se matérialisa jamais vraiment. Les Chinois avaient compté sans le
Principe de Lucifer.
Une fédération de tribus nomades dépourvues des perfectionnements civilisés et du talent pour la créativité technologique propres aux Chinois rôdaient aux frontières du pays. Mais ses chefs avaient étudié toutes les nuances de l'administration, des armes, et de l'art chinois. Et ils possédaient un avantage significatif. Ils n'avaient aucun scrupule à tuer. En réalité, c'était leur divertissement favori. Cette constellation tribale s'appelait les Hsiung-nu. Nous les connaissons mieux sous le nom de Huns.
Au premier abord, personne ne pouvait croire que les Huns représentaient une menace sérieuse. Leur armée se composait de seulement cinquante mille hommes. Les légions chinoises récemment dispersées étaient constituées d'un million d'hommes. Mais en 309, la machine militaire relativement réduite des Huns attaqua la capitale chinoise, Lo-Yang. Les Chinois se défendirent avec ténacité, mais ils avaient un sérieux désavantage. S'étant réorganisé en vue de la paix, ils n'étaient plus équipés pour la guerre.
Après deux années de combat, les Huns entrèrent dans la ville vaincue et firent prisonnier l'empereur chinois -le descendant du puissant Soleil, la charnière qui reliait les cieux et la terre- et le tuèrent en 313. En trois ans, les forces étrangères avaient terminé leurs opérations de nettoyage et s'étaient emparées de tout le secteur Ouest de la région Nord, l'une des plus importantes de Chine. Les princes, les généraux et les riches propriétaires chinois s'enfuirent pour être tués. Les Huns avaient remporté la victoire. Un empire plus grand que tous les états européens réunis était tombé, parce qu'il avait ignoré la menace des barbares.
L'on pourrait croire que les Chinois avaient tiré des enseignements de cette erreur, mais ce ne fut pas le cas. La domination des Huns sur la Chine dura pendant des générations. Puis, en 329, elle toucha à sa fin. Pendant les deux cents ans suivants, les Chinois furent gouvernés par un groupe barbare puis par un autre. Il fallut longtemps avant que la Chine ne réussisse à restaurer son ancienne gloire, mais lorsqu'elle eut repris le pouvoir, elle se laissa une nouvelle fois aller à cette bienheureuse suffisance qui endort ceux qui sont au sommet de l'ordre de préséance. Et son deuxième faux pas inconsidéré est porteur d'encore plus de leçons sur les dangers qui nous menacent.
Au onzième siècle, à nouveau convaincue qu'elle pouvait utiliser sa grande force pour inaugurer une ère de paix, la Chine opta pour la diplomatie et y réussit parfaitement. Elle découvrit qu'il coûtait beaucoup moins cher de faire la paix avec ses ennemis en leur payant des tributs, que d'entretenir une armée éléphantesque, et elle se mit donc à payer ses ennemis. Pour maintenir ces grosses puissances au loin, la Chine travailla insidieusement en coulisses à semer le trouble. Non pas un trouble qui menacerait sa propre sécurité, mais qui pousserait ses ennemis à se chamailler. Après tout, plus ils se querellaient entr eux, moins ils ennuieraient les Chinois.
Le plan fonctionna à merveille. Il fonctionna si bien que les Chinois tout comme leurs ennemis purent démanteler leurs complexes militaires et injecter l'argent économisé dans l'économie nationale. Ce trésor détourné entraîna un élan de prospérité.
Comme d'habitude, les Chinois et leurs ennemis surpuissants avaient joyeusement négligé les hordes de gueux qui rôdaient à leurs frontières. En 1144, l'une d'elles, les Juchen toungouzes, se libéra de la sphère d'influence de la superpuissance et se prépara à la guerre. Ces préparatifs prirent onze années. Mais lorsqu'ils furent achevés, il était temps pour les grandes puissances de se méfier. Tout d'abord, les Juchen attaquèrent le principal ennemi de la Chine: les Khitans. Les Chinois étaient ravis. Les Juchen primitifs venaient de supprimer leur plus important problème international. Mais l'empereur et ses sujets se réjouirent un peu trop vite. Les Juchen tournoyaient, poussés par la faim d'une nouvelle conquête encore plus grande.
En 1126, le peuple arriéré qui seulement seize ans auparavant n'était que l'humble pantin d'une superpuissance, pénétra par la force dans la capitale chinoise non préparée et décida et s'y installer. L'Empire du Milieu avait été affaibli par la diplomatie et le désarmement, parce que ses habitants avaient oublié les barbares. Derrière la menace des barbares se cache un fait simple. Les superorganismes meurent d'envie d'escalader l'échelle hiérarchique, et nombreux sont ceux qui veulent le faire à nos dépens. Le désir légitime de paix dissimule souvent ce fait à notre regard.
"
(p.327-330)
-Howard Bloom, Le principe de Lucifer, Paris, Le jardin des livres, 2002 (1995 pour la première édition états-unienne), 463 pages.


