Bonjour à tous donc,
C’est vrai… j’aurais pu commencer par me présenter avant d’ouvrir des fils, mais ceux qui ont visité le premier ont compris qu’avec un document aussi capital, que dis-je aussi nécessaire, sa création ne pouvait souffrir aucun retard :
http://www.liberaux.org/index.php?showtopic=21613
Dans ce post je me présente, oui, c’est un peu long mais c’était l’occasion pour moi d’y voir plus clair ; et par la même occasion de réfléchir à des créations de fils futures. Si certains des thèmes évoqués ci dessous ont déjà leurs fils merci de me les indiquer, cela m’évitera de créer des doublons.
Je n’aime pas beaucoup les étiquettes, être rangé dans une boite, une case… Le seul moyen de limiter ce risque était d’essayer d’être complet sans redouter d’être long. Enfin le cafouillage qui a suivi mon arrivée sur un autre forum m’a incité à la prudence, et même à la réflexion sur “ma présentation” elle même. En tout cas, sans cette mésaventure, je n’aurais jamais eu l’idée d’un tel post pour me présenter ici.
L’essentiel à retenir, pour ceux qui seraient effrayés par la longueur de ce qui suit (je comprendrais) : je viens ici avant tout pour m’amuser et m’instruire, pas pour polémiquer. En fait je viens ici avant tout pour discuter avec des libéraux, et éventuellement, peut être, à l’occasion, parler de libéralisme.
En parcourant ce forum j’ai parfois lu, écrit sur un ton amical : « Mais tu n’es pas un vrai libéral »… On va gagner du temps : Je ne SUIS PAS un vrai libéral, mais plutôt relativement libéral.
Pour céder à la mode des « Mon ‘isme »… Mon libéralisme :
Libertarien sur le plan moral
Minarchiste sur le plan économique
Libéral classique sur le plan politique
Libéral de gauche sur le plan social
Libécolo sur le plan environnemental
Tiers-mondiste et proche des néoconservateurs sur le plan international…
J’ai cette chance, contrairement à beaucoup, de ne pas me trouver dans l’obligation dans la vraie vie de dissimuler mes opinions. C‘est uniquement quand je me trouvais dans le système scolaire que je me suis vu contraint de pratiquer ce que j’appellerais un «libéralisme honteux», j’y ai vite compris qu’un coming out libéral était suicidaire… Depuis, peut être pour me rattraper et aussi parce que j’étais libre de le faire, je n’ai plus jamais caché mes opinions. Cela ne m’est pas toujours facile et il est fréquent que mes connaissances, amis, parents… essaye de me ramener dans le droit chemin de l’anti-libéralisme. Résultat, je suis systématiquement placé par eux dans une logique de défense et je pratique le plus souvent le « containment », ce qui est moins fatigant.
Bref, même si je sais qu’ici le terme de néoconservateurs est pour nombre d’entre vous un «gros mot» ; je ne veux pas dissimuler ce qui de toute façon ne correspond qu’à une faible part de mon «positionnement». Ah oui au fait… vu que visiblement le thème revient de temps à autre, et que je ne suis pas sûr que tout le monde ici en soit conscient… on peut être proche des néoconservateurs pour la géopolitique, sans être forcément Hunttingtomaniaque. C’est mon cas. Je suis plutôt hostile à cet auteur et extrêmement réservé à l’égard de son livre…
Bon… euh… ça, c’est fait…
Quant au terme de tiers-mondiste, pourquoi abandonner à nos adversaires un monopole sur quelques mots ou expressions. Pour moi il ne signifie ni plus ni moins que le sort des pays en voie de développement me préoccupe. Ce qui oppose, selon moi, le «tiers-mondiste-de-metier» aux «tiers-mondistes libéraux» est essentiellement dans le choix des moyens… pour les plus honnêtes et sains des anti-libéraux en tous cas. A ce sujet, comme l’a dit ce bon vieux Confucius «Quand les mots perdent leurs sens, les hommes perdent leurs libertés»
Je crains, après ce que j’ai pu lire sur nombre de fils, que certain n’ait du mal à me pardonner les aveux qui précèdent, alors je tiens à préciser ceci :
- Je ne viens pas ici pour convaincre ou obtenir l’adhésion à «mon libéralisme».
