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Tout ce qui a été posté par Largo Winch
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J'ai demandé à ChatGPT de me faire une revue de la presse sportive latino-américaine : la tonalité, hors Paraguay, est plutôt alignée sur la presse européenne. Je vous épargne les détails ; voici la conclusion :
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C'est ce qu'on pouvait se dire avant le début de la compétition, mais désormais si l'EDF ne va pas en finale, ce sera considéré comme une contre-performance. Il faut aller voir les réseaux sociaux et les médias étrangers pour se rendre compte de l'ampleur : tout le monde est dithyrambique et tout le monde se positionne par rapport à la France, en se demandant "mais quelle équipe sera capable de l'arrêter ?" En parcourant les médias étrangers je suis tombé sur trois propos d'anciens joueurs français, chroniqueurs dans ces médias : Thierry Henry, Patrick Vieira, Frank Lebœuf. C''est amusant car les trois, dans des médias différents, ont déclaré la même chose : l'EDF 2026 est supérieure à l'EDF 1998 ; l'EDF va gagner cette compétition, tout autre résultat serait un échec. Ca m'a étonné car en général les Français préfèrent être prudents et tiennent plutôt des propos mesurés pour conjurer le sort...
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Mélenchon, le Tout Petit Père des Peuples
Largo Winch a répondu à un sujet de Johnathan R. Razorback dans Politique, droit et questions de société
Je tombe sur cette vidéo de Lordon et Mélenchon qui débattent de leur conception de la liberté de la presse. Fascinant. -
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Il y a au moins trois matchs indécis, selon moins, lors de ces 16e de finale : Pays-Bas/Maroc, Portugal/Croatie, Belgique/Sénégal... Sinon, concernant l'EDF, j'ai vraiment beaucoup de plaisir à regarder ses matches, il faut que je remonte pile 20 ans en arrière pour retrouver un même plaisir (l'équipe emmenée par Zidane en 2006 qui avait réussi à battre l'incroyable équipe de Brésil).
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On passe désormais les épreuves du bac dans les caves et les parkings sous-terrains. https://www.leparisien.fr/etudiant/cest-le-mode-en-survie-a-cause-de-la-canicule-des-eleves-ont-passe-leur-oral-de-francais-du-bac-dans-un-parking-souterrain-RBBRB5DYC5HUDKO4VRJ5N4EOOA.php Ce pays est formidable : ça doit faire 30 ans que les idéologues écolos ont infiltré toutes les strates de l'Etat profond et nous saoûlent avec leurs discours climato-alarmistes, mais ils n'ont jamais trouvé le temps de proposer une politique d'adaption du bâti à cette nouvelle donne. Ils étaient trop occupés à lutter contre les avions, les bagnoles, l'eau dans les piscines privées, les méga-bassines, le nucléaire, etc. Le sens des priorités, quoi...
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Bureaucratie, management public, qualité des services publics
Largo Winch a répondu à un sujet de Largo Winch dans Economie
Où lis-tu que je ciblais l'Ademe ? C'est bien la PMI que je visais ici. -
Bureaucratie, management public, qualité des services publics
Largo Winch a répondu à un sujet de Largo Winch dans Economie
Un exemple d'absurdité bureaucratique : PMI = Protection maternelle et infantile -
Ce n'est pas parce qu'un libéral a exploité avec succès le crédo populiste pour accéder au pouvoir en Argentine, que tous les populistes de droite d'Amérique du Sud sont libéraux... Abelardo de la Espriella est clairement un droitard dont il ne faut rien attendre de bon : C'est un véritable nationaliste conservateur, nettement plus à droite qu'un Zemmour ou une Maréchal en France ; L'essentiel de sa politique repose sur des positions sécuritaires extrêmes à la Bukele, qui n'ont aucun équivalent en France ; De par sa profession, il est lié à la frange violente de l'extrême droite colombienne : De la Espriella a été avocat de paramilitaires ou de personnalités liées à la parapolítica. Il y a de fortes suspicion de corruptions : liens financiers voire complicités criminelles avec des structures paramilitaires. Que sa politique vise à éradiquer les guerillas d'extrême gauche n'est pas surprenant quand on sait que ce sont les principaux concurrents des paramilitaires dans le trafic de la drogue. Sur le plan économique, il a tenu certes un discours libertarien, mais uniquement pour associer son image à celle de Milei -- pour s'attirer les bonnes grâce de la frange libérale de la droite colombienne et parce que Milei est admiré par tous les populistes droitards, y compris et surtout les populistes antilibéraux. Le discours "libéral" sur l'économie de ce mec est encore moins crédible que celui de Zemmour, d'autant plus qu'il y a de sérieux doutes sur la façon dont il est devenu multi-millionnaire. Je trouve vraiment triste que les libéraux de France s'enthousiasment pour l'élection de cet antilibéral droitard...
