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Bisounours ( pour faire rire H16 et les autres )


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Selon André Schiffrin, l’industrie culturelle est, comme la parole, un bien commun ; mais elle se trouve aujourd’hui menacée par la mutation du capitalisme industriel en capitalisme financier. Il milite pour le soutien public des éditions et des libraires indépendants.

Le dernier ouvrage d’André Schiffrin vient prolonger et élargir une réflexion engagée avec L’édition sans éditeurs (1999) et Le contrôle de la parole (2005) [1]. Ce faisant, il se positionne, avec une grande liberté de ton, aux confins de plusieurs types d’approches : c’est ce qui en fait l’intérêt mais, en même temps, peut en fragiliser le propos.

Au confluent de plusieurs approches

Cette posture originale peut servir de guide de lecture pour un ouvrage qui par ailleurs se distingue par son approche extrêmement concrète en parcourant des situations sectorielles et nationales très différentes, sautant de l’une à l’autre – parfois sans crier gare – et, surtout, en formulant des propositions d’action pour les professionnels et les pouvoirs publics.

Ce concours de plusieurs approches apparaît dès l’introduction qui s’appuie essentiellement sur le cas d’Editis, particulièrement emblématique pour l’éditeur indépendant qu’est André Schiffrin à la tête de The New Press, pour énoncer son diagnostic sur les médias et les industries culturelles : en un mot, les taux de profitabilité exigés communément dans ces secteurs au sein des grands groupes sont désormais de moins en moins soutenables, ce qui impose de se mettre en quête sans retard de modalités de fonctionnement alternatives.

La première approche ainsi convoquée est celle de la socio-économie de la culture et plus particulièrement des industries culturelles et des medias qui s’est donnée pour tâche de décrire et comprendre le fonctionnement de ces secteurs et d’en discerner les évolutions. La deuxième approche mobilisée s’attache au capitalisme financier et à l’emprise croissante de la financiarisation sur l’économie pour pointer les dérives du premier et dénoncer la seconde : cela s’inscrit dans une longue tradition de critique ou au moins de dénonciation du capitalisme au motif de ses dégâts. Quant à la dernière approche que l’on peut discerner, elle est également fort ancienne puisqu’il s’agit de l’examen des rapports entre les médias et les pouvoirs à commencer par celui des « puissances d’argent ».

André Schiffrin emprunte à la première approche l’appui sur des exemples et des chiffres, à la deuxième la posture « critique », à la troisième enfin la vigilance à l’égard de toute mainmise de « l’argent » ou des pouvoirs politiques sur des secteurs aussi sensibles que ceux de la culture et des médias.

Une perspective « pro bono »

Car ce qui surplombe tout l’ouvrage, c’est l’affirmation que la pérennité du bon fonctionnement de ces secteurs constitue véritablement un bien commun et qu’il faut concevoir médias et industries culturelles « pro bono », pour le bien public, suivant la formule utilisée outre-Atlantique. Ce faisant, le propos d’André Schiffrin ne se limite donc plus à critiquer une situation défavorable au métier d’éditeur tel qu’il entend l’exercer mais aussi à y discerner un véritable enjeu collectif et à esquisser des solutions pour assumer cet enjeu. Cette perspective s’étend ici aux industries culturelles alors qu’elle était auparavant mise surtout en avant pour les médias pour des raisons de liberté de pensée, de diversité des opinions, de contribution à la délibération publique…

Il faut dès lors revenir sur le type d’argumentation et de propositions qu’André Schiffrin met en avant concernant trois secteurs : le livre, c’est-à-dire l’édition et la librairie – bizarrement séparées dans la succession des chapitres –, la presse et, plus marginalement, le cinéma. Ceci permettra d’apprécier en quoi ces propositions sont novatrices et surtout examiner si elles sont solidement justifiées.

Le livre : une édition dualisée ?

Le point de départ du propos se trouve, comme on l’a vu, dans le caractère désastreux des taux de profitabilité exigés des éditeurs au sein des grands groupes. Il y a en effet un phénomène indéniable et plus général de passage d’un capitalisme industriel à un capitalisme financier auquel l’édition ne saurait échapper lorsqu’une bonne part des maisons, grandes ou moyennes, se retrouvent intégrées à des groupes parfois multimédia et, dans certains cas, congloméraux rapprochant des activités très disparates. André Schiffrin y voit deux conséquences : la première au retrait des marques éditoriales et à la disparition des titres qui ne sont pas des best-sellers, la seconde à une marchandisation croissante de l’offre promotionnelle, en particulier en librairie.

