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Coligny

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  1. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je suis chrétien mais je dois avouer que j'ai la gueule d'un juif israélien car je suis très brun, yeux noirs et je bronze facilement donc tout le monde pense que je suis juif ici. Mais ta question est extrêmement intéressante : je pense qu'un non juif se sentira toujours en dehors de cette société et c'est pourquoi, sauf à obtenir une opportunité de carrière énorme en Israël, je ne pourrais jamais y "vivre". Mais ça c'est plutôt sur le long terme donc, autrement le marché du travail est beaucoup plus souple en Israël et s'inspire beaucoup du modèle americain (comme dans de nombreux autres secteurs), et n'importe quel immigré (non juif compris) trouverait rapidement ses marques ici.
  2. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    C'est tout à fait ça en réalité. Et au quotidien c'est pesant. Mais à côté de ça, je me fais inviter régulièrement pour shabbat chez des gens que je connais à peine, il y a une vraie culture de la communication, de l'idée de réseau (héritage juif je pense). Et trouver un emploi est super simple ; je voulais travailler un peu en parallèle de la fac, j'ai demandé à mon ami qui a demandé à un autre ami un job et je bosse maintenant quelques après midi par mois comme vendeur dans un magasin (je ne parle quasiment pas hébreu et mon visa n'est même pas adéquat).
  3. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Ah ouais mais Herzliya est un peu leur 16e arrondissement
  4. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je n'aime pas généraliser mais tu conviendras quand même que les israéliens sont dans l'ensemble assez sauvages dans leur façon de se comporter. Mais on s'y fait. Et je me comporte moi aussi comme un sauvage désormais. Le retour à Paris va être dur. J'ai rarement eu un si grand coup de coeur pour un pays.
  5. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Il n'y strictement aucune règle de politesse, de courtoisie, d'attention à l'égard des autres (ce qui contraste avec le fait qu'ils sont extrêmement devoués et ouvre facilement leurs portes). Et l'hygiène laisse carrément à désirer (tout le monde pisse dans la rue à Tel Aviv par exemple).
  6. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    L'hébreu est une langue très simple finalement. J'ai commencé le programme Ulpan, je pense parler assez couramment à la fin de mon année.
  7. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Mmm... ma manager habite en ""colonie"" israélienne, ce qui est quand même plus sensible que de visiter Bethléem par exemple (qui effectivement ne pose aucun problème) et ce y compris pour un français.
  8. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Ça fait désormais trois semaines que je vis en Israël et j'ai fait à peu près le tour du pays (Tel aviv, Jerusalem, Haifa, Nazareth, Eilat...) pour me donner une idée de la vie ici. Honnêtement, même si au début c'était laborieux car les israéliens sont d'une vulgarité sans égal, je m'y plais énormément et me sens de plus en plus connecté à cette terre. Les gens sont dynamiques, travaillent énormément et il y a une certaine insouciance du politique que j'admire beaucoup. Il m'est arrivé tellement de choses totalement loufoques dont celle ci : j'ai fêté Rosh Hashana chez ma manager qui habite dans la West Bank. Elle ne m'avait absolument pas prévenu et avait appelé un taxi pour moi, ce qui fait que je me suis retrouvé au milieu des territoires disputés sans trop rien comprendre. A 2 heures du matin, aucun taxi ne voulait venir me chercher dans ces zones là ; j'ai appelé un ami juif de Tel Aviv (qui a un crush sur moi, d'où le dévouement) et qui a traversé tout le pays pour venir me chercher dans ce trou. Il était carrément flippé au moment de passer la frontière ; j'étais énormément alcoolisé donc sur le moment je trouvais ça un peu balagan mais sans trop m'en soucier. Puis le lendemain j'ai réalisé que, ouais quand même, c'était délicat. (+ cf l'attentat aujourd'hui contre 3 israéliens en territoire) Ah et les transports publics sont ici une catastrophe monumentale. Je ne me plaindrai plus jamais du RER parisien.
