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Ce que gagne vraiment un dealer de cannabis


Invité Arn0

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Si le vendeur de rue gagne moins que le smic, le semi-grossiste engrange, lui, jusqu’à un demi-million de profit par an.

La première «estimation des gains des dealers» a été remise à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). À en croire cette étude à laquelle Le Figaro a eu accès, le cannabis rapporte jusqu’à 550 000 euros par an à un semi-grossiste, soit le salaire moyen d’un patron d’une entreprise de plus de 2000 salariés ! Et les trafiquants à ce stade seraient peut-être déjà un millier. Une armée de petits «parrains» que la justice peine à identifier et, plus encore, à confondre.

Selon le président de la Mildt, Étienne Appaire, «les enquêtes sont trop axées sur les actes et pas assez sur les bénéfices du trafic». En tirant la leçon des événements de Villiers-le-Bel, Nicolas Sarkozy, informé de cette étude, affirmait, jeudi dernier, que «l’économie souterraine est devenue une menace pour nos sociétés». Le chef de l’État appelle à «lutter contre toutes les formes de criminalité organisée et notamment le trafic de drogue qui fait des ravages dans un certain nombre de quartiers». Jeudi, il réclamait le renforcement de la répression destinée à «frapper les trafiquants au portefeuille».

Un marché de plus de 800 millions d’euros. En France, «un garçon sur six et une fille sur quinze» disent être «fumeurs réguliers à 17 ans», rappelle l’auteur du rapport remis à la Mildt, Christian Ben Lakhdar, chercheur à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Le nombre de consommateurs de cannabis est désormais estimé à 1,2 million d’usagers réguliers, dont 550 000 quotidiens. Le volume du marché serait donc de 208 tonnes pour un chiffre d’affaires annuel de 832 millions d’euros.

Entre 6 000 et 13 000 fournisseurs. Sur cette base, on peut considérer que l’importateur s’appuie sur au moins 700 semi-grossistes, peut-être même plus du double. Le semi-grossiste gagne à lui seul «de 253 000 à 552 000 euros» annuellement. Il écoule «de 132 à 308 kg» de drogue. Son premier intermédiaire diffuse, pour sa part, de 16 à 35 kg, pour un gain estimé «entre 35 000 et 76 000 euros par an». À ce stade, le cannabis fait déjà vivre – et bien vivre ! – entre 6 000 et 13 000 fournisseurs.

Plus de 100 000 revendeurs de rue. En dessous, «le commerce de cannabis n’est que peu profitable», assure-t-on dans le rapport. Car il reste bien deux niveaux d’intermédiaire. Estimé «entre 58 000 et 127 000 revendeurs», ces acteurs de quartier gagnent «entre 4 500 et 10 000 euros annuellement». Ils distribuent, tout au plus, 3,6 kg de cannabis en moyenne par an. Le revendeur de rue de dernier niveau n’écoule, pour sa part, guère plus de 1 à 2,5 kg. Ben Lakhdar est formel : le trafic de haschisch «ne commence à être lucratif qu’au-delà de 10 kg» de marchandise écoulée chaque année. «Vu le faible rapport de ce commerce au bas de l’échelle, la revente au détail rapporte finalement beaucoup moins qu’un honnête travail», estime, pour sa part, Étienne Apaire.

Les risques du métier inclus dans le prix. Pour le dealer,le risque d’être arrêté représente une «taxe judiciaire» à intégrer dans le prix. Cette menace conditionne, par exemple, «23,6 % du prix final» de la cocaïne. «La concurrence, appréhendée par le degré de violence entre dealers, façonne aussi le bénéfice net de ces derniers», poursuit le chercheur. Elle compte pour 33 % dans le prix final. Pour connaître les montants du trafic de cannabis susceptibles d’être blanchis, il faudrait encore intégrer le coût du stockage, du transport, des rabatteurs et autres guetteurs. Seule certitude : entre le semi-grossiste et le consommateur final, le prix du gramme de cannabis est multiplié au moins par trois.

