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+1 pour Rocou, les Etats du Sud étaient moins protectionnistes et plus libre-échangistes que les nordistes.

Il faut, de plus, cesser de croire que Lincoln a fait la guerre pour libérer les esclaves du Sud. Il n'était pas moins esclavagiste que les sécessionistes.

Invité Arn0
Posté
+1 pour Rocou, les Etats du Sud étaient moins protectionnistes et plus libre-échangistes que les nordistes.
Les esclavagistes était les plus libéraux… y a pas de quoi être fier :icon_up:
Invité Arn0
Posté
Mais, une fois encore, la guerre de Sécession n'avait pas pour objet la question de l'esclavage.

http://www.pierrelemieux.org/arthumme.html

Ce n'est pas le problème à vrai dire, mais quand même :
Hummel emprunte aux deux écoles tout en prenant le contre-pied de chacune. D'une part, les véritables motivations de Washington n'eurent pas grand chose à voir avec la suppression de l'esclavage. Malgré un important mouvement anti-esclavagiste au Nord, ce gouvernement avait contribué à préserver l'"institution particulière" (comme on disait alors), notamment en renforçant la répression contre les esclaves en fuite. Lincoln lui-même, au début de la guerre civile, déclarait que son seul but était de préserver l'Union et que, s'il le fallait pour y arriver, il était tout aussi prêt à maintenir l'esclavage qu'à le supprimer. Dans cette dernière éventualité, il était au nombre de ceux qui proposaient de déporter les esclaves affranchis.

D'autre part, continue Hummel, la préservation de l'"institution particulière" représentait bien la motivation première des sudistes qui firent adopter les déclarations de sécession.

Autrement dit, ni les états du Nord ni ceux du Sud n'étaient motivés par la défense de la liberté: la suppression de l'esclavage ne fut, pour le gouvernement fédéral (un peu sur le tard, du reste), qu'un prétexte impérialiste; et la liberté des états de quitter l'Union que proclamaient les sudistes servait d'écran à leur volonté de maintenir l'esclavage. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que le pouvoir étatique fût le grand vainqueur de la guerre.

En fait, nous dit Hummel, les deux régimes en conflit professaient chacun sa propre version de l'étatisme. Au Nord, le gouvernement de l'Union s'orientait vers une économie mercantiliste dont le protectionnisme (en commençant par "l'abominable tarif" de 1828) favorisait les industriels nordistes au détriment des agriculteurs sudistes. La guerre y ajouta la réglementation de l'économie et les subventions aux entreprises.

Au Sud, le gouvernement de la Confédération se faisait activement l'écho d'une réaction populiste et socialiste. Un auteur sudiste, George Fitzhugh, assimilait l'esclavage à l'idéal du communisme paternaliste qu'il proposait contre "l'esclavage du salariat". "La liberté, écrivait-il, est un mal que l'État a pour mission de guérir."

Posté

Je m'intéressais à la lecture que tu semblais faire des motivations du Nord. En réalité, l'interprétation que tu donnes de cet épisode tragique confirme l'impression de Ralph Raico:

http://www.euro92.com/edi/biblio/raico2.htm#7

L’attitude des libéraux français par rapport à la Guerre de Sécession (que les partisans de la cause sudiste préfèrent appeler " la Guerre des Etats ") présente un intérêt particulier. La plupart des libéraux européens soutenaient le Nord ; en Grande-Bretagne, la grande exception fut Lord Acton, partisan fervent du Sud, qui écrivait que son coeur fut brisé à Appomatox - c’est-à-dire lorsque Lee s’inclina devant Grant. Il en était de même en France : les libéraux avaient tendance à soutenir le Nord, avec peu de discernement d’ailleurs. Pour eux, l’esclavage était l’unique enjeu ; assez curieusement, ils n’avaient qu’une vague idée des questions constitutionnelles cruciales qui se posaient. Un exemple particulièrement insigne est fourni par Montalembert lui-même qui déclare, étonnamment, que " le vrai miracle et la victoire suprême " était que le Nord a gagné sans enfreindre la liberté : " aucune liberté [ne fut] supprimée, aucune loi violée, aucune voix étouffée, aucune garantie abandonnée … "(44) Cela, il faut le dire, est d’une inexactitude risible. Le fait est que l’administration d’Abraham Lincoln a jeté des milliers de dissidents en prison dans les Etats du Nord, a fermé des centaines de journaux, a suspendu la règle de habeas corpus, et a annulé les réunions des assemblées législatives des Etats. Cela est incontestable. Parmi beaucoup d’autres sources, l’on peut trouver des détails dans l’excellent livre de Jeffrey Hummel sur la Guerre de Sécession, Emancipating Slaves, Enslaving Free Men. Lincoln et ses partisans ont justifié toutes ces violations des droits individuels en disant qu’elles étaient nécessaires pour sauver l’Union - en d’autres termes, afin de préserver l’autorité du gouvernement central. Ce qui a été fait, avec une vengeance. C’est là le sens de la seconde partie du titre du livre de Hummel, " enslaving free men ".

