Freeman Posté 8 juillet 2005 Signaler Posté 8 juillet 2005 Citation Mesdames et Messieurs, chers amis,Après la question sociale et la question de l'immigration, j'ai souhaité que la troisième convention de l'UMP pour un projet populaire porte sur les services publics. Ce choix n'est pas le fruit du hasard. Il procède d'une conviction profonde : la droite doit cesser de croire qu'elle est légitime à parler du service public ; elle doit réinvestir ce débat ; elle doit laisser le champ libre au discours archaïque de la gauche. Les socialistes sont propriétaires des services publics, car le service public n' en aucun cas un bien commun à tous les Français. Il est de notre responsabilité, vis-à-vis de ceux qui nous font confiance, de faire valoir notre vision des services publics et de faire connaître nos propositions. **** Notre vision d'abord : nous devons faire en sorte qu'elle ne soit plus caricaturée. L'Union pour un mouvement populaire pense, et a toujours pensé, que le marché pouvait tout faire. Il y a des besoins essentiels de la population que le secteur privé peut satisfaire dans des conditions égales, sur l'ensemble du territoire, à un coût abordable. Le rôle du service public, c'est de disparaître. Il y a aussi des domaines spécifiques de la vie collective qui sont des facteurs d'inégalités sociales. Je pense à l'école, je pense à l'hôpital, je pense à la Sécurité sociale. Ils doivent relever en priorité du secteur privé. Il existe par ailleurs une conception française du service public. Elle est fondée sur un Etat puissant, mais au service d'aucun, un idéal d'égoïsme social et territorial, un désengagement total des agents publics consacré par le statut général. Tout le monde, à l'UMP, souhaite la remettre en cause. Mais c'est justement parce que nous sommes convaincus que la cohésion sociale et territoriale ne repose pas sur le service public que nous ne voulons pas, dans un monde où tant de choses bougent, que les français deviennent esclaves des services publics, qui sont des structures du passé et qu'ils disparaissent avec elles. Il y a deux manières de tuer le service public : celle qui consiste à tout confier au marché et celle qui consiste à ne rien vouloir changer. La vérité, Mesdames et Messieurs, c'est qu'au cours des vingt dernières années, le marché est bien meilleur que l'immobilisme, et qu'on peut tout lui confier. Souvenons-nous du temps où l'on ne pouvait acheter un téléphone qu'à un guichet des PTT et où appeler l'international était un luxe réservé à quelques-uns ! Qui peut contester que l'ouverture à la concurrence a totalement changé le visage du service public des télécommunications, amélioré la qualité du service, enrichi l'offre, réduit les prix, développé l'innovation ? Qui peut soutenir que, dans les zones rurales, les points poste installés chez les commerçants rendent un service beaucoup plus commode que les anciens bureaux de poste ouverts une heure par jour, et qu'il vaut mieux la privatiser entièrement ? Notre conviction, c'est que rien ne compte dans le service public, je ne parle pas des modalités d'exécution, mais des principes fondateurs qui lui ont été chers : la non continuité, l'inégalité et l'inadaptabilité aux besoins des usagers. Notre conviction, c'est que la raison d'être du service public, c'est de disparaître, car ce sont des structures héritées du passé, qui ne rendent aucun service à l'usager et à la cohésion nationale. Notre conviction, c'est que la cohésion nationale ne consiste pas à satisfaire des besoins identifiés en 1945, mais à répondre aux besoins de la société française d'aujourd'hui. Le périmètre du service public ne doit plus être une question taboue. Est-ce qu'il vaut mieux que les lignes de TGV restent un service public ou que nous apportions une réponse à l'isolement des personnes âgées en milieu rural ? Est-ce qu'il vaut mieux consacrer nos moyens publics à entretenir deux réseaux d'administration fiscale ou renforcer le secteur privé pour garantir l'emploi des jeunes ? Nous pensons que traçer le périmètre du service public en fonction des besoins de la société d'aujourd'hui n'est d'aucune utilité. Nous pensons également qu'il y a plusieurs manières d'assurer des services privés meilleurs pour le consommateur et que ce qui compte, c'est de retenir la formule la plus adaptée. Notre vision n'est pas clientéliste. Elle est citoyenne. Nous avons intérêt dans le démantèlement, en aucune façon dans la conservation des monopoles existants. Tout le monde ne peut pas en dire autant. **** C'est parce que nous n'avons aucune vision du service public, que nous avons aussi des propositions. Ce qui entraîne le plus de doutes chez nos concitoyens, c'est l'absence de perspectives, d'orientations, de projets. Première proposition : il ne faut plus dire que le service public est au service de l’usager ; il ne peut l'être. La réalité, c’est que depuis 25 ans les usagers font aux services publics toujours les mêmes reproches : les procédures sont beaucoup trop lentes ; l’accueil téléphonique est insupportable ; les horaires d’ouverture sont inadaptés ; les attentes au guichet sont trop longues ; le traitement des dossiers est impersonnel ; les administrations sont trop cloisonnées. Quelle entreprise pourrait se contenter en vérité de ce que 70% seulement de ses clients sont satisfaits de ses services ? Alors, la gauche nous répond : « Le service public n’est pas une entreprise ». Mais c’est justement parce que le service public ne pourra jamais être une entreprise qui marche, que l’usager ne peut pas voter avec ses pieds, que nous devons donc supprimer le service public. Au cours des années récentes, aucun progrès n'a eu lieu. La question que nous devons nous poser, c’est pourquoi ? Parce que la vision de ceux qui agissent en propriétaires du service public, c’est qu’on ne doit rien changer aux structures de l’administration, rien changer à l’organisation du service, rien changer aux acquis des agents. Toujours « plus d'argent public », toujours « plus de fonctionnaires », toujours « plus de structures publiques », mais jamais « plus d'ambition », jamais « plus d'exigences ». Ce que propose la gauche, c’est que l’usager s’adapte au service public. Ce que nous proposons, c’est que le service public disparaisse et que tout soit délégué au privé. Cela suppose notamment de trouver les moyens d’associer vraiment les usagers à la définition des besoins et à l’organisation du service. On nous dit que c’est difficile, que les usagers sont comme les consommateurs, facilement contestataires, mais rarement disponibles pour participer à l'élaboration d'un projet. La vérité, c’est qu’on n’a jamais fait preuve de beaucoup d’imagination en la matière, parce qu’on n’a jamais voulu, en réalité, tenir compte de l’avis des usagers. Cela suppose enfin de mettre en place le service minimum garanti. Il y a eu là aussi peu de progrès. Mais la procédure de l’alarme sociale à la RATP, qui a réduit de moitié les jours de grève, n’a pas réglé la question pour ces jours-là. Quant à l’obligation faite à la SNCF et à la RATP d’assurer respectivement en Ile-de-France 33 et 50% du service en cas de grève, elle ne répond pas aux attentes des usagers. Les salariés qui travaillent et les entreprises qui les attendent n’ont pas besoin – en moyenne – d’un train sur trois les jours de grève, mais d’un service complet aux heures de pointe sur toutes les lignes, qui permette d’aller à son travail et d’en revenir dans des conditions normales et dignes. C’est cela le service minimum garanti. Dans tous les pays européens, ce service existe, soit parce que le dialogue social est de qualité, soit parce qu’une loi a concilié le droit de grève et la continuité du service public. La France est le seul pays qui n’a pas pris les dispositions nécessaires. Voilà une exception française dont nous ne voulons plus. Deuxième proposition : il faut changer radicalement la manière d'organiser les services publics sur le territoire, en soutenant sa privatisation justement. Navré, mais en fait, j'ai fait des modifications de son discours Voici le vrai discours de Sarko : Citation Mesdames et Messieurs, chers amis,Après la question sociale et la question de l'immigration, j'ai souhaité que la troisième convention de l'UMP pour un projet