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Coligny

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Tout ce qui a été posté par Coligny

  1. Coligny

    Gilets jaunes

    Ouch. Le gars au bonnet ne s'y attendait pas.
  2. Coligny

    Gilets jaunes

    Tout à fait et c'est bien dommage car c'était (c'est ?) une sacré opportunité pour diffuser une brise de liberté dans ce pays, opportunité qu'on avait quand même pas vu depuis longtemps.
  3. Coligny

    Gilets jaunes

    Difficile effectivement de parler de ce mouvement en tant que tel. Ce que je pense néanmoins c'est que le français de base est un être un peu perdu dans sa petite tête; un être profondément sympathique dont le peu d'honneur auquel il peut encore se raccrocher tend à se révolter quand ses intérêts sont directement entravés par l'Etat (ce qui témoigne qu'au fond de tout ça, dans sa sympathique conscience, dans quelques nappes phréatiques, il y a encore un instinct d'ubermensch) mais qui a en même temps avalé des décennies de propagande de l'école maternelle en passant par ses années de lycée et d'université, jusqu'à sa carrière professionnelle, à travers les médias et toutes les institutions qui font parties de son petit monde, qu'au fond, dans sa tête c'est aussi bordélique que la scène des tubes pneumatiques dans le film Brazil. J'ai dans mon entourage pas mal de gilets jaunes et leurs discours sont tout simplement incohérents et contradictoires. On sent la petite fibre libérale, le ras le bol d'être ponctionné de la moitié de ses revenus, de ses héritages, etc. mais quasiment aucun ne tire vraiment les bonnes conclusions au raisonnement qu'il mène. On s'en prend aux riches, à la suppression de l'ISF, aux big corporations qui ne paient pas d'impôts, à l'austérité budgétaire, etc. Pour cela qu'a mon sens ce mouvement, même si les racines étaient saines, va fleurir en une belle rose socialiste comme toujours dans ce pays, car absorbé par des idéologies ultra structurées
  4. Coligny

    Gilets jaunes

    La haine du riche, comme instinct tribal, finit toujours par se montrer. Ce mouvement n'est qu'une autre facette de l'étatisme à la française.
  5. Coligny

    Indépendance financière

    Admettons donc que tu ne critiques la privation si elle n'a que pour seul objectif d'accumuler un capital suffisant pour tomber dans l'oisiveté ensuite (bien que tes précédents messages condamnent bien plus la frugalité excessive en générale) : le coût tout d'abord est incertain et totalement subjectif (tu mesures un certain degré de souffrance sans tenir compte du caractère même de ces gens là qui sont aptes à mener un tel train de vie, et donc non tout le monde n'en souffre pas, de là à recommander ce modèle de vie à tout le monde, non), l'argument teinté du carpe diem (vivons la vie au jour le jour, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve) est assez facile et en raisonnant en ce sens, on ne bâtirait pas grand chose dans la vie ; l'argument psychologique est convaincant et je suis d'accord, une personne ayant vécue sa vie durant dans une grande austérité aura un grand blocage psychologique à l'idée de dépenser à nouveau. Mais c'est un peu l'idée même de ce concept : les revenus accumulés dans la phase d'activité à coup de privations permettent une seule et éventuelle indépendance financière, càd une vie future inactive tout aussi paisible et responsable, pas une vie de jet setter. C'est donc plutôt cohérent ; dans l'ensemble ce choix colle à une certaine perception de la vie/ personnalité.
  6. Coligny

