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Bouygues Devient Un Concurrent De La Sncf


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Pour transporter ses granulats, Colas - la filiale Routes de Bouygues - a renoncé à faire appel à la SNCF, au profit de son entreprise ferroviaire.

ON N'EST jamais mieux servi que par soi-même. Lundi soir, pour transporter par voie ferrée ses cailloux - qui servent à fabriquer le revêtement de ses routes -, Colas avait affrété son propre train. Pour la première fois dans l'histoire de cette filiale de Bouygues, ses locomotives n'étaient donc pas aux couleurs de la SNCF. À la place, Colas avait choisi de faire appel à sa filiale, Seco-Rail, n° 1 français dans la construction et l'entretien des voies ferrées.

Parti de la gare de Saint-Varent (Deux-Sèvres) en début de soirée, avec à son bord 1 360 tonnes de marchandise, le train est arrivé à Gennevilliers à 6 h 40. Direction ensuite la centrale d'enrobage de Colas, située à proximité. C'est donc un employé de Seco-Rail et non un cheminot de la SNCF qui était aux commandes. Contrairement aux craintes de Colas, aucun manifestant n'était venu perturber la circulation. Le mois dernier, une centaine de cheminots avait bloqué le premier train de Veolia Transport et de l'armateur CMA CGM au nom de la sauvegarde du service public.

Reste que lundi soir, Colas n'a reçu le feu vert final de la SNCF qu'à la dernière minute. « Ça fait partie des tracasseries habituelles… », ironise Benoît de Bodman, PDG de Seco-Rail.

Et pour cause. Après Veolia et le britannique EWS, Colas est la troisième entreprise industrielle à profiter de la libéralisation du fret, effective depuis début 2003. Au grand dam de la SNCF, qui hérite d'un nouveau concurrent.

Vingt locomotives

« À terme, c'est la survie de nos carrières qui était en jeu », explique Benoît de Bodman. « Au cours des cinq dernières années, nous avions dû transférer vers la route, par défaillance de la SNCF, entre 20 % et 30 % du tonnage. » En pratique, une rotation (aller-retour) effectuée par la SNCF se faisait en cinq jours, quand Colas espère réduire cette durée à 24 heures… La filiale de Bouygues en avait assez de voir ses chargements retardés de plusieurs jours. Sur certains trajets, le changement de conducteur et de machine, d'un département à l'autre, entraînait des complications ubuesques. Or le transport par camions comprend ses propres limites. D'abord, le parc de semi-bennes de l'Hexagone est limité. En outre, il pollue davantage et alourdit la circulation.

Transporter les granulats relevait donc du parcours du combattant. Du coup, Colas a acheté 20 locomotives et 200 wagons, réservé des sillons (voies) et recruté puis formé 36 personnes. Au total, un investissement de 60 millions d'euros. Dès la fin de l'année, sept à huit trains circuleront chaque jour. Colas ne rompt pas complètement avec la SNCF pour autant. Un tiers de ses recrues sont de jeunes retraités de l'entreprise publique. La filiale de Bouygues continuera à passer par les gares SNCF et à utiliser les voies ferrées de RFF.

Signe de contre-attaque, la SNCF et les chemins de fer belges ont annoncé hier la création de Sideros, qui commercialisera des prestations de transport et de logistique destinées au secteur industriel de la sidérurgie en Europe.

Posté
  Jo a dit :
[…] Signe de contre-attaque, la SNCF et les chemins de fer belges ont annoncé hier la création de Sideros, qui commercialisera des prestations de transport et de logistique destinées au secteur industriel de la sidérurgie en Europe.

La SNCF qui se met à faire de la concurrence, il y a de quoi être sidéré en effet.

Posté

Ces histoires ferroviaires me rappellent le frêt de marchandises par voies fluviales courant 18e siècle, en France là aussi. La multiplication des péages, des bandes armées, des impôts & taxes de passage et les détournements afférents rendaient le convoyage de biens par ces voies sur de longues distances rigoureusement impraticable.

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  Citation
Un tiers de ses recrues sont de jeunes retraités de l'entreprise publique.

Mais puisqu'on vous dit que conducteur de train est un boulôt difficile qui ne peut s'exercer au delà de 55 ans…

Posté
  Malinki a dit :
Mais puisqu'on vous dit que conducteur de train est un boulôt difficile qui ne peut s'exercer au delà de 55 52 ans

Situation d'un conducteur de TGV :

Salaire : de 1.220€ net en début de carrière a 2.130€ en fin de carrière.

Plus :

- prime de fin d'année

- prime de travail

- prime de parcours

- prime de conduite

- prime de charbon (en fait elle a changé de dénomination depuis 1974)

- gratification de vacances*

- gratification annuelle d'exploitation,

- indemnités pour heures supplémentaires,

- allocation de déplacements (non imposables)

La moyenne du temps de travail SNCF est de 32 heures, celle des conducteurs TGV de 25 heures.

* Les conducteurs ont même exigé, et obtenu, une prime spéciale de congé afin de compenser la perte des primes de conduite pendant… leurs congés.

  "Cerise sur le Mc Do" a dit :
A la SNCF il y a une Caisse de prévoyance instituée en vertu des dispositions d’un décret du 6 août 1938 qui a fixé le régime spécial d’assurance des agents. Elle a été mise en place par décision du Conseil d’administration de la SNCF en date du 18 janvier 1939. Les cheminots peuvent se faire soigner gratuitement sur leur temps du travail dans les 23 centres médicaux régionaux, les 200 cabinets de la SNCF et 15 900 établissements de soins agréés SNCF. La caisse est en relation avec 292 000 professionnels de santé agréés SNCF parmi lesquels les plus grands spécialistes de France.

La plupart des spécialistes des centres médicaux de la SNCF viennent des hôpitaux ou des cliniques privées et sont payés à l’heure par la SNCF. Pour un agent de la SNCF tout est gratuit y compris les soins dentaires à condition qu’il se fasse soigner par les médecins agréés par la Société.

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