ronan Posté 22 octobre 2005 Signaler Posté 22 octobre 2005 Le Monde-Diplo n'en souffle mot (j'ai vérifié sur le site ), mais le péril approche pour les Slovènes : Osservatorio sui BalcaniSlovénie : adieu à l’État-providence Traduit par Caroline Target (italien) Publié dans la presse : 12 octobre 2005 Mise en ligne : samedi 22 octobre 2005 Sur la Toile Le gouvernement de Ljubljana présente un paquet de réformes libérales, avec lesquelles la Slovénie pourra dire adieu à l’État-providence. En prévision d’un automne social chaud, le gouvernement détourne l’attention sur le contentieux maritime avec la Croatie voisine en rallumant le flambeau du nationalisme. Par Franco Juri Ces jours derniers, le gouvernement de Ljubljana a ouvert en même temps deux lignes de front, toutes deux de gestion difficile. Elles devraient en quelque sorte se superposer, selon les calculs du Premier ministre Janez Janša, neutralisant ainsi - également grâce au regain de nationalisme patriotique que suscitent les revendications de frontières dans les confrontations avec la Croatie - l’impact négatif que provoque dans l’opinion publique slovène le paquet de réformes néo-libérales proposées par les conseillers économiques du gouvernement. Jože Damjam, économiste et coordinateur du groupe d’expert nommé par Janša pour tracer la « feuille de route » des réforme économiques, sociales et financières de la Slovénie en zone euro, a remplacé son ami et compagnon de cordée Mico Mrkaic, qui a récemment démissionné, déçu par la lenteur des changements souhaités. Damjan a présenté, il y a quelques jours, la nouvelle stratégie économique de la Slovénie, une stratégie qui a tout de suite recueilli le consentement du gouvernement et des organisations patronales. De leur côté, les syndicats critiquent, voyant dans les réformes proposées une œuvre systématique de démantèlement de la sécurité sociale. Les critiques restent toutefois nuancées de la part des démo-libéraux et des sociaux-démocrates. Les réformes se dirigent essentiellement vers une plus grande compétitivité du « made in Slovenia ». Pour ce faire, il faudrait inévitablement, selon le groupe de Damjan : procéder à un retrait immédiat de l’État dans la gestion de l’économie et de la sphère publique en générale (comprenant la santé, l’école et les infrastructures) ; une réduction des droits syndicaux acquis (simplifiant les modalités de licenciement, réduisant drastiquement la période de préavis et abaissant les primes de licenciement et de services) ; une plus grande autonomie des négociations entre employeurs et employés, favorisant les contrats individuels au lieu des conventions collectives des organisations syndicales ; une plus grande « flexibilité », entendons précarité, de la force ouvrière, favorisant les contrats de travail ad hoc et sans garanties ; une dérégulation de la médiation de l’État ; enfin et surtout, une réforme fiscale radicale qui abaisserait les coûts du travail et augmenterait la disponibilité des profits. Suppression du taux progressif de l’impôt ? Mais la proposition qui fait le plus discuter est celle d’éliminer le taux progressif (actuellement compris entre 17 et 50%) pour assurer un impôt unique sur le modèle des politiques fiscales de certains pays de l’Est et de la Baltique. Pratiquement, il s’agit du même système que celui fortement défendu en Allemagne par Angela Merkel ; une ambition qui est peut-être la cause de sa victoire mitigée aux élections. L’impôt unique, avertissent plusieurs économistes et naturellement les syndicats, augmentera inévitablement les différences sociales et pénalisera inexorablement les couches les plus démunies. Si l’on ajoute à cela l’intention déclarée de modifier - vers le bas, naturellement - le système actuel de transfert social et la politique des subventions et celle de privatiser les services publics, les rendant ainsi plus chers et livrés au marché, les moins nantis ont de quoi se préoccuper. Le gouvernement annonce aussi une augmentation de l’IVA applicable sur tous les produits et services. Les stratégies de Janša présentent cette masse de réformes comme un « nouveau modèle de développement » qui devrait renforcer la position et la stabilité de l’économie slovène dans sa phase de l’adoption de l’euro. Automne chaud en perspective Le plan de Damjan et compagnie s’apprête à enflammer l’automne slovène, bien que le gouvernement s’y soit préparé et s’efforce de dévier l’attention de l’opinion publique vers les thèmes patriotiques ravageurs du contentieux de frontière avec la Croatie. Le 4 octobre dernier, le parlement de Ljubiana a voté à la quasi-unanimité (avec un seul vote contre et une abstention) la loi sur la déclaration d’une zone de protection écologique sur le plateau continental de la Mer Adriatique. Cette loi annexe une bande côtière que la Croatie considère de sa propre juridiction et qui s’étend de la ville d’Umag à la ville de Vrsar. La Slovénie revendique l’accès aux eaux internationales, pourtant consciente d’être assez faible sur le plan du droit maritime. La police slovène, à l’époque yougoslave, contrôlait le Golfe de Piran et une bande côtière qui arrivait au large de Salvore, donc beaucoup plus au nord que le début des eaux internationales. Zagreb a riposté à la nouvelle loi et à l’ « annexion » slovène avec la proposition officielle d’un arbitrage international qui permettra de satisfaire les deux parties. Mais la diplomatie slovène a durement répondu à cette proposition et espère ainsi - et cela dans des termes de plus en plus évidents - obtenir une pression directe sur la Croatie, utilisant sa propre position de membre de l’UE et de l’OTAN. Une attitude qui n’est pas sans rappeler les pressions italiennes sur la candidate UE slovène, dans les années 1990, liées aux demandes de Rome sur les biens abandonnés en Istrie. Dans la lettre avec laquelle le ministre de l’extérieur Dimitrij Rupel a répondu à la proposition d’arbitrage de son homologue croate Kolinda Grabar-Kitarovic, le chef de la diplomatie slovène ne ménage pas ses pesants reproches a Zagreb qu’il considère « non fiable » pour une solution de type internationale. Mais peut-être que dans la perception de Janša y sont aussi présumés les « avantages » qu’une situation fluide dans ses rapports avec les voisins méridionaux - situation qui pourrait se détériorer ultérieurement dans les prochaines semaines à cause de l’œuvre des nationalistes encore plus intransigeants que les deux opposants - peut comporter, a la lumière des réformes sociales et économiques radicales à entamer dans le pays. Une bouffée patriotique mettrait également le bâillon à cette presse qui est parvenue jusqu’à présent à éviter les assauts du gouvernement : les changements économiques et sociaux que le gouvernement de centre-droite s’apprête à voter ont besoin d’un plus grand appui de la part des médias. Ou tout au moins, du silence de ceux qui les désapprouvent. source : http://www.balkans.eu.org/article5901.html
Serge Posté 22 octobre 2005 Signaler Posté 22 octobre 2005 Belle technique de diversion Pour l'anecdote, c'est moins la perspective de payer plus cher ( ?) les services qui préoccupent les gens que les scandales qui entourent très souvent les privatisations des services publics.
Taisei Yokusankai Posté 23 octobre 2005 Signaler Posté 23 octobre 2005 Si j'ai bien lu ailleurs, ils comptent aussi augmenter la taxation des bénéfices des entreprises afin de redresser les finances publiques. Je crois qu'il y a donc à boire et à manger là-dedans (et je ne connais rien à la qualité générale de leur cuisine…).
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