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Un Ivoirien en centre de rétention alors qu'il avait son billet pour Abidjan


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Un Ivoirien en centre de rétention alors qu'il avait son billet pour Abidjan

STRASBOURG (AFP) - Un ressortissant ivoirien, dont le visa de touriste pour l'Europe était arrivé à expiration, a été placé en centre de rétention en Alsace alors que, billet d'avion en poche, il s'apprêtait à regagner son pays, a-t-on appris mardi auprès de la Cimade.

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"Je ne suis pas clandestin, j'ai un billet que j'ai payé, les Français n'ont pas besoin de me payer un billet d'avion, ça me fait mal", a déclaré Ange Djedje, 41 ans, joint par téléphone par l'AFP au centre de rétention pour étrangers de Geispolsheim (Bas-Rhin).

Selon M. Djedje, qui a dénoncé une volonté de la France de "faire du chiffre" en matière d'expulsion, "la France a un problème de quotas" et "ils veulent me comptabiliser pour dire à la fin de l'année qu'ils ont réussi à baisser l'insécurité".

Cette procédure permet aux autorités françaises "de comptabiliser comme +expulsé+ un touriste avec un visa expiré de quelques jours puisque son retour sera payé par la France", a dénoncé pour sa part un responsable régional de la Cimade, service oecuménique d'entraide et seule association présente dans les centres de rétention des étrangers.

Ange Djedje était arrivé le 29 décembre en Italie muni d'un passeport et d'un visa d'un mois. Il s'est ensuite rendu en France où habite sa soeur pour faire des achats en vue de son mariage programmé à Abidjan le 13 février.

Lorsqu'il a rejoint en train l'Italie pour prendre son avion muni de son billet, il a été interpellé parce que son visa était périmé. Il a alors été reconduit en Suisse, dernier pays emprunté par son train, puis en France où la préfecture du Doubs a décidé de le faire conduire au centre de rétention interrégional de Geispolsheim, près de Strasbourg.

Interrogé par l'AFP, la préfecture du Doubs n'a pas souhaité commenter ce dossier.

Selon M. Djedje, elle lui a fait savoir qu'il partirait pour Abidjan le 25 février, avec un billet réglé par les autorités françaises. "Les caisses sont vides en France, pourquoi tout ce gâchis?", s'est-il interrogé.

A la Cimade à Paris, Damien Nantes a dénoncé "une application de plus en plus mécanique de la loi sans prise en compte des situations humaines (…) c'est extrêmement humiliant et c'est Kafka en logique administrative, cela ne sert a rien et ça coûte de l'argent".

C'est bon à savoir pour les étrangers : pas besoin de prévoir le billet de retour, le contribuable vous le paye !

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Il s'est ensuite rendu en France où habite sa soeur pour faire des achats en vue de son mariage programmé à Abidjan le 13 février.
elle lui a fait savoir qu'il partirait pour Abidjan le 25 février

Magnifique: non content de le traiter comme un délinquant, on va lui foirer son mariage :icon_up:

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Au quotidien : les strates supérieures de la hiérarchie veulent du chiffre et donc mettent la pression. Résultat : dans certains commissariats les gardiens de la paix interpellent un clandestin par jour. Problème : la procédure étant plutôt lourde et complexe, les officiers ne peuvent pas suivre. Noyés sous le flot de paperasse, ils demandent à ce que le rythme des interpellations soit ralenti ou trouvent un biais pour relâcher les clandestins.

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