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Un député français cite Bastiat


Jules

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C'est dans le Figaro, c'est Hervé Mariton. A part Madelin, je ne crois pas avoir vu mentionné l'auteur des Harmonies par un homme politique ces derniers temps.

Il faut parfois réformer moins pour réformer mieux

Par Hervé Mariton, ancien ministre, député (UMP) de la Drôme, maire de Crest, président du club Réforme et modernité.

Publié le 18 septembre 2007

Actualisé le 18 septembre 2007 : 08h15

François Fillon a écrit dans Le Figaro du 14 septembre : « nous devons voir plus loin, viser plus haut ». Le même jour, Nicolas Sarkozy a souligné, lors de son déplacement en Hongrie, la vitesse de son action. Autant le dire, si la rapidité de l'action réformatrice de l'exécutif est évidente, sa densité n'est pas démontrée. Et, parce que nous sommes dans la majorité, bienveillants et exigeants, nous voulons dire nos interrogations et espérer les meilleures réponses.

Je poserai sept questions.

1) Le diagnostic sur l'état de la France est-il formulé et partagé ? La profondeur de nos difficultés est sous-évaluée (d'évidence s'agissant des finances publiques). L'insuffisance de l'offre n'est pas traitée (le logement). Les éclairages nouveaux ne sont pas assez sollicités (sur la politique de santé) et encore moins partagés.

2) La stratégie du mandat n'apparaît pas dans sa globalité. Le déroulé des premières semaines a été clair. On comprend ce qui s'engage pour 2008. Mais comment tout cela s'enchaînera-t-il ensuite ?

3) Si la France doit être pleinement épanouie dans le monde d'aujourd'hui, comment justifier l'évocation de l'exception française, l'invocation de la préférence communautaire, la mise en cause de la BCE ? Frédéric Bastiat a théorisé combien le libre-échange est favorable à la réforme. La réalité française de ces dernières décennies, c'est une succession de mouvements de libéralisation imposés ou inspirés par Bruxelles. Faut-il contrarier ce chemin ? Quand comprendrons-nous que la force d'une exception est d'être exceptionnelle ?

4) Les réformes ont démarré et le gouvernement doit être félicité. Mais elles sont souvent partielles. La loi sur le service minimum contient des outils utiles, mais elle ne garantit pas le résultat. La réforme de l'université apporte un début d'autonomie. L'encouragement des heures supplémentaires est heureux, mais on tourne autour du problème des 35 heures sans le régler vraiment. Pour paraphraser le président de la République, mieux vaut 5 réformes à 100 % que 10 réformes à 50 %.

5) Le gradualisme n'est pas assumé. Il est adroit d'engager les réformes progressivement, mais prétendre avoir traité un sujet complètement quand il l'est à moitié, aidera-t-il à parfaire le travail ? Ou, au contraire, oubliera-t-on, engagé sur le débat suivant, de le faire ? Je préférerais le choix clair d'une stratégie de progrès continu.

6) L'adresse ne doit pas interdire le courage. Le gouvernement propose de faire converger les régimes spéciaux de retraite avec le régime de la fonction publique. C'est adroit en termes d'équité, c'est équilibré car la réforme peut paraître comme un compromis, à mi-chemin de la convergence avec le régime général. Mais de quelle fonction publique parle-t-on ? Il est des corps dont l'âge de la retraite, grâce à des bonifications, continue d'être anticipé de cinq ou dix ans (police, douanes…). Une réforme dont le résultat serait que les conducteurs de train prennent leur retraite à 52 ans et demi, ne serait pas très efficace. François Fillon semble l'avoir bien compris. Courage !

7) La méthode de deal chère à l'exécutif doit être évaluée. Les avocats d'affaires qui nous gouvernent « dealent » pour dégager des voies de passage. Pourquoi pas ? Mais de deal en deal, ne risquons-nous pas d'obtenir de moins en moins de nos interlocuteurs ? L'Unef a obtenu des contreparties dans la réforme universitaire. Et après ? Si on « deale » à 50 % de ce que l'on annonce, les syndicats auront vite fait de recadrer les annonces pour caler le résultat à 25 % de nos intentions.

