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melodius

Le Libéralisme Est-il Un "pragmatisme" ?

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Ce que je trouve intolérable, c'est cette sorte d'OPA-racket sur le libéralisme opérée par quelques libertariens, les plus bavards du forum, qui à tout propos disent "ceci n'est pas libéral, untel n'est pas libéral, machin est la honte du libéralisme" etc etc alors qu'en fait leur analyse opère une confusion-assimilation entre libéralisme et pensée libertarienne.

Je ne me mettrais pas en colère si j'étais accusé de n'être pas libertarien, je ne le suis pas.

Mais l'accusation permanente d'être un 'socialiste de droite" quand on n'est pas libertarien c'est un peu fatigant. La diversité de mots recouvre une diversité de définitions. Si le mot libertarien a été conçu, c'est parce qu'il ne recouvre pas le terme libéralisme, et les libertariens n'ont AUCUNE légitimité pour parler au nom du libéralisme et dire ce qu'est le libéralisme.

Ils parlent au nom de la pensée libertarienne, point, pas au nom du libéralisme. Le libéralisme ne vous appartient pas. Le libéralisme n'est pas l'anar-capitalisme point final. Le libéralisme n'est pas une religion avec un livre révélé qui permettrait de dire "untel est libéral parce qu'il a récité son credo correctement, l'autre est un hérétique je propose une purge et en attendant je le mets en Ignore List".

Le libéralisme a des penseurs dans l'Histoire, mais eux-mêmes ne possèdent pas le libéralisme. Un courant politique cela évolue, et on peut être en désaccord avec un théoricien d'il y a cent ans, ce n'est pas Jésus.

Un courant politique est surtout relatif à la société dans laquelle il évolue.

"Libéraux", en France, ça a une signification bien plus large que celle que voudrait Ronnie, et Ronnie n'a AUCUNE légitimité pour dire "non tous ces gens là ne sont pas des libéraux ce sont des socialistes de droite". Que Ronnie dise "ce ne sont pas des libertariens", et qu'il laisse le libéralisme en paix, avec sa diversité et sa pluralité.

Cette mise dans le même sac de l'UMP et du PS sous la bannière "UMPS" ressemble fort à la confusion populiste qu'opère le Front National au même sujet. ça sent très mauvais. C'est une insulte intellectuelle. Dans le champ de la politique possible, il y a une très grande diversité entre l'UMP et le PS, moi je participe à plusieurs commissions de l'UMP, comme la structure de François Guéant et tout ce que je trouve d'un peu dynamique ici ou là ; on travaille des heures pour proposer des avancées pour débloquer le pays face aux blocages socialistes, on fait tout notre possible pour sortir des scléroses socialistes. C'est insultant que des populistes sur un forum, sous couvert de pseudonymes, viennent nous mépriser en permanence en disant "vous êtes pareils que les socialistes, tout ça c'est l'UMPS, NOUS vrais libéraux nous avons toutes les solutions, VOUS vous n'êtes que des cons, des andouilles etc… Et nous vous interdisons de vous dire libéraux. Vous assouplissez le droit du travail? Vous n'êtes pas pour cela des libéraux car vous gardez l'Etat, vous êtes encore pires car vous légitimez et pérennisez cette odieuse tentacule étatique donc vous êtes pareils que Hollande même si lui refuse d'assouplir le droit du travail, cela fait aucune différence sur le fond, et patati et patata."

Passons sur les accusations à l'encontre des libertariens sur ce forum ou encore leur prétendue illégitimité à juger ce qui serait ou pas libéral.

La question intéressante est la vision du libéralisme de AK, qui est résolument indépendante de toute l'histoire du libéralisme et surtout axée presqu'exclusivement sur les rapports de force politiques du moment.

A lire AK, on a l'impression qu'est libéral tout qui n'est pas "de gauche" et qui attache une certaine importance à l'efficience économique.

Reconnaissons qu'il s'agit en effet du libéralisme tel que nous le décrivent la presse et le monde politique.

Qu'en pensez-vous ?

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Reconnaissons qu'il s'agit en effet du libéralisme tel que nous le décrivent la presse et le monde politique.

Qu'en pensez-vous ?

C'est très contre-productif et cela dévalorise profondément l'Idée libérale.

En France, beaucoup de gens de droite, très déçus par l'UMP, cherchent une nouvelle voie. Séduits par la couche superficielle de la philosophie libérale, celle effectivement décrite par la presse, ils ont tôt fait de se déclarer "libéraux".