«On avance pas en imposant sa vérité, mais plutôt en permettant à deux vérités de se rapprocher pour en constituer une troisième plus élevée» (c’est d’un philosophe dont j’ai oublié le nom)
- Quand je discute, c’est en acceptant le principe de base de toute discussion, trop souvent négligé, en particulier par les anti-libéraux: Entamer le dialogue avec, présente à l’esprit, l’idée, a priori, que peut-être notre point de vu pourrait changer, évoluer au cours de l’échange. Si l’on n’a pas cet a priori à l’esprit, au moins inconsciemment, on ne participe plus à un dialogue… On prêche. Et je n’ai que trop subi ce genre de prêche, dans la vrai vie -- retour au «droit chemin anti-libéral» -- pour en imposer d’autres, quels qu’ils soient, à mon tour.
« Mon Militantisme » :
Des phrases comme « Partez devant » et « commencez sans moi » ; le résumerait assez bien. Ou encore… Je suis pas là pour changer l’monde, à moins qu’ça puisse êt’e marrant.
Il y a tout de même un levier d’action auquel je crois vraiment c’est l’approche consom-acteur (consommateur-acteur). Je n’ai rien contre la société de consommation, ce que je refuse c’est de la subir. Si le mot consom-acteur est relativement nouveau (env.10ans? précisez si je me trompe) le principe lui est en fait aussi vieux que le boycott.
Même si je reconnais qu’avec «militantisme libéral», je sens comme une contradiction dans les termes, même si je n’ai jamais milité et que je m’en sens incapable, j’espère réussir peu à peu à définir «mon militantisme». Pour l’instant je me limite (notamment) à la diffusion, auprès de mes proches, des adresses de sites qui me paraissent susceptible de faire douter nos adversaires. C’est timide mais c’est un début.
J’apprécie, en tant que « libéral tiers-mondiste », l’initiative de Liberté Chérie au live 8. J’aurais même été tenté d’y participer si j’en avais entendu parlé plus tôt (et si j’étais pas aussi flemard) et cela tout en étant opposé à la suppression de la PAC… si c’est pas de l’ouverture d’esprit ça… (bien sûr la PAC a besoin d’être réformée mais une suppression je trouve ça extrême, toutefois, vous le savez déjà je ne suis pas un vrai libéral. Fin de la parenthèse)
Les libertariens
Pour me situer par rapport aux libertariens, je dirais que… je suis rarement d’accord avec leurs réponses mais je le suis toujours avec leurs questions.
Sinon, pour ce qui est de «mes» références, j’ai lu il y a une dizaine d’années :
Economistes et charlatans de Murray Rothbard (préface de Hayek)
Vers une société sans Etat de David Friedman
La constitution de la Liberté de Friedrich A.v Hayek. C’est en fait ce dernier livre qui m’a le plus marqué et cela même s’il n’a pas fait de moi un libertarien.
J’ai lu je ne sais plus où, sur un blog ou un forum, que l’intérêt des Libertariens était leur sens de la polémique. C’est réducteur. Pour moi c’est leur grande capacité réflexion, leur puissance dans l’analyse, leur habileté à remettre en perspective les problèmes.
Remettre en question notre perception du monde est à la base de toute interrogation vraiment profonde. L‘intelligence, c’est pour moi la capacité d’apprentissage, et donc d’adaptation, alliée a une faculté d’autocritique qui, poussée à l’extrême, porte à s’interroger sur notre perception, elle-même à l’origine de notre mode de raisonnement. Les grands auteurs Libertariens, pour ceux dont j’ai lu les livres, ou des extraits sur Cattalaxia, réunissent ces qualités. Cela leur vaut de ma part un infini respect, même si vous le savez déjà, «je n’en suis pas».
«Ma» référence, je la cherche encore. Si je devais absolument en choisir une, je dirais Jack London, qui fut un libéral sans le savoir… Ca peut surprendre mais j’envisage de créer un fil sur ce sujet, et j’aurais alors l’occasion de développer.
Ce qu’est le libéralisme, pour moi, est peut être plus délicat à définir que ce qu’il n’est pas.
Le libéralisme n’est…
- pas le capitalisme
- ni de gauche ni de droite
- ni du coté des riches contre les pauvres, du côté du nord contre le sud…
- ni contre la protection de l’environnement…
Oui, je ne vous apprends rien mais c’est tellement consternant d’entendre le contraire si souvent autour de soi… On pourrait continuer longtemps tellement les caricatures sont nombreuses. Je m’arrête là car je sais qu’ici vous les combattez vous aussi.