Dans le « Grenelle de l'environnement », le gouvernement va-t-il céder sur les OGM pour garantir le nucléaire ? Qui pèse la décision ? Comment la justifie-t-on ? Des portes s'ouvrent certes, mais d'autres se fermeraient. La France avance-t-elle ? Les Français ont exprimé au printemps leur confiance et leur exigence.

Nicolas Sarkozy a raison d'aller vite. François Fillon a raison d'aspirer à « des mesures d'une densité inégalée ». Il faut le dire, il faut le faire.

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C'est dans le Figaro, c'est Hervé Mariton. A part Madelin, je ne crois pas avoir vu mentionné l'auteur des Harmonies par un homme politique ces derniers temps.

Mariton a été un chiraquien puis un villepiniste fervent. Généralement il ne rate pas une connerie à dire. Je suis étonné qu'il cite Bastiat. S'il a lu Bastiat ça l'excuse encore moins pour son étatisme primaire. Il incarne tout ce que je n'aime pas chez les politiques (moins que Coppé mais quand même…) :icon_up:

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Mariton a été un chiraquien puis un villepiniste fervent. Généralement il ne rate pas une connerie à dire. Je suis étonné qu'il cite Bastiat. S'il a lu Bastiat ça l'excuse encore moins pour son étatisme primaire. Il incarne tout ce que je n'aime pas chez les politiques (moins que Coppé mais quand même…) :icon_up:

Tiens, je l'ai vu à la fête de la liberté. Il était venu en quidam, et non comme homme politique.

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Tiens, je l'ai vu à la fête de la liberté. Il était venu en quidam, et non comme homme politique.

Le contraire aurait été scandaleux. Méfiez-vous de ce type. Sinon y'avait d'autres gens "connus" à la fête de la liberté en dehors des auteurs libéraux ?

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C'est dans le Figaro, c'est Hervé Mariton. A part Madelin, je ne crois pas avoir vu mentionné l'auteur des Harmonies par un homme politique ces derniers temps.

Il était à la Fête de la Liberté ce week end…

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Je sais de lui qu'il n'a pas spécialement envie de "légiférer pour légiférer", et contribuer ainsi aux milliers de pages de lois et décrets publiés chaque année. Je trouve cette approche saine.

Ensuite, on peut critiquer son choix politique de soutenir Villepin contre Sarko. Il croyait Villepin plus ouvert aux idées nouvelles. Hélas, je constate que cela n'a pas servi à grand chose. Mariton s'est battu pour la vente des autoroutes et pour ce type de mesures. Une chose me semble claire au contact de Mariton : ce n'est pas un politicard, il est entouré de vrais libéraux qui le font évoluer dans le bon sens et il est bosseur et rigoureux. Certes, il n'est pas parfait comme nous tous ici :icon_up:

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Je sais de lui qu'il n'a pas spécialement envie de "légiférer pour légiférer", et contribuer ainsi aux milliers de pages de lois et décrets publiés chaque année. Je trouve cette approche saine.

Ensuite, on peut critiquer son choix politique de soutenir Villepin contre Sarko. Il croyait Villepin plus ouvert aux idées nouvelles. Hélas, je constate que cela n'a pas servi à grand chose. Mariton s'est battu pour la vente des autoroutes et pour ce type de mesures. Une chose me semble claire au contact de Mariton : ce n'est pas un politicard, il est entouré de vrais libéraux qui le font évoluer dans le bon sens et il est bosseur et rigoureux. Certes, il n'est pas parfait comme nous tous ici :icon_up:

Peut être aussi que Mariton évolue dans le bon sens. Comme tout le monde, il a le droit de "devenir" libéral. C'est peut être son cas. (J'insiste sur le "peut-être"). Lorsqu'un homme politique cite Bastiat, il mérite d'être encouragé par les libéraux.