Quand il s'aperçoivent que le libéralisme est à 100 lieues de ce qu'il imaginait, ils deviennent agressifs et s'approprient le terme mais en rejette l'essence.

Je suis convaincu qu'il est plus facile de convaincre un socialiste de gauche qu'un socialiste de droite.

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En effet, passons sur le programme de la branche de droite de l'UMPS, l'affirmation selon laquelle un embryon de libéralisme s'y trouve ne résiste pas à l'analyse, bien que nous comptions des amis dans ce parti, je pense notamment à Novelli, Madelin, etc… Etre anti-socialiste et être libéral sont deux choses distinctes, il n'est pas nécessaire d'en débattre, car croire cela revient à ne pas connaître l'histoire des idées politiques et philosophiques.

J'ai relevé dans le courrier des lecteurs des Echos quelquechose qui pourrait servir à ceux qui pensent que le libéralisme est un pragmatisme, il s'agit d'un lecteur qui s'est indigné de l'évocation du libéralisme par Favilla, éditorialiste fameux (présentation tout à fait correcte et juste par ailleurs, du reste).

Un marché libre sans société libre ?

Il n'est pas dans mes habitudes de prendre ma plume suite à la lecture d'un éditorial, mais l'article de Favilla, dans l'édition du 19 mai 2005, a déclenché en moi comme un je ne sais quoi d'exaspération et de colère. A la lecture de votre article, au détour d'une phrase : « il n'y a pas de société libre sans marché libre », il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour affirmer que la pensée de Raymond Aron vous imprègne profondément. [comme si c'était une honte!]Malheureusement, ou plutôt heureusement, il existe d'autres penseurs libéraux ayant une conception du libéralisme différente. Je pense en particulier à Benedetto Croce. Pour lui, libéralisme politique et libéralisme économique se rejoignent seulement de façon accidentelle. Votre affirmation est simplement un sophisme de première grandeur, qui n'explique aucunement la réalité historique et politique, et a tendance à la voiler. Dans cette optique, le Chili de Pinochet ou la Chine actuelle ne font figure que d'exceptions dont toute bonne règle en français se doit d'être accompagnée. Au contraire, affirmer comme Croce que libéralisme économique et libéralisme politique ne coïncident que de manière contingente éclaire la réalité historique d'un jour nouveau. En effet, la condition nécessaire à la liberté politique se voit renvoyée dans la sphère où seule est sa place : l'idéologie. Le Chili et la Chine ne sont plus alors des exceptions mais des occurrences de la liaison liberté économique-despotisme politique, comme la France  :icon_up:  et la Grande-Bretagne sont des occurrences de la liaison liberté économique-liberté politique. Pour conclure, n'oubliez pas que pour Pareto, la condition nécessaire à l'existence d'un vrai marché libre dans une société est la constitution d'un Etat libéral.

PHILIPPE MOREL 59100 Roubaix

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[…]

Qu'en pensez-vous ?

Je suis nul en philo mais je réponds quand même.

A la question, "le libéralisme est-il un pragmatisme?", je réponds sans hésiter oui. Le libéralisme, étant la philosophie des droits naturels et un humanisme individualiste, nait de l'observation du réel et de l'être humain et cherche son bonheur.

Je crains que la définition du pragmatisme version Sarkozy soit aussi foireuse que sa définition du libéralisme. Est baptisée pragmatique toute mesure que Sarkozy et ses amis prennent afin de réaliser leur objectif: le bonheur du peuple français (et accessoirement être élu en 2007). Il y a là une erreur grossière: prendre des mesures ne change rien en soi et n'est donc pas pragmatique, c'est l'application par l'état de ces mesures qui a un effet. Et les diverses théories libérales sont unanimes: plus l'état applique des mesures, plus la liberté est bridée et plus les gens sont malheureux.

La théorie Sarkozyenne est plus proche du solipsisme que du pragmatisme: l'idée que la France est à l'image des idées sarkozystes et va se modifier juste parce que le chef le décide et l'annonce à la télé.

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là où il a pas tord c'est que toute idéologie qui veut rester pure court à sa perte

Lieu commun que tu serais bien embêté de devoir démontrer.

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là où il a pas tord c'est que toute idéologie qui veut rester pure court à sa perte

A sa perte, je ne sais pas, mais à celle des autres certainement.