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@Johnathan R. Razorback mouais... Pas mal d'approximations, pas convaincu.

 

Il y a 7 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Pendant des milliers d'années, la Chine fut un empire d'une taille et d'une stabilité incroyable.

N'exagérons rien. Il y a en gros une première période impériale de -221 à 220, mais qui n'est pas si stable : ça commence par la dynastie Qin, qui ne tien qu'une quinzaine d'année avant de s'effondrer (à cause notamment de la rivalité entre Li Si et Zao Gao, aka Littlefinger et Varys) et d'être remplacé par les Hans. Vers le milieu de la période Han, pendant que JC se baladait en Palestine, il y a eu l'usurpation de Wang Mang, un espèce de prophète qui a pris le pouvoir et tenté d'instaurer un régime communiste. Évidemment ça foire, les Han reviennent. Ensuite, moult bordel : rébellion paysanne sur fond de famine et de courants religieux millénaristes, invasions de Xiongnu (="Hsiung-nu") ((oui, déjà)), conflit entre les mandarins (la bureaucratie) et les eunuques (le sommet de l'Etat) qui paralyse l'Etat, trop de pouvoir donné aux militaires (pour mater les barbares et les rebelles), mise sous tutelle de l'empereur par les généraux... bref, chaos, puis l'empire s'effondre, c'est la période des 3 royaumes.

A partir de là, tu as grosso modo un demi-millénaire sans empire en Chine. La dynastie Jin de l'Ouest est un bref écho de cette première période impériale (elle commence une 50aine d'année après la chute des Han et dure une 50aine d'année seulement).

Puis tu as des royaumes barbares au nord, et de la civilisation chinoise décadente au sud. Puis, pendant qu'on a nos carolingiens, tu as l'empire Tang, qui vient après le très bref empire Sui. Mais il s'effondre lui aussi à cause d'un trop grand pouvoir donné aux militaires. Puis, après une 50aine d'année de bordel -on s'approche de l'an 1000-, tu as les Song. Eux ils sont bien, presque libéraux, l'empereur fait de la peinture et de la poésie au lieu de jouer au maître du monde, il y a plein d'écoles privés, le commerce est florissant, renaissance de la philosophie et des arts, gros gros progrès scientifiques et techniques. Mais c'est là que malgré les tonnes de bouquins de stratégies militaires et de "science de la guerre" écrits à l'époque, les chinois se font défoncer par divers peuples barbares, puis complètement raser par les mongols. A partir de là, les mongols te mettent en place un empire bien autoritaire et bien solide, et c'est de leur empire à eux que descend les empires chinois ultérieurs. Tu as après eux l'empire Ming, issu d'une révolution paysanne du sud de la Chine, qui est une grosse dynastie parano, isolationniste, et dirigé par des eunuques et des espions (une véritable épiscopocratie à l'américaine). Puis tu as la dynastie Qing, fondé par des barbares mandchous recrutés comme mercenaires pour mater une rébellion.

 

Bref, pour les milliers d'années de stabilité, il faudra repasser. Il y a une continuité remarquable des empires de la dynastie Yuan (les mongols), 1271 à la révolution, voir jusqu'à aujourd'hui. Mais ça ne fait pas mille ans... et même si tu regardes depuis la fondation du premier empire chinois en -221, ça te fait guère plus de 2 millénaires, et c'est à peu près aussi pertinent que de faire commencer l'Histoire du IIIème Reich avec Jules César, en passant par Charlemagne, Charles Quint et Napoléon...

 

Il y a 8 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

En 221 av. J.C., les Chinois conçurent une longueur standard pour les essieux des charrettes. Résultat: un chariot pouvait rouler sur des milliers de kilomètres de route, et ses roues se trouvaient précisément dans les ornières laissées par les voyageurs précédents. Les Chinois disposaient de papier monnaie et de standards uniformes de poids et de mesures, alors que l'Europe tâtonnait encore dans l'âge des ténèbres. Les armes et les stratégies militaires chinoises étaient à des années-lumières de tout ce qui existait ailleurs. Alors que les empereurs romains utilisaient toujours des catapultes mécaniques, les généraux chinois déployaient des mortiers à poudre à canon. Dès le quatrième siècle avant J. C., les princes chinois envoyèrent des armées d'un demi-million d'hommes à la bataille et ces légions étaient équipées de matériel que les Européens de cette époque ne pouvaient même pas imaginer. Ils avaient des arbalètes à ressort, des amures en cotte de mailles ainsi que des épées et des lances constituées d'un métal magique: l'acier.

