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Bon, bon me voila ouvrant mon premier sujet sérieux...

 

Il y a peu, me promenant dans les allées de Wikibéral, je suis tombée sur l'article concernant un historien qui me semble incomplet et, à vrai dire, un peu trop centré sur l'anti-communisme de ce dernier. Il s'agit de François Furet:

 

https://www.wikiberal.org/wiki/François_Furet

 

Pour résumer, Furet est un historien des 30 glorieuses, spécialiste de la révolution française qui s'est attaché à combattre l'historiographie dominante à l'époque voyant dans la révolution la première marche vers le socialisme." La révolution est terminée" dira t'il par opposition à la phrase de Clémenceau "Cette admirable révolution n'est pas terminée."  Il estimait en effet que la révolution,française, loin d'être un bloc, changeait totalement en 1793. Il peut être considéré (et il l'est par certains de ses élèves) comme l'héritier de la vision historique de Tocqueville. Pour ceux qui ont du temps devant eux, je renvoie à cet excellent texte:

 

https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1970_num_25_2_422226

 

Bon, cette introduction passée, si certains Liborgiens sont intéressés, j'aimerai discuté d'une éventuelle réécriture de l'article de wikibéral, en approfondissant celui qui existe déjà. Au début de mes études (cela remonte...), la lecture de Furet m'a conduite vers le libéralisme, mais le temps passant, je trouve à présent que sa vision des choses emprunte le même travers que l'historiographie communiste des années 50, à savoir manque sincèrement de nuances, notamment dans son traitement du Robespierrisme. 

 

Alors des intéressés ?

 

 

  • Yea 2

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Je n'ai malheureusement pas encore eu le temps de lire Furet.

 

Cependant j'ai noté quelques éléments de son parcours politique et intellectuel:

 

« Pour les jeunes historiens communistes qui écrivent alors dans la Nouvelle critique sous le pseudonyme de Jacques Blot (François Furet, Annie Kriegel) et pour qui Albert Soboul lui-même est fortement suspect de révisionnisme, Ernest Labrousse apparaît comme le complice de Léon Blum, plat valet des Américains. Ce qui n’empêche point, avant même que d’avoir viré de bord, d’entreprendre une thèse sous sa conduite. Et lorsqu’il dénoncera la « vulgate » ou le « catéchisme » de la Révolution Française à travers les œuvres de Lefebvre et plus encore Soboul, François Furet ne désigne jamais à ma connaissance, l’œuvre du maître comme représentative de cette école. » -Michel Vovelle, « Comment naissent les révolutions » à l’épreuve du cinquantenaire. Le voyage d’Ernest Labrousse en Révolution », Provence historique – Fascicule 194 – 1998, p.419-420.



« Après Mai 68, [Furet entre] dans le cabinet d'Edgar Faure: "Je me sens assez proche des représentants les plus éclairés de la pensée libérale" (F. Furet, 1978). » -François Dosse, L'histoire en miettes: des Annales militantes aux Annales triomphantes, Espace Temps, Année 1985, 29, pp. 47-60, p.53.



« Michael Scott Christofferson analyse quant à lui l’interprétation de l’œuvre de Tocqueville par François Furet. L’historien, auteur de Penser la Révolution française, a contribué à un regain d’intérêt pour le libéralisme de deux manières. D’une part, il a joué un rôle organisationnel majeur en participant à la constitution d’un groupe de lecture à l’EHESS en 1977 autour des penseurs libéraux, ainsi qu’à la création de l’Institut Raymond Aron et la Fondation Saint-Simon.

D’autre part, il a contribué intellectuellement au renouveau libéral par sa lecture personnelle de Tocqueville, qu’il offre dans sa préface à La Démocratie en Amérique, dans ses publications académiques, ses interventions médiatiques et son enseignement. Son interprétation met l’accent sur les menaces que peuvent faire peser sur la liberté l’esprit révolutionnaire et la passion de l’égalité, qui progresse au fur et à mesure de son déploiement. Selon Michael Scott Christofferson, Furet s’est exclusivement focalisé sur les dangers associés à un égalitarisme excessif, négligeant les inquiétudes de Tocqueville relatives au repli des citoyens sur leurs intérêts privés, et au risque qu’ils abandonnent certains de leurs droits à la puissance centrale par peur de la révolution. » - Kevin Brookes, « Quand la France était libérale », La Vie des idées, 16 septembre 2016.



« Au centre Raymond-Aron, qu’il a créé, F. Furet s’est entouré d’historiens et de philosophes plus jeunes préoccupés par la question de la démocratie comme forme politique : Marcel Gauchet, Pierre Rosanvallon, Pierre Manent, Patrice Gueniffey, Ran Halevi, Philippe Raynaud… et qui se sont imposés aujourd’hui comme des références du débat d’idées. » -Héloïse Lhérété, François Furet, une histoire mélancolique, www.scienceshumaines.com, 17/05/2013.



 

Ce que tu appelles son manque de nuances (encore une fois, je n'en sais rien), tiens au fait qu'il est souvent difficile de critiquer posément une idéologie à laquelle on a soit même adhéré (ici le marxisme).

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J'ai lu il y a peu son "Penser la Révolution Française". Très intéressant, un peu daté par certain côté mais son rapprochement de Tocqueville et Cochin était très stimulant intellectuellement.

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5 hours ago, Anne Hutchinson said:

Il estimait en effet que la révolution,française, loin d'être un bloc, changeait totalement en 1793

Il me semble qu'il dit au contraire que ce genre de lecture est simpliste. Ça c'est plutôt du Némo si mes souvenirs sont fidèles.

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J'ai beaucoup lu Furet. Il a joué un rôle indéniable dans une nouvelle lecture de la révolution.

Et aujourd'hui même les "robespierristes" sont obligés de mettre beaucoup d'eau dans leur vin (comme J C Martin).

Mais il me semble qu'un Patrice Gueniffey a fait, depuis, une analyse beaucoup plus fine et beaucoup plus pertinente, notamment du rapport entre Révolution et Terreur.

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J’ai beaucoup aimé ses ouvrages sur la révolution. Après Tocqueville, j’ai appris plein de choses sur cet événement et sur l’histoire politique du XIXe siècle également.

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