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Je raconte my life 9 : hache de bûcheronnage et vaporetto


poney

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il y a 2 minutes, Cortalus a dit :

Si je ne suis pas là

Hé bien tu devrais t'en foutre :) Il se passerait quoi, concrètement, de si grave et qui justifie que tu te ruines la santé ?

Ça fait combien de temps que tu pallies les carences de x ou y en t'épuisant et sans forcément en être récompensé ?

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à l’instant, Bisounours a dit :

 

 

Hé bien tu devrais t'en foutre :) Il se passerait quoi, concrètement, de si grave et qui justifie que tu te ruines la santé ?

Ça fait combien de temps que tu pallies les carences de x ou y en t'épuisant et sans forcément en être récompensé ?

 

Je suis dans ce bourbier depuis le début du premier confinement. Tout ce qui était prévu pour ma prise de fonction à l'époque a volé en éclat et depuis on improvise.

 

Concrètement, si je flanche, ce qui m'inquiète c'est surtout que ça va mettre dans la merde d'autres personnes que j'aime beaucoup. Les obligations légales en matière de finances et de compta, par contre, je crois que je n'en ai plus rien à faire. J'en suis venu à haïr mon métier de base (ce qui ne m'aide pas à l'accomplir avec efficacité). En fait, si l'ARS ou la Chambre des comptes vient me reprocher quelque chose sur la compta, je rêve de leur dire : "vous avez raison, vous devriez recommander qu'on me vire".

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il y a 24 minutes, Cortalus a dit :

si je flanche, ce qui m'inquiète c'est surtout que ça va mettre dans la merde d'autres personnes que j'aime beaucoup

Tu veux dire professionnellement ? Ce sont des employés hiérarchiquement dépendants de toi ? Ils ont le même statut, donc ils peuvent aussi se mettre en arrêt de travail. Je continue à lire que tu te sacrifies pour tes collègues, c'est honorable, certes, mais pourquoi à ce point puisque tu écris toi même que la situation dure depuis quasiment un an et donc que tous tes efforts ne sont pas récompensés.

En tant que employé de la FPH en arrêt maladie, tu as droit à un an en plein traitement, il me semble. Et laaaaargement mérité !

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il y a 1 minute, Bisounours a dit :

Tu veux dire professionnellement ? Ce sont des employés hiérarchiquement dépendants de toi ? Ils ont le même statut, donc ils peuvent aussi se mettre en arrêt de travail. Je continue à lire que tu te sacrifies pour tes collègues, c'est honorable, certes, mais pourquoi à ce point puisque tu écris toi même que la situation dure depuis quasiment un an et donc que tous tes efforts ne sont pas récompensés.

En tant que employé de la FPT en arrêt maladie, tu as droit à un an en plein traitement, il me semble. Et laaaaargement mérité !

 

Tu as raison bien sûr.

 

Je crois que le plus dur à assumer, c'est que ça va briser mon ego professionnel. J'ai bossé dur pour ma réputation. "Cortalus il assure", "Cortalus on peut compter sur lui", "Cortalus il est un peu chiant parfois avec ses grands discours, mais c'est une pointure". Et bientôt, "Cortalus il nous a lâché", "Cortalus il nous a planté en pleine crise"... J'ai l'impression d'être un lâche, un traître.

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Si c'est surtout une sensation d'échec, t'es typiquement le type qui part en burn out: disponible, responsable, valeurs profondes. Si ça fait un an que tu tiens, tu fais pas partie des gens qui sont en échec, car tu as été largement au dessus de la nécessité du travail relatif à ton contrat, tu fais plutôt partie des gens pour qui les avions tombent sur leur pompes. Ta vie vaut plus que celle des médiocres, et pour aider les gens il faut pas être dans les aidés.  Donc il me semble que ton rôle est terminé, tu peux faire 90 séances de psy pour te prouver que tu dois te sauver la vie, ou ouvrir la porte mentale qui te fait gagner un an de thérapie: ce sont pas les émotions qui décident de la vie professionnelle.  Cherche un autre boulot le soir, les cimetières sont pétris de gens indispensables.

J'ai fait une aprtie de ton trajet, pourtant dans un milieu moins tendu que le tien: y a rien au bout.

 

Un edit: les gens a qui tu tiens au travail se disent ou la même chose que toi les concernant, ou tu font porter leur culpabilité, ils sont compréhensifs, mais ils ne sont pas altruistes.

