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Fascisme, totalitarisme et autres camps


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Il y a 4 heures, F. mas a dit :

En fait, autant nazisme et communisme sont deux versions particulières du totalitarisme, autant le fascisme doit en être exclu. Gauchet (je m'en rappelle seulement maintenant, mais il faut m'excuser je suis malade) explique que les totalitarismes sont des idéocraties : on veut faire correspondre le réel à l'idéologie, et on purge pour que le réel ressemble à la propagande (et à une idéologie strictement définie). Le fascisme n'a pas de doctrine vraiment fixe, c'est une sorte de pragmatisme autoritaire qui varie des années 20 aux années 30 (sans parler de l'après pacte d'acier). Dans les années 20, ils sont même relativement 'libéraux' (il défendent l'étalon or par ex.. et j'ai mis des guillemets!) et évoluent vers plus de corporatisme quand ils se rapprochent de l'Allemagne.

 

Il me semble aussi avoir lu qu'Hannah Arendt excluait le fascisme du totalitarisme car il persistait des restes de l'etat de droit.

Je rebondis sur le pragmatisme autoritaire. En relations internationales, un certains nombre d'auteurs s'accordent sur le fait que le fascisme a été une idéologie qui s'est entièrement greffé sur la théorie réaliste (d'où le fait que cette dernière a été mal vue après la fin de la Seconde Guerre mondiale).

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Le 08/04/2021 à 15:52, F. mas a dit :

En fait, autant nazisme et communisme sont deux versions particulières du totalitarisme, autant le fascisme doit en être exclu. Gauchet (je m'en rappelle seulement maintenant, mais il faut m'excuser je suis malade) explique que les totalitarismes sont des idéocraties : on veut faire correspondre le réel à l'idéologie, et on purge pour que le réel ressemble à la propagande (et à une idéologie strictement définie). Le fascisme n'a pas de doctrine vraiment fixe, c'est une sorte de pragmatisme autoritaire qui varie des années 20 aux années 30 (sans parler de l'après pacte d'acier). Dans les années 20, ils sont même relativement 'libéraux' (il défendent l'étalon or par ex.. et j'ai mis des guillemets!) et évoluent vers plus de corporatisme quand ils se rapprochent de l'Allemagne.

 

Oui, c'est aussi la position de Arendt, mais j'ai du mal à être totalement en accord avec ça. Déjà, parce que les italiens sont les premiers à parler de "totalitarisme", en désignant par là la suppression de la distinction entre société civile et état je crois, et pour s'en revendiquer. Mais aussi, parce qu'il y a bien eu des éléments d'idéologie fasciste, venant de Marinetti, de Sarfati (que je n'ai pas encore lu), du Pareto sociologue, de Evola, etc. Ca n'a jamais constitué un corps doctrinal précis, mais les éléments d'idéologie nazie non plus. Les communistes sont les seuls à avoir eu une idéologie sous la forme d'une théorie systématique. Et ça ne les a jamais empêché non plus de la tordre dans tous les sens par pragmatisme (à ce sujet, je suis en train de lire ceci de Xi Jinping, et on va bien qu'une fois le jargon maitrisé, on peut vraiment de servir de la matrice conceptuelle pour dire n'importe quoi par le truchement magique de la "dialectique").

 Le culte explicite de la puissance elle-même, en l'occurrence, de l'état et de son chef, est bien une certaine idée, une certaine vision du monde revendiquée, avec ses artistes et ses philosophes, ce dont le dictateur militaire de base ne va pas forcément s'encombrer. Que les communistes et les nazis aient cherché un substrat à cette volonté de puissance dans le peuple compris soit comme classe, soit comme race, n'en fait pas "plus des idéologies", à mes yeux, ça atténue même le caractère proprement totalitaire de ces idéologies, puisqu'on a aussi du socialisme et du nationalisme qui ne sont pas totalitaire lorsqu'on y ajoute pas ce culte de la puissance dont se contentait le fascisme.

 

En plus, ne pas ranger le fascisme dans les totalitarismes, c'est se priver de voir le chaînon manquant entre le léninisme et l'hitlérisme, ce qui est dommage. D'ailleurs, l'analyse de Arendt est très étrange. Elle se perd dans quelques 600 pages sur les origines de l'antisémitisme et de l'impérialisme, et avec lui, du racisme -ce qui n'est pas très éclairant (pas explicitement, en tout cas) pour comprendre autre chose que spécifiquement le cas nazis -, pour ensuite, en guère plus de 200 pages, analyser le totalitarisme lui-même en remarquant enfin les proximités entre nazisme et stalinisme. On en viendrait presque à croire que le stalinisme est un rejeton du nazisme qui aurait oublié ses origines. Enfin, on pourrait en venir à croire ça si ça ne posait pas un petit problème de chronologie.

 

Le 08/04/2021 à 16:26, poney a dit :

Il parle même de "religion séculaire" pour définir les totalitarismes

 

Mais est-ce que ce ne serait pas un petit biais chrétien, et plus spécifiquement, chrétien d'occident, que de ne reconnaître de la religiosité (même sécularisée) que dans une doctrine et pas dans une pratique ? Je ne suis pas sûr que la plupart des religions, ni le plus gros du phénomène religieux lui-même, se laisse comprendre comme résidant dans un dogme bien clair et écrit. Quand on voit les tronches géantes de Mussolini partout, et les rituels votifs autour d'elles, difficile de ne pas y voir quelque chose de religieux.

 

D'ailleurs, j'y pense tout juste, c'est assez intéressant qu'en guise de religions séculaires, ce soit les orientaux qui se soient doté d'une orthodoxie, et les occidentaux d'une orthopraxie.

  • Yea 1
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Le problème c'est surtout qu'il y a a peu près autant de définition de religion que d'auteurs s'y étant interessés, c'est un peu l'archétype du truc indéfinissable. Je ne sais pas trop en philo ou en sciences politiques mais en anthropologie, bonjour.

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