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Anton_K

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  1. J'ai donc lu les onze premières pages intégralement et les annexes un peu plus vite. Le texte est par moments confus et je n'ai pas été toujours convaincu de la connexion réelle entre certains éléments de réflexion. Mes remarques ne seront donc que partielles. Mes remarques vont sembler très négatives mais @Johnathan R. Razorback a pu remarquer dans d'autres échanges qu'il y a un certain nombre de points que je trouve intéressants, simplement j'ai pas grand chose à dire à ces sujets. Tout d'abord, ce texte ne montre pas vraiment une contradiction interne dans ton ancien libéralisme, ou avec quelque chose de manifeste, i.e. une erreur. Il s'agit plutôt de présenter la philosophie d'un auteur, Kekes, que tu as fait tienne pour des raisons assez peu spécifiées, avant d'y ajouter un certain nombre de principes qui te sont propres. Tu montres ensuite que le tout entre en contradiction avec ce que tu appelles libéralisme. Si ton objectif était de montrer une contradiction entre pluralisme au sens strict et libéralisme, à mon avis tu n'y es parvenu qu'au prix d'une vision étonnamment caricaturale du libéralisme, et cela reste indépendant d'un certain nombre d'autres suppositions. Rentrons dans le vif du sujet. Je pense qu'il faut bien séparer, d'une part le rejet du monisme politique, pour lequel il y a des arguments épistémologiques forts, d'autre part la catégorisation de "biens" comme des "biens politiques", et enfin la question du rôle de l'état. Je crois que ces points sont plus indépendants, y compris dans les mots de Kekes que tu cites, que ne le reflète ton texte. 1. On voit bien qu'il y a une tendance moniste dans le libéralisme qui se manifeste par un certain rationalisme et un certain fondationalisme (bien illustré par la tendance ancap dans l'école autrichienne normative), et je pense qu'elle peut être un obstacle méthodologique important. De mon point de vue le libéralisme existe comme théorie pour formuler les réponses à des problèmes biens concrets : la tolérance entre communautés, la limitation du pouvoir des gouvernants. La liberté individuelle n'est qu'une aspiration assez vague, définie en miroir de ces problèmes, à mon sens ce n'est même pas un principe bien défini. Sont bien définis un certain nombre de biens : la sécurité, la propriété, la libre circulation, la libre expression, etc, qui souvent sont garantis par des droits. Le monisme rationaliste, qui tente de faire de la liberté non une aspiration mais un principe bien défini (sous forme du NAP par exemple), n'est qu'une tentative de systématiser cet ensemble de biens ou de droits. Or ça ne fonctionne pas toujours, par exemple l'aspiration à une vie privée semble bien faire appel à l'intuition vague de liberté mais elle ne se réduit (amha) pas de manière convaincante au NAP ou au droit de propriété. Cela étant dit, est-il vraiment important de croire que la liste de ces biens devrait être close, et devrait pouvoir être déduite d'un seul principe? A mon avis non. Ce qui compte doit rester la limitation du pouvoir des gouvernants. Si on rejette le fondationalisme rationaliste, et qu'on se fonde sur les libertés concrètes que j'ai énoncées on est de fait un pluraliste. Il me semble donc que tu vas chercher la contradiction avec le libéralisme sur un terrain beaucoup trop abstrait : déterminer si une théorie politique est fondée sur un ou plusieurs principes relève du choix entre de multiples interprétations, dont certaines sont plus radicales ou caricaturales que d'autres. 2. Ensuite, le rejet du monisme n'est ni l'acceptation d'une forme ou d'un rôle légitime de l'Etat en particulier, ni la reconnaissance d'un quelconque principe comme bien politique. Je ne connais pas bien Kekes, je parle sous ton contrôle et celui de @Fmas, mais je remarque deux choses. a. Il se limite à une liste bien définie, certes longue en nombre d'items mais dont l'intersection des éléments pourrait satisfaire les libéraux classiques et libéraux de gauche les plus généreux, b. la dinstinction entre biens politiques et bien moraux est en fait cruciale dans le cas où le rôle de l'état est de garantir les biens politiques exclusivement. Or, tu es d'une rigueur variable quant à la distinction entre bien politique et bien moral, et