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Cortalus

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  1. A l'époque où j'étais en stage à Bruxelles, j'avais suivi un peu les travaux du Parlement européen. Qu'est-ce que c'était chiant. Le truc le plus intellectuellement stimulant que j'ai vu passer dans les travaux parlementaires était le débat sur le taux de cacao dans le chocolat pour avoir le droit de s'appeler chocolat. Le nombre de jeunes stagiaires, assistants parlementaires, lobbyistes, consultants, etc., qui consacrent leur temps à ce genre de truc est ahurissant. Évidemment, car les enjeux économiques sont monstrueux. Difficile d'en avoir une idée précise, mais il était clair pour moi que la corruption était généralisée. Il y avait trop de fric en jeu pour que les votes ne s'achètent pas. Il me semble qu'on évoquait à l'époque (tout début des années 2000) le chiffre de 150 K€ pour un vote d'un député issu de l'ex bloc soviétique (ce n'étaient pas les plus faciles à acheter, juste les moins chers). Mais cela commence à dater et je ne suis plus très sûr du montant. En tout cas, je pense que c'est une des expériences de jeunesse qui m'a mis sur la voie du libéralisme.
  2. Critique incompréhensible pour moi également. OK, l'héroïne n'est pas la plus charismatique du lot, et son évolution est un peu bancale comme le souligne @PABerryer mais le reste de la galerie de personnage est très réussi. Il y a du lourd côté acteurs, et l'écriture est impressionnante : un équilibre rare entre les moments de légèreté et le drame, avec une exposition réduite au minimum. A ce sujet, si on me demande un exemple de show don't tell quand je parle de techniques de narration, je cite spontanément la scène où Caspian élimine son contact handicapé car celui-ci ne pourra pas échapper aux stormtroopers. Le film m'a happé à ce moment pour ne plus me lâcher.
  3. Très vrai. Personnellement, je n'ai qu'un réel reproche à faire à Rogue One : il m'a fait croire que Disney avait compris Star Wars et que l'épisode 7 n'était qu'un faux départ. Il est aujourd'hui très clair que l'outlier est Rogue One. Envoyé de mon Mi Note 10 en utilisant Tapatalk
  4. Tu serais surpris ! Certains auteurs fonctionnent ainsi, pas tous. Il y en a qui partent d'une idée et inventent au fur et à mesure. Et même les écrivains au tempérament le plus architecte et planificateur ne sont pas autant en contrôle qu'ils le souhaiteraient. Une intrigue et des personnages développent une vie propre quand l'écrivain a le souci de la cohérence interne chevillé au corps. Typiquement, on part d'une ébauche, d'une trame, puis on se saisit du stylo ou du pc pour commencer à enquiller les phrases, les paragraphes, les chapitres. Forcément, on ajoute du corps, de l'épaisseur, ce sont des détails, des couleurs, des textures issues de inspirations du moment qui s'additionnent et se stratifient. Et dix chapitres plus tard on se rend compte que tel personnage ou un telle intrigue s'est éloignée du plan initial. La manière dont j'ai écris mon protagoniste n'est pas tout à fait celle dont je l'imaginais au début. De nouvelles idées sont apparues en cours d'écriture et progressivement elles génèrent des tensions avec l'intrigue initialement prévue. Que faire ? Reprendre l'écriture des premiers chapitres pour corriger la trajectoire ? Ou ajuster la trajectoire pour intégrer ces éléments imprévus ? D'expérience, on ne finit jamais un livre si on corrige constamment son début...
  5. Surtout que Diego Luna sait jouer. On l'a vu aussi dans la première saison de Narcos Mexico, qui serait franchement assez médiocre sans sa performance inspirée.
  6. Tu veux dire de toute la production Disney ? Sinon, j'admire ton cran. Personnellement, je n'oserai pas défier si ouvertement les évangélistes de l'Empire contre-attaque !