  • Yea 3
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Il y a 2 heures, Cortalus a dit :

Je crois que le plus dur à assumer

C'est de constater que tout ne dépend pas que de soi, de ses actions. Le souci, c'est que plus tu tardes à lâcher l'affaire et plus tu te dis que ça va bien finir par payer tous ces efforts et sacrifices. Donc tu continues et tu te ruines le moral.

Prends tes congés maladie et profite de ce moment pour réfléchir à ton avenir professionnel, repeindre le salon ou que sais-je ;)

Pense à ton ego personnel.

  • Yea 1
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il y a 31 minutes, Cortalus a dit :

J'ai l'impression d'être un lâche, un traître.

il n'y a aucun matériau sur terre ou dans l'univers, qui n'ait pas sa propre limite de résistance.

Ce n'est ni lâcheté, ni traîtrise que d'avoir une limite de résistance.

Et éventuellement, il vaut mieux lâcher de façon maîtrisée, que d'attendre que ça casse.

Il y a hélas plein d'hôpitaux qui fonctionnent grâce à quelques Saint Vincent de Paul qui y sacrifient tout.

Perso, ça me semble assez malsain.

L'hosto de mon bled tournait comme ça, jusqu'à ce que le pilier craque.

Et bien, ils ont arrêté les gardes de nuit, that's all.

à un moment donné, si il y a désir d'un niveau de service N, il faut que les moyens, admin, régulation, etc s'adaptent.

C'est pas toujours à nous de devoir toujours nous adapter pour suivre le niveau de dinguerie exigé.

Et, en nous adaptant, en acceptant de suivre, on ne fait au final qu'encourager la dinguerie.

Le surensemble a les moyens d'être déraisonnable plus longtemps qu'aucun individu. C'est un combat perdu.

  • Yea 1
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Il y a 2 heures, Cortalus a dit :

 

Dans la tranchée, on a un gars à sa droite, un gars à sa gauche. On ne veut pas flancher sous leurs yeux, on veut être là pour eux, ils ne veulent pas flancher sous nos yeux, ils veulent être là pour nous. La solidité d'un collectif se joue à cette échelle de petits groupes d'une douzaine d'individus max qui se connaissent. Si l'atrition est trop forte, on finit par franchir un seuil où tout se désagrège d'un coup et chacun est rendu à son comportement de base (la fuite souvent, mais ça peut être aussi la furie combative non contrôlée pour quelques individus très particuliers). Si c'est l'officier supérieur qui flanche alors qu'on a déjà perdu les sergents, ça va très vite. Ce n'est pas par hasard que je fais cette métaphore guerrière. Mes lectures dans le domaine de la tactique d'infanterie ont été ma meilleure ressource en termes de management cette année.

 

 

Le fait d'employer cette métaphore guerrière traduit bien ton état d'esprit.

Est ce vraiment comme ça qu'il faut voir ton job : la guerre ? la tranchée ? Est ce que tu penses vraiment que c'est ce genre de job que tu veux faire ? 

Si tu réponds sincèrement oui, ok. Si tu doutes et penses que ton job ne devrait pas ressembler à ça : part.

Les types qui faisaient la guerre de tranchée, la plupart n'avait pas le choix, et ils voyaient crever leurs amis.

Je ne peux pas croire que ton travail doive ressembler à cela.

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il y a une heure, POE a dit :

 

Le fait d'employer cette métaphore guerrière traduit bien ton état d'esprit.

Est ce vraiment comme ça qu'il faut voir ton job : la guerre ? la tranchée ? Est ce que tu penses vraiment que c'est ce genre de job que tu veux faire ? 

Si tu réponds sincèrement oui, ok. Si tu doutes et penses que ton job ne devrait pas ressembler à ça : part.

Les types qui faisaient la guerre de tranchée, la plupart n'avait pas le choix, et ils voyaient crever leurs amis.

Je ne peux pas croire que ton travail doive ressembler à cela.

 

Il y a le management de crise, et il y a le management de la crise qui dure (qui n'est donc plus une vraie crise, mais un changement radical des circonstances dans lesquelles l'organisation doit opérer pour atteindre son objet social). Dans la pure crise, ce sont les réflexes qui vont faire la différence. Dans une organisation complexe, on a pour ça des procédures, entraînements, simulations et autres préparatifs de ce genre. A l'armée c'est le drill, mais c'est la même logique qu'on cherche à atteindre dans les domaines non militaires : que ce soit un plan blanc à l'hosto ou un plan de sauvegarde informatique dans une salle serveur, on veut quelque chose qui se fasse par automatisme.

