Layen Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Salut à tous! Un nouveau sujet pour vous faire part de mon écoeurement face à la situation de l'université en France, en cette période de début de mouvement de "grève" contre la loi de réforme…. Etudiant à la Sorbonne, reprise des cours aujourd'hui. Un amphi plein, et beaucoup de profs au "tableau". Sympa, me dis-je, ils vont nous présenter le contenu du 2ème semestre. En fait non, au lieu de ça, on a eu droit à une vidéo d'une heure nous expliquant en toute objectivité pourquoi les "enseignants-chercheurs" et le "personnel administratif" universitaire allaient se mobiliser "en masse" contre le projet de réforme et pourquoi il fallait impérativement que les étudiants suivent le mouvement de prostestion pour "abroger" le projet de loi. Cette loi, en gros, porte sur la fameuse "autonomisation" des universités, avec un peu plus de pouvoir donné aux présidents, une possibilité de rémunération supérieure pour les profs selon l'évaluation de leurs recherches, et une volonté de "professionnalisation" des filières pour être en phase avec les réalités du marché de l'emploi; que des gros mots pour ce beau monde quoi… Donc cette vidéo, où apparaissent des profs (et un syndicaliste CGT!) prétend nous démontrer, de manière assez désordonnée, pourquoi l'université est en danger. Le problème, c'est qu'on n'y parle quasiment pas de la réforme, mais qu'on a par contre droit aux traditionnels élucubrations sur les thèmes de "l'égalité menacée", la "précarisation des enseignants", l'attaque à la démocratie, et, surtout, le harot jeté sur l'horrible volonté de rapprocher l'université du monde de l'entreprise. "Capitalisme" qui fait la loi, "profit", "concurrence" (oulala, ça ils détestent), "inégalité", "démantelment du service public", etc…. servit dans un arrière fond marxisant et déterministe ("les universités n'ont pas toutes les moyens de se battre", les étudiants "pauvres" sont nécessairement en difficultés et ne seront pas aidés…) classique mais caricatural. La réforme est une réforme villipendée comme "politique". La vidéo, et le discours des profs n'étant bien sûr lui absolument pas idéologique… Et les profs se défendent à plusieurs reprises d'agir de manière "corporatiste", ahahaha. Après, "débat", pendant lequel interviennent notamment un membre de MSF ("il faut harmoniser les luttes, de l'université à l'hopital, tous précaires", contre "le gouvernement qui veut tout détruire"; pas du tout étudiant le gars), et divers membres de l'UNEF ou, plus vindicatifs et très nerveux, des étudiants d'extrême gauche qu'on sent bien politisés et prêts à en découdre. Les cours n'ont pas lieu cette semaine, les profs proposent une "grêve active", avec des débats à la place des enseignements, des "ateliers", des manifs, devant amener une "coordination nationale"… Le tout sans jamais s'excuser du fait qu'ils nous empêchent d'avoir nos cours, que ça décale le programme. Tous les étudiants sont forcément d'accord avec eux, cela va de soi, ils ne posent même pas la question de savoir si on peut être en désaccord avec eux, la France entière pense evidement comme le microcosme universitaire… Je sors de la fac, et j'aperçois un cortège d'étudiant "en lutte", "contre Sarko-facho", et un cordon de CRS barrant la rue St-Jacques (quartier Latin, centre de paris, pour ceux qui ne connaissent pas)… Assez attéré, affligé de voir que ce n'est plus seulement des estudiantins énervés qui gueulent, comme lors du CPE, mais une véritable alliance avec les enseignants qui décide de bloquer toute une fac pour des raisons idéologiques. C'est déprimant, et je peux vous assurer que ce monde universitaire (une illustration parmi d'autre des corportismes publics français) est tellment opaque que je me demande s'il est possible à réformer… Déprimant vous-dis-je (soupir)…
Brock Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 hé bé! on attend la suite des evenements avec impatience. je prédis la rencontre de tout ce petit monde avec des gaz qui piquent les yeux… edit:breaking nouillez http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2…rsidents-1.html
Ash Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Même pas. Bougresse vient de repousser à dans 1 an cette semi-réforme.
JackieV Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Même pas. Bougresse vient de repousser à dans 1 an cette semi-réforme. Encore? Z'ont vraiment pas de couilles à l'UMP.