  7. Fin du parasitisme du paritarisme. Il y a bien sûr les mafias du 1 % logement et de la formation pro, mais c'est globalement tout un éco-système de racket protégé par l'Etat qu'il faut faire sauter. Fin de la gratuité des études supérieures. Le choix de poursuivre ses études et le choix de la filière doivent être des choix économiques.
  8. Sans rentrer dans les questions constitutionnelles et de gouvernance territoriale, pour respecter la proposition de @Mégille de tenir ce sujets à l'écart, je propose une mesure plus technique : l'uniformisation de l'ordre juridique avec la suppression du droit administratif. Plus de Conseil d'Etat et de Tribunal des conflits. Les litiges avec les institutions se règlent devant les juridictions civiles. Simple application du principe d'isonomie.
  9. Beaucoup de choses déjà dites sur lesquelles cela ne sert à rien que j'en rajoute. Je me permets de compléter sur le volet fiscal et immobilier en ajoutant la suppression des droits de mutations. Parmi tous les impôts existants, ils sont l'un de ceux qui créent le plus d'effet pervers en augmentant le coût des logements et en créant un frein à la mobilité géographique, ce qui contribue à rigidifier le marché de l'emploi.
  10. Regarde Rogue One pour te nettoyer les yeux. Respectueux de l'univers, très belle direction artistique, une histoire convaincante avec un fan service bien dosé. C'est pas un film qui ambitionne de réinventer Star Wars. Rogue One assume d'être un spin off, et cela joue clairement en sa faveur.
  11. J'ai rencontré cette semaine un sportif de mon âge (tout début de la quarantaine). Bien sec, athlétique. Il fait de la natation à haut niveau. Hygiène de vie irréprochable. Il a fait un arrêt cardiaque à la piscine. Heureusement pour lui, le personnel a réagi très vite et il y avait un médecin qui nageait dans le bassin qui a pu le réanimer. Mais il a vu la mort de près. Son cerveau a été privé d'oxygène quelques minutes. Il devra vivre avec un peacemaker jusqu'à la fin de ses jours. Il avait eu le vaccin Moderna. C'est une personne raisonnable. Il ne tire pas de conclusions hâtives et il se méfie des propos enflammés de ses connaissances qui font le lien avec le vaccin. Après tout, son injection a eu lieu il y a cinq mois et ce ne serait pas la première fois qu'un sportif fasse un accident cardiaque au cours d'un effort. Mais je me rappellerai toujours son regard qui se perd dans le lointain alors qu'il me raconte son histoire, alors qu'il essaie de se convaincre que le vaccin n'y est pour rien. Il est trop intelligent pour avoir une certitude absolu. Ce n'est pas seulement un dispositif électrique, c'est aussi un doute lancinant et corrosif qu'on lui a glissé sous la peau. Je me suis retenu de lui dire que compte tenu de son âge et de son métabolisme la covid ne présentait pas pour lui un grand risque. Je sais qu'il ne s'est pas fait vacciner par peur de la maladie, mais pour ne pas perdre sa vie sociale et continuer d'aller à la piscine.
