Taranne Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Le « bonheur intérieur brut » : nouvel indicateur17/01/2008 - Jacques Marseille - © Le Point - N°1844 Faut-il se réjouir du nombre de morts et de blessés provoqués par les accidents de la route, des dégâts provoqués par l'alcoolisme, l'obésité ou la drogue, des ventes d'armes ou de sacs plastique difficilement biodégradables, des encombrements de la circulation ou de la multiplication des pollutions, de la consommation explosive d'antidépresseurs ou de systèmes d'alarme pour prévenir les vols et les agressions ? La réponse négative semble aller de soi. Faut-il se féliciter de voir des bénévoles nettoyer les plages souillées par les marées noires ? Faut-il se réjouir de voir des hommes prendre sur leur temps de travail pour aider leurs femmes dans les tâches domestiques ? Vaut-il mieux prévenir les maladies que les soigner et consacrer davantage de temps à ses enfants plutôt que de payer des cours privés ? Vaut-il mieux conduire prudemment que de violer les règles du Code de la route et celles de la courtoisie à l'égard des autres automobilistes ? Vaut-il mieux sauvegarder le patrimoine naturel que de détruire la forêt amazonienne ? La réponse positive paraît aller de soi. Pourtant, des milliers de personnes occupant des fonctions décisives dans nos sociétés répondent oui à la première série de questions et non à la seconde. La croissance du produit intérieur brut-qui mesure la valeur marchande de tous les biens et les services produits tous les ans par du travail rémunéré-exige en effet que mieux vaut stimuler l'activité d'entreprises polluantes, payer des garagistes pour réparer les voitures endommagées, des chirurgiens pour opérer les personnes blessées et des entreprises pour aider les enfants à réussir le bac que d'encourager des bénévoles pour prévenir les risques et réparer les dommages que provoque la croissance du PIB, ce sigle devenu depuis plus d'un demi-siècle l'indicateur ultime de la richesse des pays et l'étalon de leur progrès. Pour prendre un autre exemple, imaginons deux pays semblables par la taille, la population, les ressources en matières premières et les sources d'énergie. Dans le premier, l'urbanisme aurait été conçu de telle manière que chaque personne pourrait se rendre à pied à son travail, conduire ses enfants à l'école et bénéficier des services publics et culturels sans grand déplacement. Dans le second, l'urbanisme aurait été conçu de telle manière que chaque personne, pour ces mêmes activités, serait « contrainte » de posséder un et même deux véhicules. Quel pays serait le plus « riche » et disposerait du plus fort « pouvoir d'achat » par habitant ? Le second, évidemment, là où les distances parcourues et les stress accumulés par les différents membres de la famille accroîtraient les dépenses liées aux encombrements et à la fatigue. En déclarant que « les Français n'en peuvent plus de l'écart entre les statistiques qui affichent un progrès continu et les difficultés croissantes qu'ils éprouvent dans leur vie quotidienne » et en réclamant la construction d'un indicateur plus conforme à sa volonté de promouvoir « une politique de civilisation », Nicolas Sarkozy s'est inscrit dans une démarche de bon sens qui fait l'objet de nombreuses études. Comme l'écrit sir Richard Layard, économiste fondateur du Centre for Economic Performance à la London School of Economics, « notre existence repose sur un paradoxe. Nous désirons tous, pour la plupart, jouir d'un revenu plus important et luttons pour y parvenir. Et pourtant, à mesure que les sociétés occidentales sont devenues plus riches, nous ne sommes pas devenus plus heureux » (1). Le président aurait même pu faire état des multiples indicateurs alternatifs déjà existants. Le plus connu de ces indicateurs de bien-être est celui publié depuis 1990 par les Nations unies dans leur « Rapport mondial sur le développement humain ». Moyenne fruste de trois indicateurs-l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'instruction et le PIB par habitant-, l'IDH (indicateur de développement humain) classe en 2006 la France au 10e rang mondial, derrière l'Islande, la Norvège, l'Australie, le Canada, l'Irlande, la Suisse, le Japon et les Pays-Bas mais devant les Etats-Unis (12e), le Royaume-Uni (16e) et l'Allemagne (22e). Le moins connu est sans doute celui publié par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) au Canada. Multipliant les mesures pour construire un indice du bien-être humain agrégeant aussi bien la préservation de l'écosystème que le taux de criminalité ou l'égalité hommes/femmes, il classe la France au 26e rang, cette fois derrière la Suède, la Finlande, la Norvège, l'Islande… une France lourdement pénalisée par sa mauvaise note dans le « bien-être de l'écosystème » (153e sur 180). Autant d'évaluations d'une nouvelle « politique de civilisation » qui devrait inciter les Français non pas à « travailler plus pour gagner plus », un slogan désuet datant manifestement du siècle précédent, mais à travailler autant sinon moins pour vivre mieux. Une recommandation qui n'était sans doute pas celle à laquelle songeait Nicolas Sarkozy 1. « Le prix du bonheur », de Richard Layard (Armand Colin, 316 pages, 19 E).
Bob Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 La notion de PIB est emminemment critiquable (et plus encore, comme il a été dit sur d'autres fils consacrés à la question, l'interprétation et l'exploitation qui sont faites des chiffres). Mais cette critique de jacques Marseille est étonnamment faible.
Copeau Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Je pensais que tu parlais de la cité phocéenne, à vrai dire.. j'aurais été moins surpris.
Ronnie Hayek Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Je pensais que tu parlais de la cité phocéenne, à vrai dire.. j'aurais été moins surpris. + 1.