Lorsque Tocqueville a visité l’Amérique en 1831, il observa que le gouvernement central existait à peine. Les Etats-Unis étaient gouvernés d’après l’esprit du dixième Amendement :

" Les pouvoirs non délégués aux Etats-Unis [c’est-à-dire au gouvernement national] par la Constitution, ni prohibés par lui aux Etats, sont réservés aux Etats respectifs, ou au peuple. "

Après 1865, tout a changé. C’est ce que Lord Acton a appelé " la seconde Révolution américaine ". Après 1865, l’on commençait à faire référence aux Etats-Unis au singulier plutôt qu’au pluriel : en Amérique, nous disons les Etats-Unis est, et non les Etats-Unis sont. Ce que Lincoln a fait aux Etats-Unis est comparable avec l’oeuvre de Bismarck en Allemagne. Ce fut la création d’un pouvoir central écrasant qui avec le temps devait poser de sérieux problèmes, pour ses propres citoyens comme pour le reste du monde.

Ceci exemplifie un phénomène qui existe encore aujourd’hui, à savoir les malentendus fondamentaux fréquents chez les libéraux de ce qui se passe dans d’autres pays. Ainsi, je trouve que les libéraux européens qui partagent mes idées et mes valeurs sont souvent enthousiastes devant " la révolution reaganienne ". Je peux vous assurer que c’est là l’un des grands non-événements de la fin du 20ème siècle. De même, aux Etats-Unis les partisans du libre marché sont souvent admirateurs de la " révolution thatcherienne " en Grande-Bretagne. Beaucoup d’entre eux ont été choqués en 1996 lorsque Margaret Thatcher est intervenue à l’occasion du 50ème anniversaire de la Foundation for Economic Education, à l’Hôtel Waldorf à New York. Pour les libertariens, cela fut un choc que de découvrir à quel point Lady Thatcher croit dans les vertus de l’Etat-Providence. Aux Etats-Unis, elle serait considérée comme un " Démocrate conservateur ".

Invité Arn0
Posté
Je m'intéressais à la lecture que tu semblais faire des motivations du Nord. En réalité, l'interprétation que tu donnes de cet épisode tragique confirme l'impression de Ralph Raico:

http://www.euro92.com/edi/biblio/raico2.htm#7

Le choix ne se limite pas à faire de la guerre de sécession soit une lutte des abolitionnistes contre les esclavagistes, soit une lutte de l'indépendance des états face au gouvernement fédéral. Je suis assez d'accord avec l'analyse de ton premier lien. (http://www.pierrelemieux.org/arthumme.html)

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Ah, c'est pour ça que j'avais vu dans une série télé qu'un gamin critiquait Lincoln pour avoir violé les principes de l'habeas corpus !

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Ah, c'est pour ça que j'avais vu dans une série télé qu'un gamin critiquait Lincoln pour avoir violé les principes de l'habeas corpus !

:icon_up: Et moi qui ne sait pas ce que c'est !

Enfin, savait.

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Le texte de Raico est très juste me semble-t-il.

L'accusation d'anti-américanisme systématiquement lancée aux libéraux anti-guerre en est une extraordinaire illustration.

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Et maintenant, on est toujours au même point où ça a empiré ?

Je sais en tout cas qu'au sein des Etats fédérés des hommes comme Jeb Bush ont accru fortement le pouvoir étatique, ce qui est dramatique.

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