  12. Je ne suis pas tout à fait d'accord. En tant qu'écrivain amateur, je pense que c'est finir un livre le plus dur. Cela nécessite une ténacité absolument hors du commun. Bien pire que l'écriture d'une thèse à mon avis. Par contre, si on se limite aux livres effectivement achevés, ce sont évidemment les premières pages qui seront les plus cruciales, d'abord pour l'éditeur potentiel, et ensuite pour le lecteur. Mais souvent ce sont celles qui sont les plus faciles à écrire ! Certes, je me positionne plus du côté de l'auteur et toi du lecteur. Par curiosité, quels sont les ouvrages dont les premières pages t'ont le plus séduit en science-fiction ? Et cet intérêt s'est-il confirmé par la suite ? Historiquement, il faut se rappeler que nos parents ou grand-parents (voire arrière-grand-parents, car j'ai cru comprendre qu'il y a des jeunes qui fréquentent ce forum) n'avaient pas accès à pléthore de livres, en particulier en littérature de genre. Question d'offre (on n'en éditait pas des quantités industrielles comme aujourd'hui) mais aussi de solvabilité de la demande (le livre était cher compte tenu du pouvoir d'achat, on ne pouvait pas pirater des epub, et les bibliothèques publiques regorgeaient des classiques, de littérature blanche et d'ouvrages pour la jeunesse dans le style de Fantômette ou le Club des cinq, mais investissaient plus timidement dans la science-fiction et encore moins dans la fantasy qui avait le tort d'être un genre presque exclusivement anglo-saxon à l'origine). Dans ma famille, les tomes de Dune, Fondation ou le Seigneur des Anneaux ont été usés jusqu'à la corde pour être passés encore et encore entre les mains de plusieurs générations de fratries. On les lisait et relisait, parce qu'il n'y avait rien d'autre dans le genre, et si le début n'était pas des plus enthousiasmant, on n'allait pas s'interrompre pour entamer un autre ouvrage plus prometteur. L'alternative, c'était de faire ses devoirs ou d'aller donner un coup de main au jardin pour déterrer les radis ou les patates (pour la génération de mes parents) ou pour tondre la pelouse (ça c'est ma génération, on s'est embourgeoisé).
  13. Les premiers tomes de Fondation passent mieux quand on les prend pour ce qu'ils sont : des recueils de fables politiques. Quand le Mulet arrive puis la Seconde Fondation, le cycle prend bien sûr une toute autre dimension. Mais si ces éléments perturbateurs ont un tel impact narratif, c'est bien parce que les premières nouvelles posent très bien les bases de l'univers. On n'écrit plus comme ça de nos jours, car il faut happer le lecteur immédiatement. Et à certains égards, je trouve cela dommage. Parfois, à force de vouloir démarrer in media res, le world building perd en profondeur. Alors bien sûr, le lecteur moderne pourra trouver que dans le genre, des space operas comme Dune (paru quand même une quinzaine d'années plus tard), ou Hyperion pour une référence encore plus récente, sont beaucoup plus efficaces dans leur démarrage. Mais je trouve assez injuste de juger à cette aune une œuvre séminale parue au tout début des années 50, dans un contexte littéraire, éditorial et politique très différent.
  14. Je n'ai pas encore vu le sixième épisode de Fondation, qui vient de sortir. Je vais probablement me le procurer et le visionner, poussé par la même curiosité malsaine qui m'avait fait tenir pendant la série Watchmen. Essayer de comprendre le processus qui a mené à cette chose. Il y a un fantastique matériau de base, des moyens, au moins quelques acteurs compétents, et même des idées originales et stimulantes qui méritent d'être développées. Considérant l'aridité des premiers tomes de l’œuvre d'Asimov en matière de caractérisation et de développement des personnages, j'étais prêt à accepter que la série télé prenne de considérables libertés pour enrichir le scénario de base. Mais les créateurs de cette série réussissent à nous présenter des personnages qui ont encore moins d'épaisseur et de charisme que ceux d'Asimov.
  15. La fin de Lost n'apportait pas de conclusion satisfaisante aux nombreuses trames scénaristiques qui nous tenaient en haleine, mais respectait les personnages. Or, il s'agit d'une œuvre chorale dans laquelle la galerie de personnages contribuait au moins autant que les intrigues et les mystères à l'intérêt des spectateurs. En cela, la fin de la série restait assez émouvante. En ce qui me concerne, dans le cas de Lost, je peux ressortir au premier degré le cliché "ce n'est pas la destination qui compte, mais le voyage et les gens rencontrés sur la route". Alors que la fin de GoT ne respecte pas les personnages. C'est pour cela qu'elle ternit rétrospectivement toute la série bien plus que celle de Lost.
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