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Non, ça a été la merde dès le début. Il y a déjà eu un débat sur liborg là-dessus...
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Ah, enfin, voici une première pétition contre un sujet du bac ! Une petite pétition adressée au «ministère du bac de SES (sic)» pour se plaindre de la difficulté de l'épreuve d'économie : Les réactions de quelques lycéens : https://etudiant.lefigaro.fr/article/bac/ca-veut-dire-quoi-sous-tend-le-sujet-de-ses-au-bac-etait-il-trop-complique-20260616/
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Le bac philo, ce sont les jeunes lycéens qui en parlent le mieux...
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Le match Allemagne-Curaçao m'avait saoûlé. Je n'ai pas regardé jusqu'au bout : aucun plaisir à voir une petite équipe d'une nation de 150 000 personnes écrasée de la sorte. Mouah ah ah ! Je n'ai vu que la 2e mi-temps. J'ai kiffé : ce n'était pas du beau foot mais quel pied de voir l'équipe d'Espagne tenue en échec par le petit Poucet. J'espère que ça va faire fermer la bouche de la presse espagnole arrogante qui, depuis plusieurs semaines, ne cesse de dire que son équipe va écraser toutes les autres : France, Angleterre, Argentine, Portugal etc. Aucune créativité de la part de l'Espagne pour déstabiliser le Cap Vert : très peu de tirs cadrés. L'entrée de la grande star Lamine Yamal pour les 25 dernière minutes, qui devait apporter sa grande créativité, n'a rien changé. L'apport de Yamal a été inexistant.
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Finalement, j'ai beaucoup plus de respect pour ceux qui ont rédigé les épreuves de maths. Au moins, ils ont conscience de la réalité du niveau et cessent de faire semblant. Alors c'est détestable car ils baissent les bras et n'ont plus aucune exigence, mais au moins ils ne cherchent pas à masquer la réalité. Les épreuves de français et de philo montrent que les enseignants de ces matières continuent de se voiler la face et/ou se foutent ouvertement de la gueule du monde : si seulement ces sujets étaient corrigés avec le niveau d'exigence d'antan, ce serait ok. Mais là ils continuent de faire comme si on pouvait continuer de poser de tels sujet avec des gens qui ne savent plus écrire. Et ils distribuent, sous les injonctions des technocrates, des bonnes notes à tout le monde, sans aucun examen de conscience...
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Cool, les sujets de philo du bac sont sortis ! Les médias et tous les Franchouilles vont pouvoir se gargariser des intitulés de ces sujets tellement profonds... et continuer, satisfaits d'eux-mêmes ou de leur progénitures, à se voiler la face sur la réalité du niveau en France. La réalité : les nunuches vont maladroitement composer un texte sans queue ni tête, mal structuré, sans réels arguments, mal orthographié... et obtenir un bac avec mention !
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Je n'ai pas l'impression que cette coupe du monde suscite beaucoup d'enthousiasme. Une compétition avec une cinquantaine d'équipes, ça ne donne pas de matchs de poule dignes d'intérêt. Franchement, qui a hâte de voir Espagne/Cap-Vert... J'ai essayé de trouver des matchs intéressants à voir : à part Brésil/Maroc ce soir, Angleterre/Croatie et France/Sénégal, je ne vois aucune autre affiche où il pourrait y avoir match... En fait, ça va être comme les JO : chaque nation ne va s'intéresser qu'à son équipe... Sinon, il y a une blague qui fait le tour des RS actuellement et qui, j'avoue, m'a bien fait rire : "finalement, ces dernières années, Shakira a participé à plus de coupe du monde que l'Italie."
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Effectivement, je me souviens qu'il y avait une partie des Bacs A qui ne faisait pas de maths. Mais au final ce n'était qu'une infime partie des bacs généraux. Et surtout, SURTOUT, ce que tu ne vois pas, c'est que les gamins qui sortaient de collège avaient déjà le niveau de maths qui est aujourd'hui testé dans cette épreuve de bac en Première. Les fondamentaux en maths, on devrait les avoir, comme autrefois, AVANT d'entrer au lycée. Non, il faut arrêter le déni. Le déclin de la maitrise des fondamentaux en maths est attesté par les études internationales TIMMS et PISA. Il est faux de dire que ça a toujours été comme ça. C'est une grossière erreur de tenter de relativiser l'effondrement scandaleux du niveau de l'école en maths, attesté objectivement par des études internationales.
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L'ironie de l'histoire est que cette épreuve anticipée de maths a justement été créée quand les technocrates ont constaté l'effondrement du niveau lors du dernier rapport PISA : cette épreuve était censée revaloriser les maths auprès des lycéens !