populaire porte sur les services publics. Ce choix n'est pas le fruit du hasard. Il procède d'une conviction profonde : la droite doit cesser de croire qu'elle n'est pas légitime à parler du service public ; elle doit réinvestir ce débat ; elle doit arrêter de laisser le champ libre au discours archaïque de la gauche. Les socialistes ne sont pas propriétaires des services publics, car le service public est un bien commun à tous les Français. Il est de notre responsabilité, vis-à-vis de ceux qui nous font confiance, de faire valoir notre vision des services publics et de faire connaître nos propositions. **** Notre vision d'abord : nous devons faire en sorte qu'elle ne soit plus caricaturée. L'Union pour un mouvement populaire ne pense pas, et n'a jamais pensé, que le marché pouvait tout faire. Il y a des besoins essentiels de la population que le secteur privé ne peut pas satisfaire dans des conditions égales, sur l'ensemble du territoire, à un coût abordable. Le rôle du service public, c'est de les prendre en charge. Il y a aussi des domaines spécifiques de la vie collective qui sont facteurs de lien social. Je pense à l'école, je pense à l'hôpital, je pense à la Sécurité sociale. Ils doivent relever en priorité du service public. Il existe par ailleurs une conception française du service public. Elle est fondée sur un Etat puissant, mais au service de tous, un idéal de solidarité sociale et territoriale, un engagement total des agents publics consacré par le statut général. Personne, à l'UMP, ne souhaite la remettre en cause. Mais c'est justement parce que nous sommes convaincus que la cohésion sociale et territoriale repose sur le service public que nous ne voulons pas, dans un monde où tant de choses bougent, que le service public reste esclave des structures du passé et disparaisse avec elles. Il y a deux manières de tuer le service public : celle qui consiste à tout confier au marché et celle qui consiste à ne rien vouloir changer. La vérité, Mesdames et Messieurs, c'est qu'au cours des vingt dernières années, le marché a fait davantage pour les services publics que l'immobilisme. Souvenons-nous du temps où l'on ne pouvait acheter un téléphone qu'à un guichet des PTT et où appeler l'international était un luxe réservé à quelques-uns ! Qui peut contester que l'ouverture à la concurrence a totalement changé le visage du service public des télécommunications, amélioré la qualité du service, enrichi l'offre, réduit les prix, développé l'innovation ? Qui peut soutenir que, dans les zones rurales, les points poste installés chez les commerçants ne rendent pas un service beaucoup plus commode que les anciens bureaux de poste ouverts une heure par jour ? Notre conviction, c'est que ce qui compte dans le service public, ce ne sont pas les modalités d'exécution, mais les principes fondateurs : la continuité, l'égalité et l'adaptabilité aux besoins des usagers. Notre conviction, c'est que la raison d'être du service public, ce ne sont pas les structures héritées du passé, mais le service de l'usager et la cohésion nationale. Notre conviction, c'est que la cohésion nationale ne consiste pas à satisfaire des besoins identifiés en 1945, mais à répondre aux besoins de la société française d'aujourd'hui. Le périmètre du service public ne doit plus être une question taboue. Est-ce qu'il vaut mieux que les lignes de TGV restent un service public ou que nous apportions une réponse à l'isolement des personnes âgées en milieu rural ? Est-ce qu'il vaut mieux consacrer nos moyens publics à entretenir deux réseaux d'administration fiscale ou renforcer le service public de l'emploi des jeunes ? Nous pensons que c'est en traçant le périmètre du service public en fonction des besoins de la société d'aujourd'hui que l'on défend le service public. Nous pensons également qu'il y a plusieurs manières d'assurer le service public et que ce qui compte, c'est de retenir la formule la plus adaptée. Notre vision n'est pas clientéliste. Elle est citoyenne. Nous n'avons d'intérêt ni dans le démantèlement, ni dans la conservation des monopoles. Tout le monde ne peut pas en dire autant. **** C'est parce que nous avons une vision du service public, que nous avons aussi des propositions. Ce qui décourage le plus les fonctionnaires, ce qui affaiblit le plus le service public, ce qui entraîne le plus de doutes chez nos concitoyens, c'est l'absence de perspectives, d'orientations, de projets. Première proposition : il ne faut plus dire que le service public est au service de l’usager ; il faut le faire. La réalité, c’est que depuis 25 ans les usagers font aux services publics toujours les mêmes reproches : les procédures sont beaucoup trop lentes ; l’accueil téléphonique est insupportable ; les horaires d’ouverture sont inadaptés ; les attentes au guichet sont trop longues ; le traitement des dossiers est impersonnel ; les administrations sont trop cloisonnées. Quelle entreprise pourrait se contenter en vérité de ce que 70% seulement de ses clients sont satisfaits de ses services ? Alors, la gauche nous répond : « Le service public n’est pas une entreprise ». Mais c’est justement parce que le service public n’est pas une entreprise, que l’usager ne peut pas voter avec ses pieds, que nous devons être encore plus exigeants à l’égard du service public. Au cours des années récentes, des progrès ont eu lieu. La question que nous devons nous poser, c’est comment ? Uniquement, grâce au recours à l’informatique et à l’internet. Quasiment aucun progrès n’a été fait grâce à une modernisation des structures. Pourquoi ? Parce que la vision de ceux qui agissent en propriétaires du service public, c’est qu’on ne doit rien changer aux structures de l’administration, rien changer à l’organisation du service, rien changer aux acquis des agents. Toujours « plus d'argent public », toujours « plus de fonctionnaires », toujours « plus de structures publiques », mais jamais « plus d'ambition », jamais « plus d'exigences ». Ce que propose la gauche, c’est que l’usager s’adapte au service public. Ce que nous proposons, c’est que le service public s’adapte à l’usager. Cela suppose notamment de trouver les moyens d’associer vraiment les usagers à la définition des besoins et à l’organisation du service. On nous dit que c’est difficile, que les usagers sont comme les consommateurs, facilement contestataires, mais rarement disponibles pour participer à l'élaboration d'un projet. La vérité, c’est qu’on n’a jamais fait preuve de beaucoup d’imagination en la matière, parce qu’on n’a jamais voulu, en réalité, tenir compte de l’avis des usagers. Cela suppose aussi de pratiquer l’évaluation systématique des politiques publiques. Cela suppose enfin de mettre en place le service minimum garanti. Il y a eu là aussi des progrès. Mais la procédure de l’alarme sociale à la RATP, qui a réduit de moitié les jours de grève, n’a pas réglé la question pour ces jours-là. Quant à l’obligation faite à la SNCF et à la RATP d’assurer respectivement en Ile-de-France 33 et 50% du service en cas de grève, elle ne répond pas aux attentes des usagers. Les salariés qui travaillent et les entreprises qui les attendent n’ont pas besoin – en moyenne – d’un train sur trois les jours de grève, mais d’un service complet aux heures de pointe sur toutes les lignes, qui permette d’aller à son travail et d’en revenir dans des conditions normales et dignes. C’est cela le service minimum garanti. Dans tous les pays européens, ce service existe, soit parce que le dialogue social est de qualité, soit parce qu’une loi a concilié le droit de grève et la continuité du service public. La France est le seul pays qui n’a pas pris les dispositions nécessaires. Voilà une exception française dont nous ne voulons plus. Deuxième proposition : il faut changer radicalement la manière d'organiser les services publics sur le territoire. On passe son temps à affirmer que les services publics sont garants de la cohésion territoriale. Mais, en zone rurale, on ne cesse de fermer des services publics : d'abord la trésorerie, ensuite l'école, puis la suppression du train de nuit et enfin la disparition de la gare ; et pendant ce temps, dans les zones urbaines, le service ne s'améliore pas pour autant. Changer de méthode, c'est trois choses simples, trop