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A la question, "le libéralisme est-il un pragmatisme?", je réponds sans hésiter oui. Le libéralisme, étant la philosophie des droits naturels et un humanisme individualiste, nait de l'observation du réel et de l'être humain et cherche son bonheur.

Mmmm… Dans l'optique libérale que je défends, le bonheur est une quête purement individuelle; il s'agit simplement pour l'Etat de ne pas y mettre de freins superflus.

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De quels "autres" parles-tu ?

De ceux qui ne sont pas d'accord, ou qui ne sont pas dans le moule, dans l'hypothèse bien sûr où l'idéologie acquiert un statut dominant. Je précise toutefois que, pour moi, le libéralisme n'est pas une idéologie.

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J'ai relevé dans le courrier des lecteurs des Echos quelquechose qui pourrait servir à ceux qui pensent que le libéralisme est un pragmatisme, il s'agit d'un lecteur qui s'est indigné de l'évocation du libéralisme par Favilla, éditorialiste fameux (présentation tout à fait correcte et juste par ailleurs, du reste).

Ce lecteur confond une fois de plus capitalisme et libéralisme. Autrement dit, il n'a rien compris à l'article de Favilla.

Il me semble nécessaire et urgent de dénoncer cette fallacieuse distinction entre liberté d'entreprendre et liberté de vivre.

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Mmmm… Dans l'optique libérale que je défends, le bonheur est une quête purement individuelle; il s'agit simplement pour l'Etat de ne pas y mettre de freins superflus.

Ca c'est une définition du libéralisme qui me semble en réfléter parfaitement l'esprit mais pécher par sa trop grande imprécision.

On peut difficilement éviter de parler d'état de droit (la "souveraineté de la loi"), de libertés civiles et économiques ainsi que de libre-échange si on veut définir le libéralisme, non ?

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De ceux qui ne sont pas d'accord, ou qui ne sont pas dans le moule, dans l'hypothèse bien sûr où l'idéologie acquiert un statut dominant. Je précise toutefois que, pour moi, le libéralisme n'est pas une idéologie.

Il ne fait en effet pas l'ombre d'un doute que dans une société libérale, on empêcherait de nuire communistes, nazis et autres totalitaires. Aucun modèle de société ne s'impose sans user de la force, la question est de savoir à qui et de quelle manière l'appliquer.

Sinon, qu'est-ce qu'une idéologie et pourquoi le libéralisme n'en serait-il pas une ?

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[…]

Sinon, qu'est-ce qu'une idéologie et pourquoi le libéralisme n'en serait-il pas une ?

Cette discussion sur la nature idéologique du libéralisme est ailleurs dans le forum. Le libéralisme est une idéologie dans l'acception initiale de ce terme ("théorie philosophique" pour simplifier), mais pas dans l'usage que l'on en fait habituellement et que je résume ainsi: une idéologie est une théorie visant à l'accomplissement d'un idéal social (ou collectif).

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Sur le même fil d'où j'ai tiré le post de AK, Boubou écrit ceci:

Je n'ai pas lu la charte, mais effectivement, pour moi la règle deux poids  deux mesures est inacceptable, au nom d'un vilain principe républicain qui s'appelle l'Egalité.

Je veux bien qu'on me ressorte l'argument selon lequel ce forum est un lieu privé  et qu'on y accepte ou refoule qui on veut, mais je le dis: je trouve cela scandaleux, cette idée que l'on gère "à la tête du client". C'est précisément ce qu'il faut  dénoncer dans la vie de tout les jours, la discrimination au faciès, et il me semble difficilement imaginable que l'on puisse accepter cela sur un forum dédié au libéralisme.

Ca à mon sens, c'est typiquement un argumentaire "libéral" auto-destructeur. Il s'agit en réalité d'un plaidoyer pour une anarchie totale, au sens vulgaire de ce mot (je devrais écrire "anomie" mais je n'aime pas utiliser des termes trop neufs).

De plus Boubou confond personne et agissements. Il est en effet peu libéral de discriminer les gens en se fondant sur ce qu'ils sont, mais l'essence-même du libéralisme est par contre de discriminer en se fondant sur ce qu'ils font.

J'aurais envie d'illustrer tout cela avec des exemples issus de la scission d'avec les PF et l'évolution de ce forum et de ses règles de modération depuis la scission, mais comme je ne suis pas certain que Taranne ne le prendrait pas comme une provocation, je m'abstiendrai.

