Taranne Posté 26 décembre 2007 Signaler Posté 26 décembre 2007 L'article (en version française) par lequel le scandale arrive: http://courrier-sud-toulouse.blog.20minute…ch-culture.html http://courrier-sud-toulouse.blog.20minute…-culture-2.html Articles du Monde, du Figaro et de Didier Jacob sur son blog.
Apollon Posté 26 décembre 2007 Signaler Posté 26 décembre 2007 tiens je comptais faire un article sur mon blog là-dessus dans qqes jours. Je trouve au passage que les réactions à l'assaut du Time en disent encore plus long sur la fin de la culture française que l'article lui-même.
kolb Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Les sujet ne serrait-t-il pas tabou pour déclencher aussi peu de réactions? En tout cas les effets pervers des mesures protéctionnistes sur la culture n'ont pas encore pris tous leur ampleur!
Polydamas Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Même si je suis le premier à dire que la culture imposée est souvent de la daube, il faut tout de même relativiser. Je ne sais pas qui est John Brenkman, mais je n'ai pas l'impression qu'il ne raconte que des conneries sur ce coup-là (même si en effet, on peut tiquer concernant son propos sur BHL). Nous reproduisons ici, avec l'aimable autorisation du Monde, l'article de John Brenkman, paru dans les pages "Débats" du quotidien daté du 30-31 décembre 2007, à propos du débat sur la "mort de la culture française", traduit par Gilles Berton.ll y a quelques jours, alors que je revenais en France pour la première fois depuis quatre mois, je fus accueilli par une "Lettre à nos amis américains" (Le Monde du 20 décembre). Olivier Poivre d'Arvor y plaidait pour que nous autres, Américains, cessions de proclamer la mort de la culture française. Mes amis français (en français dans le texte) ! Je dois vous dire que les Américains n'annoncent pas la fin de la culture française. Ils n'ont même pas lu l'article incriminé, puisque le magazine Time ne l'a fait paraître que dans son édition européenne. Vous croyez sans doute que la célérité et l'ubiquité du Web l'ont propagé d'un bout à l'autre des Etats-Unis ? Eh bien, non. Quatre semaines après sa parution, pas une seule publication en langue anglaise en dehors de la Grande-Bretagne, et pas un seul blog américain significatif n'a mentionné l'article, pas plus que la levée de boucliers qu'il a suscitée en France. Il semble surtout que l'apparition à la "une" de Time de la photo de Marcel Marceau accompagnée du titre "La mort de la culture française" ait eu, en France, le même résultat que l'adaptation radiophonique de La Guerre des mondes d'H.G. Wells par Orson Welles, en 1938, au cours de laquelle le ton réaliste et convaincant du commentateur annonça à l'Amérique l'invasion martienne. Aujourd'hui, ce sont les Français qui sont persuadés d'une attaque américaine contre la culture française. Or, la controverse de ces dernières semaines, totalement artificielle, a été impulsée par trois personnes : l'astucieux journaliste qui a signé l'article, le rédacteur en chef avisé qui l'a annoncé en couverture, et enfin le maquettiste qui a eu l'idée de génie d'associer l'image du très regretté Marcel Marceau au signifiant (si je puis me permettre de puiser une nouvelle fois dans la pensée française contemporaine) totalement vide de "culture française". Autrement dit, la couverture de Time comme son article n'étaient qu'une supercherie dont le public, égaré à son tour par les médias français, a été la victime. " Un gogo naît tous les matins", avait coutume de dire Phileas Taylor Barnum, grand homme de spectacle devant l'Eternel… Dans l'épisode qui nous occupe, le gogo, pardonnez-moi, ce fut la France. Vous tous, mes amis français, avez avalé l'hameçon, le bouchon et la ligne. Est-ce à dire que l'article de Donald Morrison est totalement exempt de mérite ? Pas exactement. Il aborde des questions qui valent la peine d'être débattues, comme les différences entre les politiques culturelles française et américaine. Mais il omet d'évaluer les avantages respectifs d'un art patronné par l'Etat ou financé par des intérêts privés. Et si l'article déplore le faible nombre de romans français traduits chaque année en anglais, il oublie de préciser qu'il y a aux Etats-Unis plus de livres traduits du français que de toute autre langue. En d'autres termes, une faiblesse notable de l'édition américaine est érigée en problème inhérent à la littérature française. Bien sûr, de nombreux critiques et lecteurs, moi compris, attendent une nouvelle vague de