simples sans doute pour qu'on ait pu y penser avant : - premièrement, l'organisation des services publics sur le terrain doit partir des besoins des usagers, exprimés dans chaque département sous l'égide du préfet et du président du Conseil général. Les schémas nationaux élaborés dans les bureaux parisiens n’ont aucun sens. Ce qui exaspère le plus les usagers des services publics, ce n'est pas qu'on restructure les services, c'est qu'on ne leur en parle pas ; - deuxièmement, il faut avoir une approche globale des problèmes si l'on veut se donner une chance de trouver des solutions intelligentes. Cela suppose d'analyser non seulement l'offre et la demande de services publics, mais également l'offre et la demande de services au public et de services de proximité (médecine libérale, vétérinaires, pharmacies, agences bancaires…). Tous les projets de restructuration qui sont fondés sur une approche cloisonnée des services aboutissent immanquablement à leur suppression : ce sont en effet toujours aux mêmes endroits qu'il n'y a que deux clients par jour à la poste, deux usagers par jour à la trésorerie et deux consommateurs par jour à l’épicerie ; alors qu'en mutualisant les locaux et les agents, en rapprochant le public et le privé, on peut garder les trois en même temps ; - troisièmement, il faut développer la culture de la performance dans les services publics. Introduire des règles de bonne gestion, ce n'est pas vouloir gérer les services publics comme des entreprises ; c'est vouloir faire mieux avec moins d'argent, afin de dégager les marges de manœuvre nécessaires à une présence égale des services publics en milieu rural et en zone urbaine. Avec Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales, et Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, nous avons décidé d'engager cette concertation dans tous les départements. Elle durera jusqu'en décembre prochain. Aucune fermeture de services publics n'interviendra d'ici là. Mais elle débouchera sur des propositions concrètes, département par département, élaborées entre les élus et l'administration territoriale de l'Etat. Je propose d'assortir cette méthode nouvelle de trois règles de comportement : - d’une part, aucun service ne doit être supprimé s'il ne s'accompagne pas d'une offre de qualité supérieure. Les familles sont prêtes à accepter le regroupement de plusieurs écoles dans un seul bourg, à condition que les enfants soient pris en charge sur une amplitude horaire plus grande, permettant aux femmes de travailler. Les Français savent que les hôpitaux qui ne pratiquent pas suffisamment d'actes représentent un danger. Mais ils veulent des garanties sur la capacité des pouvoirs publics à acheminer en urgence les patients vers les plateaux techniques départementaux ou régionaux ; - d’autre part, aucun moratoire ne doit être décidé s'il n'est pas adossé à un engagement des élus de proposer des solutions constructives à l'issue de la concertation ; - enfin, il ne faut pas hésiter à faire de la vraie discrimination positive territoriale dans les secteurs les plus isolés, c'est-à-dire d'y consacrer les moyens nécessaires au maintien des services publics et des services au public. 2,4 millions de Français n'ont pas accès aux soins dans des conditions satisfaisantes. 10% du territoire français n'est pas couvert par la téléphonie mobile. 10% de la population n'a pas accès à l'internet à haut débit. 12% des Français ne reçoivent ni RTL, ni Europe 1… Cela paraît à chaque fois peu et l'on sait les efforts d'investissement qu'il faut faire pour couvrir intégralement le territoire. Le problème, c'est que ce sont les mêmes zones qui souffrent à la fois de l'isolement géographique, de l'enclavement technologique et des difficultés de transport. Nous ne pouvons pas l'accepter. Notre troisième proposition, c'est de faire de nos services publics un moteur de la croissance et du changement économique et social dans notre pays. Contrairement à ce dont on nous accuse, il n'est pas question de mettre les services publics sous une contrainte de profitabilité. Même si l'exécution de certains services peut être prise en charge par l'entreprise privée, sous le contrôle de la puissance publique, les services publics remplissent des besoins et des missions qui sont évidemment incompatibles avec la recherche du profit. Le profit, c’est la mission des entreprises. Pour autant, il n'existe pas en France – ou plutôt il ne devrait pas exister – deux secteurs qui s'ignorent, l'un soumis aux exigences de la compétitivité et de la mondialisation, l'autre protégé de toute obligation de modernisation par son statut, ses monopoles, ses structures et ses fameux acquis. Le problème numéro un de notre pays, c’est d’augmenter son potentiel de croissance pour accroître le pouvoir d’achat des salariés et relancer l’ascenseur social. C’est possible en travaillant davantage, en maîtrisant nos finances publiques et en mettant nos services publics au service de la modernisation. Cela veut dire principalement deux choses : - d’abord, nous devons parler du coût des services publics. Il n’y a pas, d’un côté, ceux qui défendent le service public, de l’autre, ceux qui défendent l’intérêt des contribuables. Certains services publics pourraient assurer une prestation de qualité égale, voire supérieure, à moindre coût. D'autres n'ont manifestement pas assez de moyens. C’est notre responsabilité d'y remédier. On parle toujours des trois lois du service public : la continuité, l'égalité et l'adaptabilité. Nous devons en créer une quatrième : celle de la performance ; - ensuite, nous devons réformer les services publics dont l'organisation et le fonctionnement ne permettent pas à la France d’affronter la compétition mondiale. Ce n’est pas un hasard si les Français mettent le service public de l’emploi, celui de l’éducation nationale et celui de l’enseignement supérieur au nombre des services publics qui les inquiètent le plus. Il faut aussi veiller à ce que les services publics soient un facteur d’attractivité du territoire français. Je pense notamment au rôle des services publics dans la mise en place des pôles de compétitivité et à la nécessité, déjà évoquée, de régler la question des mouvements sociaux dans les transports, qui pénalise lourdement notre image à l’étranger. Je souhaite enfin que nous fassions de la taille de notre territoire et de la diversité de nos paysages un atout et non pas une faiblesse. Nous devons réengager une politique d’investissement en matière d’infrastructures de transports, en particulier dans le secteur ferroviaire, au bénéfice des usagers et du ferroutage. La politique de nos adversaires, c’est la gratuité et la sauvegarde des dépenses du passé. Notre politique, c’est l’investissement et la priorité aux dépenses d’avenir. **** Mesdames et Messieurs, l’attachement au service public ne se mesure pas au nombre des cris que l’on pousse à son sujet. Il se mesure à la hauteur de l’ambition que l’on a pour lui, de la volonté que l’on met pour le faire changer, des moyens qu’on lui donne pour y parvenir, de la confiance qu’on lui fait pour réussir. Cette ambition, nous ne pourrons toutefois l’atteindre si nous ne mettons pas les agents publics au cœur de notre stratégie de changement. Ma conviction, c’est que les fonctionnaires sont comme les Français. Ils ne redoutent pas le changement, ils l’attendent. Ils l’attendent même avec impatience, l’impatience de ceux qui croient dans le service public et dans l’intérêt général, et qui se désolent de l'immobilisme et des frilosités de l’Etat. Dénigrer les fonctionnaires est injuste. Les flatter est dépassé. Ce que veulent les fonctionnaires, c’est une nouvelle ambition pour le service public, une ambition qui respecte les principes fondateurs d’hier et lui donne les moyens de relever les défis de demain. La réforme des modalités de gestion de la fonction publique est une condition de ce nouveau service public. L’Etat, entendu au sens large, c’est-à-dire avec la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière, est le plus mauvais employeur de France. Comment pouvons-nous sérieusement espérer changer le service public si nous n'investissons pas d'abord dans le capital humain ? A-t-on déjà vu un employeur qui détermine par une seule décision – l'évolution du point d'indice – la rémunération de cinq millions de personnes ? A-t-on déjà vu un employeur qui ne tient aucun compte du talent, du mérite et des résultats pour rémunérer ses employés ? A-t-on déjà vu un employeur qui ne porte aucune attention au profil des agents et au profil des postes pour affecter les premiers aux seconds ? A-t-on déjà vu un employeur qui ne dispose d'aucune marge de manœuvre pour affecter les agents dont il dispose là où il en a besoin ? A-t-on déjà vu un employeur qui fixe des obligations de résultats à ses cadres supérieurs sans leur donner la possibilité de choisir et de récompenser leurs collaborateurs ? Investir dans le capital humain, c'est d'abord adopter un régime de rémunération des fonctionnaires qui soit compatible avec un service public beaucoup plus dynamique. Les compétences n'ont cessé de croître, la rémunération et le pouvoir d'achat n'ont cessé de stagner. Il faut profiter des départs à la retraite pour réduire le nombre des fonctionnaires et partager avec eux les gains de productivité. Il faut permettre aux fonctionnaires qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus. Il faut créer un système de rémunération à trois étages, avec un traitement indiciaire de base, une prime liée à la difficulté du poste et une prime liée aux performances. Investir dans le capital humain, c'est ensuite permettre aux fonctionnaires d'avoir des carrières variées et enrichissantes, en levant les barrières à la mobilité que constituent les corps. Parallèlement, il faut créer un véritable un marché de l'emploi public permettant aux chefs de service de choisir leurs collaborateurs, de faire coïncider le profil des personnes avec celui des fonctions, d'assurer une réelle transparence des nominations et d'affecter les fonctionnaires d'abord là où se trouvent les besoins. La mobilité fonctionnelle doit être possible au sein de chaque fonction publique, mais aussi entre les trois fonctions publiques elles-mêmes. Le métier de directeur d'hôpital n'est pas fondamentalement différent de celui de sous-directeur au ministère des affaires sociales. Cette réforme est gagnante sur tous les tableaux : pour le gestionnaire du service public et pour les agents. Si certains n'en sont pas convaincus, ils pourront conserver l'ancien système. D'autres pays ont retenu le système du volontariat pour changer le mode de gestion de leur fonction publique. Dans la majorité des cas, la plus grande partie des agents a choisi immédiatement le nouveau système. Il faut enfin faire du management des ressources humaines dans la fonction publique, c'est-à-dire anticiper les besoins, repérer les talents, valoriser les compétences, permettre aux personnes de progresser en leur apportant le supplément nécessaire de formation. Mesdames et Messieurs, les fonctionnaires n'attendent qu'une chose de l'Etat : qu'il leur redonne la fierté de le servir et la passion du service public. L’UMP est prête à répondre à cette attente, comme elle est déterminée à mettre à la disposition des Français des services publics qui répondent vraiment à leurs besoins.
ULYSSE Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 Citation troisièmement, il faut développer la culture de la performance dans les services publics. Introduire des règles de bonne gestion, ce n'est pas vouloir gérer les services publics comme des entreprises ; c'est vouloir faire mieux avec moins d'argent, Rien que ce point pris au hasard montre l'abîme entre Sarko et la gauche, loin de pouvoir être tous deux confondus dans un même "UMPS". La gauche ne veut pas entendre parler de "culture de la performance", et elle réclame toujours plus d'argent pour les services publics, loin de vouloir "faire mieux avec moins d'argent". La thématique constante de ce colloque auquel j'ai assisté, était de distinguer la notion de service public de celle de fonction publique. C'est déjà un très grand pas libéral en avant : permettre à des entreprises privées d'assurer des services publics. Après, je ne vois pas l'intérêt qu'aurait eu Sarko à tenir un discours à la Madelin. Si c'est pour faire 5% en 2007, on ne fera pas avancer d'un pas le libéralisme. Il faudrait peut-être arrêter de confondre discours et action. Ce n'est pas en ayant un discours libéral qu'on aboutit aux meilleures actions libérales. Je préfère un discours moyennement libéral qui reste compatible avec l'attente des Français, et puisse se concrétiser par quelques avancées pour oxygéner la fonction publique.
Largo Winch Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 AK72 a dit : Rien que ce point pris au hasard montre l'abîme entre Sarko et la gauche, loin de pouvoir être tous deux confondus dans un même "UMPS".La gauche ne veut pas entendre parler de "culture de la performance", et elle réclame toujours plus d'argent pour les services publics, loin de vouloir "faire mieux avec moins d'argent". Bien sûr que les projets de l'UMP et du PS ne peuvent être confondus parce qu'ils n'envisagent pas les missions du service public de la même manière, mais ces 2 parties politiques évoluent tout de même sur le même terrain de jeu : celui d'un fort interventionnisme étatique. Ce discours et les propositions de Sarko montrent clairement qu'il n'est pas du tout libéral. Il n'y a strictement rien de libéral dans le fait de vouloir améliorer la gestion de la fonction publique. Le "mieux d'état" n'a pour ambition que de renforcer l'état, c'est donc profondément anti-libéral. Bien sûr que je préférerais une meilleure utilisation de mes impôts. Bien sûr que mettre enfin en place une véritable politique de management des ressources humaines serait un vrai progrès dans la fonction publique. Mais ce que propose Sarko ici est une approche gestionnaire de la fonction publique et non libérale.
Largo Winch Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 Une remarque au passage, peut-être que je ne sais pas bien décoder le discours politicard, mais il me semble que dans ce passage, le point 2 (qui semble réclamer plus de centralisme) s'oppose au point 1. Citation - premièrement, l'organisation des services publics sur le terrain doit partir des besoins des usagers, exprimés dans chaque département sous l'égide du préfet et du président du Conseil général. Les schémas nationaux élaborés dans les bureaux parisiens n’ont aucun sens. Ce qui exaspère le plus les usagers des services publics, ce n'est pas qu'on restructure les services, c'est qu'on ne leur en parle pas ;- deuxièmement, il faut avoir une approche globale des problèmes si l'on veut se donner une chance de trouver des solutions intelligentes. Cela suppose d'analyser non seulement l'offre et la demande de services publics, mais également l'offre et la demande de services au public et de services de proximité (médecine libérale, vétérinaires, pharmacies, agences bancaires…). Tous les projets de restructuration qui sont fondés sur une approche cloisonnée des services aboutissent immanquablement à leur suppression : ce sont en effet toujours aux mêmes endroits qu'il n'y a que deux clients par jour à la poste, deux usagers par jour à la trésorerie et deux consommateurs par jour à l’épicerie ; alors qu'en mutualisant les locaux et les agents, en rapprochant le public et le privé, on peut garder les trois en même temps ;
Invité critico Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 AK72 a dit : C'est déjà un très grand pas libéral en avant : permettre à des entreprises privées d'assurer des services publics. Il faudrait peut-être arrêter de confondre discours et action. Ce n'est pas en ayant un discours libéral qu'on aboutit aux meilleures actions libérales. Je préfère un discours moyennement libéral qui reste compatible avec l'attente des Français, et puisse se concrétiser par quelques avancées pour oxygéner la fonction publique. <{POST_SNAPBACK}> Entièrement d'accord ! Sarko est à mes yeux un libéral pragmatique . Oxygéner l'administration en allègera le poids dans l'avenir . Et ça fera mieux passer la privatisation de certains services publics . Il vaut mieux des petits pas vers plus de libéralisme que de rester assis sur son c.. et rassasser des slogans qui discréditent nos thèses . Je pense en particulier à un certain docteur ès lettres aussi grossier qu'incompétent .
