FreeDame Posté 6 mai 2010 Signaler Posté 6 mai 2010 Une analyse sormanienne qui ouvre de bons horizons sur la crise européenne actuelle… mais les commentaires sont édifiants. http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2010…-apparence.html
Suger Posté 6 mai 2010 Signaler Posté 6 mai 2010 Bon article. Je pense que Sorman aurait même pu aller encore plus loin, mais après, je ne sais pas si ça serait dans son goût/style. J'apprécie son honnêteté de ton et l'optique qu'il choisit (en gros, la crise est là, voici les européens sortis de leur sommeil). Mais ne serait-il pas de bon ton d'accentuer encore plus le fait que cette crise est un tout. Il ne s'agit pas seulement d'une dérive anti libérale économiquement. Il y a une véritable crise des valeurs (cf, article de contrepoints Les bouc émissaires), d'une crise de la culture en générale (relisons Hannah Arendt), et de la culture européenne en particulier. Nos façons de gérer nos vies et nos sociétés, découlent de notre façon de concevoir le monde. En somme, je ne pense pas que ce qui soit premier ce soit l'économie et la bonne gestion (même si cela est d'une importance capitale, je l'admets volontier), mais notre façon de pensée et de vivre notre monde (pas de vivre "dans" notre monde, mais bien de vivre notre monde), en somme notre culture à redécouvrir et à mettre en valeur. Les idées mènent le monde, tout commence par là. Les calculettes, les plans de rigueurs… Tout ça ne vient qu'après. Redécouvrons les vraies valeurs, le reste viendra ensuite.
FreeDame Posté 6 mai 2010 Auteur Signaler Posté 6 mai 2010 Suger a dit : Bon article. Je pense que Sorman aurait même pu aller encore plus loin, mais après, je ne sais pas si ça serait dans son goût/style. J'apprécie son honnêteté de ton et l'optique qu'il choisit (en gros, la crise est là, voici les européens sortis de leur sommeil). Mais ne serait-il pas de bon ton d'accentuer encore plus le fait que cette crise est un tout. Il ne s'agit pas seulement d'une dérive anti libérale économiquement. Il y a une véritable crise des valeurs (cf, article de contrepoints Les bouc émissaires), d'une crise de la culture en générale (relisons Hannah Arendt), et de la culture européenne en particulier. Nos façons de gérer nos vies et nos sociétés, découlent de notre façon de concevoir le monde. En somme, je ne pense pas que ce qui soit premier ce soit l'économie et la bonne gestion (même si cela est d'une importance capitale, je l'admets volontier), mais notre façon de pensée et de vivre notre monde (pas de vivre "dans" notre monde, mais bien de vivre notre monde), en somme notre culture à redécouvrir et à mettre en valeur. Les idées mènent le monde, tout commence par là. Les calculettes, les plans de rigueurs… Tout ça ne vient qu'après. Redécouvrons les vraies valeurs, le reste viendra ensuite. Ben justement ces "vraies valeurs" ne sont pas le fruit de voeux pieux ou de prêches dans le désert, c'est au niveau de nos institutions (faute de Constitution) européennes qu'elles doivent être judicieusement définies. Les calculettes ça ne vient ni avant ni après. Les instruments économiques vont de pair avec les visées politiques. Pour récolter les bonnes valeurs (au plan stratégique) il faut commencer par semer les bonnes graines : mettre en place les bons instruments économiques, car l'économie est le terreau des valeurs politiques.
Filibert Posté 7 mai 2010 Signaler Posté 7 mai 2010 Moi j'ai toujours du mal avec les gens qui associent systématiquement déficit public et socialisme, et d'autre part équilibre budgétaire et libéralisme. Je connais beaucoup de socialistes qui sont attachés à l'équilibre budgétaire. Par ailleurs, l'URSS a réussi à équilibrer, plus ou moins, ses comptes pendant 70 ans !