entre "garantir les conditions de la vie bonne (voire, donc, seulement de ses aspects politiques)" et "garantir la vie bonne (voire donc, potentiellement dans tous ses aspects...)". Je cite ton résumé d'argument : Il est difficile de resister à l'impression que, schématiquement, le pluralisme et l'idée du rôle de l'état comme garant de la vie bonne te permettent simplement de faire revenir toutes tes intuitions morales au grand galop et de leur donner la légitimité d'impératifs politiques. (C'est ce qui se passe quand tu introduits la garantie de dignité de la personne). Et à mon avis c'est là, bien plus que sur la question du monisme, qu'est ton véritable désaccord avec le libéralisme. Un libéral peut bien être pluraliste, mais il aura tendance à réduire la liste des bien politiques aux petit nombre de ceux dont il pense qu'ils ne peuvent être garantis QUE par l'Etat, ou qu'ils peuvent l'être sans risque d'abus de pouvoir. Tout se passe comme si tu ignorais qu'il existe des contraintes et des dérives propres à l'exercice du pouvoir, qui empêchent fondamentalement sa bienfaisance ou simplement son contrôle. Or, pour autant que ce n'est pas le rejet de principes mais bien la non prise en compte de faits, cela peut être considéré comme une erreur. edit : à mon avis c'est trop tard pour ça, je te cite : Alors d'accord, tu as remplacé la bonté de l'intention, par la bienfaisance, mais quant on parle d'un gouvernement, se satisfaire qu'il soit "composé de personnes bienfaisantes" me semble tout sauf conséquentialiste dès lors que l'on a quelque idées des contraintes et des dérives du pouvoir.
  2. This. En fait dans tout ce que @Johnathan R. Razorback écrit il y a une conception très moraliste du rôle de l'état (alors que Kekes et lui même semblent faire des distinctions en sens contraire) qui a l'air d'ignorer ce qui est un des fondements descriptifs des théories libérales : non seulement il y a des choses que l'Etat ne fait pas bien, mais quand on lui donne du pouvoir, il en abuse. C'est pour ça que peu de biens, pour les libéraux, sont des biens politiques. Il est étonnant que cela échappe à quelqu'un qui a côtoyé les idées libérales si longtemps. Dans ton texte il est manifeste que la distinction entre biens moraux et biens politiques n'est pas prise très au sérieux et que tes intuitions morales deviennent facilement des biens politiques.
  3. Tu devrais intégrer ce schéma d'argument à ton essai, car rien ne permet dans le texte de conserver une idée aussi claire du fil de l'argument. Je vais te faire une réponse ici en me basant sur ça.
  4. Allez je vais le lire en annotant. Mais d'ores et déjà, je te souhaite la ⚡ BIENVENUE DANS LE POST-LIBÉRALISME ⚡ Là où le jeu commence pour de vrai.©
  5. En Arabie Saoudite? Ça n'aurait aucun sens non? Je ne sais pas dire exactement pourquoi Obama voulait faire le deal nucléaire avec l'Iran mais je pense comme @Zagor que la décision de Biden a plus à voir avec une volonté de revenir vers ces objectifs et cette configuration diplomatique là.
  6. Bon @Vilfredo Paretoavait raison c'est très bien Showgirls.
  7. Comme je disais j'aime bien le film et je suis d'accord avec tes remarques. Moi j'avais bien aimé aussi l'idée de la khâgneuse reconvertie dans l'édition de jeux vidéo, truc un peu en dessous de son niveau, qu'elle ne comprend pas et qu'elle relie à tout un univers scabreux.
  8. Justement je pense regarder Showgirls ce soir, et je n'ai pas encore vu Flesh+Blood. Mon classement de ce que j'ai vu : Basic Instinct > Starship Troopers > Robocop > Total Recall > Elle, et j'aime tous ces films même si ayant revu Total Recall récemment et que je l'ai un peu moins apprécié que la fois précédente.
  9. Je comprends pas pourquoi on compare, quand j'ai dit que je l'appréciais en ne prenant pas au sérieux les propos précis qui y sont tenus je n'étais pas en train de dire que ça valait plus le coup que quoi que ce soit d'autre. Sinon moi en ce moment j'ai une grosse phase Verhoeven (j'entends @poney hennir).
  10. Par contre tout ce que nous avons dit sur Navalny ayant été dit, je voudrais pas non plus que ça décrédibilise (j'imagine que le timing de ces critiques n'est pas un hasard complet) son travail d'enquête en lui même, qui a quand même de l'épaisseur en plus d'être plutôt courageux, et dont il tire des leçons politiques qui sont valables.