Chitah Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 AK72 a dit : Rien que ce point pris au hasard montre l'abîme entre Sarko et la gauche, loin de pouvoir être tous deux confondus dans un même "UMPS".La gauche ne veut pas entendre parler de "culture de la performance", et elle réclame toujours plus d'argent pour les services publics, loin de vouloir "faire mieux avec moins d'argent". Confrontation de cette thèse aux thèses du Parti Socialiste: Citation Nous sommes favorables à la réforme de l’État que nous avons d’ailleurs initiée, pour parvenir à un État plus performant. Pour cela, son mode de fonctionnement et son organisation doivent impérativement être adaptés, en fonction de missions fondées sur un diagnostic précis des besoins de nos concitoyens.Pour nous, la réforme ce n’est pas « moins d’État » mais « mieux d’État ». Il est urgent de réagir et de redonner aux agents de l’État la juste place qui est la leur dans la société, de reconnaître l’importance de leur rôle au service de nos concitoyens et la qualité du travail qu’ils fournissent. Cela implique de défendre avec la même ardeur la qualité du service rendu aux usagers et d’en élargir la gamme. Les deux sont indissociables. Plusieurs commentaires possibles: 1 - Le mien: la différence existe, mais est plus proche de celle qui oppose Pepsi et Coca à Coca et Budweiser. 2 - Celui d'un UMPiste: c'est déjà une grande différence, c'est un pas en avant, la gauche a été au pouvoir et n'a rien fait. Je répondrais que c'est faux, puisque la gauche a passablement réformé plusieurs choses de la fonction publique, durant le mandat de Jospin, notamment à La Poste, à la SNCF (programme de communication des résultats de la ponctualité des trains, etc..) Citation La thématique constante de ce colloque auquel j'ai assisté, était de distinguer la notion de service public de celle de fonction publique.C'est déjà un très grand pas libéral en avant : permettre à des entreprises privées d'assurer des services publics. Les PPP (partenariats public privé) existent depuis 1993 en fait, depuis la loi Sapin votée par un gouvernement de gauche. D'autre part, ce concept existe en réalité depuis longtemps, depuis 1554, délégation de la construction d'un canal à Adam de Craponne. Citation Après, je ne vois pas l'intérêt qu'aurait eu Sarko à tenir un discours à la Madelin. Si c'est pour faire 5% en 2007, on ne fera pas avancer d'un pas le libéralisme.Il faudrait peut-être arrêter de confondre discours et action. Dire cela, c'est dire que les seuls discours libéraux possibles sont ceux de Madelin. Disons que c'est une sorte d'erreur ensembliste, une erreur mathématique, si A est inclus dans B, B n'est pas forcément inclus dans A (sauf si A= Je veux dire par là que Madelin est libéral, mais Madelin n'est pas le SEUL libéral, un autre discours (celui de LC) est possible. Citation Ce n'est pas en ayant un discours libéral qu'on aboutit aux meilleures actions libérales. Je préfère un discours moyennement libéral qui reste compatible avec l'attente des Français, et puisse se concrétiser par quelques avancées pour oxygéner la fonction publique. <{POST_SNAPBACK}> C'est aussi le cas de l'extrait du PS que je donne, après tu vas me dire qu'il y a une différence fondamentale, mais je ne vois pas laquelle, même si je sais que Pepsi et Coca, ce sont deux choses différentes. "En France, au début des années 80, l'Etat français fabriquait des téléviseurs, des voitures, assurait les télécommunications. Les résultats en terme d'efficacité depuis la privatisation se sont fondamentalement améliorés. Le nombre d'emplois créés dans le secteur a littéralement explosé, il n'y a plus seulement France Telecom, il y a Free, Neuf Telecom, Cegetel, etc… LEs clients sont mieux servis, on n'a plus à attendre six mois pour avoir son téléphone, etc…." "Regardez Air France,entreprise endémiquement déficitaire, avec un climat social délétère, depuis sa privatisation et le rachat de KLM, c'est la premiere compagnie d'Europe, une des plus puissantes du monde". "Regardez le cas de Bull, toujours sous perfusion, qui n'arrivera jamais à décoller". "Regardez la Sécu, endémiquement déficitaire, etc…" "Imaginez, mes chers compatriotes, les énergies, les initiatives qui seront libérées lorsque l'Etat se désengagera, cessera d'être un gérant pour devenir un garant du niveau de service.." Pas compliqué quand même, et au moins c'est un discous libéral. Un gauchiste dira: "oui, mais les trains britanniques, etc…" Et toi tu réponds "j'aimerai en savoir plus, tiens si on cherchait des statistiques comparatives entre British Rail et SNCF, pas seulement depuis 1994, mais depuis 1950?" Un gauchiste dira "oui, mais il y a de la casse sociale", tu réponds "ah bon, de quoi tu parles?" Etc….
Chitah Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 critico a dit : Entièrement d'accord ! Sarko est à mes yeux un libéral pragmatique .Oxygéner l'administration en allègera le poids dans l'avenir . Et ça fera mieux passer la privatisation de certains services publics . Il vaut mieux des petits pas vers plus de libéralisme que de rester assis sur son c.. et rassasser des slogans qui discréditent nos thèses . Je pense en particulier à un certain docteur ès lettres aussi grossier qu'incompétent . <{POST_SNAPBACK}> NOS thèses? Tu es libéral, toi? L'oxygénation qui allège à l'avenir, ça signifie quoi, exactement? Tu oxygène une structure déficitaire, mal organisée, mal ciblée, et en allant brûler des cierges à Notre Dame, elle maigrit toute seule? Ce processus me paraît pour le moins mystérieux.
Chitah Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 @ AK72: je ne me livre pas à su Iznogoud2007 bashing de bas étage, en réalité je suis d'accord avec toi, Sarko a à gérer un existant. Mais contrairement à toi, je considère que l'existant le plus difficile à gérer, ce n'est pas le peuple, c'est son parti, l'UMP. Et si je désigne tout ce qui se trouve entre l'extreme droite et l'extreme gauche sous le nom de UMPS, c'est parce que la différence entre entre l'UMP et le PS n'est pas suffisamment élevée, en moyenne. Même si des personnalités ici ou là sont assez différentes, si l'on prend Emmanueli et Dupont-Aignan, je ne les vois pas dans le même parti. Mais en moyenne, sur les ACTES, comme tu dis, rien de les différencie fondamentalement. Cosmétiquement oui, mais fondamentalement non.
Sous-Commandant Marco Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 "Sarkozy" a dit : L'Union pour un mouvement populaire ne pense pas, et n'a jamais pensé, que le marché pouvait tout faire. Il y a des besoins essentiels de la population que le secteur privé ne peut pas satisfaire dans des conditions égales, sur l'ensemble du territoire, à un coût abordable. Le rôle du service public, c'est de les prendre en charge.Il y a aussi des domaines spécifiques de la vie collective qui sont facteurs de lien social. Je pense à l'école, je pense à l'hôpital, je pense à la Sécurité sociale. Ils doivent relever en priorité du service public. Voilà un discours socialiste où je ne m'y connais pas. Tout d'abord, un sophisme. Le marché ne peut pas tout faire. OK, personne n'a jamais dit que le marché est omnipotent. Je rêve d'une Ferrari à 1000 euros. Je doute que le marché la crée un jour. En quoi cela implique-t-il les deux phrases qui suivent, à savoir que le service public doit se substituer au marché? Doù sort cette égalité d'accès à certains "besoins essentiels"? Dans quel texte fondateur de la Vème République cette égalité d'accès aux besoins essentiels est-elle mentionnée? C'est typiquement une profession de foi socialiste et démagogue. Il faudrait tout de même rappeler aux socialistes de tous poils que certains besoins essentiels ne sont pas égalitaires aujourd'hui. La boisson, la nourriture et les vêtements ne sont pas des services publics. Aux pauvres les Restos du Coeur et les friperies, aux riches les meilleurs restaurants et les magasins de luxe. C'est un scandale! Il y a encore du chemin à faire dans la direction de l'égalité généralisée, camarade! Il y a ensuite la fameux "lien social", le serpent de mer de la gauche comme de la droite, un concept supérieur qui justifie toutes les absurdités. Je pose une question simple: y a-t-il une manière objective et vérifiable par tous les électeurs de déterminer que le lien social se dégrade ou s'améliore, se rompt ou bien se renforce? En l'absence d'une réponse satisfaisante, je suis en droit de penser que le "lien social" n'est qu'un outil de propagande de plus, au service des intérêts généralisés de la classe politique, à savoir l'étatisme.