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Guest jabial
là où il a pas tord c'est que toute idéologie qui veut rester pure court à sa perte

Ca ne veut rien dire, ça. L'amour de la vie, ça court à sa perte?

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Ca c'est une définition du libéralisme qui me semble en réfléter parfaitement l'esprit mais pécher par sa trop grande imprécision.

On peut difficilement éviter de parler d'état de droit (la "souveraineté de la loi"), de libertés civiles et économiques ainsi que de libre-échange si on veut définir le libéralisme, non ?

Bien sûr, mais je répondais simplement sur la question du bonheur - et rien que celle-là. Je me méfie des idéologies ou des doctrines qui font de grandes promesses…

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Cette discussion sur la nature idéologique du libéralisme est ailleurs dans le forum. Le libéralisme est une idéologie dans l'acception initiale de ce terme ("théorie philosophique" pour simplifier), mais pas dans l'usage que l'on en fait habituellement et que je résume ainsi: une idéologie est une théorie visant à l'accomplissement d'un idéal social (ou collectif).

Comment concilies-tu ce point de vue avec ceci:

We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness. --That to secure these rights, Governments are instituted among Men, deriving their just powers from the consent of the governed, --That whenever any Form of Government becomes destructive of these ends, it is the Right of the People to alter or to abolish it, and to institute new Government, laying its foundation on such principles and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their Safety and Happiness.

N'est-ce pas un idéal social et collectif ?

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Bien sûr, mais je répondais simplement sur la question du bonheur - et rien que celle-là. Je me méfie des idéologies ou des doctrines qui font de grandes promesses…

La discussion est plus large que la question du bonheur. De plus, si on refuse de dire ce qu'on défend, on en est réduit à ne plus qu'attaquer ce que disent les autres. C'est peut-être confortable, en ce sens que cela évite des erreurs, mais c'est également fort peu ambitieux.

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Il ne fait en effet pas l'ombre d'un doute que dans une société libérale, on empêcherait de nuire communistes, nazis et autres totalitaires. Aucun modèle de société ne s'impose sans user de la force, la question est de savoir à qui et de quelle manière l'appliquer.

Le tout est que l'empêcher de nuire ne soit pas compris comme empêcher d'être ce qui est la marque des sociétés fermées ou totalitaires. Le libéralisme accepte les différences (je sais, ça fait nunuche mais je ne vois pas comment l'exprimer) et la discussion. A l'inverse, toute idéologie obsédée par la pureté finit obligatoirement par se retourner contre les "impurs".

Sinon, qu'est-ce qu'une idéologie et pourquoi le libéralisme n'en serait-il pas une ?

Une idéologie, du moins dans l'idée très revélienne que je m'en fais, est un système qui prétend à la fois fournir une grille de lecture du monde et apporter une solution univoque et définitive à tous les problèmes. Le libéralisme n'est donc pas selon moi une idéologie, même si certains libéraux peuvent être des idéologues.

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N'est-ce pas un idéal social et collectif ?

C'est un idéal, pas une promesse: les Pères Fondateurs n'affirment pas que demain on va raser gratis et que tout le monde aura son quart d'heure de gloire.

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Comment concilies-tu ce point de vue avec ceci:

N'est-ce pas un idéal social et collectif ?

Je dirais plutôt un idéal universel, comme quand je dis "tous les hommes sont libres".

Par idéal social, je veux dire un idéal qui concerne la société ou la collectivité, en tant que construction différente de l'ensemble de ses constituants.

J'espère que c'est plus clair comme ça.

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Le tout est que l'empêcher de nuire ne soit pas compris comme empêcher d'être ce qui est la marque des sociétés fermées ou totalitaires.

On ne nait pas nazi ou communiste, on le devient. A nouveau, il faut bien différencier essence et actions. Et d'ailleurs oui, si pour être un bon nazi ou un bon communiste on se met à liquider les ennemis de la race ou du peuple, dans une société libérale il est fort probable qu'on t'empêchera "d'être", c-à-d qu'on t'empêchera de nuire en t'expédiant ad patres s'il le faut.

Le libéralisme accepte les différences (je sais, ça fait nunuche mais je ne vois pas comment l'exprimer) et la discussion. A l'inverse, toute idéologie obsédée par la pureté finit obligatoirement par se retourner contre les "impurs".