Ces tendances ne sont pas pour autant irrémédiablement acquises, au moins dans l’édition française. On a peine, malgré les poussées en ce sens, à considérer qu’une telle dualisation de l’édition soit chose faite, séparant d’un côté une édition de best-sellers à laquelle se limiterait l’édition dans les groupes et, de l’autre, l’édition de niches réfugiée à la « frange » chez les indépendants avec la vraie prise de risque et le seul souci de la qualité. Le fonctionnement concret de l’édition dans les groupes témoigne des avantages et inconvénients de la grandeur et mérite une analyse beaucoup plus détaillée et nuancée [2]. De même, la marchandisation de la mise en avant promotionnelle qui est la règle dans le monde anglo-saxon tend certes à progresser en France mais ne gouverne pas encore les tables des libraires.

La conclusion logique d’André Schiffrin est que les maisons indépendantes doivent donc être soutenues. Cette attention à des PME et ici TPE, qui fait d’ailleurs l’objet d’un consensus assez général, mérite cependant d’être argumentée plus avant quant à sa nature et aux enjeux de la pérennité de ce type d’entreprises ; d’autant plus si l’on propose, comme le fait André Schiffrin, un soutien explicite aux entreprises éditoriales elles-mêmes – et pas seulement à leur production d’excellence. Ce « banc d’essai » pour l’innovation entrepreneuriale éditoriale qu’est la frange de l’oligopole est, par définition, fragile et sujet à une forte mortalité – qui ne diffère d’ailleurs pas de celle des créations d’entreprises tous secteurs confondus [3] – mais on imagine mal cependant qu’elle puisse se tarir tant elle constitue le vecteur privilégié d’une expressivité sociétale.

Paradoxalement, l’une des justifications pour se soucier de la frange suppose justement que la séparation oligopole/frange n’est pas consommée. Dans ce cas, les hommes, les catalogues, les projets, les sensibilités, les innovations de tous ordres peuvent circuler, percoler …de la frange vers les groupes. Cela apporte à l’édition des éléments attestés de renouvellement au-delà des seules logiques de best-sellerisation et de grande diffusion qui sont son apanage.

Soulignons qu’André Schiffrin propose d’accorder un soutien aux entreprises d’édition elles-mêmes en rupture avec les formes habituelles du soutien à l’édition qui s’est toujours défié du soutien à l’entreprise et lui préfère, en France comme ailleurs en Europe [4], le couple soutien à la publication d’ouvrages de qualité /mesures indirectes : prix unique, TVA réduite ou encore appui à des outils collectifs comme par exemple Calibre destiné à répondre aux commandes des libraires aux petits éditeurs qui sont souvent effectivement mal diffusés et mal distribués comme le remarque à juste titre André Schiffrin.

L’approche de la librairie, plus brève, met surtout l’accent sur les effets positifs du prix unique sur le maintien du tissu de librairies mais aussi la capacité réelle d’intervention publique et interprofessionnelle au travers de l’Adelc (association pour le développement de la librairie de création) et des soutiens publics nationaux mais aussi de plus en plus régionaux. Il y a là un engagement dans l’expertise entrepreneuriale et le confortement d’entreprises qui contraste avec ce qui se passe pour l’édition, du fait vraisemblablement d’une moindre proximité de la librairie à la mise en œuvre de la création mais aussi parce que la librairie est aujourd’hui reconnue comme le maillon faible de la filière du livre.

Le cas emblématique du cinéma

Le cas du cinéma est utilement évoqué en ce qu’il montre avec les accords Blum-Byrnes de 1947 le caractère stratégique et politique de l’exportation des images et de ce qu’elles véhiculent, mais aussi le caractère précurseur et idéal-typique du système d’aide au cinéma en France : pour d’autres cinématographies nationales et pour les autres industries culturelles en France, à commencer par celle du livre.