romans français qui ne soient pas de l'autofiction. Mais ne vous méprenez pas sur le sens de cette remarque. Pour ne citer qu'un seul exemple montrant ce qui est réellement en jeu : je considère Michel Tournier comme l'un des romanciers les plus importants et les plus novateurs de la fin du XXe siècle. Et pourtant, après la traduction américaine de son magistral Roi des Aulnes, en 1972, il a tout bonnement disparu du paysage littéraire américain ; seules quelques-unes de ses oeuvres tardives furent ensuite traduites en anglais grâce à de petites éditions universitaires incapables de faire connaître Tournier à un large public. Voyez également comment Time annonce la mort de la philosophie française depuis Sartre. Laissons de côté le fait qu'aucun philosophe américain n'a eu jusqu'à présent un impact comparable à celui de Sartre, aussi bien aux Etats-Unis qu'ailleurs. Mais l'article ne cite ni Levinas, ni Deleuze, ni Derrida, dont l'influence continue pourtant de se faire sentir dans la pensée, l'écriture et l'art américains. Plus récemment, Julia Kristeva a été lue et commentée avec beaucoup d'attention, notamment au sein des milieux universitaires américains, et Alain Badiou, avec le travail duquel je suis en profond désaccord, a bénéficié de plusieurs traductions et d'une audience croissante. Bernard-Henri Lévy est le philosophe français qui, en brisant la barrière qui sépare l'universitaire du lecteur lambda, est devenu une voix morale et politique aux Etats-Unis mêmes. Qui a tué Daniel Pearl ? et son best-seller American Vertigo ont fait de lui la quintessence de l'intellectuel public. Il n'est donc pas surprenant que l'analyse la plus pénétrante de l'article de Time soit venue de BHL. Dans un texte publié par le Guardian, se gardant bien de mordre à l'hameçon et de défendre vaillamment le signifiant de "culture française", il suggère au contraire de manière fort pertinente que l'article du magazine traduit en réalité l'émergence d'une angoisse américaine. Nos conservateurs xénophobes redoutent un afflux de Mexicains hispanophones avec pour corollaire un repli de la langue et de la culture nord-américaine ; ils craignent l'émergence économique et géopolitique de la Chine, qui va bouleverser notre vision de l'avenir. Aujourd'hui, c'est la Corée du Sud, et non Hollywood, qui domine le cinéma asiatique, et la guerre en Irak a sapé notre foi dans la propagation de la démocratie. "La France en tant que métaphore de l'Amérique elle-même, écrit Bernard-Henri Lévy. L'hostilité antifrançaise comme expression transposée d'une panique qui n'ose pas dire son nom. Classique." L'article de Time a, pour reprendre les termes d'un autre penseur français, dissimulé sa signification au grand jour, comme La Lettre volée d'Edgar Allan Poe. Le journaliste s'est bien facilement imprégné de cette vision décliniste professée par une poignée d'auteurs français pour en faire un point de vue américain général à l'égard de la culture française. Mais toute cette controverse ne sera probablement qu'une tempête dans un verre d'eau. Et, pour en revenir à l'année 1938, il est important de se remémorer cette remarque faite à l'époque par la journaliste américaine Dorothy Thompson : "Il y a un mois, Hitler a réussi à faire peur à toute l'Europe, mais lui du moins avait une armée et une aviation capables d'appuyer ses braillements hystériques. Orson Welles, lui, a réussi à démoraliser des milliers d'Américains sans rien d'autre que des mots." Traduit de l'anglais par Gilles Berton John Brenkman, directeur de l'US-Europe Seminar au Baruch College (University of New York)
sam_00 Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Raisonnement par l'absurde: Une ''culture'' qui vit de la rapine et de la spoliation des citoyens est-elle encore vivante?
kolb Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 C'est exactement cela: les références culturelles françaises datent des anées Sartre, Delleuze, etc. Comme on ne peut pas prendre à la lettre la formule journalistique "la mort de la culture", on ne pourra pas toujours revenir avec les même artistes etc. D'ailleurs il faut reconnaître que les artistes veulent tous une carrière int. ce qui a comme prémisse qu'elle ne peut être nationale. N'oublions que dans le domaine scientifique, dans la capacité de mise en valeur de l'immigration et pire encore de valorisation de nos vins les choses ne sont pas non plus au zenith. Je vous convie au jeu suivant donnez-moi des nom, qui, disons depuis 10 ans sont connus sur la scène int.