Selon le président de la Mildt, le garde des Sceaux, Rachida Dati, va présenter dans un prochain plan gouvernemental de nouveaux dispositifs, notamment pour faciliter la confiscation des profits des dealers. L’argent saisi alimente, pour l’instant, un fonds de concours géré par la Mildt de 1,8 million d’euros. «Nous allons doubler cette somme pour la répartir à parts égales entre la justice, la police, la gendarmerie, les douanes et le système de soins aux usagers de drogue», annonce Étienne Apaire.

http://www.lefigaro.fr/actualites/2007/12/…de-cannabis.php

Et le rapport en entier : http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/RapportB…ficCannabis.pdf

Risquer la prison pour moins du smic par mois (même si c'est au noir donc non taxé et cumulable avec des aides) c'est vraiment pas malin.

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dans Freakonomics, l'auteur cite des études aux US qui donnent des chiffres du même ordre (du genre: pourquoi les petits revendeurs vivent chez leurs parents)

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Risquer la prison pour moins du smic par mois (même si c'est au noir donc non taxé et cumulable avec des aides) c'est vraiment pas malin.

Le faire pour 500.000 euros à l'année, ça commence à l'être.

Commencer au smic, ça semble peu-être idiot, mais c'est l'étape à franchir pour monter en grade dans la hiérarchie.

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Les petits revendeurs qui se font piquer avec toujours le minimum sur eux ne vont jamais en taule en général, même en étant multi récidivistes.

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Seule une faible minorité des dealeurs de rue finissent "semi-grossistes".

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Seule une faible minorité des dealeurs de rue finissent "semi-grossistes".

Surement, mais ça n'empêche pas le reste d'être promu Chef de Rayon, Responsable des Stocks, Commerciale ou encore Chef de Projet.

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Cette phrase semble passer inaperçue:

«le commerce de cannabis n’est que peu profitable»

De fait, certains plans spécialisés dans la neige ou l'héro rapportent plusieurs dizaines de millions l'an.

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Dans Freakonomics, l'auteur comparait le dealership de drogue à certains sports professionnels comme le base-ball ou le basket : la plupart de ceux qui se lancent ne réussissent pas à monter, mais les perspectives de gains mirobolants en cas de succès continuent à attirer les masses.

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Dans Freakonomics, l'auteur comparait le dealership de drogue à certains sports professionnels comme le base-ball ou le basket : la plupart de ceux qui se lancent ne réussissent pas à monter, mais les perspectives de gains mirobolants en cas de succès continuent à attirer les masses.

même phénomène pour Hollywood il me semble

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Dans Freakonomics, l'auteur comparait le dealership de drogue à certains sports professionnels comme le base-ball ou le basket : la plupart de ceux qui se lancent ne réussissent pas à monter, mais les perspectives de gains mirobolants en cas de succès continuent à attirer les masses.

C'est d'ailleurs le même mécanisme psychologique en jeu lorsque les gens se payent une grille de loto…

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C'est d'ailleurs le même mécanisme psychologique en jeu lorsque les gens se payent une grille de loto…

Allons, mauvaise langue, un peu plus et tu vas dire que l'état, en plus d'être proxénète, est dealer.

Invité jabial
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La plupart des petits dealers ne gagnent pas beaucoup et ne passent pas semi-grossistes parce qu'ils ne travaillent que quelques heures par jours, quelques jours par semaine. C'est pas plus compliqué que ça.

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A l'epoque ou j'achetais mon teuteu dans une cité a Nanterre, j'entendais parfois de petits morveux parler en "kil" dans la cage d'escalier qui servait de salle d'attente, et ou d'ailleurs on faisait effectivement la queue. Quand on sait qu'un kil est un kilo de shit, je pense que ces petits lascars gagnaient plus que le SMIC, pardon, plus que le keu-smi.