    Indépendance financière

    Tu supposes un modèle de vie qui conduirait à un certain idéal mais ce n'est pas la vie que tout le monde souhaite prendre en modèle. La frugalité a du bon et peut être motivée par tout un tas de facteurs psychologiques, religieux,... C'est mon côté méthodiste qui va parler, mais je me retrouve dans les propos de Eltourist ; s'imposer des privations n'a pas pour unique objectif de cesser toute activité ultérieure dans les années qui suivent et vivre en tant que rentier (ce qui me répugnerait) mais il faut voir cet acte dans sa dimension même : épargner excessivement, se restreindre apporte un sentiment de contrôle, une estime de soi, une certaine félicité qui fait défaut à toute dépense (associée plutôt à un certain sentiment de culpabilité, d'écart). Je caricature bien sûr à l'envi dans ce cas de figure, mais penser que les individus légèrement freak-control sur les bords, prêts à une épargne excessive, une austérité constante, souffrent de cette situation, c'est totalement méconnaitre le genre de caractère qui préside à ces modes de vie. « Exhortons tous les chrétiens à gagner et à épargner tout leur saoul, autrement dit à s’enrichir »
  7. Comme je suis en vacance, j'en profite pour lire un énorme pavé sur l'Histoire du Protestantisme en 3 volumes. C'est assurément la plus belle religion qui ait jamais été conçue à mon sens. Quelle fierté. Ce degré d'abstraction dans la relation - sans médiation - avec Dieu, si loin du paganisme (et de l'autoritarisme) catholique. Existe t-il un thread sur la religion ?
  8. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je suis chrétien mais je dois avouer que j'ai la gueule d'un juif israélien car je suis très brun, yeux noirs et je bronze facilement donc tout le monde pense que je suis juif ici. Mais ta question est extrêmement intéressante : je pense qu'un non juif se sentira toujours en dehors de cette société et c'est pourquoi, sauf à obtenir une opportunité de carrière énorme en Israël, je ne pourrais jamais y "vivre". Mais ça c'est plutôt sur le long terme donc, autrement le marché du travail est beaucoup plus souple en Israël et s'inspire beaucoup du modèle americain (comme dans de nombreux autres secteurs), et n'importe quel immigré (non juif compris) trouverait rapidement ses marques ici.
  9. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    C'est tout à fait ça en réalité. Et au quotidien c'est pesant. Mais à côté de ça, je me fais inviter régulièrement pour shabbat chez des gens que je connais à peine, il y a une vraie culture de la communication, de l'idée de réseau (héritage juif je pense). Et trouver un emploi est super simple ; je voulais travailler un peu en parallèle de la fac, j'ai demandé à mon ami qui a demandé à un autre ami un job et je bosse maintenant quelques après midi par mois comme vendeur dans un magasin (je ne parle quasiment pas hébreu et mon visa n'est même pas adéquat).
  10. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Ah ouais mais Herzliya est un peu leur 16e arrondissement
  11. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je n'aime pas généraliser mais tu conviendras quand même que les israéliens sont dans l'ensemble assez sauvages dans leur façon de se comporter. Mais on s'y fait. Et je me comporte moi aussi comme un sauvage désormais. Le retour à Paris va être dur. J'ai rarement eu un si grand coup de coeur pour un pays.
  12. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Il n'y strictement aucune règle de politesse, de courtoisie, d'attention à l'égard des autres (ce qui contraste avec le fait qu'ils sont extrêmement devoués et ouvre facilement leurs portes). Et l'hygiène laisse carrément à désirer (tout le monde pisse dans la rue à Tel Aviv par exemple).
  13. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    L'hébreu est une langue très simple finalement. J'ai commencé le programme Ulpan, je pense parler assez couramment à la fin de mon année.
  14. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Mmm... ma manager habite en ""colonie"" israélienne, ce qui est quand même plus sensible que de visiter Bethléem par exemple (qui effectivement ne pose aucun problème) et ce y compris pour un français.
  15. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Ça fait désormais trois semaines que je vis en Israël et j'ai fait à peu près le tour du pays (Tel aviv, Jerusalem, Haifa, Nazareth, Eilat...) pour me donner une idée de la vie ici. Honnêtement, même si au début c'était laborieux car les israéliens sont d'une vulgarité sans égal, je m'y plais énormément et me sens de plus en plus connecté à cette terre. Les gens sont dynamiques, travaillent énormément et il y a une certaine insouciance du politique que j'admire beaucoup. Il m'est arrivé tellement de choses totalement loufoques dont celle ci : j'ai fêté Rosh Hashana chez ma manager qui habite dans la West Bank. Elle ne m'avait absolument pas prévenu et avait appelé un taxi pour moi, ce qui fait que je me suis retrouvé au milieu des territoires disputés sans trop rien comprendre. A 2 heures du matin, aucun taxi ne voulait venir me chercher dans ces zones là ; j'ai appelé un ami juif de Tel Aviv (qui a un crush sur moi, d'où le dévouement) et qui a traversé tout le pays pour venir me chercher dans ce trou. Il était carrément flippé au moment de passer la frontière ; j'étais énormément alcoolisé donc sur le moment je trouvais ça un peu balagan mais sans trop m'en soucier. Puis le lendemain j'ai réalisé que, ouais quand même, c'était délicat. (+ cf l'attentat aujourd'hui contre 3 israéliens en territoire) Ah et les transports publics sont ici une catastrophe monumentale. Je ne me plaindrai plus jamais du RER parisien.