 

Dans la crise qui dure, tout cela perd vite de son importance. L'un des facteurs clés devient l'atrition. Pour garder l'organisation en état d'opérer, il faut faire évoluer ses modes de fonctionnement, ce qui nécessite une cohésion renforcée des équipes (car tout changement est éprouvant) alors même que la tension se traduit par des pertes qui renforcent la pression sur l'effectif restant. C'est la solidarité au niveau des micro-groupes organisationnels qui devient essentielle et non pas les procédures. La métaphore militaire me semble parfaitement appropriée. En cellule de crise à l'hôpital, on n'utilisera peut-être pas le terme atrition (d'autant plus qu'il a un sens particulier dans le vocabulaire médical), mais on compte quand même les pertes : les arrêts, les ASA, les démissions. Quand une unité de soins de première ligne a trop de perte, on doit dissoudre des unités de l'arrière pour reconstituer des effectifs. Ça veut dire par exemple fermer les SSR pour maintenir les lits en médecine, ou fermer des lits en médecine pour en maintenir en soins critiques.

 

Aucun bouquin de management ne m'a été de la moindre utilité cette année. En revanche, mes lectures militaires m'ont été précieuses pour comprendre ce qu'il se passait et réagir. Heureusement que personne ne meurt dans mes rangs. Mais ça c'est parce que je ne suis pas dans le soin. Dans les équipes para-médicales, on ne peut pas toujours en dire autant. Mais il est bien évident que le stress n'a rien à voir avec celui d'un soldat. Je constate simplement des similarités fortes dans l'aspect managérial avec les expériences relatées par des officiers et sous-officiers.

 

Ce n'était pas le job que je devais faire. Je n'avais pas été recruté pour ça. Je suis juste arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Pour prendre une métaphore médicale plutôt que guerrière : je fais de la médecine d'urgence alors que j'avais été embauché pour faire du soin de longue durée. L'objectif prioritaire de l'urgentiste n'est pas tant de soigner, et encore moins de guérir, que de dégager le plus vite possible les cas qui se présentent, soit en unité d'hospitalisation, soit aux lits-portes (unité d'hospitalisation de courte durée liée aux urgences) soit en les renvoyant chez eux, pour récupérer les moyens humains et matériels nécessaires pour le prochain cas qui se présentera. Je déteste ça, et j'espère que cette phase de ma vie s’achèvera très vite.

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il y a 5 minutes, Cortalus a dit :

 

Il y a le management de crise, et il y a le management de la crise qui dure (qui n'est donc plus une vraie crise, mais un changement radical des circonstances dans lesquelles l'organisation doit opérer pour atteindre son objet social). Dans la pure crise, ce sont les réflexes qui vont faire la différence. Dans une organisation complexe, on a pour ça des procédures, entraînements, simulations et autres préparatifs de ce genre. A l'armée c'est le drill, mais c'est la même logique qu'on cherche à atteindre dans les domaines non militaires : que ce soit un plan blanc à l'hosto ou un plan de sauvegarde informatique dans une salle serveur, on veut quelque chose qui se fasse par automatisme.

 

Dans la crise qui dure, tout cela perd vite de son importance. L'un des facteurs clés devient l'atrition. Pour garder l'organisation en état d'opérer, il faut faire évoluer ses modes de fonctionnement, ce qui nécessite une cohésion renforcée des équipes (car tout changement est éprouvant) alors même que la tension se traduit par des pertes qui renforce la pression sur l'effectif restant. C'est la solidarité au niveau des micro-groupes organisationnels qui devient essentielle et non pas les procédures. La métaphore militaire me semble parfaitement appropriée. En cellule de crise à l'hôpital, on n'utilisera peut-être pas le terme atrition (d'autant plus qu'il a un sens particulier dans le vocabulaire médical), mais on compte quand même les pertes : les arrêts, les ASA, les démissions. Quand une unité de soins de première ligne a trop de perte, on doit dissoudre des unités de l'arrière pour reconstituer des effectifs. Ca veut dire par exemple fermer les SSR pour maintenir les lits en médecine, ou fermer des lits en médecine pour en maintenir en soins critiques.

 

Aucun bouquin de management ne m'a été de la moindre utilité cette année. En revanche, mes lectures militaires m'ont été précieuses pour comprendre ce qu'il se passait et réagir. Heureusement que personne ne meurt dans mes rangs. Mais ça c'est parce que je ne suis pas dans le soin. Dans les équipes para-médicales, on ne peut pas en dire autant. Mais il est bien évident que le stress n'a rien à voir avec celui d'un soldat. Je constate simplement des similarités fortes dans l'aspect managérial avec les expériences relatées par des officiers et sous-officiers.