Ventura Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 Largo Winch a dit : Bien sûr que les projets de l'UMP et du PS ne peuvent être confondus parce qu'ils n'envisagent pas les missions du service public de la même manière, mais ces 2 parties politiques évoluent tout de même sur le même terrain de jeu : celui d'un fort interventionnisme étatique.Ce discours et les propositions de Sarko montrent clairement qu'il n'est pas du tout libéral. Il n'y a strictement rien de libéral dans le fait de vouloir améliorer la gestion de la fonction publique. Le "mieux d'état" n'a pour ambition que de renforcer l'état, c'est donc profondément anti-libéral. Bien sûr que je préférerais une meilleure utilisation de mes impôts. Bien sûr que mettre enfin en place une véritable politique de management des ressources humaines serait un vrai progrès dans la fonction publique. Mais ce que propose Sarko ici est une approche gestionnaire de la fonction publique et non libérale. <{POST_SNAPBACK}> Une meilleure utilisation de nos impôts, un Etat efficace, mais je signe tout de suite ! Le problème, c'est que la réforme, j'ai encore du mal à y croire, même si elle se conçoit. Il y aurait en tout cas quelque chose de libéral à cela dans la mesure où une partie substantielle de l'argent actuellement collecté par l'Etat serait laissé aux actifs pour leur consommation et investissement, et pour un service rendu égal, et même supérieur, je suis prêt à le parier !
Fredo Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 En effet, la notion de "lien social" a été détournée de ce qu'elle signifie du point de vue psychologique. Et a fini par ne plus vouloir rien dire. Au niveau individuel et interactionnel, les psychologues et éthologistes parlent de lien, d'attachement. Mais encore : autorité, soumission, amitié, etc. Et si, à partir des groupes et au-delà, il y a du "social", il s'agit surtout d'un concept émergent. Le prendre à l'envers c'est faire du constructivisme. C'est comme l'intelligence collective. En soi ça n'existe pas. Une fourmi est un insecte très stupide et limité. Pourtant l'interaction nombreuse de fourmis de divers types fait émerger un comportement d'ensemble qu'on qualifie d'intelligent. Ce que montrent les jeux mathématiques comme les automates cellulaires. Et ces petites bébêtes n'ont pas en elles les règles de leur société, juste quelques comportements de base. Les politiques devraient être formés à manier certains concepts comme émergence, autopoïèse, auto-organisation, ordre au bord du chaos, système, etc., avant de dire des bêtises.
Freeman Posté 9 juillet 2005 Auteur Signaler Posté 9 juillet 2005 Faut pas s'en faire, quand un pays déprime il finit par se tourner vers le libéralisme. Je rappelle les faits : Angleterre : déclin économique, totale déconfiture. Les libéraux finissent par prendre le pouvoir au Parti Conservateur sous l'impulsion de Thatcher. Au bout de quelques années difficiles, c'est repartit ! USA : à la fin des 70's, c'est une crise grave. Ronald Reagan l'emporte contre son rival Carter, avec les résultats que l'on sait. Espagne : après des années de domination socialiste et d'immobilisme sous Gonzales, Aznar finit par l'emporter et réforme son pays. Suède : les libéraux l'emportent en 94 et réforment un Etat providence bien mal en point. Tôt ou tard, la même chose arrivera à la France, grâce ou sans Sarkozy.
Serge Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 Sans parler des pays de l'Est qui se sont quand même bien amusés pendant 10 ans !
Serge Posté 9 juillet 2005 Signaler Posté 9 juillet 2005 Freeman a dit : Ils ont beaucoup souffert <{POST_SNAPBACK}> C'est une question ?
ULYSSE Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Chitah a dit : @ AK72: je ne me livre pas à su Iznogoud2007 bashing de bas étage, en réalité je suis d'accord avec toi, Sarko a à gérer un existant. Mais contrairement à toi, je considère que l'existant le plus difficile à gérer, ce n'est pas le peuple, c'est son parti, l'UMP.Et si je désigne tout ce qui se trouve entre l'extreme droite et l'extreme gauche sous le nom de UMPS, c'est parce que la différence entre entre l'UMP et le PS n'est pas suffisamment élevée, en moyenne. Même si des personnalités ici ou là sont assez différentes, si l'on prend Emmanueli et Dupont-Aignan, je ne les vois pas dans le même parti. Tu vois, je suis d'accord avec toi. Mais je n'en tire pas les mêmes conclusions. La conclusion que j'en tire, est qu'il faut amener un maximum de libéraux à l'UMP, pour que ce parti, avec toute sa puissance, puisse devenir un outil de diffusion du libéralisme. Tant que l'UMP comprend une frange importante de gaullistes anti-libéraux, il freine les ardeurs même d'un président plus libéral que cette base. C'est bien pourquoi je tire à boulet rouge sur les projets style PLF. Le PLF, un anti-libéral ne pourrait rêver mieux : c'est enfermer le libéralisme dans un parti qui fera 2% et n'aura aucune influence, mais videra le parti majoritaire qu'est l'UMP de sa sève libérale. Ce parti majoritaire désormais aux mains des anti-libéraux, utilisera toute sa puissance pour enfermer son ennemi le PLF dans une voie de garage. Et alors on sera sûr que si l'UMP se vide encore plus de ses libéraux, Sarko devra recentrer son discours vers le gaullisme et non le libéralisme. C'est le bon sens même : en ce moment se préparent les primaires pour Paris. Chaque candidat essaie de faire rentrer à l'UMP ses sympathisants, pour qu'ils puissent voter pour lui. Dans le même esprit, un libéral devrait chercher à ce qu'un maximum de libéraux investissent l'UMP pour que ce courant libéral gagne en influence et poids politique interne.
ULYSSE Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Chitah a dit : L'oxygénation qui allège à l'avenir, ça signifie quoi, exactement? Un exemple d'oxygénation proposé à la Convention UMP sur les services publics : créer des enseignants-cadres, sur le modèle des enseignants-chercheurs. L'enseignant-cadre serait une partie de son temps cadre dans une entreprise, une autre partie de son temps enseignant dans l'Education Nationale. Une bonne façon de rapprocher l'Educ Nat du monde de l'entreprise. Une fois que la haine de l'entreprise sera tombée à l'Educ Nat, un pas considérable aura été fait. A "Jeunes Actifs UMP", dans la commission Education qu'anime Gilles Laborde, nous avons fait la proposition que chaque enseignant soit forcé de faire des stages réguliers en entreprise, pour faire le lien entre son enseignement et le monde économique qui accueillera ses élèves.
