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Réforme De L'assurance Maladie


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Posté
Un gros ennui, en effet, c'est que les boites refusent de rétrocéder leur part de "charges patronales" (en ont-elles le droit ?).

Je ne suis pas un spécialiste du droit du travail, mais je crois que si l'emploueyr ne paie pas la part patronale, il peut avoir des problemes au tribunal civil (ou administratif, je ne sais plus), tandis que s'il ne paie pas la part salariale, c'est assimilé à un vol et c'est le tribunal pénal direct (l'employeur paie 20 sur 100 au nom du salarié, ce n'est qu'un intermediaire technique).

Mais il faut aussi avoir à l'esprit que les grosses boites ne verront pas d'un bon oeil le retrait de la sécu de salariés : compliqué, mal vu par les autorités ou par les syndicats en place.

Bref, ça peut peser un peu en termes de carrière. Question de priorité…

Cela matérialisera de fait l'alliance Big Business/Big Government. A mon avis, dans ce genre de réformes, le salut viendra des PME, par définition les dirigeants sont plus proches des salariés.

Posté
Et au fait "baisser les charges", "baisser le cout du travail" ou bien "baisser le salaire des frnçais" c'est la même chose.

Moi, je ne veux pas que l'Etat baisse el salaire des gens.

Oui, c'est la même chose aujourd'hui, dans le système présent. Parce que chaque déduction ou cotisation dans la feuille de paie donne un "droit" au salarié lui-même ou à quelqu'un d'autre. Par "droit", je veux dire par exemple des points-retraite (qui sont supposées se transformer en argent plus tard) ou un droit à l'assurance-chômage, etc… Donc, si on baisse le coût du travail en baissant ou supprimant ces cotisations, dans l'esprit des salariés, c'est comme si on leur baissait leur revenu. C'est d'ailleurs l'argument de Gérard Filoche, hiérarque du PS.

Le problème vis-à-vis du coût du travail n'est pas tant qu'il est trop élevé, c'est que beaucoup de dépenses qui composent ce coût sont obligatoires et il n'y a aucune souplesse dans leur choix. Le seul choix de l'employeur est entre payer un salaire avec toutes les charges ou bien ne pas embaucher du tout. Notons que c'est souvent le second cas qui prévaut aujourd'hui.

Cela signifie évidemment que, dans certains cas, ce surcoût obligatoire va se traduire par un "coût du travail trop élevé". Exemple: un jeune de 22 ans cherche du travail. Son employeur potentiel, au vu des compétences du jeune en question et de ce qu'il "peut apporter à l'entreprise", est prêt à le payer jusqu'à une certaine somme chaque mois. Seulement, il faut déduire de cette somme les cotisations retraite, l'assurance-maladie, l'assurance-chômage, etc. Au final, peut-être que le salaire net ne sera pas suffisant pour motiver le jeune, peut-être même sera-t-il inférieur au SMIC et donc ce travail ne sera pas légal. Mais peut-être le jeune n'en a-t-il rien à carrer de cotiser à 22 ans pour "sa" retraite (en fait celle des autres), peut-être qu'il n'a pas besoin de l'assurance-chômage ou des autres "droits" que toutes ces cotisations lui conféreraient. En fait, lui non plus n'a pas le choix: c'est soit le chômage, soit un salaire amputé obligatoirement des cotisations. Dans ce cas, on peut dire que le coût du travail est trop élevé, parce que le prix du marché libre pour ce contrat de travail serait plus bas que le coût qui résulte du système.

Mais si cela se trouve, le chômage fait que, dans d'autres cas, les gens acceptent des salaires trop bas. J'ai connu des exemples en ce sens aussi. Ils seraient bien contents de voir le coût de leur travail augmenter mais ils ne peuvent pas négocier en ce sens.

De mon point de vue, pour rendre cette réforme populaire, il faut tenir le discours suivant aux salariés: "Tout ce que l'employeur paie provient de ce que vous produisez. Par conséquent, la distinction entre cotisations sociales salariales et cotisations sociales patronales est absurde. A partir de demain, nous appellerons cotisations sociales la somme des deux (salariales + patronales). La nouvelle définition du salaire brut est est la suivante: salaire net + cotisations sociales. Employeurs et comptables, mettez à jour vos logiciels de paie." Avec un peu de spin, cela peut même passer pour un discours anti-patronal, toujours de bon aloi chez nous.

Les salariés se rendront alors compte de deux choses:

1. Leur salaire réel est beaucoup plus elevé qu'il ne le croient (ce qui est toujours bon pour le moral),

2. Hélas, les cotisations, hors mutuelle, viennent manger 45% de ce total.

Dans ce contexte, la popularité de la sécurité sociale et de ses gaspillages s'effritera rapidement. Le monopole sera plus facile à supprimer.

En effet, j'ai des doutes quant à la faisabilité du point 1. de la proposition de Liberté Chérie, sans un petit travail d'artillerie préalable.

Posté
Le salaire brut ne correspond à rien de concret. Ce n'est ni ce que verse l'employeur, ni ce que reçoit le salarié.

peut etre qu'un jour, dans votre grande sagesse, vous comprendrez que le salaire brut sert essentiellement a :

1/ couper la poire en deux, de telle sorte que le salarié ne se rende pas compte de l'énormité de ce qu'on lui ^pique

2/ mettre en scene une soi disant opposition entre l'employeur et l'employé, en oubliant si possible que c'est l'Etat qui vient se servir dans cette affaire, et qu'il conviendrait de dire plus clairement ce qu'il ponctionne

(a votre service… :icon_up: )

Posté

Règle n° 1 : sur liberaux.org, tu sautes ce que tu veux, mais pas des pages. A défaut, t'auras l'air d'une fesse, et là, tu vas te faire mettre.