Aucun système politique ne se maintient s'il n'empêche ceux qui veulent le détruire de le faire. Et comme il y en aura toujours, même sous un régime libéral, cela implique qu'un régime libéral devra trouver un moyen d'empêcher ses ennemis de l'abattre. Ca c'est la réalité, et puisqu'on parle de pragmatisme, ça c'est un problème qu'on ne peut pas ignorer.

Une idéologie, du moins dans l'idée très revélienne que je m'en fais, est un système qui prétend à la fois fournir une grille de lecture du monde et apporter une solution univoque et définitive à tous les problèmes. Le libéralisme n'est donc pas selon moi une idéologie, même si certains libéraux peuvent être des idéologues.

Le libéralisme est certainement une lecture du monde et il vise indéniablement le progrès.

Ce en quoi je te rejoins c'est qu'il ne promet pas de modifier l'être humain et qu'il entend transformer la société principalement en diminuant la coercition. Pour moi, c'est toujours une idéologie, même si elle se veut et si je crois qu'elle est éminemment raisonnable et pragmatique.

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C'est un idéal, pas une promesse: les Pères Fondateurs n'affirment pas que demain on va raser gratis et que tout le monde aura son quart d'heure de gloire.

Ce n'est pas la question, la question est que le libéralisme représente bien un idéal social et non une philosophie ou une religion à usage strictement personnel.

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Je dirais plutôt un idéal universel, comme quand je dis "tous les hommes sont libres".

Par idéal social, je veux dire un idéal qui concerne la société ou la collectivité, en tant que construction différente de l'ensemble de ses constituants.

J'espère que c'est plus clair comme ça.

Oui, mais ça me semble inexact.

Je ne vois pas pourquoi "idéal social" devrait être compris nécessairement dans un sens collectiviste plutôt que dans son sens premier.

Je te signale par ailleurs que ma citation n'est pas issue d'une vague déclaration philosophique mais d'un document juridique et officiel qui justifie la révolution contre un gouvernement injuste, la sécession et l'instauration d'un nouveau gouvernement. On est donc bien dans du super-concret, dans le politique dans tous les sens du terme et donc me semble-t-il dans le "social et collectif".

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Je me méfie des idéologies ou des doctrines qui font de grandes promesses…

Qu'est-ce que promet le libéralisme? La liberté totale?

Est-ce que je me trompe en disant l'étape de raisonnement d'après, c'est de dire que trop de liberté tue la liberté, voir notament:

- la crique par Amartya Sen des libertariens: il parle de base d'information pour établir une théorie de la justice, jugeant celle des libertariens trop restrictive, uniquement basée sur la liberté. D'après lui, l'inconvénient majeur de cette position est que l'on a observé (voir ses thèses avec Jean Drèze) des cas de famines dans certains pays alors même qu'aucun des droits naturels tels que considérés par les libertariens ne soient violés. Il s'agit là d'expliquer que l'Etat a un devoir de cadrer un contexte économique pour les gens afin que la prospérité et le bonheur se développent.

- la critique de Marx, et qui rejoint partiellement celle de Sen, distinguant les libertés formelles et les libertés réelles

- la critique de Machin-Truc-Bidule, philosophe conservateur de son état, qui pense que le libertarianisme et partant, le libéralisme dans son ensemble, risque de conduire à l'anomie, l'absence de civilisations, notamment par le biais de la disparition ou de la corruption des moeurs. Il s'agit là d'expliquer que l'Etat a un devoir de cadrer un contexte moral pour les gens afin que la civilisation s'y développe.

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On ne nait pas nazi ou communiste, on le devient. A nouveau, il faut bien différencier essence et actions. Et d'ailleurs oui, si pour être un bon nazi ou un bon communiste on se met à liquider les ennemis de la race ou du peuple, dans une société libérale il est fort probable qu'on t'empêchera "d'être", c-à-d qu'on t'empêchera de nuire en t'expédiant ad patres s'il le faut.

Aucun système politique ne se maintient s'il n'empêche ceux qui veulent le détruire de le faire. Et comme il y en aura toujours, même sous un régime libéral, cela implique qu'un régime libéral devra trouver un moyen d'empêcher ses ennemis de l'abattre. Ca c'est la réalité, et puisqu'on parle de pragmatisme, ça c'est un problème qu'on ne peut pas ignorer.