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Peut être aussi que Mariton évolue dans le bon sens. Comme tout le monde, il a le droit de "devenir" libéral. C'est peut être son cas. (J'insiste sur le "peut-être"). Lorsqu'un homme politique cite Bastiat, il mérite d'être encouragé par les libéraux.

Mariton fait partie des rares relais sur lesquels compter à l'AN. Certes, ce n'est pas Frédéric Bastiat et on pourra toujours trouver quelque chose à lui reprocher. Mais il a du courage, car, ancien ministre, il s'oppose ouvertement au gouvernement dans un canard dont 80 % des lecteurs sont pro-sarko et qui se trouvent, par ailleurs, former son électorat. Ce simple fait mérite d'être rappellé.

Une opposition (pour de vrai) s'organiserait-elle face à l'Empire ?

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Peut être aussi que Mariton évolue dans le bon sens. Comme tout le monde, il a le droit de "devenir" libéral. C'est peut être son cas. (J'insiste sur le "peut-être"). Lorsqu'un homme politique cite Bastiat, il mérite d'être encouragé par les libéraux.

C'est clair que c'est juste un milliard de fois préférable aux déclarations du Chi pendant sa fin de mandat sur le libéralisme.

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Pour le moment il tient le ministère de la Parole, comme je l'ai expliqué ci-dessus, il n'a JAMAIS en dix ans de mandat de député proposé quelque loi que ce soit, ni intervenu, etc….

C'est un brasseur de vent, c'est l'US Air Force à lui tout seul ce mec.

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Il a conduit ou rapporté plusieurs commissions à l'Assemblée. En tant que député, il a donc vraiment travaillé.

Il compte de vrais libéraux dans son entourage, mais aussi un crétin nommé Herbert AXELRAD qui, est secrétaire de son club "réforme et modernité". Par exemple HA s'en est allé traiter Brice HORTEFEUX de suppôt de la bête immonde (ou quelque chose dans ce style) au motif que celui-ci s'était déclaré favorable à une petite dose de proportionnelle à l'Assemblée.

Les positions qu'Hervé MARITON prend sont souvent plutot libérales (fiscalité locale etc.), mais aussi parfois anti-libérales (ferroutage volontariste…).

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Sur le fait de citer Bastiat, rappelons quand même le contexte: dans mon cas, en 11 ans de secondaire + études, je n'ai jamais entendu ou lu les noms Bastiat, Say, Constant, Tocqueville et autres. Zéro fois. C'est dire la masse de la censure. Ces penseurs n'existent même pas.

Chaque citation est donc une grande percée.

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Sans déc', même Tocqueville ?

Moi j'ai entendu une fois parler de Tocqueville au lycée, c'était en cours d'anglais (on devait étudier un article de Time ou Newsweek).

Posté
Sans déc', même Tocqueville ?

Sans déc'.

Non mais, vu d'où vous êtes, vous ne vous rendez pas compte.

Tocqueville, j'ai eu du bol: ma maman l'a eu au programme de ses math spé une année, et donc De La Démocratie En Amérique a trainé à la maison et donc je l'ai lu. Laisse moi te dire que ça m'a fait un effet boeuf. Je suis un peu un miraculé.

Et ben merde…

Tu vois, c'est pas seulement que nous ne sommes pas doués.

en terminale, cours de sciences économiques, comparez l'étude des chapitres consacrés aux théories de Hayek et de Keynes…

keynes l'emporte au la main.

Au moins tu as vu le mot Hayek.

Pour moi, Hayek c'était le patron de Swatch.

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Pour le moment il tient le ministère de la Parole, comme je l'ai expliqué ci-dessus, il n'a JAMAIS en dix ans de mandat de député proposé quelque loi que ce soit, ni intervenu, etc….

C'est un brasseur de vent, c'est l'US Air Force à lui tout seul ce mec.

Et si tous les députés du monde voulaient se donner la main et faire comme lui, ce serait pas cool ? Il donne l'exemple le mec !