Posté

Ca a du rapport avec le fil, sans en avoir réellement. Sur un forum, en discutant avec un sympathisant LCR (que je travaille au corps depuis un petit moment), il m'a sorti quelque chose de cette teneur.

A vrai dire seule une réponse pour la Suisse, ou des infos me seront utile - pour la "boutade" du troisiéme paragraphe-ligne, et pour le quatriéme paragraphe, je sais quoi répondre.

La Sécu a peut-être des coûts prohibitifs, mais pour connaître la situation suisse, je te dirais que c'est de la "prohibitivité" bon marché…

En Suisse, l'assurance maladie est laissée au bon soin d'une quarantaine de compagnies, il y a obligation de s'assurer, avec une assurance de base. Le tarif ne dépend pas du salaire. La prime moyenne est de 200 euros par mois avec une franchise de 1600 euros et pas de remboursement des frais dentaires, la prime moyenne est d'environ 300 euros avec la franchise minimale (200 euros)… et sont remboursés 90% des frais (au-delà de la franchise)… chacun doit payer : un couple avec un enfant de 20 ans et un autre de 10 ans doit payer 2 primes adultes, une prime jeune adulte, et une prime enfant…

Le système prévu pour introduire de la concurrence et faire baisser les coûts a échoué : augmentation moyenne des primes de 5-7% par an, des tarifs qui avec le temps ne s'harmonisent pas entre caisses (des primes allant pratiquement du simple au double), des tarifs différents selon la région, si la zone est urbanisée ou rurale… personne ne s'y retrouve, la caisse la moins chère change tous les ans, ce qui explique des déplacements assez important d'assurés chaque année, des licenciements dans des caisses pour des embauches dans ces caisses, des dépenses de publicité… les dépenses de santé explosant, le gouvernement, année après année trouve les moyen que les primes explosent moins en introduisant des franchises toujours plus importantes, en remboursant de moins en moins au-delà de la franchise…

Enfin, le paradis concurrentiel quoi…

Car derrière tout ça, les caisses ont aussi des profils d'assurés très différents.. des jeunes, des vieux, d'où des dépenses très différentes… l'Etat doit intervenir pour faire fonctionner un système de compensation entre caisses, basé sur des calculs tellement complexes que finalement on se demande s'ils sont vraiment justes (pas le sens exact)… mais alors faudrait-il ce système totalement libre? Avec des compagnies qui pourraient refuser les personnes âgées, ou faire payer des primes en fonction de l'âge et du sexe qui s'envoleraient vers nos vieux jours? Qu'en penses-tu? L'offre et la demande ce serait ça en tout cas… des primes maladies ridicules en début de vie, énormes à la fin, alors que le revenu ne suit pas après la retraite…

Posté

- le niveau de vie en Suisse est nettement supérieur à celui de la France, les coûts des produits et services également (certains salaires sont 50% à 100% plus élevés qu'en France à qualification égale);

- 100 à 200 euros par mois par personne, c'est le prix en France d'une très bonne mutuelle complémentaire, qui ne se substitue pas à la Sécu, car pour la sécu vous payez selon votre salaire (cotisations d'assurance maladie, part salariale et part patronale + CSG et CRDS, dans le cas d'un salaire moyen ça dépasse facilement 600€, chiffre trouvé sur http://quitter_la_secu.blogspot.com/2004/0…le-de-paye.html )

- 200 ou 300 euros par mois par personne, c'est aussi la prime que vous demandera en moyenne une assurance privée européenne se substituant complètement à la sécu, ou bien une assurance française pour les "non assujettis" (par exemple : http://www.alptis.fr/upload/Remboursement/…e/Notice101.pdf )

Conclusion : la sécu c'est de la "prohibitivité" pas du tout bon marché… (sauf pour ceux qui ont des ribambelles d'ayant-droits qui ne cotisent pas : enfants, épouses, etc.)

Posté
Ca a du rapport avec le fil, sans en avoir réellement. Sur un forum, en discutant avec un sympathisant LCR (que je travaille au corps depuis un petit moment), il m'a sorti quelque chose de cette teneur.

A vrai dire seule une réponse pour la Suisse, ou des infos me seront utile - pour la "boutade" du troisiéme paragraphe-ligne, et pour le quatriéme paragraphe, je sais quoi répondre.

[…]

Il n'y a pas mal de chiffres sur le site de l'OCDE:

http://www.oecd.org/document/12/0,2340,en_…1_1_1_1,00.html

http://www.oecd.org/dataoecd/3/62/31938359.pdf

Il apparaît deux choses. La Suisse est le second pays avec les dépenses de santé les plus élevées, loin derrière les Etats-Unis. Mais largement plus de la moitié des dépenses de santé en Suisse sont publiques. La Suisse est donc loin d'être le paradis de l'ultra-libéralisme que ce brave Nenesse voudrait faire croire. D'ailleurs, il le dit lui-même, l'état suisse compense les inégalités créées par le libéralisme. En fait, la santé n'est un marché libre dans aucun des pays cités.

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