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Ultimex

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Posts posted by Ultimex

  1. Il y a 19 heures, Domi a dit :

    Bon trop d'avant propos, je commence par la limitation du pouvoir. Ce qui m'a donné en partie l'envie de faire cet exposé est de constater qu'il y avait chez les grands auteurs chrétiens (Saint-Augustin et Saint-thomas) des conceptions du pouvoir assez favorables à sa limitation et qui ont pu avoir une grande importance ultérieure. Mais ai-je fait fausse route en leur donnant trop d'importance par rapport à des phénomènes plus "pratiques"

     

    En France et plus généralement en Europe, le pouvoir royal a d'abord été limité de fait par la structure féodale et par le rôle de la papauté qui avait tendance à s'arroger une autorité sur le temporel par une certaine interprétation de l'allégorie des deux glaives (cf la pénitence de Canossa en 1077). Le pouvoir royal a progressivement acquis davantage de prérogatives. Les luttes contre l'expansion du pouvoir royal se faisaient plus au nom de la coutume que d'une liberté de principe qui n'était guère appliquée dans les rapports entre seigneurs et paysans par exemple et évidemment les intérêts personnels avaient une grande importance dans les révoltes comme la ligue du bien public ou la Fronde. L'affirmation de principe d'un pouvoir absolu contrastait avec la pratique. Dans ce contexte le besoin d'une véritable théorie politique de limitation du pouvoir a moins d'évidence. 

     

    Est-ce que pour autant les auteurs canoniques n'ont pas eu d'importance ? 

     

    Dans le Prelot et Lescuyer qui me sert de source, j'ai constaté que beaucoup d'idées revenaient sous différentes formes chez Saint-augustin, saint-Thomas, puis au XVIème chez Vitoria, Suarez et Bellarmin et qu'on pouvait les regrouper dans les thématiques suivantes : la légitimité du pouvoir d'une part et le bon pouvoir d'autre part. 

     

    Il y a chez tous ces auteurs un accord pour distinguer entre la légitimité du pouvoir en soi et la légitimité d'un pouvoir particulier. L'homme a besoin de vivre en société et la vie en société exige qu'un pouvoir la fasse fonctionner. L'argument est présenté sous la forme d'un sorite par Saint-Thomas mais il revient chez tous ces auteurs. Toutefois, aucun homme n'a d'abord de droit sur les autres : la liberté est donc posée en principe. La légitimité d'un pouvoir particulier dépend donc des conditions d'une société donnée, le pouvoir ne peut donc en aucun cas être considéré comme un droit de celui qui l'exerce, comme une chose personnelle.

     

    Ces auteurs se livrent ensuite à des distinctions subtiles et sur lesquelles existent entre eux des nuances entre ce qui vient du peuple et ce qui vient de Dieu. Sauf dans le cas d'Israël Dieu ne donne pas directement un roi à un peuple. Pour Augustin, formulant la théorie du droit divin providentiel, seuls certains faits humains donnent dans chaque société au pouvoir sa forme concrète et légitime. L'existence du pouvoir est transcendante, la désignation de son titulaire est de la forme du pouvoir est immanente ce qui n'empêche pas la providence de suivre ses plans que les hommes ignorent. Pour Suarez, les hommes préparent les conditions du pouvoir (notamment en déterminant le peuple et le territoire sur lequel il s'exerce) avant que Dieu n'en fasse don aux hommes. Là où Augustin désigne des faits humains, Thomas évoque plus directement le peuple. De là l'idée d'une souveraineté initiale du peuple qui peut s'arrêter immédiatement par la désignation d'un roi. Toutefois cette souveraineté initiale est susceptible d'être réactivée. La question du renversement d'un tyran est posée. Suarez et Bellarmin préciseront au tournant des XVIèmes et XVIIème siècle les idées de Saint-Thomas et étudieront la possibilité de renverser un pouvoir qui devient tyrannique. 

     

    Le bon pouvoir est celui qui pour Augustin fait régner la justice et selon Saint-Thomas concourt au bien commun matériel et spirituel de la société. Alors qu'Augustin est relativement indifférent ensuite à la question de la forme du pouvoir, Saint-Thomas qui donne sa préférence théorique à la monarchie conseille en pratique par crainte d'un mauvais roi un régime mixte permettant à Jacques Maritain de le qualifier de premier démocrate dans la mesure où ce régime mixte a de nombreux traits de la démocratie représentative contemporaine. De plus si Thomas reprend la distinction entre monarchie, aristocratie et démocratie, il distingue également les régimes selon qu'ils recherchent ou non le bien commun de la société et surtout selon leur obéissance aux lois en séparant le "pouvoir politique" et le "pouvoir despotique". 