E.T. bleu Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Comprend pas. Les politiques pourraient laisser les univ moisir tout simplement.
Taishar Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Non non, elle a rectifié, ce sera bien pour septembre 2009. Sinon, Layen, c'est un décret pas une loi. Pour en avoir discuter avec les profs, ce qui les gêne le plus c'est qu'ils ne soient plus sur le même pied d'égalité, une différence serait faite entre les "publiants" et ceux qui ne publient pas, mais ce serait aussi (pour ceux qui ne publient pas) de faire le double d'heures pour le même salaire. Bref, le plus frappant quand on participe à une AG de ce type, c'est toujours plus de demandes de moyens mais sans dire d'où viendrait l'argent, et ça vient toujours des mêmes ; des filières les plus coupées de la réalité…
Brock Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 d'un autre cote on ne peut pas leur en vouloir, on persiste a les maintenir en isolation…
Taishar Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Peut-être, mais faudrait peut-être qu'ils fassent aussi l'effort de voir plus loin que "le rapprochement avec l'entreprise c'est le mal".
Brock Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 quand j'etais au college il y a seulement vingt ans de cela, aller dans une filiere technique c'etait pour les brutes semi-attardees dont les parents boivent et louchent. je voulais faire un bac F12 et mes parents et professeurs horrifies m'ont bien vite fait comprendre l'intemporelle necessite d'etre fort en math-physique
ernest Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Comme toujours, la seule solution à ce problème d'irresponsabilité des enseignants-chercheurs, c'est la Privatisation (et donc la concurrence entre établissement).
Saxval Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Comme toujours, la seule solution à ce problème d'irresponsabilité des enseignants-chercheurs, c'est la Privatisation (et donc la concurrence entre établissement). Il peut y avoir mise en concurrence sans privatisation…
Herbert West Posté 9 février 2009 Signaler Posté 9 février 2009 Il peut y avoir mise en concurrence sans privatisation… C'est plus ou moins la situation actuelle est c'est encore loin d'être satisfaisant.
jubal Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 C'est plus ou moins la situation actuelle est c'est encore loin d'être satisfaisant. Ce qui est important dans la concurrence c'est que des nouveaux entrants puissent voir le jour, et la c'est pas vraiment le cas.
Herbert West Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Ce qui est important dans la concurrence c'est que des nouveaux entrants puissent voir le jour, et la c'est pas vraiment le cas. C'est peu ou prou ce que je dis. Il existe néanmoins une certaine concurrence, puisque toutes les universités françaises n'ont pas la même réputation, quelle que soit la valeur officiellement donnée aux diplômes.
aludosan Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 C'est déprimant, et je peux vous assurer que ce monde universitaire (une illustration parmi d'autre des corportismes publics français) est tellment opaque que je me demande s'il est possible à réformer… Question oh combien pertinente ! Et… sans réponse facile. Par ailleurs, j'ai bien aimé ta narration de la journée, puis-je l'envoyer à JL Caccomo ? Il appréciera, je crois… Comme toujours, la seule solution à ce problème d'irresponsabilité des enseignants-chercheurs, c'est la Privatisation (et donc la concurrence entre établissement). Elle est fort théorique, cette solution. Une sorte de yaka… La question de Layen, me semble-t-il, portait sur comment faire ICI ET MAINTENANT, compte de tenu de la situation actuelle et des "forces en présence".
Nick de Cusa Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Comme toujours, la seule solution à ce problème d'irresponsabilité des enseignants-chercheurs, c'est la Privatisation (et donc la concurrence entre établissement). Il en faut au moins deux dans ce cas là.
