Alex17 Posté 7 décembre 2009 Signaler Posté 7 décembre 2009 Désireux de renforcer leur contrôle sur l'économie, les pouvoirs publics ont décidé de mettre en œuvre une réforme monétaire. Il s'agit de pénaliser ceux qui se sont enrichis grâce au commerce, lequel échappe en grande partie à la surveillance du régime. Le régime de Pyongyang aurait procédé, le 30 novembre, à une réforme monétaire, dans le but de renforcer le contrôle sur la société nord-coréenne qui s’était légèrement relâché depuis juillet 2002 à la suite des "mesures pour l’amélioration de la gestion économique" [elles donnaient plus d’autonomie aux entreprises et autorisaient la concurrence]. Sa cible principale serait les petits et les moyens commerçants qui se sont enrichis depuis. Chaque foyer n’ayant le droit d’échanger contre de nouveaux billets qu’une somme d’argent limitée, les gens seront obligés d’abandonner une grande partie de leurs biens, à moins qu’ils ne trouvent une "solution moins officielle". D’après de récents témoignages, le commerce intérieur semble largement échapper à la surveillance des autorités nord-coréennes. La décision prise par celles-ci en février dernier d’interdire la vente de produits d’origine étrangère n’est, paraît-il, pas respectée. Et 70 % des marchandises qui circulent seraient estampillées made in China. Avec les réformes de 2002, Pyongyang avait voulu donner un nouveau souffle à l’économie nationale moribonde et soulager la disette dont souffrait la population. Mais elles ont eu surtout pour effet de donner à celle-ci un avant-goût du capitalisme, et l’accumulation de richesses par des particuliers est aujourd’hui une réalité indéniable du pays. La vanité de ses efforts pour prohiber les produits étrangers est la preuve indéniable de l’incapacité de l’Etat à freiner certaines habitudes prises par les Nord-Coréens. Il ne semble plus être en mesure d’empêcher les transactions irrégulières. En 2007, les autorités nord-coréennes ont recensé quelque trois cents marchés où s’effectuait le commerce de détail. Ce chiffre doit bien sûr être revu à la hausse, si on prend en compte ceux qui fonctionnent sans autorisation. Par ailleurs, on dénombrerait entre six cent mille et un million de commerçants sur une population de vingt-trois millions d’habitants. D’après Pak Hyong-jung, responsable au Centre de recherche sur la réunification à Séoul, il est "difficile d’avoir des statistiques précises sur l’état du marché en Corée du Nord, à cause des activités illégales qui y jouent un rôle important, mais il semble évident que l’Etat veut tenir la bride haute aux nouveaux riches à travers cette réforme monétaire". Contrôler serait en effet le mot d’ordre, en prévision de la passation de pouvoir entre Kim Jong-il, qui n'est pas remis de sa maladie, et son fils. Mais le pari est loin d’être gagné. Le système central de distribution s’est effondré et cela fait longtemps que les gens s’approvisionnent comme ils peuvent sur les marchés. Le régime aura sans doute du mal à les assujettir à des règles. Im Ul-chul, professeur à l’université Kyongnam, estime que "les autorités nord-coréennes sous-estiment le pouvoir du marché." http://www.courrierinternational.com/artic…ffaires-en-main Corée du Nord, Corée du Sud… même peuple, même langue… deux systèmes économiques.
Bastiat Posté 8 décembre 2009 Signaler Posté 8 décembre 2009 Ca fait peur cette dérive folle des marchés nord Coréens ! La décision du gouvernement de réguler plus complétement ces dérives est très certainement bien fondée. Blague à part on se demanderais presque si le journaliste n'approuve pas le pouvoir.
Jesrad Posté 8 décembre 2009 Signaler Posté 8 décembre 2009 Agorism powaa. Blague à part on se demanderais presque si le journaliste n'approuve pas le pouvoir. Ce sont des activités "illégales", après tout, donc c'est forcément "mal" dans le cerveau limité et souvent ed-nat'isé du journaliste lambda.
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