DoM P Posté 17 juin 2006 Signaler Posté 17 juin 2006 Je viens de lire La France qui tombe, de Nicolas Baverez. Un peu déçu… Il m'a laissé perplexe sur un point : Les marchés devraient être réassurés par les états. Ca ne semble pas illogique, d'ailleurs. Un anarcapiste pour m'expliquer comment ça se passerait dans le meilleur des mondes possible? Voilà le texte : Force est de constater en effet qu'il existe deux sortes de crises du capitalisme : les premières, ponctuelles ou régionales, qui peuvent être maîtrisées par les mécanismes de corrections des marchés ; les secondes, systémiques et générales, qui peuvent dégérer en catastrophes mondiales du type de la déflation des années 1930 si les marchés ne sont pas réassurés par les états [c'est moi qui souligne]. Les Etats-Unis ont eu, dans ce registre, une stratégie exemplaire en activant, à partir de 2001, l'ensemble des moyens d'actions sur la conjoncture, budgétaires, fiscaux, monétaires, industriels.p. 37
Dilbert Posté 17 juin 2006 Signaler Posté 17 juin 2006 C'est complètement crétin. Un marché n'est pas une entité économique ; et l'Etat spoliateur n'est pas un assureur. L'exemple des années 30 est très mal choisi, l'Etat ayant été lui-même la cause des dégâts (comme d'hab).
DoM P Posté 17 juin 2006 Auteur Signaler Posté 17 juin 2006 C'est complètement crétin. Un marché n'est pas une entité économique ; et l'Etat spoliateur n'est pas un assureur.L'exemple des années 30 est très mal choisi, l'Etat ayant été lui-même la cause des dégâts (comme d'hab). Alors, ça, c'est de l'argumentation!
Sous-Commandant Marco Posté 17 juin 2006 Signaler Posté 17 juin 2006 Il s'agit surtout pour Baverez de noircir la politique française, surtout par comparaison avec les Etats-Unis ou même les autres grands pays européens. Baverez, c'est miniTax?
antietat Posté 17 juin 2006 Signaler Posté 17 juin 2006 Je viens de lire La France qui tombe, de Nicolas Baverez. Un peu déçu…Il m'a laissé perplexe sur un point : Les marchés devraient être réassurés par les états. Ca ne semble pas illogique, d'ailleurs. Un anarcapiste pour m'expliquer comment ça se passerait dans le meilleur des mondes possible? Voilà le texte : C'est une phrase qui lui a probablement été souflé par l'idéologie de l'Etat gardien de la monnaie : "l'état est un prêteur en dernier ressort". Baverez un libéral classique qui n'a pas encore mesuré toutes les implications de l'interventionnisme étatique et il s'illusionne sur la véritable nature de l'état. Les marchés (financiers) sont amenés à prendre des risques qu'ils ne prendraient pas s'ils n'avaient pas justement derrière eux un prétendu garde fou étatique.
DoM P Posté 17 juin 2006 Auteur Signaler Posté 17 juin 2006 C'est une phrase qui lui a probablement été souflé par l'idéologie de l'Etat gardien de la monnaie : "l'état est un prêteur en dernier ressort". Baverez un libéral classique qui n'a pas encore mesuré toutes les implications de l'interventionnisme étatique et il s'illusionne sur la véritable nature de l'état.Les marchés (financiers) sont amenés à prendre des risques qu'ils ne prendraient pas s'ils n'avaient pas justement derrière eux un prétendu garde fou étatique. Je n'ai pas compris ce texte de cette manière. L'assurance dont il est question ne concerne pas des mouvements de fonds depuis les caisses étatiques jusqu'à celles des marchés boursiers. Il s'agit plutôt d'un ensemble de mesures comme jouer sur les taux d'intérêts, faire fonctionner la planche à billets (ou le contraire), etc.
antietat Posté 17 juin 2006 Signaler Posté 17 juin 2006 Je n'ai pas compris ce texte de cette manière. L'assurance dont il est question ne concerne pas des mouvements de fonds depuis les caisses étatiques jusqu'à celles des marchés boursiers.Il s'agit plutôt d'un ensemble de mesures comme jouer sur les taux d'intérêts, faire fonctionner la planche à billets (ou le contraire), etc. Ce que je veux dire c'est qu'il considére l'état comme un ultime recours qui serait neutre de surcroit. Le risque systémique global auquel il fait allusion n'existe que par l'ingérence des états dans l'économie. C'était le cas en 29, c'était le cas de l'argentine, du marasme japonais, comme les dettes publiques américaines ou européennes seront peut être un jour à l'origine d'autres crises. Selon Baverez il faut alors se tourner vers l'incendiaire en disant : "ah ! voilà notre sauveur !"
Invité jabial Posté 18 juin 2006 Signaler Posté 18 juin 2006 Alors, ça, c'est de l'argumentation! Ben pourtant, en l'occurrence, c'est exactement ce qui s'est passé, et il existe une littérature sur le sujet, même si elle n'est pas aussi abondante que la propagande pro-New Deal. La crise de 1929 a été causée par l'intervention de l'Etat, qui a eu des effets externes imprévisibles (comme toujours, on sait tout le bien qu'une intervention étatique pourra générer dans l'idéal dès le discours du politicien qui la défend, mais on ne sait tout le mal qu'elle causera en réalité qu'une fois qu'elle a été mise en oeuvre) sur la spéculation. Quand l'Etat fait tourner la machine à assignats, le résultat est de baisser la valeur de la monnaie étatique. Les riches s'en sortent parce qu'ils s'en servent de façon liquide (ils ne la stockent pas sous cette forme mais s'en servent pour acheter des valeurs au moins stables et au mieux rentables), les pauvres parce qu'ils n'en ont pas, mais la classe moyenne qui épargne généralement en monnaie est volée. Quand l'Etat joue sur les taux d'intérêt, le résultat est de faciliter l'emprunt institutionnel, ce qui rend la pratique de crédit artificiellement moins risquée pour tous. La conséquence est qu'on accorde des prêts sans garanties suffisantes. Le résultat est une fuite en avant du risque, avec un krach à l'horizon. Mais le pire est encore la situation où l'Etat prend à sa charge le risque de faillite de grosses entreprises. En en évitant la chute en raison des conséquences sociales et financières, il crée un statut d'impunité qui les encourage à faire n'importe quoi. Bien entendu dans ces conditions, l'entreprise cesse d'être privée - elle est en fait une entité publique dont les profiteurs sont des personnes privées. Et je ne parle pas des conséquences de ce type des poids morts sur l'économie régionale, nationale, voire mondiale. La destruction créatrice du capitalisme est indispensable. Non, dans une économie libre, il n'y a pas de grandes crises - par contre régulièrement les entreprises mal gérées font faillite, grosses ou pas, ce qui assainit le système. Le crédit n'est pas plus artificiellement difficile (pour cause de réglementation) qu'artificiellement facile à obtenir. Et l'économie s'autorégule. Croire pouvoir réguler l'économie, c'est se prendre pour dieu. On ne régule pas l'action des gens.
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