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Les sujets de cette épreuve de maths illustrent à merveille ce dont on parlait plus haut : le manque d'exigence qui s'est répandu partout en France. On le retrouve dans le format de l'épreuve : une épreuve d'une durée de 2h alors qu'elle nécessite beaucoup moins de temps, une première partie de l'épreuve très facile sous forme de QCM qui donne déjà 6 points à l'élève, il ne lui reste plus qu'à se débrouiller pour gratter 4 petits points dans les problèmes qui suivent, prétendument plus difficiles... Le contenu de l'épreuve montre aussi la faible exigence de l'EN. Dans le système de notation français, il faut avoir 10/20 pour valider un diplôme. N'importe quel (bon) prof sait qu'il faut donc concevoir un DS suffisamment discriminant : l'élève médiocre qui maitrise les fondamentaux peut sauver les meubles en obtenant un 10/20 tandis que les bons peuvent se distinguer avec des notes élevées. Ici on a construit une épreuve uniquement avec des exercices permettant de vérifier la maitrise des fondamentaux : un élève qui n'obtient que la moyenne a de sacrées défaillances dans la maitrise des fondamentaux mathématiques... Alors, on rétorquera : "ce n'est pas grave, c'est une épreuve pour les non-spécialistes en maths"... Je ne supporte plus ce discours ambiant de la classe jacassante (politiques, journalistes, technocrates...) qui explique que les maths sont utiles pour former des scientifiques et des ingénieurs. Bah non, de même que savoir écrire et parler correctement le français est nécessaire pour tout le monde, les fondamentaux de maths sont utiles pour tout le monde. Typiquement, dans ma discipline (gestion/management), un lycéen qui n'aurait que 10/20 à cette épreuve aura de sacrées difficultés pour suivre correctement les cours dans le supérieur. A mon époque, tous les bacs généraux ou technos qui n'étaient pas scientifiques (C, D ou E) comportaient une épreuve de maths digne de ce nom. Et ceux qui n'avaient pas le niveau pour suivre étaient envoyés en bac pro... Effondrement de l'exigence, encore et encore : aujourd'hui on dit aux lycéens qu'ils peuvent obtenir un bac et faire des études supérieures sans maitriser les fondamentaux des maths (et du français)...
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Voilà le niveau en maths attendu des bacheliers en 2026 : Bac général : https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/26-MATGEME1.pdf Bac techno : https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/26-MATHTEME1.pdf
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La mode managériale de la "bienveillance" a fait des ravages. En fait, je ne crois pas que c'est une question de niveau. Selon les retours de consultants que je connais, on a aussi aujourd'hui des top managers qui se disent "bienveillants" mais qui ont en réalité perdu le souci de l'exigence. Il me semble qu'autrefois on trouvait ce souci d'exigence quel que soit le niveau : chez le mécanicien d'un garage, chez l'ouvrier patissier (dont le rêve était d'être nommé meilleur ouvrier de France), chez le plombier qui venait chez vous faire une réparation et en profitait pour faire le tour de toutes vos installations et vous conseiller au mieux. En tout cas, la société française valorisait ce type de travailleur. Autrefois, le "professionnalisme" était une valeur clef de la société française. Je suis convaincu que la "valeur travail" a régéressé en France. Pas seulement en termes d'effort fourni, comme on l'évoque souvent dans les médias, mais surtout en termes de qualité du travail fourni (d'ailleurs produire un travail de qualité ne nécessite pas nécessairement davantage de temps de travail). Amha, ce n'est pas une question de niveau. Ni une question de génération : j'ai moi-même trop souvent tendance à le penser car j'ai aujourd'hui des étudiants nettement moins rigoureux qu'avant. Il me semble que c'est sociétal : quels que soient le niveau de qualification, le statut social et l'âge, les Français sont globalement beaucoup moins rigoureux et exigents. Et ça ne se voit pas que dans le monde professionnel ou à l'école, mais aussi à la maison dans l'éducation des enfants. Le ministre de l'EN a déclaré il y a quelque jours que les fautes de français seraient pénalisées au bac. Il faut aller lire les commentaires des parents d'élèves sur les réseaux sociaux : la plupart trouvent scandaleux que l'EN pénalise les fautes. Il faut se rendre à l'évidence : majoritairement, les parents ne souhaitent même plus un enseignement rigoureux et de qualité pour leurs enfants. Pour revenir aux étudiants, je fais le constat que ce qui était une norme implicite autrefois doit être défini aujourd'hui dans une consigne explicite. Ex : "Si vous ne rendez pas le devoir dans les temps, il y aura un malus". "Les fautes de français seront pénalisées." "Les réponses aux questions devront être argumentées et structurées." "Vous ne devez pas vous contenter de paraphraser le cas. Vous devez mobiliser les concepts et les théories de management dans un souci démontsratif." Etc. Pour les étudiants d'il y a 20 ans, c'était évident, je n'avais pas besoin de le préciser. Aujourd'hui, si je ne le précise pas, on me rend un torchon sans queue ni tête. Le truc qui me rend dingue est qu'il suffit d'élever le niveau d'exigence pour qu'une grande partie des étudiants se mettent au diapason. Exemple : je règle les soucis d'orthographe, de grammaire et de syntaxe dans les copies avec une simple consigne : "Les fautes d'orthographe, de grammaire et de syntaxe seront fortement pénalisées." En général, les étudiants pensent que je bluffe (l'expérience du lycée et du bac...). Etrangement, après la remise d'un premier DS où les cancres ont perdu 8 points sur 20 sur leur copie, je constate ensuite lors du 2e DS que j'ai résolu les 3/4 des soucis de français...