Les alter-mondialistes
Je partage l’opinion de certains d’entre vous (Ronnie Hayek notamment) au sujet de la «jeunesse alter-mondialiste», a savoir que l’on ne doit pas en désespérer car il y a chez eux des libéraux qui s’ignorent.
Certains de mes interlocuteurs (dans la vraie vie) ne comprennent pas que je sois si favorable au syndicalisme (syndicat libre ou indépendant) alors que choisir un autre interlocuteur que l’Etat quelque soit le domaine, est profondément libéral… Combien de fois quand j’étais au lycée mes camarades concluaient en disant : «bref tu es un anarchiste quoi!». Combien de fois en discutant avec ma sœur (étatiste convaincue) je l’ai entendu me répéter que j’étais de gauche sans le savoir… Bien sûr, je ne suis ni anarchiste ni de gauche… Ce que ces réactions ont d’intéressant selon moi est qu’elles me révélaient l’ignorance du libéralisme dans laquelle étaient mes interlocuteurs, due essentiellement à leur désintérêt en fait.
Et oui et pour un moment encore, faire l’érudit sur le marxisme ça en jette, alors qu’étudier l’adversaire (nous en l’occurrence) ça demande un effort minimum et ça fait pas craquer les filles, selon eux a priori en tout cas… (voir plus bas)
J’ai beaucoup apprécié le texte de Harry Turtle «Ceci n’est pas un blog libéral» que j’ai lu et relu, ainsi que les renvois. Je me sens proche de cette démarche. C’est peut-être ce qu’il faudrait développer, en complément des blog libéraux: des blog DE libéraux. En effet la principale résistance que j’observe autour de moi de la part des plus jeunes vient d’un profond désintérêt pour ces sujets, bien avant les résultats du lavage de cerveau anti-libéral. Le blog DE libéral est peut être un bon moyen de contourner cet obstacle en faisant appel à des centres d’intérêts divers… Je ne sais pas, ça mérite peut-être un fil… Il m’est de plus en plus pénible de constater que le libéralisme recule chaque jour davantage. Réfléchir aux moyens de ralentir ce mouvement de fond, le stopper, et qui sait peut-être, on peut rêver, l’inverser est la principale raison qui m’a poussé, un jour de juin dernier, à taper dans google «libertarien».
Mes coups de gueules. Là j’vais encore enfoncer pas mal de portes ouvertes, mais ça soulage de temps en temps :
— «On ne fait pas d’omelette sans casser des œux»… Profondément anti-libéral quand on y pense.
— «L’homme est un loup pour l’homme»… Sans pour autant céder à l’angélisme.
— Ceux qui votent avec leurs pieds… et qui se plaignent ensuite de l’évolution de ce qu’ils ont laissé derrière eux. Etre expatrié par obligation ou par goût est une chose, l’être par idéologie, très peu pour moi. Je comprends mieux ceux qui se disent apatride, eux au moins sont cohérents.
— La logique de victimisation
Comme le sujet revient régulièrement et qu’il est toujours traité savamment, plutôt que de paraphraser, je préfère citer :
«La victimisation, c'est un cancer pour la volonté humaine.»… Euh… finalement euh… j’crois bien qu’c’était signé Tarzan… bah de toute façon ils sont si proches… J’ai choisi celle là parce que c’est la plus percutante, mais je rejoins les positions, sur ce point, de nombres d’intervenants… comme Constantin par exemple, et pour n’en citer qu’un de plus.
— Anarchiste et anar-cap
La distinction m’énerve. Je sais bien qu’elle est nécessaire, mais les anarchistes sont des usurpateurs. Il suffit d’étudier un minimum la question pour comprendre qu’il ne peut y avoir d’autre anarchisme que l’anarcho-capitalisme. Simple question de cohérence. (et je ne SUIS PAS anar-cap!)
— Que l’on fasse d’un mandat, ou de la recherche du pouvoir, un métier.
Homme politique, ce n’est pas une profession! Vous le dîtes vous-même ici assez fréquemment. J’aimerais que nos élus viennent plus souvent du privé et y retournent le moment venu. J’aimerais qu’on laisse les “professionnels du pouvoir” au rang de conseillers, pas à celui de dirigeant…
— Un libéral, c’est contre la guerre!