Layen Posté 10 février 2009 Auteur Signaler Posté 10 février 2009 Question oh combien pertinente ! Et… sans réponse facile.Par ailleurs, j'ai bien aimé ta narration de la journée, puis-je l'envoyer à JL Caccomo ? Il appréciera, je crois… Elle est fort théorique, cette solution. Une sorte de yaka… La question de Layen, me semble-t-il, portait sur comment faire ICI ET MAINTENANT, compte de tenu de la situation actuelle et des "forces en présence". Merci c'est gentil! Oui pas de problème si tu veux le transmettre à l'auteur de ce blog très intéressant que je ne connaissais pas et qui fait du bien à lire, et montre que tous les "enseignants-chercheurs" (c'est le nouveau vocable novlangue) ne sont pas aussi corporatistes qu'on veut bien nous le faire croire. Pour la solution, ben honnêtement je n'en vois guère de très favorable à un changement. Comme tous les mouvements étudiants (+ profs cette fois-ci), le scénario classique va sûrement se reproduire: manifs, journées "banalisées", "grêve active" ou sempiternels blocages, agrémentés d'AG totalisantes aux relents d'assemblée des Soviets (avec les 3/4 de la salle n'appartenant pas à l'université où elle a lieu, ou même des gens n'étant absolument pas étudiants mais de joyeux anarcho-syndicalistes de la CNT, trotsks, membres de feu la LCR, ou même des autonomes…). Puis recul du gouvernement (une médiatrice a déjà été nommée), négociations technico-conservatrices avec les syndicats, puis, au choix, recul de l'annonce du décret à X mois, voire nouveau décret vidé de sa substance, mais quand même promulgué histoire de donner un impression de réforme… Les étudiants, en attendant, auront perdu plusieurs heures (semaines…) de cours, les media présenteront "les jeunes" comme tous unis derrière le corps enseignant contre méchant Sarko, joyeuses images de manifs. Comme toujours, la majorité silencieuse l'aura dans l'os…
aludosan Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Merci c'est gentil! Oui pas de problème si tu veux le transmettre à l'auteur de ce blog très intéressant que je ne connaissais pas et qui fait du bien à lire, et montre que tous les "enseignants-chercheurs" (c'est le nouveau vocable novlangue) ne sont pas aussi corporatistes qu'on veut bien nous le faire croire.Pour la solution, ben honnêtement je n'en vois guère de très favorable à un changement. Comme tous les mouvements étudiants (+ profs cette fois-ci), le scénario classique va sûrement se reproduire: manifs, journées "banalisées", "grêve active" ou sempiternels blocages, agrémentés d'AG totalisantes aux relents d'assemblée des Soviets (avec les 3/4 de la salle n'appartenant pas à l'université où elle a lieu, ou même des gens n'étant absolument pas étudiants mais de joyeux anarcho-syndicalistes de la CNT, trotsks, membres de feu la LCR, ou même des autonomes…). Puis recul du gouvernement (une médiatrice a déjà été nommée), négociations technico-conservatrices avec les syndicats, puis, au choix, recul de l'annonce du décret à X mois, voire nouveau décret vidé de sa substance, mais quand même promulgué histoire de donner un impression de réforme… Les étudiants, en attendant, auront perdu plusieurs heures (semaines…) de cours, les media présenteront "les jeunes" comme tous unis derrière le corps enseignant contre méchant Sarko, joyeuses images de manifs. Comme toujours, la majorité silencieuse l'aura dans l'os… Hélas, rien à rajouter. Le tableau me parait complet (et affligeant…)
0100011 Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 A bien des égards ça me rappelle ce mythe du golem qui devenu trop grand n'est plus maitrisable. L'état crée un truc gigantesque, centralisé, homogène mais doté d'une vie propre (ce qui n'est pas le cas de l'armée qui normalement est "aux ordres").