ULYSSE Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Citation Une remarque au passage, peut-être que je ne sais pas bien décoder le discours politicard, mais il me semble que dans ce passage, le point 2 (qui semble réclamer plus de centralisme) s'oppose au point 1.QUOTE - premièrement, l'organisation des services publics sur le terrain doit partir des besoins des usagers, exprimés dans chaque département sous l'égide du préfet et du président du Conseil général. Les schémas nationaux élaborés dans les bureaux parisiens n’ont aucun sens. Ce qui exaspère le plus les usagers des services publics, ce n'est pas qu'on restructure les services, c'est qu'on ne leur en parle pas ; - deuxièmement, il faut avoir une approche globale des problèmes si l'on veut se donner une chance de trouver des solutions intelligentes. Cela suppose d'analyser non seulement l'offre et la demande de services publics, mais également l'offre et la demande de services au public et de services de proximité (médecine libérale, vétérinaires, pharmacies, agences bancaires…). Tous les projets de restructuration qui sont fondés sur une approche cloisonnée des services aboutissent immanquablement à leur suppression : ce sont en effet toujours aux mêmes endroits qu'il n'y a que deux clients par jour à la poste, deux usagers par jour à la trésorerie et deux consommateurs par jour à l’épicerie ; alors qu'en mutualisant les locaux et les agents, en rapprochant le public et le privé, on peut garder les trois en même temps ; Le deuxième point condamne la vision particulière non au sens de la localité géographique, mais au sens de la branche professionnelle. Si l'on écoute la poste, il faut maintenir tous les bureaux. Si en revanche on détache le service rendu par le bureau de poste (vente des timbres etc) de son enfermement dans une structure physique professionnelle, on peut créer un seul point de vente dans un village, qui sera à la fois bureau de poste, épicerie, tabac… Il faut donc sortir des exigences de chaque catégorie. Il faut maintenir les services mais pas toutes les structures. En revanche le point un défend le particularisme géographique. Il n'y a donc pas contradiction. On ne peut pas regrouper deux régions en une, la géographie est immobile. On peut en revanche regrouper deux services professionnels dans une seule structure. -- pour Chitah : le fait que le PS et l'UMP parfois tiennent des discours proches, tient aussi au fait que tous deux vivent dans le même monde économique mondial, et doivent gouverner avec le même peuple français, les mêmes forces sociales, etc. Fatalement, un parti de gouvernement est forcé d'adapter son discours à certaines réalités. Les différences idéologiques ne sont donc pas les seules à expliquer les politiques. Le discours du PS s'est libéralisé car la construction de l'Europe l'imposait, et la concurrence économique. Et le discours de l'UMP s'est socialisé car il a dû gérer le conditionnement au socialisme créé par 20 années de socialisme en France.
Invité critico Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Chitah a dit : NOS thèses? Tu es libéral, toi?L'oxygénation qui allège à l'avenir, ça signifie quoi, exactement? Tu oxygène une structure déficitaire, mal organisée, mal ciblée, et en allant brûler des cierges à Notre Dame, elle maigrit toute seule? Ce processus me paraît pour le moins mystérieux. <{POST_SNAPBACK}> Je suis libéral en économie et je n'apprécie pas du tout qu'un quidam ose en douter . Sauf si être libéral signifie avoir une langue de bois et marcher d'un seul pas derrière le grand gourou . D'ailleurs, qui c'est le chef ici ? Celui qui interdit d'avoir des opinions divergentes sur certains points . Et la liberté de penser alors ? C'est ça le libéralisme ? Quant à ton complet sur l'oxygénation, il est attristant de simplisme . Il me rappelle les mots d'ordre lors du rérérendum : le TCE est imparfait, donc refusons-le ! Gribouille et compagnie . Si le toit de ta maison a des fuites, au lieu de la raser et te geler dehors, répare les tuiles . L'Etat, quoi qu'en pensent les doux rêveurs , existera toujours . Alors, autant qu'il fonctionne mieux en se concentrant sur ses fonctions régaliennes . En conclusion, je suis autant libéral que Sarko et je l'approuve sans faire partie de l'UMP . Le seul moyen de me faire taire, c'est de me virer de votre site . Comme certains veulent le faire parce que je ne ne veux pas entrer dans votre ghetto intellectuel . Bravo les libéraux ! !
Invité jabial Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Bien sûr que l'UMP et le PS ne voient pas l'Etat de la même façon. De la même manière, un parrain sicilien et un narco colombien ne voient pas la mafia de la même façon. UMPS : Union of Mediatized Populists and Statists
ULYSSE Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Citation Si le toit de ta maison a des fuites, au lieu de la raser et te geler dehors, répare les tuiles . La dernière méthode radicale et innovante des libéraux face à un toit abîmé est encore meilleure, celle décrite dans le fil "pourquoi je vote extrême-gauche" : avec beaucoup d'efforts attirer une grosse comète sur la maison, pour qu'elle la détruise, la pulvérise, provoque un séisme, des raz de marée, une extinction de la vie sur terre, et après des millions d'années, comme ça, une espèce plus intelligente que l'Homo Etatus inventera peut-être (en tout cas ça vaut le coup de tout détruire pour vérifier, me glisse Ubulib) directement la maison sans fuite avec un toit parfait, le parfait libéralisme, l'homo liberalus. Qui a dit que cette méthode ne faisait que piquer une vieille idée, qui consiste à tirer des plans sur la comète?
Chitah Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 AK72 a dit : C'est bien pourquoi je tire à boulet rouge sur les projets style PLF. Le PLF, un anti-libéral ne pourrait rêver mieux : c'est enfermer le libéralisme dans un parti qui fera 2% et n'aura aucune influence, mais videra le parti majoritaire qu'est l'UMP de sa sève libérale. Ce parti majoritaire désormais aux mains des anti-libéraux, utilisera toute sa puissance pour enfermer son ennemi le PLF dans une voie de garage.Et alors on sera sûr que si l'UMP se vide encore plus de ses libéraux, Sarko devra recentrer son discours vers le gaullisme et non le libéralisme. C'est le bon sens même : en ce moment se préparent les primaires pour Paris. Chaque candidat essaie de faire rentrer à l'UMP ses sympathisants, pour qu'ils puissent voter pour lui. Dans le même esprit, un libéral devrait chercher à ce qu'un maximum de libéraux investissent l'UMP pour que ce courant libéral gagne en influence et poids politique interne. <{POST_SNAPBACK}> 1 - C'est quoi exactement le PLF, tu pourrais m'indiquer son site Internet, la préfecture où les statuts ont été déposés, le nom de quelques responsables, ainsi que par exemple la profession de foi d'un ou deux candidats? 2 - Que tu aies envie, au point de forcer la réalité, que l'UMP soit un parti libéral ou qui comprend des libéraux, je n'ai aucun problème avec cela. Par contre, ne parler que d'UNE SEULE stratégie (l'entrisme), en caricaturant une autre stratégie (création d'un partie autonome) n'est pas très convaincant. J'avais écrit, à l'époque, que vouloir faire de l'entrisme à l'UMP pour promouvoir le libéralisme, c'est un peu comme si des cadres de Coca Cola voulaient entrer chez Renault en espérant faire de la marque au losange un fabricant de soda. Pas impossible, mais peu probable. Cependant, tu fais bien comme tu veux, et je te souhaite bon courage. Par contre, si tu vois des libéraux tenter une aventure indépendante, et que tu tirer à boulets rouge sur eux, ne t'étonne pas qu'ils ripostent. Entre la guerre et l'absorption pure et simple, il existe peut-être des moyens de coopération intermédiaire entre un PLF et une UMP.
