Taranne Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Tout le monde l'a plus ou moins oublié, mais les grèves actuelles coïncident (mais est-ce vraiment une coïncidence?) avec le soixantième anniversaire des fameuses "grèves insurrectionnelles" de 1947 déclenchées par les cocos afin de transformer la France en république démocratique. Une amnésie collective semble entourer cet épisode de notre histoire, au point que les sites dédiés ne sont pas légion, et souvent fortement orientés. En voici une sélection: Un résumé assez neutre Le point de vue des anars Un autre point de vue anar Sur Cartage.org
h16 Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ceci tend à prouver que la Fraônce est bien plus ou moins à la solde intermittente de ces groupuscules récocolutionnaires, et ce, depuis un moment.
José Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Ceci tend à prouver que la Fraônce est bien plus ou moins à la solde intermittente de ces groupuscules récocolutionnaires… La France, éternelle intermittente de la révolution.
José Posté 21 novembre 2007 Signaler Posté 21 novembre 2007 Hasta a veces la revolucion ? Y la robo-lución también !
free jazz Posté 23 novembre 2007 Signaler Posté 23 novembre 2007 Tout le monde l'a plus ou moins oublié, mais les grèves actuelles coïncident (mais est-ce vraiment une coïncidence?) avec le soixantième anniversaire des fameuses "grèves insurrectionnelles" de 1947 déclenchées par les cocos afin de transformer la France en république démocratique. Une amnésie collective semble entourer cet épisode de notre histoire, au point que les sites dédiés ne sont pas légion, et souvent fortement orientés. En voici une sélection:Un résumé assez neutre Il faut tout de même saluer la lucidité et l'attitude honnête de la SFIO en 47, puisque ce sont les socialos qui ont éjecté les cocos du gouvernement Ramadier, à la suite de ces insurrections téléguidées depuis Moscou, en déclarant "Les communistes ne sont pas à gauche, ils sont à l'est"; et en dénonçant à l'Assemblée, devant les parlementaires, la vassalisation du PCF au régime stalinien et au Komintern. Le but des communistes était en effet, depuis les années 30, y compris pendant la guerre, de transformer le pays en un satellite soviétoïde. À comparer avec l'attitude du PS depuis les années 70, via ses alliances chroniques avec l'extrême gauche totalitaire, et encore aujourd'hui prêt à fricoter avec ces cultivateurs de haine populiste que sont LO ou la LCR. nb: le lien de Taranne ne fonctionne pas chez moi.
h16 Posté 23 novembre 2007 Signaler Posté 23 novembre 2007 Jules Moch, mon socialiste préféré. C'est le cousin d'Angelina Jolie, je suppose.
roubachov Posté 23 novembre 2007 Signaler Posté 23 novembre 2007 Il faut tout de même saluer la lucidité et l'attitude honnête de la SFIO en 47, puisque ce sont les socialos qui ont éjecté les cocos du gouvernement Ramadier, à la suite de ces insurrections téléguidées depuis Moscou, en déclarant "Les communistes ne sont pas à gauche, ils sont à l'est"; et en dénonçant à l'Assemblée, devant les parlementaires, la vassalisation du PCF au régime stalinien et au Komintern. Le but des communistes était en effet, depuis les années 30, y compris pendant la guerre, de transformer le pays en un satellite soviétoïde. Il me semble que l'éviction des communistes est antérieure aux grèves auxquelles tu fais référence, si j'ai bonne mémoire ? En effet, le prétexte de la sortie du PCF de la majorité n'a-t-il pas été le refus exprimé par les députés moscovites de voter avec la SFIO et le MRP les crédits nécessaires à la répression des mouvements indépendantistes à Madagascar ? Il est d'ailleurs amusant, avec le recul, de constater que tant les communistes que leurs adversaires étaient persuadés que cette sortie de la majorité n'était qu'une péripétie et que les cocos reviendraient vite dans un gouvernement. En fait, ils durent attendre 34 ans …
free jazz Posté 24 novembre 2007 Signaler Posté 24 novembre 2007 Il me semble que l'éviction des communistes est antérieure aux grèves auxquelles tu fais référence, si j'ai bonne mémoire ? Non, en fait il y eut plusieurs vagues de grèves organisées cette année-là. Les grandes manoeuvres communistes ont commencé dès janvier 47, avec le début d’une première série: gaziers, dockers, Michelin; puis en février, grève dans les ports, dans la presse, puis des cheminots; le 25 avril commence la grève chez Renault, qui durera tout le mois de mai. Ce même mois de mai, tous les ministres communistes votent contre la question de confiance au gouvernement. Les ministres communistes sont alors renvoyés: fin du tripartisme et création de la troisième force. Les cocos ont désormais les mains libres pour orchestrer les mouvements sociaux, ajoutant aux revendications des thèmes politiques, notamment contre le plan Marshall, obéissant en cela aux injonctions de Moscou. La stratégie est toujours la même: convergence des "luttes" et politisation pour faire vaciller la démocratie