Sinon pareil que pour Nick de Cusa : Bastiat, Say, Constant, Tocqueville jamais entendu parler… A la limite un peu Montesquieu et Diderot. D'ailleurs je crois que c'est comme ça que je suis arrivé aux auteurs libéraux : en passant par les philosophes des lumières.

Posté

Si, si Tocqueville étudié au lycée en classe de philo, avec Hobbes (le léviathan), plus classique.

Posté
Pour le moment il tient le ministère de la Parole, comme je l'ai expliqué ci-dessus, il n'a JAMAIS en dix ans de mandat de député proposé quelque loi que ce soit, ni intervenu, etc….

C'est un brasseur de vent, c'est l'US Air Force à lui tout seul ce mec.

ça m'étonne ce que tu dis. Je ne le connais certes pas, mais comme dit Edouard il est intervenu à de nombreuses reprises sur des sujets épineux, quoique sans grand succès. Je citerai en sus de ce qui a été rappelé son livre noir sur l'intercommunalité (rapport sur l'évolution de la fiscalité locale), qui est une vraie référence (et un vrai pavé dans la mare) sur la question. Ce n'est déjà pas si mal, et devrait suffire à attirer sinon notre sympathie, au moins notre regard bienveillant.

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r2436-t1.asp

Posté

Oui bon, peut-être que j'y vais un peu fort, m'enfin entre le moins libéral de ce forum et lui, y'a quand même une distance colossale, je trouve.

En fin de compte oui, j'y suis allé un peu fort…..

Posté

C'est un X qui n'a pas un ego surdimensionné. la preuve, comme le souligne Chitah, aucun projet de loi (le plus souvent inutile) ne porte son nom. Il n'en garde pas moins un profil très technocrate parce qu'il travaille dur sur des sujets pas très sexy mais souvent fort utiles. Pour autant, ses commentaires sont toujours vifs et drôles. "Gros con"ne lui va pas du tout, il est au contraire humble et incisif, même s'il a choisi de ne pas jouer dans les paillettes et le strass.

Posté

Mariton est un des rares activistes libéraux de l'UMP, il a parié sur le mauvais cheval en jouant Villepin contre Sarkozy. L'article ci-dessus montre qu'il ne s'est pas rangé sans qu'on sache si c'est par calcul politique ou parce qu'il n'aime pas NS voire connait sa vraie nature étatiste.

J'avais été invité à deux rencontres de son club à l'Assemblée et comme je ne crache jamais sur une bonne coupe j'avais pu croiser Lagarde, Parisot, Le Boucher et quelques technos (j'en avais d'ailleurs parlé sur le forum). A suivre.

Posté
Et ben merde…

Itou. J'avais entendu parler de Constant comme auteur de "Adolphe", mais c'est tout.

J'ai dû attendre ma première année d'unif pour être initié "scolairement" à la pensée de Tocqueville (par un prof plutôt ecolo, du reste).

Posté
Dès qu'on se renseigne sur ce monsieur, on s'aperçoit qu'il est élu député depuis une décennie, et qu'il n'a pratiquement rien fait à l'Assemblée (http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/fiches_id/2083.asp#P3) même pas une petite proposition de rien du tout.

Bref, ce qu'il dit est du vent, rien que du vent.

A la limite, il est moins nocif que les autres, qui eux pondent des lois liberticides, non ?

Posté
Sur le fait de citer Bastiat, rappelons quand même le contexte: dans mon cas, en 11 ans de secondaire + études, je n'ai jamais entendu ou lu les noms Bastiat, Say, Constant, Tocqueville et autres. Zéro fois. C'est dire la masse de la censure. Ces penseurs n'existent même pas.

Pareil. La seule année de science éco que j'ai eu (en seconde): Keynes et Smith, avec un avantage net pour Keynes. La seule personne qui m'a sauvé de la gauche c'est mon père.

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Pareil. La seule année de science éco que j'ai eu (en seconde): Keynes et Smith, avec un avantage net pour Keynes. La seule personne qui m'a sauvé de la gauche c'est mon père.

Il avait de solides raisons de s'en méfier, non?

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