Suger Posté 8 mai 2010 Signaler Posté 8 mai 2010 Filibert a dit : Moi j'ai toujours du mal avec les gens qui associent systématiquement déficit public et socialisme, et d'autre part équilibre budgétaire et libéralisme.Je connais beaucoup de socialistes qui sont attachés à l'équilibre budgétaire. Par ailleurs, l'URSS a réussi à équilibrer, plus ou moins, ses comptes pendant 70 ans ! Et on connaît effectivement des libéraux qui en ont été incapables… Reagan a été tout aussi dépensier, voire plus, que ses prédécesseurs. Les prélévements obligatoires ont plus augmenté sous VGE en 7 ans que sous Mitterand en 14 ans…
Nick de Cusa Posté 8 mai 2010 Signaler Posté 8 mai 2010 Filibert a dit : …Par ailleurs, l'URSS a réussi à équilibrer, plus ou moins, ses comptes pendant 70 ans ! Sur la base des chiffres qu'ils fournissaient eux même, dont on sait ce qu'ils valent.
Barem Posté 8 mai 2010 Signaler Posté 8 mai 2010 "Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi et Robert Schuman : ces hommes-là partageaient une même conception morale de la politique et une même analyse économique, méfiants envers l’étatisme identifié alors, à bon droit, avec les totalitarismes guerriers." Je me demande d'ailleurs parfois si un regain d'intérêt pour le libéralisme ne serait possible en France qu'après avoir subit un régime semi voir purement et simplement totalitaire, ce qui réveillerait les consciences en masse, comme se fut le cas à la fin de la second GM. Ce qui, en fin de compte, n'est pas in-envisageable de voir fleurir dans quelques années ce type de situation désastreuse. En voici la preuve : "Le socialisme domine les esprits en Europe, tandis que le libéralisme est harcelé par le monde universitaire, médiatique et intellectuel." Excellent passage : "nous sommes le continent du déclin, mais du déclin solidaire."
FreeDame Posté 8 mai 2010 Auteur Signaler Posté 8 mai 2010 Suger a dit : Et on connaît effectivement des libéraux qui en ont été incapables… Reagan a été tout aussi dépensier, voire plus, que ses prédécesseurs. Les prélévements obligatoires ont plus augmenté sous VGE en 7 ans que sous Mitterand en 14 ans… Mettre tout sur le dos du gouvernant Pierre, Paul ou Jacques ne fera pas avancer la compréhension des choses, quand on sait qu'un homme aux commandes du navire oublie assez rapidement les belles théories. Il y a eu effectivement des influences socialistes en Europe que l'on a à déplorer aujourd'hui, c'est à dire toujours plus de règlementations et toujours plus de technocratie. La PAC en est l'exemple le plus criant. Heureusement en contrepartie un vent libéral y régnait au niveau de certaines règles économiques comme la concurrence ou la réduction des déficits publics. Nous allons faire "l'Europe sociale" c'était bien un slogan au goût franco français et on s'enorgueillait d'un euro fort par rapport à un dollar en baisse. C'est oublier que la sécurité appliquée comme principe 1er cela peut sembler réconfortant, mais les illusions d'optique ça n'a d'effet que pour un temps. A la longue les réalités surgissent et ça casse. Ceux qui osent affronter l'incertitude et le risque (des marchés) finiront toujours par l'emporter. La liberté est à ce prix.
kivars Posté 8 mai 2010 Signaler Posté 8 mai 2010 L'europe est en train de trop s'endetter, et ce d'une manière completement irresponsable. Donc oui auto-destruction. C'est aussi simple que ca
FreeDame Posté 8 mai 2010 Auteur Signaler Posté 8 mai 2010 Barem a dit : "Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi et Robert Schuman : ces hommes-là partageaient une même conception morale de la politique et une même analyse économique, méfiants envers l’étatisme identifié alors, à bon droit, avec les totalitarismes guerriers."Je me demande d'ailleurs parfois si un regain d'intérêt pour le libéralisme ne serait possible en France qu'après avoir subit un régime semi voir purement et simplement totalitaire, ce qui réveillerait les consciences en masse, comme se fut le cas à la fin de la second GM. Ce qui, en fin de compte, n'est pas in-envisageable de voir fleurir dans quelques années ce type de situation désastreuse. En voici la preuve : "Le socialisme domine les esprits en Europe, tandis que le libéralisme est harcelé par le monde universitaire, médiatique et intellectuel." Excellent passage : "nous sommes le continent du déclin, mais du déclin solidaire." Un libéralisme imposé par un totalitarisme, ce serait un parjure, une violation de serment … mais le "déclin solidaire" j'aime bien aussi. kivars a dit : L'europe est en train de trop s'endetter, et ce d'une manière completement irresponsable. Donc oui auto-destruction. C'est aussi simple que ca Oui mais reconnaître que nous en sommes les propres fautifs, c'est bien responsable ça.
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