aludosan Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 A bien des égards ça me rappelle ce mythe du golem qui devenu trop grand n'est plus maitrisable. L'état crée un truc gigantesque, centralisé, homogène mais doté d'une vie propre (ce qui n'est pas le cas de l'armée qui normalement est "aux ordres"). Je crois, humblement, que l'Education et la Santé ont beaucoup de points communs: -qualité peu mesurable de manière claire et "objective" -effets "finaux" à des horizons tellement lointains que les relations de cause à effet sont difficilement démontrables -absence d'effets "spécifiques" (la santé d'un individu ne dépend pas que du système de soins; de manière analogue, la réussite professionnelle et/ou humaine d'un individu ne dépend pas que du système éducatif) -dans les deux cas, pour des raisons idéologiques, l'intervention "publique" peut paraitre indispensable Devant ces difficultés, il ya plusieurs effets conjuguées: - la "gouvernance" de ces systèmes se fait, en vérité, au "pif": celui des individus se trouvant (fort temporairement) aux manettes, celui des lobbys dominants (qui changent, eux-aussi, assez vite), etc. - les "succes" ou "insucces" ne font jamais l'objet d'un quelconque consensus (normal, il n'y a aucune base de discussion "objective" et donc indépendante des partis-pris idéologiques…) - les dirigeants "en droit" (ministres, politiciens) en ont soit des idées propres (mais probablement fausses), soit sont contents de se remettre aux appréciations et plans des "experts". Sur ce dernier point c'est franchement cocasse: les experts en question sont généralement… issus du corps enseignant lui-même! A première vue, rien d'illogique, mais en réalité ça revient à demander aux gens de chez Renault ce qu'ils pensent de leurs propres voitures. A quelques rares exceptions, on peut deviner la réponse… Je ne sais pas s'il y a une solution pour surmonter cette difficulté (absence de tout indicateur clair de "qualité"). Admettons que cette spécificité soit inhérente à la nature-même des domaines. OK. Le bon-sens et la prudence commanderaient alors… justement de ne pas "mettre tous ses oeufs dans un même panier" puisque, à priori, nous ne savons pas quel "panier" sera le bon ( nous ne le saurons jamais d'ailleurs, vue l'absence de critère indiscutable pour définir ce qui est "bon"). Or, "mettre ses oeufs dans plusieurs paniers" reviendrait… justement, à admettre l'autonomie des écoles, une certaine concurrence, une certaine diversité. Et s'en remettre au jugement du "client" (les parents, en ocurence), non pas parce que ce jugement-là serait à priori meilleur, mais simplement parce que nous n'avons pas de solution certifiée comme "bonne" et dés lors nul n'a de légitimité pour imposer telle ou telle solution au détriment d'une autre. Le problème vient, une fois de plus, de cette foutue tradition profonde de centralisme jacobin qui irrigue la mentalité de ce pays. Ajoutons à cela que le temps et les pratiques ont conforté certains (énarques, syndicalistes,etc.) dans l'idée qu'ils seraient des "éclairés", en droit (et même au devoir) de parler au nom des autres et de "montrer la voie". Le discours gauchiste sur "l'égalité" (confondue allégrement avec "uniformité") n'est qu'un énième avatar du jacobinisme. Quant au "plus de moyens"… il dérive de l'absence de concurrence et de la même absence de critère clairs d'évaluation-qualité et de "stratégie". Vous pourriez, dans un débat (hypothétique) demander: " Plus de moyens AFIN QUE QUOI?" Vous aurez, certes, une multitude de réponses. Comment allez-VOUS choisir la bonne ? Car la question ultérieure serait: " Pour atteindre tel objectif, les moyens choisis sont-ils les meilleurs? les plus économes?" Mais comment faire des évaluations "Coût-Efficacité" si vous n'avez aucun critère clair pour définir l'Efficacité ? Pour revenir à ta remarque, sur la "vie propre" de ce "golem": forcement car, par nature, il n'y a pas "gouvernable". La seule solution, dans un tel cas, c'est… justement, de ne pas créer un seul monstre, immense, mais plusieurs petits: croyez-vous que, dans l'hypothèse d'écoles privées, il n'y aura pas des démarches idiotes et calamiteuses ? Bien sûr que si. La seule chose que l'on puisse faire c'est de "limiter la casse", en divisant un grand risque en plusieurs petits risques…
xxc Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Comme toujours, la seule solution à ce problème d'irresponsabilité des enseignants-chercheurs, c'est la Privatisation (et donc la concurrence entre établissement). L'Éducation nationale ne peut pas être privatisée, ce n'est pas une entreprise. Tu veux sans doute parler de libéralisation du système.
Drake Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Attention, il n'est pas impossible que les réformes qui ont l'apparence du libéralisme (décentralisation, autonomie de gestion, augmentation de la part du budget discrétionnaire, coopération avec le monde de l'entreprise et entrée de ses représentants aux conseils d'administration, etc) sans mener la logique à son terme (ie la privatisation, impossible politiquement en France) puissent en réalité résulter paradoxalement en une simple surcroit de tâches administratives pour les universitaires sans améliorer l'efficacité du système, voire renforcer certaines féodalités bien enkystées. L'autonomie, c'est bien, mais quid de la responsabilité qui l'accompagne? Concrètement quels sont les éléments qui viennent sanctionner - en bien ou en mal - les décisions et la stratégie du conseil d'administration de l'Université, quelles sont les incitation individuelles à la bonne gestion de chacun des membres du CA et de la direction ? Tout cela m'évoque les mesures de "libéralisation" de l'économie russe sous Brejnev. Dans un cadre soviétique, cela n'a pas donné grand chose. PS @ Layen : Ni "enseignants", ni "chercheurs", ni "enseignants-chercheurs" ne me semblent relever de la novlangue.
