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I Had A Nightmare .


Dostix

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I had a nightmare .

Hein, qu’y a-t-il?? Ah j’y suis, le réveil qui sonne. Je l’arrête, la gueule dans le cirage. Couché trop tard hier soir, tout ça pour ce foutu blog. Enfin, tant que des gens laissent des commentaires, je me sentirais obligé de continuer pour ne pas les décevoir. Mon dernier article traitait des libertés fondamentales. Tiens, je me demande si certains couches tard habitués du blog l’ont déjà commenté. J’allume mon PC, je démarre le renard en feu mozilla. Barre de navigation, voilà. La page se charge…Aïe, un message d’erreur 404, page introuvable. Je téléphone au siège parisien de mon hébergeur. Personne ne décroche, ils doivent être en congés. Il y’a des jours comme ça. Après tout ce n’est pas la première fois, ça ne dure pas longtemps. Tant que je surfe, je vais jeter un coup d’œil au site de Liberté Chérie et à liberaux.org. Erreur 404 encore ! Oula, ça craint les pannes de serveurs de bon matin. J’y retournerais cet aprèm, j’ai le temps aujourd’hui. Pour me calmer, je vais m’acheter des croissants. Je m’habille, je sors. Queue monstrueuse devant la boulangerie. Après dix minutes à poireauter debout, on nous crie qu’il n y’a plus rien, que tout est parti. En sortant, je m’aperçois qu’ils ont changé le nom : « Au pain populaire ». Visiblement, il est bien populaire, leur pain, pour avoir été dévalisé à dix heures. En tout cas qu’ils ne se plaignent pas que les gens aillent dans les supermarchés, ce que je suis en train de faire. Arrivé au Champion, je me rend compte qu’il est fermé. Soit j’ai beaucoup trop dormi et je me suis réveillé un dimanche ( 80 heures de sommeil d’une traite !), soit il se trame quelque chose d’inhabituel. Mon réveil ayant sonné, ma montre indiquant Thursday, j’opterais à priori pour la seconde solution. Un type famélique s’approche de moi pour me demander l’heure.

« Onze heures moins le quart. Dites-moi, vous savez pourquoi le Champion n’est pas ouvert ?

-Ils l’ont fermé ce matin. Mais vous avez un centre de ravitaillement à 200 mètres en direction du Grand Rond. Bonne journée !

-A vous aussi. »

Centre de ravitaillement ? quid ? On serait en guerre ? J’ai trop faim et je suis trop curieux pour abandonner ici. Ah, ça a l’air d’être le truc là-bas à la place du Marché Plus vers lequel tout le monde se dirige. Parvenu à la devanture je suis stupéfait : le marteau et la faucille croisés avaient remplacé le Plus ! Je tente de me débrouiller en jouant du coude pour atteindre le rayon des viennoiseries. Les croissants avaient l’air aussi immondes que rassis. Idem pour les pains au chocolat. Que faire ?? il est onze heures vingt, j’ai plutôt intérêt à me passer d’un petit déjeuner et préparer le repas de midi. Une pizza, ça ira. Hop rayon surgelés. Ah bon, il n’y a plus de rayons surgelés. Un autocollant m’apprend que je dois me rendre au rayon pâtisserie, juste à côté de celui des viennoiseries. Hell ! Ca commence à m’énerver sérieusement. Au moment de payer ma pizza que je n’ai pu choisir, le caissier (très loin physiquement de la jolie demoiselle qui occupait cette place encore la veille) me réclame ma carte d’identité et mon livret de famille. Ils ne devraient pas embaucher des ex-fonctionnaires, me dis-je. Un jour, un client pourrait le prendre mal et ça tournera au vinaigre. Ne prenant pas en compte le délire de l’alcoolique ( gros rouge qui tache), je ne sors de mon portefeuille qu’un billet de dix euros.

« Zetes sourd ou quoi ? Votre carte d’identité et votre livret de famille !

-Pour une pizza ? Faut arrêter le pinard, mon gros !

-Oh et puis merde ! J’appelle la police ! P’tit con ! »

Deux minutes plus tard, une patrouille de flics m’entourait. Sur les uniformes, une étoile rouge avait remplacé le drapeau français. Bien que je n’adore pas ce dernier, ce fut un choc.

« Qu’est-ce qu’il y’a ici ?

-Ce p’tit con veut pas filer ses papiers et fout le bordel.

-C’est vrai ?