On retrouve dans ce survol du cinéma le même raisonnement : la dégradation de la situation économique requiert des mécanismes de soutien. Mais, là encore, le propos est trop rapide pour traiter de l’état de la filière cinématographique et apprécier la pertinence d’un système d’aide particulièrement complexe dans la mesure où il cherche à s’adapter en continu aux évolutions et problèmes du cinéma. À cet égard, si le soutien fort des collectivités territoriales au travers de la loi Sueur est évoqué, il est intéressant de souligner qu’il va de pair avec une exploitation cinématographique pour une part « municipalisée » au sens de dépendante d’un financement public local pour sa pérennité [5]. Ceci vient apporter un exemple concret d’application de certaines préconisations que fait André Schiffrin pour l’édition indépendante.

Des rapprochements livre-cinéma tant dans le fonctionnement économique et les modalités de soutien s’avèreraient d’ailleurs tout à fait intéressants. À titre d’exemple, la prédominance et la disparité des productions respectives (livres et longs métrages) au regard des potentialités d’exposition se retrouvent dans les deux secteurs qui connaissent par contre des nombres de produits et des niveaux de prix moyen très différents… [6] De telles mises en regard d’un secteur à l’autre se révèlent toujours instructives et au moins riches de questions nouvelles.

L’irrésistible déclin de la presse ?

Le secteur de la presse est celui qui fait l’objet de la présentation la plus détaillée des données qui semblent attester d’un irrésistible déclin. Une demande exorbitante de rentabilité semble avoir présidé à la dégradation de la situation de la presse mais André Schiffrin y insiste finalement peu car elle combine ses effets avec d’autres facteurs défavorables comme des diversifications multimédia hasardeuses, la concurrence des gratuits mais aussi et surtout le faible intérêt des jeunes générations pour la presse et les bouleversements occasionnés par le numérique.

Faisant un historique de l’ensemble des solutions avancées, André Schiffrin explore tour à tour les différentes pistes évoquées aux États-Unis, du soutien de grandes fondations ou de grandes Universités à un véritable service public de l’information en s’inspirant des précédents audiovisuels à la fois de PBS et de la BBC qu’il met en avant malgré les réticences et la prudence bien connues face à l’intervention publique dans l’information indépendante. Les solutions innovantes apparues ici ou là, de revues innovantes comme XXI en France à des offres d’information non-profit en ligne ou papier aux États-Unis, sont évoquées avant que ne soit revisité le thème médias et publicité, réactivé en France par la perspective de suppression partielle de la publicité sur les chaînes publiques. André Schiffrin propose finalement une taxe sur les recettes publicitaires des moteurs de recherche qui tirent parti gratuitement des contenus de la presse et destinée à combler de manière structurelle le déficit de fonctionnement de journaux. On retrouve là une logique bien connue de financement para-fiscal permettant des transferts financiers [7]. Les évolutions défavorables évoquées plus haut interrogent les systèmes d’aides à la presse et ne peuvent que susciter la remise à plat de ces dispositifs de soutien marqués par leur automaticité et mêlant aides directes et indirectes [8].

Schiffrin conclut enfin sur le bien commun des mots – qu’il pourrait facilement étendre aux images et aux sons – ce qui exclut, de son point de vue, l’appropriation marchande a fortiori monopolistique que peuvent en faire de grands acteurs mais aussi toute forme d’entrave en particulier tarifaire à leur libre circulation : on rejoint là, outre la question de la gratuité sur Internet, les termes d’un vieux débat engagé dès le XIXème siècle sur la propriété littéraire et artistique [9].

Ces vivants « mélanges » que nous offre Schiffrin rassemblent à la fois des éléments d’analyse sectorielle pointue, de parti-pris – au sens engagé du terme – et des propositions formulées avec une grande indépendance d’esprit. Cet essai au vrai sens du terme constitue donc un appel « à lancer un débat qui n’a pas eu lieu » [10] mais aussi, de par ses faiblesses mêmes, à étudier et comprendre plus avant les industries culturelles et les médias.