 

Ce n'était pas le job que je devais faire. Je n'avais pas été recruté pour ça. Je suis juste arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Pour prendre une métaphore médicale plutôt que guerrière : je fais de la médecine d'urgence alors que j'avais été embauché pour faire du soin de longue durée. L'objectif prioritaire de l'urgentiste n'est pas tant de soigner, et encore moins de guérir, que de dégager le plus vite possible les cas qui se présentent, soit en unité d'hospitalisation, soit aux lits-portes (unité d'hospitalisation de courte durée liée aux urgences) soit en les renvoyant chez eux, pour récupérer les moyens humains et matériels nécessaires pour le prochain cas qui se présentera. Je déteste ça, et j'espère que cette phase de ma vie s’achèvera très vite.

J'ai mal pour toi, mais, la compensation a ses limites. Couvrir des supérieurs nuls c'est pas moral.

Il faut penser à toi en premier, cette situation n'est pas de ton fait.

Ne tombe pas dans le piège du sacrifice personnel. Tu n'auras aucune médaille pour cela, et s'il y en avait, ils pourraient se la caler quelque part.

Courage et bats toi pour ce qui a de la valeur : toi et ta famille. Et partir en Suisse est un bel objectif. J'espère que tu y arriveras.

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Il y a 5 heures, Cortalus a dit :

Je sais que je suis performant en entretien, mais pour obtenir un entretien il faut déjà un CV qui ne soit pas écarté à la base car il ne coche pas toutes les cases...

Un CV est rarement repoussé quand il coche ne serait-ce que 70-80 % des cases, tant les candidats décrits par les offres d'emploi ressemblent plus à des licornes (qui n'auront rien à apprendre du poste) qu'à des vrais gens (qui resteront parce qu'ils apprendront).

 

Il y a 5 heures, Cortalus a dit :

Ils disent qu'ils veulent plutôt garder mon dossier au chaud pour une opportunité chez eux d'ici un an ou deux, dans le cadre d'un départ en retraite à remplacer. J'espère que c'est vrai. Mais mentalement, je suis dans un tel trou noir en ce moment que c'est difficile de trouver le côté positif d'une issue qui se ferme à court terme.

Je suis à peu près certain que c'est vrai, ils ne te diraient pas ça pour rien alors qu'ils sont si loin géographiquement de toi. Surtout n'hésite pas à les contacter à nouveau dans un an, ou même dans six mois, pour te rappeler à leurs bons souvenirs. 

 

Il y a 3 heures, Prouic a dit :

Si c'est surtout une sensation d'échec, t'es typiquement le type qui part en burn out: disponible, responsable, valeurs profondes. Si ça fait un an que tu tiens, tu fais pas partie des gens qui sont en échec, car tu as été largement au dessus de la nécessité du travail relatif à ton contrat, tu fais plutôt partie des gens pour qui les avions tombent sur leur pompes. Ta vie vaut plus que celle des médiocres, et pour aider les gens il faut pas être dans les aidés.  Donc il me semble que ton rôle est terminé, tu peux faire 90 séances de psy pour te prouver que tu dois te sauver la vie, ou ouvrir la porte mentale qui te fait gagner un an de thérapie: ce sont pas les émotions qui décident de la vie professionnelle.  Cherche un autre boulot le soir, les cimetières sont pétris de gens indispensables.

J'ai fait une aprtie de ton trajet, pourtant dans un milieu moins tendu que le tien: y a rien au bout.

Been here, done that. :(

  • Yea 1
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Cortalus, tu fais la liste de tes sujets. Tu mets dans une colonne ceux que tu es capable de mener avec tes équipes. Dans l'autre ce qui doit être abandonné. Et tu vas voir ton chef avec ça. Si il ne comprend pas, c'est un con et tu n'as aucune honte à claquer ton arrêt maladie.

 

Et si tu tiens à la métaphore militaire, demande toi pourquoi Pétain est devenu le héros d'une génération.

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Perso. j'ai tenu 9 mois en allant bosser avec la boule au ventre, je ne regrette pas ma démission, a posteriori je crois que c'était la meilleure chose à faire.

Fais comme tu le sens, Cortalus, on est avec toi !

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Il y a 3 heures, Cortalus a dit :

 

Il y a le management de crise, et il y a le management de la crise qui dure (qui n'est donc plus une vraie crise, mais un changement radical des circonstances dans lesquelles l'organisation doit opérer pour atteindre son objet social). Dans la pure crise, ce sont les réflexes qui vont faire la différence. Dans une organisation complexe, on a pour ça des procédures, entraînements, simulations et autres préparatifs de ce genre. A l'armée c'est le drill, mais c'est la même logique qu'on cherche à atteindre dans les domaines non militaires : que ce soit un plan blanc à l'hosto ou un plan de sauvegarde informatique dans une salle serveur, on veut quelque chose qui se fasse par automatisme.