Ahahaha… La phrase a connaitre quand on te demandait "tu cherche qui?" a l'entrée de la cité était "je cherche mouss'".

Mystérieux Moustafa qui n'existait probablement pas. Par contre, ils sont doués pour reconnaitre un "non-résident".

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Par contre, ils sont doués pour reconnaitre un "non-résident".

D'un autre côté, si tu as le look de ton avatar…

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D'un autre côté, si tu as le look de ton avatar…

Aujourd'hui, je ressemble vaguement a mon avatar, si tu lui coupe les cheveux a 3mm. En moins beau, quand meme.

Mais a l'epoque, je dois avouer que je n'allais pas a la fac en costume. Aujourd'hui encore, je vais plus souvent au taf en "jean/basket".

Dans ma tete, je suis resté bloqué a 19 ans. :icon_up:

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Le modèle économique de la drogue a lontemps été le suivant:

Face à la dépendance et au prix de la drogue, le consommateur ne peut payer sa consommation qu'en devenant à son tour revendeur. Pour trouver sa clientèle, il initie gratuitement ses relations à la consommation de drogue. Puis la dépendance acquise, fait payer la drogue. Sa clientèle établie, le dealer peut se payer sa consommation et même prendre une petite commission. Quant aux clients, ils deviennent à leur tour revendeurs, faisant ainsi grossir le circuit de distribution.

Ce qu'il y a d'amusant avec ce modèle, c'est qu'il explique très bien pourquoi la consommation de drogue augmente quand le prix de la drogue augmente!

Par ailleurs, dans un tel modèle, il y a beaucoup d'intermédiaires, et chaque intermédiaire est content d'être couvert par plusieurs couches de revendeurs.

Dans un tel modèle il n'est peut-être pas faux qu'à un échelon donné un grossiste puisse gagner 500 000 euros/an. Mais tant qu'on n'en aura pas arrêté un, cela reste une hypothèse. Il est plus vraisemblable qu'entre les passeurs de drogue (sources douanières) et les derniers revendeurs (sources policières), les enquêteurs perdent le fil du réseau de distribution et ne procèdent qu'à des estimations. Et il se pourrait bien que dans cette estimation ils sous-estiment le nombre d'intermédiaires. Tout comme d'un autre côté ils peuvent sous-estimer la consommation réelle…

Cela étant, le modèle que j'ai présenté ne me semble plus pertinent avec la consommation de la drogue aujourd'hui. Je pense qu'on est un peu plus dans une logique de grande distribution, avec des consommateurs finaux qui peuvent subvenir financièrement à leur consommation. Pour le dealer de rue, revendre de la drogue ne rapporte peut-être pas grand chose, mais c'est de l'argent facile.

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Cette phrase semble passer inaperçue:

De fait, certains plans spécialisés dans la neige ou l'héro rapportent plusieurs dizaines de millions l'an.

La neige ou l'héro c'est un marché de 70 milliards de dollars. La cannabis c'est deux fois plus, mais il y a plus de concurrence. Le problème de ce commerce est que ceux qui gagnent beaucoup d'argent ont de très grande chance de finir très mal. Je préfère me lancer dans une activité aussi ou plus rémunératrice, mais moins risquée. Le tabac par exemple c'est un marché légal de 500 milliards de dollars. Et le grand avantage c'est que l'on peut créer et protéger sa marque, et se la faire racheter à très bon prix par des mastodontes comme Philip Morris ou British American Tobacco par exemple.

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Et comment. Avec quelques efforts bien coordonnés dans un monde virtuel persistant, on se fait sa petite assurance chômage à l'aise. Je suis justement en train de bosser sur une franchise toute neuve, un truc à moi qui traînait depuis un peu plus d'un an, et qui s'annonce particulièrement juteux. Nul besoin d'avoir du middleware coûteux et des équipes de programmeurs en batterie pour s'y mettre.

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