J’opinai du sous-chef. Ils dégainèrent pour me mettre en joue le temps de me passer les menottes. Mon seul crime : refuser de céder à l’autorité d’un caissier porté sur la boisson. C’était du moins ce que j’imaginais. Ils me fourguèrent dans leur panier à salade, comme un chien mené à la fourrière. D’ailleurs, je n’ai compris pourquoi on me fichait là alors que la gendarmerie était à deux pas. En passant devant, je vis qu’elle aussi était fermée. On me conduisit donc jusqu’au Commissariat Principal à travers Toulouse. La ville rose avait apparemment viré au rouge.. rouge sang. Les boutiques hier si vivantes ayant gardé leur rideau de fer baissé, les badauds circulaient l’air hagard, les yeux baissés. Le bâtiment de police rebaptisé pour l’occasion « Centre municipal de la milice populaire » avait perdu de son cachet (ce qui n’est pas tâche aisée), en particulier à cause des gardes néo-soviétiques, des drapeaux rouges.. L’ambiance qui régnait à l’entrée m’a fait penser aux films de guerre, type Stalingrad. Des centaines de personnes y’étaient emmenées et je dus rejoindre le troupeau humain. Les chiens (ces formes ne pouvaient être des hommes, je ne peux le croire, surtout je ne veux pas y croire) qui nous gardaient donnaient des coups de crosses, frappaient, fort. Une femme enceinte tomba devant moi. Alors que je me précipitai pour l’aider, un de ces salopards me stoppa net :« Tu bouges pas ! Ta gueule ». Je suis incapable de laisser un drame se dérouler devant mes yeux sans régir, c’est plus fort que moi. Je fonçai sur la pauvre femme pour la relever. Un coup de feu partit, mon bras gauche saignait, une douleur vive puis deux types qui me prennent, flingue pointé sur ma tempe. Ils me menèrent ainsi à un bureau, où siégeaient trois types. Ils ne se présentèrent pas mais je compris qui ils étaient. « Olivier, files-moi les papiers… merci, camarade. Alors, nous disons donc Simon Aubert, 20 ans,..étudiant. On va chercher ça dans les dossier, il me semble avoir aperçu ce nom dans la liste noire ». Il tapa quelque chose sur son clavier, visiblement il trouva mon dossier qu’il imprima. Quinze pages, pas une de moi. Que pouvaient-ils bien y mettre ? « Vous êtes militant à Liberté Chérie, une association libérale interdite, vous avez écrit des articles contre le pouvoir, .. Vous êtes un ennemi du pouvoir populaire ! un petit bourgeois à la solde des esclavagistes impérialistes ! Croyez-moi, vous ne vous en tirerez pas comme ça ! Le tribunal populaire tranchera votre sort demain. Inutile de prévenir votre avocat, il est en prison. Vous allez l’y rejoindre toute de suite. Olivier, Alain, emmenez-le » Et ils m’emmenèrent à travers les dédales des geôles puantes du sous-sol. Ma cellule se trouvait au fond, à gauche, là où la lumière ne passait plus. La lourde porte s’ouvrit, on me poussa à l’intérieur et je m’ effondrai par terre. Quelques minutes plus tard, mes yeux s’étaient habitués à l’obscurité ambiante, je pouvais même distinguer des formes de plus en plus humaines. C’est là que je reconnus mes amis libéraux, des membres du comité Liberté Chérie mais aussi des bloggers anarcaps toulousains. On se salua, on s’étreint, on se raconta nos histoires …. Puis, le silence se fut. Le procès avait lieu demain, il fallait être en forme. Je choisis ma paillasse, compta les moutons qui avaient voté rouge aux dernières élections, le sommeil se fit comme un avant-goût de mort

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Ben on voit que tu n'as pas connu l'URSS… Là-bas, les boutiques étaient vides, et pour s'approvisionner on se mettait dans la première queue qu'on voyait se former, n'importe où.

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Très bon texte de Mickaël Mithra!

–Vous ne voyez pas la différence entre l’alimentation, service public qui doit être géré par l’État, et les vêtements, qui peuvent être produits par des entreprises privées? Vous êtes con. Et surtout, vous êtes dangereux. Allez, donnez-moi ce chèque. Très bien. Au revoir. 

C'est le même type de raisonnement que celui de l'étoile filante BioBush, qui nous a benoîtement lancé:

A noter également que la notion de protectionnisme est vague puisqu'il n'existe pas un protectionnisme type, mais des protectionnismes.

Si tu continues de croire que le protectionnisme en général n'offre aucun avantage, je ne peux plus rien pour toi.

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Le texte de Mickaël Mithra rassemble et ridiculise comme il se doit la plupart des poncifs étatistes et socialistes: la "nécessité du service public pour les besoins vitaux", l'opposition public-privé, le "manque de moyens", l'esprit citoyen, le keynésianisme et sa surenchère consumériste, les privatisations, etc… Comme quoi le pastiche a du bon, parfois.

Je suis certain néanmoins que bien des alter-gogos s'y laisseraient prendre. Jacques Attali appelait encore récemment à la gratuité de la nourriture…

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Je suis certain néanmoins que bien des alter-gogos s'y laisseraient prendre. Jacques Attali appelait encore récemment à la gratuité de la nourriture…

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Ca tombe bien, j'ai justement aperçu ce matin un excellent saumon fumé de Norvège dont je compte bien demander à l'hypermarché de m'accorder la gratuité. :doigt:

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Ca tombe bien, j'ai justement aperçu ce matin un excellent saumon fumé de Norvège dont je compte bien demander à l'hypermarché de m'accorder la gratuité.  :doigt:

Leur caviar gratuit est encore meilleur.

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