  16. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Qui est Gio ?
  17. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Et c'est précisément lorsqu'il comprend que tout n'est que médiocrité, et triste banalité, qu'il trouve la force d'écrire son roman à la fin de La Recherche. Il y a une dimension ascétique très prononcée (Proust était grand lecteur de Schopenhauer). Le parallèle que tu fais avec la Bovary est génial car La Recherche est un peu la résolution du paradoxe de Emma Bovary : elle aurait pu s'épargner un suicide si elle avait trouvé, à travers l'art, cette aptitude à sublimer ce quotidien médiocre, à "transformer la boue en or", à puiser dans le spleen une force créatrice. Les 7 tomes de la Recherche raconte le dynamisme de cette force ; elle puise sa source dans la négation du monde matériel et dans la recherche d'une forme d'éternité, d'un temps sublime et extensif. Le titre "A la Recherche du temps perdu", ne fait pas seulement référence au temps de son enfance que le narrateur essaie de retrouver (à travers ses souvenirs), mais à la recherche de l'idée même du "Temps", que les hommes ont perdue, en ne concevant le temps que comme le marquage d'un instant T et plus dans son idée englobante d'éternité, de ce "long" temps (l'incipit commence d'ailleurs par "Longtemps, je me suis couché de bonne heure", il faut entendre Long-temps et Bon-heur : c'est annonciateur du bonheur qu'obtiendra le narrateur en retrouvant ce temps long). Le final de La Recherche, qui aboutit à retrouver ce Temps, est la plus belle création humaine jamais conçue : "Si du moins il m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes — entre lesquelles tant de jours sont venus se placer — dans le Temps."
  18. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Les romans de Flaubert sont plus sombres qu'ils en ont l'air : l'enfance désastreuse de la Rosanette dans l'Education sentimentale (viol infantile), la vie misérable de Charles Bovary, la pauvreté de sa fille à la fin réduite à rien, la description très fréquente de cadavres, de corps en putréfaction tout comme la charogne de Baudelaire. La figure de l'Aveugle dans Madame Bovary résume un peu tout le spectre de désoeuvrement qui plane sur les romans de Flaubert. Proust c'est plutôt dans la veine du libertinage et persiflage aristocratique, immémoriel donc...
  19. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Pente glissante, cher ami, attention Proust c'est Flaubert puissance 1000. Les faits bruts tiennent sur un post it mais la pureté du style rend l'oeuvre éblouissante. Et là encore, les faits sont relativement inintéressants. Ps : Rousseau est un trop grand menteur pour qualifier son oeuvre d'autobiographie. Roman, donc!
  20. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Tu me jugerais si je te disais que mon roman préféré est l'inintéressante vie de J-J Rousseau qu'il raconte à travers les 1000 pages de ses Confessions. Mais voilà, l'art est ici : dans l'inutile.
  21. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Oui enfin, on parle de Madame Bovary quand même. "Elle resta perdue de stupeur et n'ayant plus conscience d'elle-même que par le battement de ses artères, qu'elle croyait entendre s'échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu'une onde, et les sillons lui parurent d'immenses vagues brunes qui déferlaient. Tout ce qu'il y avait dans sa tête de réminiscences, d'idées, s'échappait à la fois, d'un seul bond, comme les mille pièces d'un feu d'artifice." Si cela est esthétiquement laid, je retourne marcher à quatre pattes et je ne lis plus aucun bouquin.
  22. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    L'art pour l'art ne diffère pas de la quête du Beau. C'est même son unique aboutissement. Flaubert a très bien théorisé cette notion. "Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’Art est dans ces voies. C’est pour cela qu’il n’y a ni beaux ni vilains sujets et qu’on pourrait presque établir comme axiome, en se posant au point de vue de l’Art pur, qu’il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses.". Résultat, il publie le plus beau roman de l'humanité, Madame Bovary, qui n'a aucune quelconque notion du juste, du bien, du mal, du moral.
  23. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Je suis de mauvaise foi ; le Centre Pompidou est ma seconde maison.
  24. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    A côté d'une œuvre disons, du même Cy Twombly, un légat à l'égo tout à fait honnête, va t'expliquer dans un petit encadré que l’œuvre (ci dessous) représente l'écoulement menstruel et l'angoisse post-oedipienne de la castration féminine.
  25. Coligny

    Je raconte ma life 8, petits suisses & lapidations

    Pardon: les livres que l'on achète à la sortie. A vrai dire, je ne lis jamais les cartels, ce style journalistique m'insupporte. Mais le livre sur Cy Twombly de l'exposition Pompidou, ce nouveau Raphaël, était ravissant de bêtise. Mais j'ai quand même un souvenir d'un certain cartel : aux expositions permanentes du Centre Pompidou, face à un écran de cinéma où un homme mange une cuisse de poulet sur un air d'opéra italien, un cartel t'explique les voies impénétrables de ce machin. Brillant.
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