 

Les chinois se sont en effet très vite mis à la monnaie-fiat. Je ne sais pas si ça compte comme un accomplissement. La poudre noir est inventée sous la dynastie Tang, mais il me semble qu'il n'y a des armes à feu qu'à partir des Song. Bref, un bon 500 ans après la chute de l'empire romain. Et encore, c'était plus des bombes et des lance-flammes tout pourris que des vrais canons (mais déguisé en dragon, ce qui est classieux). Les arbalètes à répétitions, c'est classe, mais ça tire pas bien fort. La standardisation des chariots était une mesure autoritaire qui visait notamment à faciliter la circulation de l'armé impériale (sous les royaumes combattants pré-impériaux, chaque royaume avait des routes de tailles différentes pour empêcher les invasions).

 

Il y a 8 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

L'un des premiers à commettre cette erreur fut l'Empereur chinois Wu Ti.

Sima Yan ? Oui, contrairement à pas mal d'empereur, il a commis l'erreur de ne pas donné assez de pouvoir à l'armé au lieu d'en donner trop. Mais il reste un empereur guerrier, je doute qu'il ait été un tendre utopiste... A mon avis, s'il a réduit de pouvoir des généraux, c'était plus pour se protéger d'eux que par niaiserie (il est lui même arrivé au pouvoir en trahissant le roi au service de qui il était). Et les xiongnu qui ont mis fin à la brève dynastie Jin de l'ouest ne sortent pas de nulle part, hein... Ils étaient déjà en partie responsable de la chute des Hans. Et le premier empereur avait déjà fait consolider une première version de la grande muraille, à partir de plusieurs murailles préexistantes. Le risque d'invasion de barbares du nord est une quasi-constante dans l'Histoire chinoise. Il n'y a pas vraiment de leçon à tirer de la chute de cette dynastie (jin occidentale)... l'antiquité tardive est aussi confuse en Chine qu'en Europe.

 

Enfin bon, tout ça pour dire que on idéalise pas mal les chinois et leurs civilisations soit disant si ancienne et si pacifiste... mais en vrai, il y a autant de merdier là bas que chez nous. Et la plupart des dynasties se sont effondrées à cause d'un trop grand pouvoir militaire plutôt que l'inverse. Ou alors, à cause de circonstances exceptionnelles auxquels pas grands choses ne peuvent résister.

Pour ceux que ça intéresse, il y a plein de bon MOOC sur l'Histoire chinoise sur edX (la plateforme de Harvard et du MIT).

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Il y a 1 heure, Johnathan R. Razorback a dit :

Une critique de l'anarcho-capitalisme (assez décevante et par endroits caricaturale, je dois dire): https://www.contrepoints.org/2019/06/21/347360-propriete-une-critique-liberale-classique-des-libertariens

 

Assez grotesque. L'anarco-capitalisme orthodoxe n'est pas sans défauts, mais il n'a pas ceux là.

Il s'agit généralement de faire de la propriété privée la base de tout le droit, et du droit, une partie de la morale (sauf chez Friedman jr, à la limite). Mais ce n'est pas pour autant que le droit, et donc la propriété, est toute la morale. Block et Konkin le croient peut-être, mais je n'en suis pas sûr. Et je suis sûr qu'ils n'exigent pas des autres d'y croire. L'essentiel est seulement de croire que le reste de la morale ne justifie pas l'usage de la violence, ce à quoi ça reviendrait si on en faisait du droit.

A propos de l'individualisme méthodologique, qui serait abandonné au profit d'une vision "collectiviste" du droit. Nawak. Ce principe directeur sert justement aux économistes autrichiens à mettre en lumière des lois universelles de l'action humaine. C'est justement ce même statut que Rothbard cherche à donner au droit naturel. Ceci dit, on peut lui reprocher de confondre un peu des lois descriptives, comme le sont celles de la praxéologie misesienne, et des lois véritablement normatives, comme celles de la morale et du droit naturel. Je crois que sa réponse est de dire que la praxéologie permet au moins de toucher un petit peu à l'éthique en montrant que certaine normes seraient praxéologiquement incohérentes. C'est un peu un nouvel impératif catégorique (s'assurer qu'une maxime puisse être une règle universelle), mais sortie de l'économie (ou philosophie de l'économie, je ne suis pas sûr du statut de la théorie autrichienne), moins totalisant (il ne prétend pas recouvrir la totalité de la morale) et moins restrictif pour les individus, mais beaucoup plus restrictif pour les états, qui n'ont plus le droit d'exister.

Mais la pluralité du droit a bien été pensé dans le courant ancap, chez Friedman et chez Hoppe, entre autre. La question du plus faible qui se verrait imposer la loi du plus fort est souvent posée aussi. Des réponses locales ont souvent été apportées, mais il faudrait une praxéologie de la violence et des conflits pour véritablement régler la question, ce qui n'a pas encore été fait (les praxéologues travaillent sur les intérêts harmoniques dans les échanges, pour ensuite ne plus voir les intérêts antagonistes, entre l'individu et l'état notamment, que comme des exceptions monstrueuses, ce qui se justifie bien plus pour un minarchiste qui présuppose l'état comme Mises que pour un anarchiste).