par la rue. La seconde vague se déroula en juin : transports, grands magazins, EDF, banques…le 4 juin Ramadier déclare à l’Assemblée : "Une sorte de mouvement giratoire de grèves se développe, comme sous la direction d’un chef d’orchestre clandestin." Mais la troisième vague, la plus dure, au caractère insurrectionnel, eut lieu à l'automne, avec un pic en novembre, et réprimée sans concession devant la menace bolchévique par le ministre de l'intérieur socialiste Jules Moch, qui a prononcé cette fameuse sentance évoquée plus haut, sur le tropisme soviétique du PCF. C'est le même qui dévoilera à l'Assemblée le financement occulte du PCF et des mouvements insurrectionnels par Moscou, sous la férule du komintern. Jules Moch ! Un authentique socialiste, bien oublié (1893-1985)! À bas les Moch et Truman, vive Staline ! proclamaient, dans les années cinquante, une multitude d'inscriptions vengeresses couvrant tant de murs en France. C'est que les communistes, qui avaient entrepris de prendre le pouvoir en France à la Libération - après avoir fait régner, au milieu d'une incroyable anarchie, la terreur de l'épuration - n'avaient pas oublié comment ce socialiste à poigne avait mis fin aux grèves orientées à l'Est, pour employer une formule qui dit bien ce qu'elle veut dire. Fin 1947, depuis près de deux mois, une grève des mines paralysait l'économie française. Le 16 novembre, Jules Moch, ministre de l'Intérieur, monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer le financement de cette grève par les pays de l'Est : "Le relevé des totaux cités par la presse communiste d'hier atteint la contre-valeur de 277 millions de francs, dont 250 millions pour la Tchécoslovaquie, et 10 millions pour la Roumanie. À qui fera-t-on croire que les mineurs tchécoslovaques ont souscrit près d'un mois de leur salaire pour venir en aide à leurs camarades français ?" Et Moch de mettre en cause, à propos de ces transferts de fonds, la B.C.E.N. (Banque commerciale pour l'Europe du Nord - Eurobank) "dont la façade de société anonyme française recouvre une réalité purement soviétique". Socialiste vieillissant, Jules Moch, mais qui fit encore parler de lui au moment de la signature du défunt "Programme commun". Tandis que les socialistes d'aujourd'hui revigorent des communistes moribonds (au moins dans les urnes) pour en faire une force d'appoint, n'est-il pas utile de se souvenir des réserves - le mot est faible - de l'ancien Ministre de l'Intérieur ? © Le Figaro, septembre 1976 En effet, le prétexte de la sortie du PCF de la majorité n'a-t-il pas été le refus exprimé par les députés moscovites de voter avec la SFIO et le MRP les crédits nécessaires à la répression des mouvements indépendantistes à Madagascar ? Un prétexte en effet, apparemment. Il est d'ailleurs amusant, avec le recul, de constater que tant les communistes que leurs adversaires étaient persuadés que cette sortie de la majorité n'était qu'une péripétie et que les cocos reviendraient vite dans un gouvernement. En fait, ils durent attendre 34 ans … Oui, la SFIO fut très lucide pendant cette période sur les intentions réelles du PCF, en choisissant le bon camp, comme elle le fit au Congrès de Tours, en rompant avec les bolchéviques de la IIIè Internationale. Il faut dire que la terreur intellectuelle visant à assimiler les anticommunistes aux fascistes, mise en place par la propagande du komintern dans les années 30 pour faire courber l'échine aux démocrates devant les chantages communistes, était à ce moment bien retombée. Ce bon choix sera confirmé lorsque le PCF, le plus stalinien d'Europe, applaudira à chaque répression sanglante des révoltes populaires dans les pays sous le joug soviétique, écrasées avec brutalité à Berlin, en Pologne ou en Hongrie. Cette période contraste en effet avec la reglaciation de la gauche dans les années 70 et le parallèle initié par Taranne avec les mouvement actuels est intéressant, dans la mesure où le processus de recommunisation est peut-être similaire, comme tend à le montrer le front national en train de se constituer à l'extrême gauche autour des trostskos et anti-libéraux de tous poils, cependant que le PS se décompose.
roubachov Posté 24 novembre 2007 Signaler Posté 24 novembre 2007 . Il faut dire que la terreur intellectuelle visant à assimiler les anticommunistes aux fascistes, mise en place par la propagande du komintern dans les années 30 pour faire courber l'échine aux démocrates devant les chantages communistes, était à ce moment bien retombée. Oui, effectivement, comme le rappelle Giesbert dans son excellente bio de Mitterrand (celui-ci était à l'époque ministre des Anciens combattants), le 29 novembre 1947, à l'Assemblée nationale, le sinistre Jacques Duclos n'hésitait pas à désigner le président du Conseil Robert Schuman comme un "boche", ancien officier de l'armée allemande, le président du groupe communiste adressant à l'élu alsacien un vigoureux salut nazi ! …
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