Cela nécessite tout d’abord de poursuivre une socio-économie de ces secteurs qui n’hésite pas à se prononcer sur le sens des évolutions et accorde une attention particulière à la démographie des « franges » et à la pratique de l’indépendance en tant que posture éditoriale. Il convient ensuite de développer un véritable « savoir-soutenir » avec ce que cela implique de capacité d’évaluation de dispositifs de soutien toujours prompts à se complexifier, d’analyse en termes de science politique de la prise de décision et de la formation des équilibres et des consensus entre acteurs. À cet égard, affirmer ou reconnaître le caractère « pro bono » d’un secteur culturel ou médiatique laisse entier le dilemme des politiques sectorielles qui est de conforter des intérêts particuliers au nom de l’intérêt général. Il est nécessaire enfin de constituer un corpus de « bonnes pratiques » quant à l’expertise des entreprises culturelles à soutenir ou quant aux méthodes pour s’accorder sur la qualité des contenus à aider.

Ce vaste champ se parcourra de manière d’autant plus pertinente et efficace que l’on s’efforcera de mettre en regard les situations et les soutiens publics dans des industries culturelles et médiatiques à la fois différentes et proches et que l’on confrontera également des réalités et des politiques nationales dont la diversité constitue une véritable richesse, comme tend désormais à le faire reconnaître la Déclaration Universelle de l’Unesco de 2001.

par François Rouet [25-11-2010]

(badurl) http://www.laviedesidees.fr/Industries-culturelles-un-bien.html (badurl)

Je n'ai même pas eu le courage de finir de lire l'article…

Posté

Ouah ah ah, rien que le premier paragraphe m'a fait pouffer.

$$

Ceci dit, c'est tout de même incroyable de voir à quel point les bobos, les socialauds et les marxistes inassumés sont toujours aussi obsédés par le capitalisme et l'argent. En gros, quand il y a un problème, c'est que c'est l'argent qui ne va pas là où il faut.

$$

Invité rogermila
Posté
Ouah ah ah, rien que le premier paragraphe m'a fait pouffer.

$$

Ceci dit, c'est tout de même incroyable de voir à quel point les bobos, les socialauds et les marxistes inassumés sont toujours aussi obsédés par le capitalisme et l'argent. En gros, quand il y a un problème, c'est que c'est l'argent qui ne va pas là où il faut.

$$

Ce n'est pas ce qu'il dit.

Il déplore simplement qu'une partie des profits des grandes entreprises qui allaient souvent, autrefois, vers le culturel (cinema, art musique theatre danse…) n'y vont plus suffisamment.

Aux Etats-unis, les films de la Paramount c'était le pétrolier Gulf qui filait le fric. Sans eux, aucun investisseur ne se serait hasardé à mettre son propre argent dans un projet culturel trop risqué.

En France c'est pareil.

On prenait sur des bénéfices fiscalement trop taxables, pour les transférer vers des filiales investissant dans le culturel, sans trop se soucier de ce que cela pourrait rapporter.

Maintenant, ce n'est plus le cas.

C'est le même problème que pour le sport sponsorisé.

Posté
Aux Etats-unis, les films de la Paramount c'était le pétrolier Gulf qui filait le fric.

Parce que le cinéma américain était et est encore une affaire rentable.

Quel industriel est assez débile pour mettre des ronds dans le cinoche de merde francophone ?

Posté
Parce que le cinéma américain était et est encore une affaire rentable.

Quel industriel est assez débile pour mettre des ronds dans le cinoche de merde francophone ?

Un industriel francophile.

Posté
Parce que le cinéma américain était et est encore une affaire rentable.

Quel industriel est assez débile pour mettre des ronds dans le cinoche de merde francophone ?

Bof. Ceux qui investissent dans le cinéma américain gagnent peu d'argent en général et peuvent en perdre beaucoup, c'est souvent un investissement de prestige (comme avoir un club de foot par exemple).

Posté
Ce n'est pas ce qu'il dit.

Il déplore simplement qu'une partie des profits des grandes entreprises qui allaient souvent, autrefois, vers le culturel (cinema, art musique theatre danse…) n'y vont plus suffisamment.

Aux Etats-unis, les films de la Paramount c'était le pétrolier Gulf qui filait le fric. Sans eux, aucun investisseur ne se serait hasardé à mettre son propre argent dans un projet culturel trop risqué.

En France c'est pareil.

On prenait sur des bénéfices fiscalement trop taxables, pour les transférer vers des filiales investissant dans le culturel, sans trop se soucier de ce que cela pourrait rapporter.

Maintenant, ce n'est plus le cas.

C'est le même problème que pour le sport sponsorisé.

Ben il se plaint de la financiarisation et du règne de l'argent dans le domaine culturel et en même temps réclame des pépettes, bref il est juste schizo.