Par empêcher d'être, j'entends empêcher autrui de simplement émettre des opinions, au besoin en le "terminant" comme disait Arnold. Qu'un système politique doive se défendre contre ceux qui travaillent activement à sa perte (terroristes, groupes paramilitaires, émeutiers) je n'en disconviens pas. Mais ce n'est pas la même chose que de tirer à vue sur quiconque représente un danger potentiel du fait de ne pas être d'accord. Un système authentiquement libéral se défend, il n'attaque pas.

Le libéralisme est certainement une lecture du monde et il indéniablement, il vise le progrès. Le nier, c'est se voiler la face.

Tout dépend de ce que l'on entend par "lecture du monde". Le libéralisme, au contraire du marxisme par exemple, n'embrasse pas l'ensemble de l'activité humaine, mais se borne aux domaines politique et économique. Il y avait un art socialiste, il n'y a pas d'art libéral (et j'espère qu'il n'y en aura jamais)

Ce en quoi je te rejoins c'est qu'il ne promet pas de modifier l'être humain et qu'il entend transformer la société principalement en diminuant la coercition.

Je dirai plutôt qu'il entend laisser la société évoluer librement. Transformer a un petit côté constructiviste.

Pour moi c'est toujours une idéologie, même si elle se veut et que je crois qu'elle est éminemment raisonnable et pragmatique.

Aucune idéologie n'est raisonnable ni pragmatique, sinon elle ne serait pas une idéologie. :icon_up:

J'ajouterai d'ailleurs à ma définition que l'idéologie se caractérise aussi par le fait d'être en dehors de toute expérience. Là encore, ce n'est pas le cas du libéralisme qui est fondé sur l'observation et l'application de recettes qui marchent (enfin, qui marchent mieux que les autres)

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Ce n'est pas la question, la question est que le libéralisme représente bien un idéal social et non une philosophie ou une religion à usage strictement personnel.

Moi, cela ne me dérange absolûment pas que l'on considère le libéralisme comme un idéologie. Simplement, il faut bien comprendre que, dans l'esprit de beaucoup de gens, l'idéologie a une connotation péjorative.

Pour faire comprendre la différence entre idéal social et universel, je vais prendre un exemple.

Si je dis "Tous les hommes doivent être libres et égaux en droits", c'est un idéal universel. La liberté et les droits sont des questions individuelles.

Si je dis "Tous les hommes doivent avoir le même revenu", c'est un idéal social. Parce que le revenu concerne la relation de chacun avec les autres.

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Qu'est-ce que promet le libéralisme? La liberté totale?

Est-ce que je me trompe en disant l'étape de raisonnement d'après, c'est de dire que trop de liberté tue la liberté, voir notament:

- la crique par Amartya Sen des libertariens: il parle de base d'information pour établir une théorie de la justice, jugeant celle des libertariens trop restrictive, uniquement basée sur la liberté. D'après lui, l'inconvénient majeur de cette position est que l'on a observé (voir ses thèses avec Jean Drèze) des cas de famines dans certains pays alors même qu'aucun des droits naturels tels que considérés par les libertariens ne soient violés. Il s'agit là d'expliquer que l'Etat a un devoir de cadrer un contexte économique pour les gens afin que la prospérité et le bonheur se développent.

- la critique de Marx, et qui rejoint partiellement celle de Sen, distinguant les libertés formelles et les libertés réelles

- la critique de Machin-Truc-Bidule, philosophe conservateur de son état, qui pense que le libertarianisme et partant, le libéralisme dans son ensemble, risque de conduire à l'anomie, l'absence de civilisations, notamment par le biais de la disparition ou de la corruption des moeurs. Il s'agit là d'expliquer que l'Etat a un devoir de cadrer un contexte moral pour les gens afin que la civilisation s'y développe.

Euh… Je ne suis pas certain d'avoir compris le rapport avec mon argumentaire…

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Euh… Je ne suis pas certain d'avoir compris le rapport avec mon argumentaire…

Il n'y en a pas, j'ai juste:

-posé une question adressée à toi

- développé les trois critiques du libéralisme que l'on trouve sur le marché: la critique interne, visant à modérer les libéraux cherchant à "trop" diminuer la taille de l'Etat; et les deux critiques externes, marxistes (pour faire simple) et conservatrice.

C'etait juste un aparté, en fait.

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