Bah oui bien sûr… Pas besoin d’être libéral. N’importe quelle personne saine d’esprit est contre la guerre. Un bon soldat est contre la guerre. Un néo-conservateur est contre la guerre (et je ne SUIS PAS néo-conservateur!). Un militaire qui aimerait la guerre c’est aussi absurde et dangereux pour ses collègues qu’un pompier pyromane…. Oui il y a eu des cas de pompiers incendiaires, et c’est vrai les pyromanes sont attirés par le métier de pompier, mais croyez moi leurs collègues sont les premiers à les écarter s’il ont réussi à déjouer les philtres au recrutement. Question de survie. Alors préciser que la guerre c’est anti-libéral… Bah après tout, rappeler des évidences de temps en temps… ça peut pas faire de mal (c’est bien ce que je suis en train de faire), mais s’il s’agit de sous-entendre : «nous! pas eux!»… Ce sera sans moi.
— L’élitisme sous toutes ses formes.
Notamment celui qui conduit à confondre érudition et intelligence et nous impose ensuite des technocrates, experts et intellectuels pour nous guider ou pire, nous gouverner ; sous prétexte du vieil argument : la complexité du monde. Je n’ai pas envie de donner le pouvoir à une classe d’intellectuels, ce 5ème pouvoir.
Wouaouh ça déNNOOONNNCCE… et tiens encore un coup :
— J’aime pas que l’on néglige de boutonner le bouton du haut sur une veste à trois ou quatre boutons. Mieux vaut ne pas la boutonner du tout. C’est le (ou les) bouton(s) du bas que l’on peut négliger… non mais ! Même pas peur !
Pour conclure
L’orthographe a toujours été mon point faible. Vous avez raison d’y être sensible et je prendrai avec bonhomie vos remarques et corrections. Je les prendrai comme un service que vous me rendez. Seul les imbéciles se vexent. Sinon comme j’aime bien délirer et jouer R’avec les mots, je glisserais p’t’êt’e des expression phonétique de temps en temps. Comme le savent les amateurs de ce genre d’écarts, une convention veut que l’on signale les fautes d’orthographes volontaires avec le signe : « ‘ »…
Important :
J’ai remarqué, sur les forums ou dans les commentaires des blog, que même entre des intervenants se connaissant depuis longtemps, des malentendus pouvaient naître. Parfois un post est lu en diagonal… et vlan il est pris au premier degré au lieu du second où il se plaçait. Dans la vrai vie mes proches le savent: si vous avez un doute, c’est très probablement parce que je ne suis pas sérieux. Et quand on met des smileys clin d’œil à chaque fois… le second degré y perd de son charme en tout cas pour moi.
A choisir je préfère ne jamais être pris au sérieux plutôt que de l’être quand je plaisante.
Tiens… Ca pourrait être ma signature.
A bientôt.
Quelques signatures possible :
«Parler avec gravité des choses légères, et avec légèreté des choses graves». Si quelqu’un connaît l’auteur, et la citation exacte, merci de me les indiquer.
«Le sérieux naît … d'une surestimation du temps.» Hermann Hesse
Et pendant que je suis dans les citations… Comme j’aime bien Sacha Guitry… qu’il y a parmi vous quelques Belges bien sympathiques… et que j’aime cette contrée où plus jeune j’ai eu la chance d’aller en vacances tous les ans…
«Les Belges sont de petits malins! Ils ont pris son appétit à l'Allemand, son sérieux à l'Anglais, son esprit au Français. Quant à moi, ils m'ont pris le coeur!» Sacha Guitry
Pfffff je suis un incorrigible bavard !
Quelques liens
« ça fait pas craquer les filles » ça reste à vérifier… http://www.liberaux.org/index.php?showtopi…indpost&p=74873
le texte de Harry Turtle en question :
http://www.zonel.net/index.php?2004/07/29/…un-blog-liberal
« la complexité du monde » dans La Constitution de la liberté Hayek répond aux étatistes :
« La liberté est essentielle afin de laisser de la place à l'imprévisible, à ce que nul ne peut prédire. Si nous voulons faire le meilleur usage possible du peu de connaissances que nous avons, il nous faut adhérer à des règles dont l'expérience a montré qu'elles sont globalement satisfaisantes ; encore que nous ne sachions pas, dans chaque cas concret, quelle conséquence découlera de notre obéissance auxdites règles.»
http://www.catallaxia.org/sections.php?op=…rticle&artid=11