 

Dans la crise qui dure, tout cela perd vite de son importance. L'un des facteurs clés devient l'atrition. Pour garder l'organisation en état d'opérer, il faut faire évoluer ses modes de fonctionnement, ce qui nécessite une cohésion renforcée des équipes (car tout changement est éprouvant) alors même que la tension se traduit par des pertes qui renforcent la pression sur l'effectif restant. C'est la solidarité au niveau des micro-groupes organisationnels qui devient essentielle et non pas les procédures. La métaphore militaire me semble parfaitement appropriée. En cellule de crise à l'hôpital, on n'utilisera peut-être pas le terme atrition (d'autant plus qu'il a un sens particulier dans le vocabulaire médical), mais on compte quand même les pertes : les arrêts, les ASA, les démissions. Quand une unité de soins de première ligne a trop de perte, on doit dissoudre des unités de l'arrière pour reconstituer des effectifs. Ça veut dire par exemple fermer les SSR pour maintenir les lits en médecine, ou fermer des lits en médecine pour en maintenir en soins critiques.

 

Aucun bouquin de management ne m'a été de la moindre utilité cette année. En revanche, mes lectures militaires m'ont été précieuses pour comprendre ce qu'il se passait et réagir. Heureusement que personne ne meurt dans mes rangs. Mais ça c'est parce que je ne suis pas dans le soin. Dans les équipes para-médicales, on ne peut pas toujours en dire autant. Mais il est bien évident que le stress n'a rien à voir avec celui d'un soldat. Je constate simplement des similarités fortes dans l'aspect managérial avec les expériences relatées par des officiers et sous-officiers.

 

Ce n'était pas le job que je devais faire. Je n'avais pas été recruté pour ça. Je suis juste arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Pour prendre une métaphore médicale plutôt que guerrière : je fais de la médecine d'urgence alors que j'avais été embauché pour faire du soin de longue durée. L'objectif prioritaire de l'urgentiste n'est pas tant de soigner, et encore moins de guérir, que de dégager le plus vite possible les cas qui se présentent, soit en unité d'hospitalisation, soit aux lits-portes (unité d'hospitalisation de courte durée liée aux urgences) soit en les renvoyant chez eux, pour récupérer les moyens humains et matériels nécessaires pour le prochain cas qui se présentera. Je déteste ça, et j'espère que cette phase de ma vie s’achèvera très vite.

 

En tout cas, tu as les réponses à tes questions.

 

Maintenant il te faut trouver le courage et la volonté de les mettre en œuvre.

 

It depends on you! Et nous croyons en toi!

 

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il y a 27 minutes, Alchimi a dit :

Non attendez vous avez réellement regardé ce truc?

 

Non, juste les questions où ils essaient de les faire passer pour des femmes de tête qui est un extrait de deux minutes que j'ai vu sur les réseaux. C'est toujours assez particulier : https://www.tf1.fr/tf1/miss-france/videos/les-5-candidates-finalistes-repondent-aux-questions-des-internautes-miss-france-2021-97754412.html

 

Sinon, 38/40 au questionnaire de culture générale.

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il y a une heure, Alchimi a dit :

Non attendez vous avez réellement regardé ce truc?

 

j'assume mon conservatisme

 

cela dit, j'ai arrêté lors du dernier tour, Miss Réunion étant éliminée et les finalistes n'ayant que les yeux bleus, le seul intérêt subissait dans le décolleté de la plus belle.

 

Révélation

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Le 19/12/2020 à 12:08, Cortalus a dit :

 

Tu as raison bien sûr.

 

Je crois que le plus dur à assumer, c'est que ça va briser mon ego professionnel. J'ai bossé dur pour ma réputation. "Cortalus il assure", "Cortalus on peut compter sur lui", "Cortalus il est un peu chiant parfois avec ses grands discours, mais c'est une pointure". Et bientôt, "Cortalus il nous a lâché", "Cortalus il nous a planté en pleine crise"... J'ai l'impression d'être un lâche, un traître.

 

 

J’ai l’impression d’entendre une amie qui n’arrivait pas à se tirer de son job qui la rendait malheureuse. J’ai fini par lui dire, qu’au fond, tout le monde s’en battait un peu les couilles de sa réputation professionnelle. Avant de mourir, tu ne te diras pas : « Ah, je suis content ! J’ai quand bien même bien travaillé et obtenu une belle réputation pro ! Je peux mourir en paix ! ».

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