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Je n'avais pas ces données en tête. Honte à moi, je vais devoir faire pénitence : tel un socialiste, j'ai bêtement supposé dans mon message précédent qu'en augmentant les heures de français/maths, les bâcheliers cesseraient d'être nullissimes. L'EN n'a pas un problème de moyens, elle a un problème d'exigence.
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On ne bâtit pas une maison sur du sable.
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Il faudrait surtout arrêter de commenter les sujets de français et de philo car c'est du gros foutage de gueule. Je les connais les super bacheliers qui ont obtenu des 15/20 au bac en français et en philo : je les récupère à la sortie du lycée et constate qu'ils ne sont pas fichus d'écrire correctement (fautes d'orthographe et de grammaire à chaque ligne et syntaxe sans queue ni tête) et sont inaptes à construire un petit texte argumenté d'une quinzaine de lignes (incapacité à structurer une argumentation, pauvreté du champ lexical, etc.). L'EN a acté que les bacheliers devaient se contenter d'un niveau collège en maths (cf. l'épreuve de maths de Première) mais continue d'entretenir l'illusion qu'ils philosophent ou dissertent sur des sujets littéraires. Quelle blague ! Quelle mascarade ! Il est grand temps de cesser ces tartufferies et de réapprendre aux gamins à écrire. La première des mesures devrait être de supprimer les cours de philo pour tous (réserver la philosophie uniquement pour certains parcours, certaines spécialités) et remplacer ces heures de cours inutiles pour des quasi-illettrés par le réapprentissage du français et/ou des maths basiques.
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Je l'ai écouté justement ce matin. Joli costard effectivement. Je ne connaissais pas spécialement Morin, bien que j'ai L'éthique dans ma bibliothèque, que je n'ai jamais réussi à vraiment lire. Dans ma discipline, il y a 20 ans, 30 ans, on aimait bien citer Morin (et son disciple JL Lemoigne) dans les productions académiques de management : alors que les pragmatiques chercheurs anglosaxons prévilégiaient les approches contingentes (recenser les facteurs clefs qui font varier les choix d'organisation et identifier les best practices pour s'y adapter), les Français préféraient s'engluer dans les "approches systémiques" (tenter de recenser tous les éléments d'un contexte et toutes leurs relations de dépendance/interdépendance jusqu'à construire de véritables "usines à gaz" illisibles et incompréhensibles). Morin était cité au détour d'une phrase pour donner un vernis d'intellectualisme (je l'ai fait aussi dans ma thèse, péché de jeunesse), mais sa "méthode" était rarement opérationnalisée, et pour cause : elle n'a pas pour vocation de l'être. Sa méthode n'en est pas une, c'est plutôt une "expérience de pensée". Elle a un intérêt pour justifier le positionnement épistémologique d'une recheche, mais ne fournit aucune aide méthodologique. Je me souviens que, jeune doctorant, j'avais fondé beaucoup d'espoir en achetant tous les tomes de "La méthode" car j'avais justement choisi de traiter un sujet "complexe" : comment concilier individualisme et dynamique collective au sein des équipes projet. Espoir déçu. Je me suis arrêté au deuxième tome quand j'ai compris que sa "méthode" tournait en rond et n'était que de l'esbrouffe conceptuelle fondée sur des allitérations creuses (la vie de la vie, la nature de la nature, la complexité de la complexité, etc.). Le réconfort méthodologique, je l'avais trouvé auprès d'un autre sociologue français : Raymond Boudon et son "individualisme méthodologique". Je ne conseillerais pas la lecture de Morin, cest beaucoup trop d'enculages de mouches. Depuis, dans ma discipline, les chercheurs anglosaxons se sont emparés de ces problématiques de gestion de la complexité, du management paradoxal, et comme à leur habitude, c'est traité avec davantage de pragmatisme que ne l'ont fait les Français, pourtant precurseurs sur ces sujets : https://academic.oup.com/edited-volume/34627