Et ensuite plein de films ou de livres ne sont pas rentables, plutôt que d'admettre qu'il y a trop de productions et surtout trop de mauvaises productions qui coûtent cher en plus, il réclame combler ce manque à gagner avec l'argent du contribuable, non il parle de "solutions alternatives", solutions qui n'ont évidemment rien d'alternatives et qui passent toujours par la subvention.

Invité rogermila
Posté
plutôt que d'admettre qu'il y a trop de productions et surtout trop de mauvaises productions qui coûtent cher en plus

C'est un fait qu'il y a trop de productions de films français.

Actuellement le budget moyen d'un film français est de 7 millions d'euros.

Mais il y a 45% des films qui, ne trouvant pas de financement auprès des chaines de TV, se montent avec des budgets inférieurs à 1,5 millions d'euros (souvent des premiers films de débutants qui sortent des écoles et qui veulent absolument "faire leur film", dans n'importe quelles conditions ).

La plupart du temps ses films ne trouvent aucun public (car pour les voir, on devra paye le même prix du billet que pour un "blockbuster"); mais leur existence vient gonfler artificiellement les statistiques du CNC de sorties annuelles de films français en salles.

Les stats quantitatives des sorties masquent un certain misérabilisme de la production française.

Posté
Et ensuite plein de films ou de livres ne sont pas rentables, plutôt que d'admettre qu'il y a trop de productions et surtout trop de mauvaises productions qui coûtent cher en plus, il réclame combler ce manque à gagner avec l'argent du contribuable, non il parle de "solutions alternatives", solutions qui n'ont évidemment rien d'alternatives et qui passent toujours par la subvention.

+1

Ceci dit, c'est tout de même incroyable de voir à quel point les bobos, les socialauds et les marxistes inassumés sont toujours aussi obsédés par le capitalisme et l'argent. En gros, quand il y a un problème, c'est que c'est l'argent qui ne va pas là où il faut.

A fucking vicious circle, isn't it ?

Posté
C'est un fait qu'il y a trop de productions de films français.

Actuellement le budget moyen d'un film français est de 7 millions d'euros.

Mais il y a 45% des films qui, ne trouvant pas de financement auprès des chaines de TV, se montent avec des budgets inférieurs à 1,5 millions d'euros (souvent des premiers films de débutants qui sortent des écoles et qui veulent absolument "faire leur film", dans n'importe quelles conditions ).

La plupart du temps ses films ne trouvent aucun public (car pour les voir, on devra paye le même prix du billet que pour un "blockbuster"); mais leur existence vient gonfler artificiellement les statistiques du CNC de sorties annuelles de films français en salles.

Les stats quantitatives des sorties masquent un certain misérabilisme de la production française.

Exactement.

Le fait est que le marché du cinéma, si on peut l'appeler ainsi, a ses limites, tout le monde ne peut pas passer son temps en permanence à regarder des films et payer des entrées. Le DVD permet de capter du public supplémentaire qui n'a pas eu le temps d'aller au cinéma et donc d'arrondir les fins de mois.

Mais en France et dans une moindre mesure dans d'autres pays européens, on a décrété que l'industrie du cinéma, de la culture et du spectacle en général étaient des causes nationales, on a créé de fausses expectatives dans un marché limité, on a attiré tous les réalisateurs les plus fantasques et les plus débiles qui ne valent pas un clou, du coup et bien il y en a qui pleurent et réclament la subvention pour boucler le budget et limiter les pertes en salles.

Et dans le même temps ils viennent dire que le cinéma souffre de la financiarisation et que de toute façon l'argent dans la culture c'est mal, pourtant ils sont bien contents d'en vivre.

Invité rogermila
Posté
Le fait est que le marché du cinéma, si on peut l'appeler ainsi, a ses limites

Il y a un problème de débouchés pour les étudiants des filières cinema TV des écoles.

Chaque étudiant ayant réussi le concours d'entrée à la FEMIS et obtenant son diplome en sortie, croit trouver un débouché qui n'existe pas.

De plus, ceux qui ratent le concours d'entrée à la FEMIS, se rabattent sur des écoles privées à 30 000 euros l'année pour les frais de scolarité,et qui leurs délivrent des diplomes plus ou moins bidons.

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