  9. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Qui est Gio ?
  10. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Et c'est précisément lorsqu'il comprend que tout n'est que médiocrité, et triste banalité, qu'il trouve la force d'écrire son roman à la fin de La Recherche. Il y a une dimension ascétique très prononcée (Proust était grand lecteur de Schopenhauer). Le parallèle que tu fais avec la Bovary est génial car La Recherche est un peu la résolution du paradoxe de Emma Bovary : elle aurait pu s'épargner un suicide si elle avait trouvé, à travers l'art, cette aptitude à sublimer ce quotidien médiocre, à "transformer la boue en or", à puiser dans le spleen une force créatrice. Les 7 tomes de la Recherche raconte le dynamisme de cette force ; elle puise sa source dans la négation du monde matériel et dans la recherche d'une forme d'éternité, d'un temps sublime et extensif. Le titre "A la Recherche du temps perdu", ne fait pas seulement référence au temps de son enfance que le narrateur essaie de retrouver (à travers ses souvenirs), mais à la recherche de l'idée même du "Temps", que les hommes ont perdue, en ne concevant le temps que comme le marquage d'un instant T et plus dans son idée englobante d'éternité, de ce "long" temps (l'incipit commence d'ailleurs par "Longtemps, je me suis couché de bonne heure", il faut entendre Long-temps et Bon-heur : c'est annonciateur du bonheur qu'obtiendra le narrateur en retrouvant ce temps long). Le final de La Recherche, qui aboutit à retrouver ce Temps, est la plus belle création humaine jamais conçue : "Si du moins il m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes — entre lesquelles tant de jours sont venus se placer — dans le Temps."
  11. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Les romans de Flaubert sont plus sombres qu'ils en ont l'air : l'enfance désastreuse de la Rosanette dans l'Education sentimentale (viol infantile), la vie misérable de Charles Bovary, la pauvreté de sa fille à la fin réduite à rien, la description très fréquente de cadavres, de corps en putréfaction tout comme la charogne de Baudelaire. La figure de l'Aveugle dans Madame Bovary résume un peu tout le spectre de désoeuvrement qui plane sur les romans de Flaubert. Proust c'est plutôt dans la veine du libertinage et persiflage aristocratique, immémoriel donc...
  12. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Pente glissante, cher ami, attention Proust c'est Flaubert puissance 1000. Les faits bruts tiennent sur un post it mais la pureté du style rend l'oeuvre éblouissante. Et là encore, les faits sont relativement inintéressants. Ps : Rousseau est un trop grand menteur pour qualifier son oeuvre d'autobiographie. Roman, donc!
  13. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Tu me jugerais si je te disais que mon roman préféré est l'inintéressante vie de J-J Rousseau qu'il raconte à travers les 1000 pages de ses Confessions. Mais voilà, l'art est ici : dans l'inutile.
  14. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Oui enfin, on parle de Madame Bovary quand même. "Elle resta perdue de stupeur et n'ayant plus conscience d'elle-même que par le battement de ses artères, qu'elle croyait entendre s'échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu'une onde, et les sillons lui parurent d'immenses vagues brunes qui déferlaient. Tout ce qu'il y avait dans sa tête de réminiscences, d'idées, s'échappait à la fois, d'un seul bond, comme les mille pièces d'un feu d'artifice." Si cela est esthétiquement laid, je retourne marcher à quatre pattes et je ne lis plus aucun bouquin.
  15. Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    L'art pour l'art ne diffère pas de la quête du Beau. C'est même son unique aboutissement. Flaubert a très bien théorisé cette notion. "Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. C’est pour cela qu’il n’y a ni beaux ni vilains sujets et qu’on pourrait presque établir comme axiome, en se posant au point de vue de l’Art pur, qu’il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses.". Résultat, il publie le plus beau roman de l'humanité, Madame Bovary, qui n'a aucune quelconque notion du juste, du bien, du mal, du moral.
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