Noodles Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Je vous convie au jeu suivant donnez-moi des nom, qui, disons depuis 10 ans sont connus sur la scène int. Daft Punk, Alain Ducasse, Air, Michel Houellebecq
Harald Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Daft Punk, Alain Ducasse, Air, Michel Houellebecq Cette liste me fait irrésistiblement penser au Télémagouille des Inconnus: - Citez-moi 3 français célèbres. - Platini, Giresse, Tigana. - J'aurais préféré Hugo, Rodin, Debussy, mais nous n'en sommes plus là ! - Oui mais moi je ne les connais pas les remplaçants.
Noodles Posté 9 janvier 2008 Signaler Posté 9 janvier 2008 Cette liste me fait irrésistiblement penser au Télémagouille des Inconnus:- Citez-moi 3 français célèbres. - Platini, Giresse, Tigana. - J'aurais préféré Hugo, Rodin, Debussy, mais nous n'en sommes plus là ! - Oui mais moi je ne les connais pas les remplaçants. Je sais pas comment je dois le prendre lol. J'ai simplement pensé à des artistes français relativement populaires et étrangers à la génération Sartre et cie. Enfin tous ces débats sur la chute d'une culture me laissent toujours indifférents, je trouve ça trés prétentieux cette capacité qu'on aurait à pouvoir juger ou hierarchiser des cultures. Les différentes cultures ne sont pas en chute, elles sont en évolution constante, des changements culturels incroyablement riches pour certains et désespérement pauvres pour d'autres.
melodius Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Une fois de plus, la culture française est considérée comme étant limitée à ce qui se produit dans l'hexagone. Dommage. Sinon, le constat me semble largement juste, même si pour ma part j'ai tendance à croire que ce sont précisément la nouvelle vague, Sartre e compagnia bella qui sont responsables du marasme actuel.
POE Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Sinon, le constat me semble largement juste, même si pour ma part j'ai tendance à croire que ce sont précisément la nouvelle vague, Sartre e compagnia bella qui sont responsables du marasme actuel. Tu peux développer ?
Invité jabial Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Sinon, le constat me semble largement juste, même si pour ma part j'ai tendance à croire que ce sont précisément la nouvelle vague, Sartre e compagnia bella qui sont responsables du marasme actuel. +1
Apollon Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Daft Punk, Alain Ducasse, Air, Michel Houellebecq Trois des quatre vivent à l'étranger.
Harald Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Je sais pas comment je dois le prendre. Comme une boutade.
0100011 Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Trois des quatre vivent à l'étranger. Et on dit merci qui ? merci :
kolb Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Comment l'état va discriminer les subventions entre des artistes qui vivent à l'extérieur juste assez pour ne pas être consideré expatriés? Ou bien entre des equipes de production ou un seul membre a la nationalité française? Ce en cela que l'hônnete article du Times a inquiété les américains: car il est probable que des subventions étatiques fr. arrivent indirectement la-bas.
WALDGANGER Posté 10 janvier 2008 Signaler Posté 10 janvier 2008 Sinon, le constat me semble largement juste, même si pour ma part j'ai tendance à croire que ce sont précisément la nouvelle vague, Sartre e compagnia bella qui sont responsables du marasme actuel. A l'époque, La France a occupé une place (alors considérée comme) centrale dans la production littéraire et philosophique, et cette place me parait, en effet, en grande partie imméritée. Par exemple si j'arrive à voir un âge d'or de la littérature de langue allemande à l'époque de Broch, Kafka, Musil, Mann ou un âge de l'or de la littérature américaine avec les Faulkner, Hemingway… Si l'âge d'or de la littérature française c'est Camus, Malraux, Sartre, Sagan, Duras, ça me parait un peu triste. Pour la philosophie je ne m'y connais pas assez mais si en dehors de Sartre, l'âge d'or est censé être représenté par Althusser, Lacan ou les premiers post modernes…Si marasme il y a, il était déja donc clairement commencé à l'époque.
h16 Posté 11 janvier 2008 Signaler Posté 11 janvier 2008 Trois des quatre vivent à l'étranger. La France, c'est bien, mais vu de loin.
Messages recommandés
Archivé
Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.