  11. Beaucoup de films edgy de cette époque sont un peu bêtas dans leur propos explicite. Ça vaut pour les discours de Morpheus et de l'Architecte dans Matrix, mais ça vaut aussi pour Fight Club, et dans une moindre mesure pour Donnie Darko ou même American Beauty pour ce qui est du propos edgy ou anti-conformiste. A mon avis la verbosité était un vice de l'époque et personnellement j'ai appris à apprécier ces films davantage pour leur perspective et leur tonalité générales que comme les films à thèse qu'ils voulaient peut-être être.
  12. Ça c'est parce que tu es trop cultivé et trop subtil, l'ami.
  13. Oui, en fait le libéralisme a été un aspect de la rhétorique de plusieurs mouvements politiques au fil des années (même Poutine a eu une période libérale) mais en général les protagonistes avaient d'autres intérêts (dé-soviétisation, attirer les investissements, nouer des liens avec l'ouest). Pour avoir co-suscité un débat sur le sujet autour d'un évènement SFL, je me souviens de réponses édifiantes de participants Russes : "le libéralisme est incompréhensible dans notre pays et ne se développera jamais, en parler est inutile et insultant". Je résume. Rétrospectivement je respecte ce point de vue. S'il y avait d'autres avis ils ne se sont pas manifestés.
  14. D'accord avec @Zagor en gros, à part concernant ceci : Le plus gros parti communiste russe, le KPRF, relève largement l'opposition contrôlée. Visiblement l'autrice de ce fil Twitter est une sorte de communiste, si elle est jeune elle n'adhère probablement pas à ce parti, et sa remarque sur le fait de combattre le nationalisme avec le communisme dans le contexte russe relève du manque de sérieux. Elle est peut-être en partie triggée par le fait que Navalny est parfois férocement anti-communiste et anti-soviétique (ça transparait pas mal dans le docu/enquête qu'il a sorti hier d'ailleurs). A mon avis ça motive ces accusation de néo-nazisme qui ne sont pas très honnêtes (finalement à part la participation aux marches russes elle n'a pas d'argument solide). Je pense aussi que Navalny est au fond une sorte de populiste de droite, assez opportuniste politiquement (quand elle remarque que son tour social est opportuniste, c'est vrai), pas toujours cohérent entre l'expression personnelle et l'expression politique. Dans ses programmes il est beaucoup moins xénophobe que dans ses prises de position personnelles. Au fond l'idéologie politique n'est pas vraiment son problème, son problème est de mobiliser autour du problème de la corruption et de sa propre personne.
  15. Archipellisation culturelle. Je serais très curieux de savoir si ça concerne aussi des gens ayant une activité pro techno-scientifique, et si ça contribue à une diminution du niveau techno-scientifique "global". Même si à partir du moment où on parle d'archipellisation culturelle il faut se demander à quel échelle on prend la température, ça devrait quand même avoir plus ou moins de sens à l'échelle nationale.
  16. Intéressant, est-ce qu'il y a eu des réponses/contre-arguments? C'est-à-dire ?
  17. On passe doucement de l'épuration des appels à la violence, à celle des théories du complot, puis à celle de la mésinformation en général... notion malléable s'il en est... Edit :
  18. Alors là les amis sans mauvais jeu de mots vous retournez la pierre d'un tout nouveau monde grouillant en ce qui me concerne.
  19. Idéalement le sens d'un concept est donné dans une définition explicite et pas dans son etymon. C'est d'ailleurs une bonne raison ne pas se donner la peine de chercher à traduire. C'était d'ailleurs le parti pris du cours que j'avais suivi sur Être et Temps et on ne s'en portait pas plus mal.
  20. Plutôt "das das da sein", vu que Dasein est utilisé comme un nom en allemand dans le texte. Amha à partir du moment où Heidegger a dit que "l'être là" n'était pas une bonne traduction et qu'il aurait (si je sais lire) proposé celle "l'être le là", il faut surtout ne pas perdre son temps à chercher plus loin. Je posais la question à la base parce que je croyais que c'était le prof qui se la pétait. Si c'est parce qu'à partir du moment où le concept est compris, il se fout de la traduction, ça peut être une saine attitude.
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