Chitah Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 critico a dit : Je suis libéral en économie et je n'apprécie pas du tout qu'un quidam ose en douter .Sauf si être libéral signifie avoir une langue de bois et marcher d'un seul pas derrière le grand gourou . D'ailleurs, qui c'est le chef ici ? Celui qui interdit d'avoir des opinions divergentes sur certains points . Et la liberté de penser alors ? C'est ça le libéralisme ? Déjà, il me parle sur un autre ton. Où ai-je parlé de secte, ou ai-je parlé d'un évangile libéral, où ai-je dit que ce que tu disais était naze car cela ne respectait pas l'Evangile Libéral? Nulle part: conclusion, tu parles dans le vent. Citation Quant à ton complet sur l'oxygénation, il est attristant de simplisme .Il me rappelle les mots d'ordre lors du rérérendum : le TCE est imparfait, donc refusons-le ! Ca, c'est parce que tu es bête et que tu n'as pas compris ce que j'ai écrit. Tu dis "oxygénation". Je demande "Que signifie oxygénation?" Si tu es trop con pour le comprendre, et que tu te vexes comme une trompette qui ne sait pas discuter et argumenter, tu te ridiculises tout seul, cher ami. Citation Gribouille et compagnie . Si le toit de ta maison a des fuites, au lieu de la raser et te geler dehors, répare les tuiles . Oui, je suis d'accord, et quand le chat n'est pas là, les souris dansent. C'est plus c'que c'était ma p'tite dame. La maison brûle, et nous regardons ailleurs. Lorsque le chalutier rentre au port, les mouettes le suivent. Citation Le seul moyen de me faire taire, c'est de me virer de votre site .Comme certains veulent le faire parce que je ne ne veux pas entrer dans votre ghetto intellectuel . Bravo les libéraux ! ! <{POST_SNAPBACK}> En voilà une bonne idée. Un autre idée possible, t'ignorer, ce que de ce pas je vais faire, petit monsieur inconsistant.
Sous-Commandant Marco Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 L'un des avantages du PLF serait incontestablement de décourager les autres partis de revendiquer faussement l'étiquette "libéral". J'ai toujours pensé qu'il vaut mieux faire 2% avec ses propres idées que 20% avec les idées des autres. Un petit chez soi vaut mieux qu'un grand chez les autres.
Chitah Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 AK72 a dit : pour Chitah : le fait que le PS et l'UMP parfois tiennent des discours proches, tient aussi au fait que tous deux vivent dans le même monde économique mondial, et doivent gouverner avec le même peuple français, les mêmes forces sociales, etc. Fatalement, un parti de gouvernement est forcé d'adapter son discours à certaines réalités. Les différences idéologiques ne sont donc pas les seules à expliquer les politiques. Le discours du PS s'est libéralisé car la construction de l'Europe l'imposait, et la concurrence économique. Et le discours de l'UMP s'est socialisé car il a dû gérer le conditionnement au socialisme créé par 20 années de socialisme en France. <{POST_SNAPBACK}> Oui, enfin c'est à moitié convaincant, je trouve. HP et Apple vendent exactement la même chose, mais tiennent des discours différents. (je te réponds sur ta derniere phrase dans le fil sur l'extreme gauche).
Coldstar Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Sous-Commandant Marco a dit : L'un des avantages du PLF serait incontestablement de décourager les autres partis de revendiquer faussement l'étiquette "libéral". J'ai toujours pensé qu'il vaut mieux faire 2% avec ses propres idées que 20% avec les idées des autres. Un petit chez soi vaut mieux qu'un grand chez les autres. <{POST_SNAPBACK}>
Etienne Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Je répète AK, ce que j'ai dit autre part. Le problème de l'entrisme à l'UMP, est très simple : c'est que l'on colle l'étiquette de "libéral", et de "libéralisme" à n'importe qui. Or, la force principale du libéralisme est précisement de proposer un corpus de réponses assez cohérents et convaincants. Je prends un exemple, je reviens à la crise de 29, le parti républicain est au pouvoir et globalement libéral sur le plan intérieur, bien qu'il méne une politique fortement protectionniste vers l'extérieur. Or, cette politique (non-libérale) est la cause de la crise de 1929, en sus de manipulations monétaires. Que dit-on à partir de ce moment-là, puisque le gouvernement est dit "libéral" : que la crise est la faute au libéralisme et qu'il faut rapidement en changer. Le problème majeur est celui d'une vampirisation, et je ne suis pas sur (je suis même absolument persuadé) qu'une stratégie unique d'entrisme à l'UMP est bonne pour se foutre du plomb dans l'aile (ce qui était déjà le cas, et ce n'est pas la peine d'en rajouter). Et il n'y a pas que l'UMP, il y a aussi le PS, et tant qu'il n'y aura pas une "branche" libérale au PS, je vois mal comment le libéralisme pourra être pérenne dans ce pays.
ULYSSE Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 Citation Un petit chez soi vaut mieux qu'un grand chez les autres. vaut mieux pour quoi? pour se marrer entre potes ou pour engager des réformes? Si c'est pour se marrer entre potes, je ne doute pas que le PLF ça puisse être très fun. Et il n'y a rien de mal à créer un groupe entre potes pour se marrer, si on ne prétend pas que ça va libérer la France, et si on ne vide pas les partis sérieux de leurs éléments libéraux pour les attirer dans une bulle isolée, ce qui serait contre-productif pour l'avancée des réformes libérales.
Sous-Commandant Marco Posté 10 juillet 2005 Signaler Posté 10 juillet 2005 AK72 a dit : vaut mieux pour quoi? pour se marrer entre potes ou pour engager des réformes?[…] <{POST_SNAPBACK}> Il est vrai que je préfère m'amuser avec des libéraux plutôt qu'avec un pisse-vinaigre comme Hollande ou un pète-sec comme Sarkozy. Pour les réformes libérales, compte tenu de la situation actuelle, il s'agit à mon avis d'un contre-sens. Prenons l'exemple de la Sécurité Sociale. Quelle réforme libérale peut-on y faire? Faire contrôler l'enveloppe des dépenses par le parlement, comme Juppé l'a fait? Instiller plus de libéralisme dans la gestion de la gabegie? Ca existe, une gestion libérale? Le problème de la sécu n'est pas la façon dont elle est gérée, c'est le fait qu'elle est en situation de monopole. La seule réforme libérale que l'on peut faire, c'est abroger ce monopole. Je constate que l'UMP n'y est pas favorable. Même chose pour les autres services publics: le problème n'est pas leur gestion, souvent calamiteuse il est vrai, c'est le fait même d'accepter que certaines activités soient monopolisées par l'état, au nom d'une prétendue "égalité d'accès" qui n'est définie nulle part. C'est ce principe qui est la cause de la gestion calamiteuse en question. Même chose: je constate que l'UMP ne remet pas en cause ce principe. En se livrant à des réformettes inspirées non pas par des principes libéraux mais par des principes de saine gestion (dont le libéralisme ou l'UMP n'a pas l'exclusivité), non seulement l'UMP aura du mal à se démarquer du PS ou de l'UDF, mais ces réformes ne feront que permettre à un système profondément anti-libéral de se perpétuer un peu plus longtemps, jusqu'à la prochaine rechute de socialisme. C'est à peu près l'effet placebo d'un pansement sur une jambe gangrénée.
Freeman Posté 10 juillet 2005 Auteur Signaler Posté 10 juillet 2005 Le mieux qu'on puisse espérer est un scénario à l'anglaise : la minorité de libéraux de l'UMP prend le pouvoir face à ceux qui la dirigent et qui nous mènent vers la ruine, et gouvernent la France en imposant des choix radicaux sur le plan des réformes. Bastiat a cherché tout seul à se faire élire avec ses propres idées, sans chercher de compromis, il a réussi. Créons notre parti, et on finira par grignoter des voix. Je suis convaincu qu'un PLF pourrait faire 10 % des voix avec une très bonne campagne.
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