Reste la question des externalités, dont on discute ailleurs (débat que je souhaite reprendre quand j'aurais suffisamment de temps et de neurones disponibles). Il me semble que la question reste ouverte, mais on m'a bien fait remarquer que c'est la solution pigouvienne qui est clairement collectiviste.

Et enfin, qu'est ce que l'auteur peut bien vouloir dire par "ingénierie sociale" qui "résulte de la tradition" ? Does not compute.

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J'ai lu L'éthique de la liberté de Rothbard il y a très longtemps (une époque où je ne recopiais pas systématiquement ce que je lisais !) et pas encore David Friedman et les auteurs anarcho-capitalistes... Je vais donc passer mon tour.

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il y a 13 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

J'ai pas mal halluciné en lisant ça d'ailleurs: "Rothbard est un thomiste déclaré".

Il se dit pas aristotélo-thomiste ?

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Rothbard a suivi les cours d'un thomiste, qui a d'ailleurs aussi influencé Rand (Henry Veatch), mais n'est pas thomiste, bien entendu. D'ailleurs, c'est plus la logique et la métaphysique d'Aristote que les intéressaient que l'éthique (moins abordée par V). Je pense que SG fait allusion à l'école du droit naturel et à ses sources, dont se réclame effectivement MR au moins dans le premier chapitre de l'éthique de la liberté.

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Il y a 4 heures, F. mas a dit :

au moins dans le premier chapitre de l'éthique de la liberté.

Subtil. ;)

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Il n'est pas trop tard pour écrire un autre article hein. ;)

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il y a 15 minutes, Ultimex a dit :

Il n'est pas trop tard pour écrire un autre article hein. ;)

Ils ont poney.

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Il y a 8 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Les premiers passages sur le droit me suis dit répétitivement à voix haute "putain, c'est quoi ces conneries".

 

Geyres ne maîtrise absolument pas la notion de droit et mélange tout. Les critiques sont complètement à côté de la plaque, ACD parle de "collectivisme du droit" ce qui n'a proprement aucun sens et lui ne le relève même pas. Je me demande sincèrement ce qu'il a lu à ce sujet.

 

"Et la seconde phrase le confirme, comme elle confirme combien les concepts sont confus dans sa tête. Il n’y a pas besoin de s’accorder sur une « conception de la propriété » en Libertalie, l’idée même d’un tel besoin est héritée d’un mode de pensée jacobin, où l’État a besoin d’un Code civil pour établir arbitrairement ce que lui décide être notre propriété."

 

Croire que le code civil est le fruit d'une décision arbitraire d'une autorité étatique et que les règles ont été pondues un beau jour par un parlementaire c'est tout simplement étaler son ignorance crasse sur ses fondements et origines. Stéphane, si tu me lis...

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22 minutes ago, poincaré said:

Croire que le code civil est le fruit d'une décision arbitraire d'une autorité étatique et que les règles ont été pondues un beau jour par un parlementaire c'est tout simplement étaler son ignorance crasse sur ses fondements et origines.

Cet amalgame est au centre du positivisme juridique, au passage, qui donne à un machin hideux pondu hier par des chambres diverses le même statut que des normes ancestrales.

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Et ça continue ici: https://www.contrepoints.org/2019/06/29/347966-liberaux-et-libertariens-le-debat-continue

 

Soit dit en passant le commentaire de l'auteur sur la DDHC est erroné:

 

"Alain Cohen-Dumouchel indique qu’à l’inverse de la vision libertarienne, la propriété doit selon la vision libérale classique, être « promulguée et protégée par un droit positif venant d’une structure étatique ». Cet argument est tout simplement ce que dit la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et plus particulièrement l’article 2  :

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression."

Le préambule de la DDHC précise bien que les droits ne sont pas accordés par l'Etat mais découverts (ils sont "reconnus", "exposés" et tirés de "l'oubli", pas inventés ex nihilo ou "promulgués") comme des nécessités naturelles préexistantes:

 

"Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

 

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen."

 

ça fait peine à dire mais Geyres a raison d'attaquer la position de Cohen-Dumouchel, qui s'apparente à une approche hégélienne du droit.

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Pour le 2e article de Geyres, je trouve le passage sur Nozick très bienvenu. Outre le fait que le chapitre sur le monopole des agences de sécurité est on ne peut plus brouillon, on ne voit pas pourquoi il suffirait d'un monopole pour avoir un Etat, même ultraminimal, et il reste toujours la possibilité de se défendre tout seul avec un bon vieux colt 45.

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