xxc Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 A bien des égards ça me rappelle ce mythe du golem qui devenu trop grand n'est plus maitrisable. L'état crée un truc gigantesque, centralisé, homogène mais doté d'une vie propre (ce qui n'est pas le cas de l'armée qui normalement est "aux ordres"). Centralisé et homogène ? Ça mérite discussion !
aludosan Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Attention, il n'est pas impossible que les réformes qui ont l'apparence du libéralisme (décentralisation, autonomie de gestion, augmentation de la part du budget discrétionnaire, coopération avec le monde de l'entreprise et entrée de ses représentants aux conseils d'administration, etc) sans mener la logique à son terme (ie la privatisation, impossible politiquement en France) puissent en réalité résulter paradoxalement en une simple surcroit de tâches administratives pour les universitaires sans améliorer l'efficacité du système, voire renforcer certaines féodalités bien enkystées. L'autonomie, c'est bien, mais quid de la responsabilité qui l'accompagne? Concrètement quels sont les éléments qui viennent sanctionner - en bien ou en mal - les décisions et la stratégie du conseil d'administration de l'Université, quelles sont les incitation individuelles à la bonne gestion de chacun des membres du CA et de la direction ?Tout cela m'évoque les mesures de "libéralisation" de l'économie russe sous Brejnev. Dans un cadre soviétique, cela n'a pas donné grand chose. PS @ Aludosan : Ni "enseignants", ni "chercheurs", ni "enseignants-chercheurs" ne me semblent relever de la novlangue. Je crois qu'il y a erreur de personne: je ne me suis jamais prononcé sur le sujet (et, effectivement, je ne crois pas non plus que les mots en question relèvent d'une queconque novlangue). Par ailleurs, je suis parfaitement d'accord avec toi sur le risque de générer des usines à gaz administratives et/ou des "baronnies" locales si la démarche de décentralisation est incomplète.
Drake Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Je crois qu'il y a erreur de personne: je ne me suis jamais prononcé sur le sujet (et, effectivement, je ne crois pas non plus que les mots en question relèvent d'une queconque novlangue). Corrigé. Toutes mes confuses ! Par ailleurs, je suis parfaitement d'accord avec toi sur le risque de générer des usines à gaz administratives et/ou des "baronnies" locales si la démarche de décentralisation est incomplète. C'est le retour que j'ai de la part de plusieurs responsables de labo : plus de réunion pour remplir les dossiers du ministère et conserver son budget et au final un fonctionnement bureaucratique inchangé.
Citronne Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 J'ai beau être à l'autre bout du monde, voir tout cela me donne mal au coeur… J'ai subi un énorme blocage l'année dernière et savoir que ça recommence cette année ne me donne pas de grands espoirs pour la suite de l'histoire de l'Université fraônçaise. Ils n'en auront jamais fini et ce pays coure sérieusement à sa perte.
0100011 Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Centralisé et homogène ? Ça mérite discussion ! Qui donne les sous, qui attribue les postes, qui décide où sont les "pôles de compétitivité", la grille des salaires et l'avancement est la même partout etc.
xxc Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 Qui donne les sous, qui attribue les postes, qui décide où sont les "pôles de compétitivité", la grille des salaires et l'avancement est la même partout etc. Pour ce qui des postes, il y a des fonctionnaires d'État, des fonctionnaires des collectivités, des emplois sous contrat public ou sous contrat privé. Les manières de travailler sont différentes d'une région à l'autre, d'un département à l'autre. Le système est plus éclaté que tu ne sembles le croire.
Nick de Cusa Posté 10 février 2009 Signaler Posté 10 février 2009 ce pays coure sérieusement à sa perte. En CPCSASPTM, CPEFTM trouve un concurrent de bien meilleures qualité et à des tarifs pas si différents que ça. Que le meilleur gagne. L'Éducation nationale ne peut pas être privatisée, ce n'est pas une entreprise. Tu veux sans doute parler de libéralisation du système. C'est vrai, il n'y a aucune raison de parler de privatisation. La suppression pure et simple suffit.
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