     

    Toutes ces idées des grands penseurs du catholicisme ne présentaient pas un programme concret de limitation du pouvoir mais constituaient un climat, un milieu intellectuel favorable à celle-ci. 

     

    Voilà pour les causes intellectuelles, passons aux causes matérielles de la limitation du pouvoir. De ce point de vue les conflits religieux ont joué un rôle à la fois important et contrasté. Les protagonistes catholiques et protestants des guerres de religion ont du fait de leur opposition à la politique du monarque régnant envisagé la limitation du pouvoir quand ils n'ont pas encouragé le tyrannicide. Les réflexions de Suarez et Bellarmin témoignent donc autant d'un approfondissement des propositions antérieures d'un Saint-Thomas que d'un adoucissement des idées des ligueurs et des protestants. Si le rôle des conflits religieux dans la limitation du pouvoir est contrasté c'est en raison d'une réaction voyant dans le pouvoir absolu d'un seul la solution aux "désordres" des guerres civiles comme chez Hobbes.

     

    Donc pour résumer, nous avons :

    une tradition de révolte face à un absolutisme royal théorisé assez tôt mais qui ne se concrétisait pas toujours dans la pratique,

    dans la pensée des grands auteurs de l'Eglise un climat favorable à la limitation du pouvoir,

    une actualisation par les guerres de religion de la question de la limitation du pouvoir

     

    Dans le cas anglais qui a eu le plus d'importance dans le cas de Locke les révolutions précédentes lui donnait d'autant plus de latitude pour théoriser une limitation du pouvoir qu'elle consacrait les faits établis par la Glorieuse Révolution de 1688. 

    Sur l'impact de la réforme grégorienne et la naissance du Droit moderne (occidental) au XIème/XIIème siècle (avec, comme point de départ, la querelle des investitures puis l'apparition de systèmes juridiques concurrents, d'un terrain permettant de résoudre les conflits en résultant de manière pacifique et, involontairement, de l'idée que le souverain est lui-même soumis aux règles juridiques) :

    https://www.editions-eyrolles.com/livre/droit-et-revolution

    (Note qu'en cherchant bien, on peut le trouver en pdf).

    Il existe un volume 2 sur l'impact de la Réforme mais pas encore lu.

    Ça plaira aux plus évolutionnistes de ces lieux en tout cas (d'ailleurs, quid de la tradition sceptique du libéralisme, de Hume à Hayek ?).

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  2. Il y a 13 heures, Soda a dit :

    Oui mais c'est des meilleurs administrateurs, on peut compter sur eux pour mettre de la rigueur budgétaire et remettre de l'ordre là où il faut, en plus ils sont patriotes, ils travailleront pour l'intérêt de la France, marre des traîtres.

    C'était qui, déjà, le précédent dirigeant militaire, avant De Gaulle, à la tête du pays ? J'ai un trou de mémoire.

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  3. Il y a 1 heure, Cthulhu a dit :

    Y a les mineurs de Galibot aussi :D

    La Japan Expo en mode "c'était les corons", j'avoue, je n'ai pas osé écouter pour le moment...

     

    Il y a 2 heures, Cthulhu a dit :

    C'est très gimmick clairement.

    C'est un peu le reproche que je ferais à LADLO en ce moment.

     

    Il y a 1 heure, Cthulhu a dit :

    Au passage, je viens de me rendre compte qu'ils utilisent un mellotron au lieu d'un synthé classique :D

    Voilà qui redore un peu leur blason donc... Why not ?

     

    Sinon, le coup de cœur du moment, c'est

    https://dionysiaque.bandcamp.com/album/la-tourbe-des-r-ves

     

    Bon, il faut passer outre certaines thématiques assez orientées politiquement (non, ce n'est pas du NSBM).

  4. il y a 5 minutes, PABerryer a dit :

    Marjane Satrapi, l'auteur de Persepolis :(

    56 ans... :(

     

    ~~~~

    Sonny Rollins la semaine dernière, dernière grosse légende du jazz (amha).

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  5. Il y a 6 heures, Alchimi a dit :

    Par exemple en métal il y a beaucoup d'excellents groupes

    Y a beaucoup d'excellents groupes ouais. Mais dans le lot, combien innovent ? En ce moment, par exemple, si tu veux ta dose de death metal suédois, "comme à Stockholm en 91", t'es servi. Stuck culture aussi.

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