Chitah Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Ben moi aussi, j'ai même mis 10 secondes à comprendre qu'il s'agissait du bon vieux Jacques.
A.B. Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Le PIB repose sur des sophismes types fenetre brisee, ca n'a rien de nouveau. Il faut tant qu'a faire s'abstenir d'utiliser cet indicateur, mais on peut cependant remarquer qu'il reflette souvent d'autres parametres comme l'esperance de vie, l'alphabetisation etc. C'est donc une mesure utile, mais en aucun cas un objectif. Faut-il se réjouir de voir des hommes prendre sur leur temps de travail pour aider leurs femmes dans les tâches domestiques ? Certainement pas, c'est toute la division du travail qui part en couille. Si monsieur et madame ont une carriere plus lucrative que faire le menage ils ont tout interet a embaucher une professionelle. Vaut-il mieux consacrer davantage de temps à ses enfants plutôt que de payer des cours privés ? Division du travail la encore.
AX-poulpe Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Je pensais que tu parlais de la cité phocéenne, à vrai dire.. j'aurais été moins surpris. Eh, doucement sur Marseille, hein ! On y trouve beaucoup de libéraux très respectables (pas moi, je vous rassure).
phantom_opera Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Certainement pas, c'est toute la division du travail qui part en couille. Si monsieur et madame ont une carriere plus lucrative que faire le menage ils ont tout interet a embaucher une professionelle.Division du travail la encore. Houla! La division du travail n'est pas remise en cause du tout, il n'est question ici que de choix de mode de vie.
Sous-Commandant Marco Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Il m'est d'avis que Jacques Marseille veut réagir au tour de passe-passe qui voudrait remplacer le PIB, où la France ne fait pas très fort, notamment par rapport aux pays anglo-saxons, par un indicateur social où la France figure devant les Etats-Unis. Tant qu'à faire, dit Marseille, pourquoi ne pas prendre les alter-mondialistes à leur propre jeu en choisissant un indicateur qui prend également en compte l'environnement? Car, avec cet autre indicateur, la France n'est pas si bien placée que ça. Je crois que Marseille est beaucoup plus fin qu'on pourrait le penser: c'est un authentique libéral, qui transpire l'ironie lorsqu'il évoque les marottes socialistes ou l'intervention de l'état.
A.B. Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Houla! La division du travail n'est pas remise en cause du tout, il n'est question ici que de choix de mode de vie. Il pretend que l'on devrait naturellement preferer ce mode de vie. Je ne vois pas pourquoi, tout le monde gagne a diviser le travail. L'idee du partage des taches menagere est ne recemment d'un ideal egalitaire stupide. La specialisation est largement preferable.
phantom_opera Posté 21 janvier 2008 Signaler Posté 21 janvier 2008 Il pretend que l'on devrait naturellement preferer ce mode de vie. Je ne vois pas pourquoi, tout le monde gagne a diviser le travail. L'idee du partage des taches menagere est ne recemment d'un ideal egalitaire stupide. La specialisation est largement preferable. Oui c'est vrai il donne une réponse à ses propres questions comme si c'était une évidence. Mais par ses questions il souligne surtout que des choix de vie ne valent pas plus que d'autres choix de vie, et que si certes la division du travail est un processus naturel il n'est pas un but pour autant. Il ne fait que constester la mise en valeur d'un mode de vie positif dans les sociétés occidentales et qu'on n'attache trop d'importance au PIB ou à la croissance. Consacrer du temps à ses enfants et vouloir participer à son éducation plutôt que de le confier à d'autres personnes est un choix tout à fait respectable, les choix irrationnels font aussi partie de la vie.
Ronnie Hayek Posté 22 janvier 2008 Signaler Posté 22 janvier 2008 Certainement pas, c'est toute la division du travail qui part en couille. En luciole, s'il te plaît.
txomin Posté 22 janvier 2008 Signaler Posté 22 janvier 2008 Je crois que Marseille est beaucoup plus fin qu'on pourrait le penser: c'est un authentique libéral, qui transpire l'ironie lorsqu'il évoque les marottes socialistes ou l'intervention de l'état. Il a malheureusement conservé de son passé marxiste le défaut de connaitre, avant de commencer à chercher, le résultat qu'il souhaite obtenir. Ce n'est pas rare mais chez lui, c'est un peu trop flagrant.
txomin Posté 22 janvier 2008 Signaler Posté 22 janvier 2008 Malgré les défauts du PIB, il n'y aura jamais de meilleur indicateur. Avec les délires alter-sarkosystes, il n'y a aucune limite à ce qui peut être inclus dans un nouvel indice: pente glissante. Avec unplus la subjectivité mise en valeur par AB, c'est pas à un indicateur de dire si c'est bien ou pas que ma femme travaille que je prenne ma bagnole pouer aller chercher du pain…. Et les défauts de la "vitre cassée" existeraient aussi: de plus en plus de bénévoles aux restos du coeur, c'est bien ? de moins en moins de voitures individuelles ?
Rincevent Posté 22 janvier 2008 Signaler Posté 22 janvier 2008 Malgré les défauts du PIB, il n'y aura jamais de meilleur indicateur. Non ; le PIB a l'avantage de pas être complètement déconnant et d'être simple ; toutefois, en raffinant un peu, on peut faire plus proche de la réalité.
Roniberal Posté 24 janvier 2008 Signaler Posté 24 janvier 2008 Je pensais que tu parlais de la cité phocéenne, à vrai dire.. j'aurais été moins surpris. + 1. idem… Messages signalés.
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